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CHSLD et soins palliatifs › Garde : appels aigus

Erreur de médicament

✉️ Signaler une erreur

En bref : L’appel typique : un résident a reçu le médicament d’un autre, une double dose, ou une dose a été omise. On identifie quoi, combien et quand, on estime le risque (les médicaments à haut risque d’abord : insuline et sulfonylurées, opioïdes, anticoagulants, antihypertenseurs, sédatifs) et on fixe une surveillance proportionnelle. Le Centre antipoison du Québec conseille aussi les professionnels. On déclare et on divulgue.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Somnolence, bradypnée, myosis : opioïde ou sédatif.
  • Hypoglycémie, parfois tardive et prolongée : sulfonylurée ou insuline.
  • Hypotension, bradycardie : bêtabloquant, bloqueur calcique, antihypertenseurs.
  • Saignement : anticoagulant reçu en double ou par erreur.
  • Médicament à marge étroite : digoxine, lithium, antiépileptiques, méthotrexate.

✅ À faire maintenant

  • Liste exacte : nom, dose, forme (à libération prolongée ?), heure de prise ; comparer au profil habituel du résident.
  • Signes vitaux, état de conscience, SpO₂, glycémie capillaire.
  • Appeler le Centre antipoison du Québec (1 800 463-5060, 24/7) en cas de doute sur la toxicité ou la durée de surveillance.
  • Prescrire une surveillance précise : paramètres, fréquence, durée, seuils pour rappeler le médecin.
  • Décider des prochaines doses : sauter, retarder ou reprendre l’horaire habituel.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BTransfert si toxicité potentiellement grave qui demande une surveillance continue, un antidote ou un traitement non disponible sur place.
CSurveillance et traitement sur place (glucose, naloxone, hydratation) ; transfert si le confort l’exige.
DTraiter ce qui cause de l’inconfort ; une surveillance lourde n’est pas indiquée. L’erreur se déclare et se divulgue quand même.

Sur place

  • Opioïde : surveiller conscience et respiration ; naloxone selon le protocole de l’établissement, en doses titrées chez le résident qui prend des opioïdes au long cours (risque de sevrage et de douleur).
  • Sulfonylurée ou insuline : glycémies rapprochées, collation ; la surveillance doit durer plus longtemps que l’effet du médicament (voir la fiche Intoxications et toxidromes).
  • Antihypertenseur : TA couché-debout, prévention des chutes, suspendre la prochaine dose si TA basse.
  • Anticoagulant : warfarine : INR de contrôle et ajustement ; AOD en double : sauter la dose suivante selon la molécule et surveiller le saignement.
  • Dose omise : la plupart se donnent dès que possible ou se sautent ; attention aux médicaments à ne pas interrompre (antiparkinsoniens, antiépileptiques, insuline basale, corticostéroïdes au long cours).

Déclaration, divulgation et suivi

  • Déclarer l’incident ou l’accident sur le formulaire AH-223-1, dans le délai prévu par la politique de l’établissement.
  • Divulguer l’accident au résident ou à son représentant : ce qui s’est passé, les conséquences possibles, la surveillance et les mesures prises.
  • Si l’erreur touche le médicament d’un autre résident, ce dernier a probablement manqué sa dose : vérifier aussi son plan.
  • Documenter au dossier les faits, l’avis du Centre antipoison et le plan de surveillance.

Prévenir

  • Le comité de gestion des risques analyse les causes (identification, étiquettes semblables, interruptions pendant la tournée).
  • Simplifier la liste de médicaments : moins de médicaments, moins d’erreurs (voir Déprescription et polypharmacie).

Pièges et perles

  • Une forme à libération prolongée retarde et prolonge la toxicité : ne pas lever la surveillance trop tôt.
  • Un résident non verbal ne dira pas qu’il se sent mal : prescrire des signes objectifs à surveiller.
  • Être informé d’un accident est un droit du résident : divulguer dès que les faits sont établis, même si les conséquences sont encore incertaines.

Références

  • Loi sur la gouvernance du système de santé et de services sociaux (RLRQ, c. G-1.021), art. 11 (droit d’être informé d’un accident) et 392 (déclaration des incidents et accidents).
  • Formulaire AH-223-1 (rapport de déclaration d’incident ou d’accident), MSSS.
  • Centre antipoison du Québec (CIUSSS de la Capitale-Nationale) : ligne d’urgence 1 800 463-5060.
  • Choisir avec soin Canada. Soins de longue durée : neuf recommandations (mise à jour sept. 2025).

Pour aller plus loin