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Déprescription et polypharmacie

PharmacologieFiche révisée · 21 oct. 2026

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En bref : Chez le patient âgé ou frêle, on révise chaque médicament après une hospitalisation et à tout changement clinique (chute, delirium, perte d’autonomie). Pour chacun, on se demande s’il a une indication valide, si le bénéfice arrive avant la fin de l’espérance de vie et s’il cause un effet indésirable. On cesse un médicament à la fois et on sevre graduellement les classes à rebond (BZRA, antidépresseurs, bêtabloquants, antipsychotiques, IChE). Le plan doit être écrit et suivi.

En bref : Chez le patient âgé ou frêle, on révise chaque médicament à l’admission, au congé et à tout changement clinique (chute, delirium, perte d’autonomie). Pour chacun, on se demande s’il a une indication valide, si le bénéfice arrive avant la fin de l’espérance de vie et s’il cause un effet indésirable. On cesse un médicament à la fois et on sevre graduellement les classes à rebond (BZRA, antidépresseurs, bêtabloquants, antipsychotiques, IChE). Le plan doit être écrit et suivi.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Toute nouvelle plainte chez l’aîné (chute, confusion, constipation, incontinence, anorexie, hypotension orthostatique) : effet indésirable jusqu’à preuve du contraire.
  • Cascade médicamenteuse (p. ex. amlodipine → œdème → furosémide → incontinence → oxybutynine → delirium).
  • Médicaments à haut risque : anticoagulants, hypoglycémiants, psychotropes, digoxine, AINS, opioïdes.
  • Arrêt brusque à rebond : BZRA, antidépresseurs, bêtabloquants, clonidine, antipsychotiques, IChE ; dénosumab cessé sans relais.

✅ À faire maintenant

  • À l’admission, au congé, après chute ou delirium : liste complète (« sac brun », DSQ, pharmacie) et adhésion réelle.
  • Après une hospitalisation, une chute ou un delirium : liste complète (« sac brun », DSQ, pharmacie) et adhésion réelle.
  • ClCr (Cockcroft-Gault) ; interactions, duplications, charge anticholinergique.
  • Objectifs de soins, niveau de soins, délai avant bénéfice vs espérance de vie.
  • Outils : Beers 2023, STOPP/START v3, STOPPFrail v2, deprescribing.org.
  • Au congé : plan écrit (molécule, palier, prochaine baisse) au pharmacien communautaire et au médecin traitant.
  • Symptômes qui réapparaissent : revenir à la dernière dose efficace.
  • Soins de confort : désactiver le défibrillateur avant de cesser les antiarythmiques.

💊 Premières ordonnances

  • Un changement à la fois, sauf toxicité aiguë.
  • BZRA : −25 % q 2 sem ; antipsychotiques : −25 à 50 % q 1–2 sem ; IChE : −50 % q 4 sem ; bêtabloquants : −25 à 50 % q 1–2 sem.
  • Antidépresseurs : sevrage sur 4–6 sem au minimum (voir tableau RUSHGQ).
  • Statine en prévention primaire, AAS en prévention primaire : arrêt direct possible.
  • Cibles frêle : TAs assise 140–160 si SFC ≥ 7 (consensus canadien, Mallery 2014) ; HbA1c ≤ 8,5 % (Diabète Canada).

📞 Appeler ou orienter si

  • Pharmacie (pharmacien clinicien d’étage) : Congé aujourd’hui avec changements importants

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

  • Un changement à la fois, sauf toxicité aiguë.
  • BZRA : −25 % q 2 sem ; antipsychotiques : −25 à 50 % q 1–2 sem ; IChE : −50 % q 4 sem ; bêtabloquants : −25 à 50 % q 1–2 sem.
  • Antidépresseurs : sevrage sur 4–6 sem au minimum (voir tableau RUSHGQ).
  • Statine en prévention primaire, AAS en prévention primaire : arrêt direct possible.
  • Cibles frêle : TAs assise 140–160 si SFC ≥ 7 (consensus canadien, Mallery 2014) ; HbA1c ≤ 8,5 % (Diabète Canada).
📝 Gabarits d’ordonnance (2 · à adapter au patient)

Cochez les lignes voulues, remplissez l’en-tête, puis Copier (texte pour le DMÉ) ou Imprimer. Doses reprises de la fiche ; gabarit à valider avant usage.

🔒 Les informations inscrites restent sur votre appareil : rien n’est enregistré ni envoyé.

💊 PharmacoDéprescription : calendrier de sevrage
🌿 Non pharmacoConseils : diminuer un médicament

📄 À remettre au patient ou aux parents

Tous les dépliants à imprimer ›

📞 Appeler ou orienter si

  • Plan écrit (molécule, palier, prochaine baisse) transmis au pharmacien communautaire et au médecin traitant.
  • Symptômes qui réapparaissent : revenir à la dernière dose efficace.
  • Soins de confort : désactiver le défibrillateur avant de cesser les antiarythmiques.

📌 Fiche d’origine hospitalière, gardée pour le sujet prioritaire du CMFC « Problèmes médicaux multiples ». Au sans rendez-vous : reconnaître, amorcer le traitement et diriger ; les sections propres à l’hôpital ont été retirées.

🧮 Calculateur

🔗 Ressources et raisonnement

📘 Protocoles INESSS — Inhibiteurs de la pompe à protons (ordonnance retirée)

🧭 Raisonnement clinique Chutes

Qui cibler

  • ≥ 5 médicaments (risque élevé dès ≥ 8), ≥ 85 ans, ≥ 2 à 4 comorbidités, TNCM majeur, IRC (ClCr < 50 mL/min), insuffisance cardiaque ou hépatique.
  • Médicaments à haut risque : anticoagulants, hypoglycémiants, psychotropes, digoxine, nitrates et vasodilatateurs, AINS, opioïdes.
  • Antécédent d’effet indésirable ou de non-adhésion, prescripteurs multiples, patient qui vit seul.
  • Déclencheurs : tout changement clinique, cognitif ou fonctionnel ; chute ; delirium ; hospitalisation (admission et congé) ; admission en CHSLD ; passage en soins de confort.

💡 Toute nouvelle plainte chez un aîné est un effet indésirable jusqu’à preuve du contraire : chute, confusion, constipation, incontinence, anorexie, hypotension orthostatique. Avant d’ajouter un médicament, cherchez la cascade médicamenteuse (p. ex. amlodipine → œdème → furosémide → incontinence → oxybutynine → delirium).

Évaluation : méthode en 5 étapes

Cette méthode suit la « méthode RIP » de la Dre Julie Couture, gériatre, et le RUSHGQ.

  1. Liste à jour : ordonnances, vente libre, produits naturels. On demande au patient d’apporter ses pilules (« sac brun ») et on croise avec le DSQ et la pharmacie.
  2. Adhésion réelle : ce que le patient prend vraiment, et les obstacles.
  3. Risques : effets indésirables, interactions médicament-médicament et médicament-maladie, doses non ajustées à la ClCr (Cockcroft-Gault), duplications.
  4. Indications : chaque médicament doit correspondre à un diagnostic, et chaque diagnostic à un traitement approprié. On cherche aussi la sous-utilisation (critères START).
  5. Priorités : pronostic, délai avant le bénéfice, objectifs et préférences du patient et des proches, niveau de soins.

Délai avant bénéfice vs espérance de vie

Âge Espérance de vie, hommes (ans) Espérance de vie, femmes (ans)
70 16 19
75 12 15
80 9 11
90 4,7 5,4
100 2,4 2,6
  • Ces valeurs sont des moyennes populationnelles (RUSHGQ). La fragilité, la démence avancée et l’hébergement les réduisent beaucoup.
  • Délais approximatifs avant le bénéfice : statine de 6 mois à 2–5 ans ; contrôle glycémique strict ≥ 5 ans ; antirésorptif 6–12 mois ; analgésique en 30 minutes.

Médicaments souvent inappropriés (rappels Beers et STOPP)

  • Anticholinergiques : ATC tertiaires (amitriptyline), oxybutynine, diphenhydramine, hydroxyzine, paroxétine.
  • Clonidine, méthyldopa, alpha-bloquants comme antihypertenseurs : hypotension orthostatique, effets centraux.
  • Diurétique de l’anse pour un œdème d’insuffisance veineuse : les bas de contention sont préférables.
  • Nitrofurantoïne au long cours : toxicité pulmonaire et hépatique, neuropathie.
  • Digoxine en 1re intention, amiodarone en 1re intention dans la FA sans IC ni HVG.
  • AINS au long cours, spironolactone > 25 mg si ClCr < 30.
  • Antipsychotiques pour les SCPD sans échec préalable du non pharmacologique ni danger. Le risque d’AVC est multiplié par 2,5 à 4 et la mortalité par 1,5 à 1,8.

Consulter

Consulter le pharmacien si :

  • UrgentCongé aujourd’hui avec changements importants (nouvel anticoagulant, risque de confusion entre les listes) — le jour même.
  • Semi-urgentBilan comparatif à l’admission et à chaque transfert — ≤ 24 h.
  • Semi-urgentInteraction médicamenteuse significative soupçonnée (CYP, QT, sérotoninergique) — pendant le séjour.
  • ÉlectifPlan de déprescription chez l’aîné (BZRA, anticholinergiques, chute ou délirium) — pendant le séjour.

À préparer : liste complète (DSQ, pharmacie communautaire, « sac brun »), ClCr, objectifs et niveau de soins.

Consulter en gériatrie si :

  • Semi-urgentPolypharmacie avec effet indésirable soupçonné (≥ 10 médicaments ; chute, délirium, hypotension) — pendant le séjour.
  • ÉlectifPolypharmacie à risque au congé — ≤ 3 mois (profil pharmacologique à jour).

Algorithme

Non

Oui

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Non

Patient ciblé
≥ 5 médicaments, ≥ 85 ans, chute,
delirium, TNCM, admission ou congé

1. Liste complète
Rx + vente libre + produits naturels
« sac brun » + DSQ + pharmacie

2. Adhésion réelle ?

3. Objectifs de soins
espérance de vie, niveau de soins,
préférences du patient et des proches

Pour chaque médicament :
indication valide et actuelle ?

Cesser ou sevrer

Effet indésirable, interaction
ou cascade ?

Réduire, substituer
ou cesser

Délai avant bénéfice >
espérance de vie ?

Dose trop élevée pour
l’âge ou la ClCr ?

Réduire la dose

Poursuivre
réévaluer au moins 1 fois/an

Un changement à la fois
sevrage graduel si risque de rebond

Plan écrit et suivi
pharmacien, MD traitant, CHSLD

Symptômes réapparaissent ?

Revenir à la dernière dose efficace
retenter plus lentement

Poursuivre le plan
documenter au congé

Non

Oui

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Non

Patient ciblé
≥ 5 médicaments, ≥ 85 ans, chute,
delirium, TNCM, admission ou congé

1. Liste complète
Rx + vente libre + produits naturels
« sac brun » + DSQ + pharmacie

2. Adhésion réelle ?

3. Objectifs de soins
espérance de vie, niveau de soins,
préférences du patient et des proches

Pour chaque médicament :
indication valide et actuelle ?

Cesser ou sevrer

Effet indésirable, interaction
ou cascade ?

Réduire, substituer
ou cesser

Délai avant bénéfice >
espérance de vie ?

Dose trop élevée pour
l’âge ou la ClCr ?

Réduire la dose

Poursuivre
réévaluer au moins 1 fois/an

Un changement à la fois
sevrage graduel si risque de rebond

Plan écrit et suivi
pharmacien, MD traitant, CHSLD

Symptômes réapparaissent ?

Revenir à la dernière dose efficace
retenter plus lentement

Poursuivre le plan
documenter et transmettre

Outils

Outil Usage
Critères de Beers (AGS, 2023) Médicaments potentiellement inappropriés chez les ≥ 65 ans, selon la classe ou la condition
STOPP/START v3 (2023) 133 critères STOPP (à cesser) et 57 critères START (omissions à corriger), classés par système
STOPPFrail v2 (2021) Patient frêle à espérance de vie limitée (pronostic d’environ 1 an, TNCM sévère, dépendance avancée) ; cible le contrôle des symptômes
FORTA Classes A (indispensable), B (bénéfique), C (douteux) et D (à éviter), selon l’indication
deprescribing.org Algorithmes canadiens en français : IPP, BZRA, antipsychotiques, antihyperglycémiants, IChE et mémantine
Échelle de charge anticholinergique Additionner les effets anticholinergiques (delirium, constipation, rétention urinaire, chutes)

⚠️ Recommandation actuelle (AGS Beers, 2023) : on n’initie plus l’AAS en prévention primaire et on envisage de cesser celui qui est en cours. On préfère un AOD à la warfarine. On évite le rivaroxaban au long cours (FA, TEV), car il saigne davantage que l’apixaban. Toutes les sulfonylurées sont à éviter, pas seulement celles à longue action ; si on en garde une, on choisit une molécule courte comme le gliclazide. Les iSGLT2 sont à utiliser avec prudence. Pour les IPP, les risques de pneumonie et de cancer GI s’ajoutent à la liste. Les anticholinergiques sont à éviter après une chute ou une fracture.

⚠️ Recommandation actuelle : les anciennes versions de la fiche citaient Beers 2015 et 2019, STOPP/START 2008 et STOPPFrail 2017. Il faut utiliser Beers 2023, STOPP/START v3 (2023) et STOPPFrail v2 (2021).

Déprescription par classe

Classe Quand cesser ou réduire Comment
BZRA (benzodiazépines, zopiclone, zolpidem) Tout patient ≥ 65 ans, quelle que soit la durée ; adulte qui en prend la plupart des jours depuis > 4 semaines −25 % q 2 sem, puis −12,5 % ou des jours sans médicament en fin de sevrage. Suivi q 1–2 sem. Si l’insomnie revient, on garde la dose 1–2 sem puis on reprend. TCC-I en parallèle
Antipsychotiques (SCPD) SCPD stables depuis 3–6 mois ; prise > 12 sem sans SCPD ; insomnie primaire −25 à 50 % q 1–2 sem. En cas de récidive, on revient à la plus faible dose efficace et on retente à 3 mois. 2 tentatives avant de conclure à un échec
Antipsychotiques (delirium) Dès la résolution Arrêt rapide
Antidépresseurs 1–2 ans après la rémission d’un premier épisode ; aucun bénéfice après 6 sem à dose efficace ; chute ; effet indésirable Sevrage sur 4–6 sem au minimum (tableau ci-dessous)
IChE et mémantine Démence avancée, aucun bénéfice global, détérioration nette dans les 6 derniers mois, intolérance (bradycardie, syncope, perte de poids), indication non reconnue (IChE dans la DFT) −50 % q 4 sem jusqu’à la plus petite dose, puis arrêt. Surveiller 4 sem ; si détérioration nette, reprendre la dose antérieure
IPP RGO ou œsophagite légère à modérée traités, symptômes contrôlés, durée prévue complétée Réduire la dose de moitié, ou cesser et passer à une prise au besoin. Antiacide ou alginate au besoin
Antihyperglycémiants HbA1c sous la cible, hypoglycémies, prise alimentaire erratique, fin de vie Cesser d’abord les sulfonylurées et l’insuline prandiale. Chaque agent oral baisse l’HbA1c d’environ 1 %
Statines Prévention primaire avec espérance de vie limitée ; démence sévère ; fin de vie ; dénutrition (LDL très bas) ; myalgies Arrêt direct possible, sans sevrage
Antihypertenseurs Patient frêle avec TAs assise < 140, hypotension orthostatique ou chutes ; ≥ 3 agents Un agent à la fois. Pour les bêtabloquants : −25 à 50 % q 1–2 sem. Clonidine : sevrage lent (rebond)
Gabapentinoïdes Aucune douleur neuropathique documentée Sevrage graduel
Bisphosphonates, dénosumab, Ca et vit. D Pronostic < 1 an, patient non ambulant Ne pas initier. Ne jamais cesser le dénosumab sans relais par un bisphosphonate (fractures vertébrales de rebond)
AAS Prévention primaire Cesser

⚠️ Gardez l'IPP au long cours dans ces situations : œsophage de Barrett, œsophagite sévère (grade C ou D), saignement digestif sur ulcère, AINS au long cours avec risque hémorragique. Gardez-le aussi en cytoprotection si le risque est élevé (code RAMQ PP12 : AAS, corticostéroïde, anticoagulant ou ISRS associés).

⚠️ Recommandation actuelle (Santé Canada, 2019–2020) : la ranitidine est retirée du marché canadien à cause d’une contamination à la NDMA. Si un anti-H2 est requis, on utilise la famotidine, à ajuster à la fonction rénale.

Classe Quand cesser ou réduire Comment
BZRA (benzodiazépines, zopiclone, zolpidem) Tout patient ≥ 65 ans, quelle que soit la durée ; adulte qui en prend la plupart des jours depuis > 4 semaines −25 % q 2 sem, puis −12,5 % ou des jours sans médicament en fin de sevrage. Suivi q 1–2 sem. Si l’insomnie revient, on garde la dose 1–2 sem puis on reprend. TCC-I en parallèle
Antipsychotiques (SCPD) SCPD stables depuis 3–6 mois ; prise > 12 sem sans SCPD ; insomnie primaire −25 à 50 % q 1–2 sem. En cas de récidive, on revient à la plus faible dose efficace et on retente à 3 mois. 2 tentatives avant de conclure à un échec
Antipsychotiques (delirium) Dès la résolution Arrêt rapide
Antidépresseurs 1–2 ans après la rémission d’un premier épisode ; aucun bénéfice après 6 sem à dose efficace ; chute ; effet indésirable Sevrage sur 4–6 sem au minimum (tableau ci-dessous)
IChE et mémantine Démence avancée, aucun bénéfice global, détérioration nette dans les 6 derniers mois, intolérance (bradycardie, syncope, perte de poids), indication non reconnue (IChE dans la DFT) −50 % q 4 sem jusqu’à la plus petite dose, puis arrêt. Surveiller 4 sem ; si détérioration nette, reprendre la dose antérieure
IPP RGO ou œsophagite légère à modérée traités, symptômes contrôlés, durée prévue complétée Réduire la dose de moitié, ou cesser et passer à une prise au besoin. Antiacide ou alginate au besoin
Antihyperglycémiants HbA1c sous la cible, hypoglycémies, prise alimentaire erratique, fin de vie Cesser d’abord les sulfonylurées et l’insuline prandiale. Chaque agent oral baisse l’HbA1c d’environ 1 %
Statines Prévention primaire avec espérance de vie limitée ; démence sévère ; fin de vie ; dénutrition (LDL très bas) ; myalgies Arrêt direct possible, sans sevrage
Antihypertenseurs Patient frêle avec TAs assise < 140, hypotension orthostatique ou chutes ; ≥ 3 agents Un agent à la fois. Pour les bêtabloquants : −25 à 50 % q 1–2 sem. Clonidine : sevrage lent (rebond)
Gabapentinoïdes Aucune douleur neuropathique documentée Sevrage graduel
Bisphosphonates, dénosumab, Ca et vit. D Pronostic < 1 an, patient non ambulant Ne pas initier. Ne jamais cesser le dénosumab sans relais par un bisphosphonate (fractures vertébrales de rebond)
AAS Prévention primaire Cesser

⚠️ Gardez l'IPP au long cours dans ces situations : œsophage de Barrett, œsophagite sévère (grade C ou D), saignement digestif sur ulcère, AINS au long cours avec risque hémorragique. Gardez-le aussi en cytoprotection si le risque est élevé (code RAMQ PP12 : AAS, corticostéroïde, anticoagulant ou ISRS associés).

⚠️ Recommandation actuelle (Santé Canada, 2019–2020) : la ranitidine est retirée du marché canadien à cause d’une contamination à la NDMA. Si un anti-H2 est requis, on utilise la famotidine, à ajuster à la fonction rénale.

Sevrage des antidépresseurs (RUSHGQ)

Molécule Palier de diminution
Citalopram 10 mg q 1–2 sem
Escitalopram 5 mg q 1–2 sem
Sertraline 25–50 mg q 1 sem
Paroxétine 10 mg q 1–2 sem, puis 5 mg si symptômes (rebond fréquent)
Fluoxétine Souvent inutile (longue demi-vie)
Venlafaxine 37,5 mg q 1–2 sem, plus lentement si symptômes (rebond fréquent)
Duloxétine 30 mg q 1–2 sem
Desvenlafaxine 50 mg q 1 sem jusqu’à 50 mg/j, puis 50 mg q 2 jours pendant 2 sem
Mirtazapine 7,5–15 mg q 1 sem ; arrêt possible d’emblée à 15 mg/j
ATC 10–25 % de la dose q 1–2 sem
  • Symptômes de retrait (ISRS et IRSN) : étourdissements, nausées, paresthésies (« chocs électriques »), insomnie, cauchemars, irritabilité, anxiété. On les distingue d’une rechute par leur apparition rapide, en quelques jours, et leur réversibilité si on reprend le médicament.

Cibles assouplies chez le patient frêle et en CHSLD

Paramètre Cible suggérée
TA systolique Très fragile (SFC ≥ 7) : assise 140–160 mmHg ; traiter si ≥ 160 ; 160–190 jugé raisonnable si fragilité sévère en fin de vie. Si TAs assise < 140 : réduire et cesser graduellement, après avoir vérifié que l’agent ne traite pas une FA ou une IC symptomatique. Hypotension orthostatique symptomatique : cible assise plus haute (consensus canadien, Mallery 2014)
HbA1c ≤ 8,5 % si frêle ou dément (Diabète Canada) ; en fin de vie, l’HbA1c n’est plus utile : on vise surtout l’absence d’hypoglycémie et d’hyperglycémie symptomatique
Glycémie Éviter l’hypoglycémie et l’hyperglycémie symptomatique (polyurie, déshydratation, infections)
FC en FA < 100 bpm. On diminue graduellement la digoxine, les BCC et les bêtabloquants
  • Antihyperglycémiants en gériatrie : on préfère la metformine (si ClCr > 30) et les iDPP-4. On évite le glyburide, le glimépiride et l’acarbose. Le gliclazide reste une option prudente. L’insuline basale (glargine, dégludec, détémir) passe avant l’insuline prandiale.
  • IC et MCAS : sans angine ni événement depuis > 1 an, on peut diminuer les BCC, les nitrates et les bêtabloquants. En IC terminale, on déprescrit selon les effets indésirables plutôt que selon la cible.
  • Hypotension avec surcharge : on diminue les IECA/ARA et les bêtabloquants pour améliorer la perfusion rénale et la réponse aux diurétiques.
  • Amiodarone : sa demi-vie est très longue. En cas d’effet indésirable, on tente 100 mg PO DIE. On désactive le défibrillateur avant de cesser les antiarythmiques en soins de confort.
  • Anticonvulsivants : on peut cesser après une crise provoquée (AVC, trauma) sans récidive après environ 3 mois, avec un sevrage. Si la voie PO devient impossible, des voies IR, SL ou SC existent.

Suivi et congé

Pièges et perles

  • BZRA : le gain moyen de sommeil est d’environ 25 minutes, avec un NNT d’environ 13 et un NNH d’environ 6. Après environ 24 semaines, la qualité subjective du sommeil retombe sous le niveau de départ.
  • 💡 Phrase pour le patient qui « dort bien » sous BZRA : « Vous dormez probablement moins bien que vous le pensez ; votre médicament agit sur la mémoire. »
  • IChE : une diminution q 2 sem est souvent bien tolérée en pratique (expérience d’experts québécois), mais la recommandation reste q 4 sem. Plusieurs causes possibles s’entremêlent : retrait, réapparition des symptômes traités ou progression du TNCM.
  • Statine chez les ≥ 80 ans : le bénéfice de l'initier en prévention primaire n’est pas démontré. En prévention secondaire avec une espérance de vie > 5 ans, on la poursuit.
  • Hypnotique de rechange chez l’aîné : trazodone 25–50 mg ou mirtazapine 7,5–15 mg. La mirtazapine est plus sédative à faible dose, mais peut causer un SIADH.
  • Vaccins : la révision de la liste est aussi le moment de vérifier influenza, zona et pneumocoque.

Références

🩺 Situations CHSLD qui renvoient ici

🩺 Situations en soins post-aigus qui renvoient ici

🔗 Voir aussi