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Soins post-aigus › Complications : appels fréquents

Délirium en soins post-aigus

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En bref : Le patient arrive souvent en soins post-aigus avec un délirium qui n’est pas terminé, ou en fait un nouveau après le transfert. Un délirium nouveau ou qui s’aggrave est un signe de complication : on cherche la cause avant tout. Il ralentit la récupération, augmente le risque de chute et retarde le congé. Le repère est l'état de base avant l’hospitalisation, décrit par les proches.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Signes vitaux anormaux, hypoxémie, hypoglycémie, fièvre ou sepsis.
  • Chute récente avec trauma crânien, surtout sous anticoagulant : hématome sous-dural.
  • Déficit focal nouveau, convulsion.
  • Douleur thoracique, dyspnée, mollet douloureux : embolie pulmonaire possible après une chirurgie.
  • Somnolence avec respiration lente ou myosis : toxicité aux opioïdes.

✅ À faire maintenant

  • Confirmer le délirium (4AT ou CAM) ; comparer à l’état de base et à la note de transfert.
  • Signes vitaux, SpO₂, glycémie ; examen ciblé : poumons, plaie opératoire, mollets, globe vésical, fécalome, douleur.
  • Revoir la liste des médicaments depuis l’admission au centre hospitalier : opioïdes, sédatifs, anticholinergiques, médicaments cessés brusquement (benzodiazépine, alcool, antidépresseur).
  • Bilan selon l’accès et le niveau de soins : FSC, électrolytes, créatinine, glucose, calcium. Analyse d’urine seulement si les critères de Loeb sont remplis.

En soins post-aigus

  • Causes à chercher en premier : médicament (surtout opioïde), douleur mal soulagée, rétention urinaire, constipation, infection, déshydratation, hyponatrémie, hypoxémie, sommeil perturbé.
  • Approche sans médicament, appliquée par toute l’équipe : lunettes et appareils auditifs, orientation, présence des proches, jour éclairé et nuit calme, hydratation, horaire de toilette.
  • Analgésie : une douleur non soulagée cause aussi le délirium. Analgésie régulière à dose ajustée plutôt que de cesser l’opioïde sans solution de rechange.
  • Antipsychotique : seulement si détresse importante ou danger, à faible dose et pour une courte durée. Doses : voir la fiche Délirium. Pas d’halopéridol en cas de Parkinson ou de démence à corps de Lewy.
  • Éviter les benzodiazépines (sauf sevrage) et les contentions.

Effet sur la réadaptation

  • Ne pas arrêter la mobilisation : l’immobilité aggrave le délirium et le déclin fonctionnel. On ajuste plutôt la durée et l’heure des séances.
  • Physiothérapie : séances plus courtes, au moment où le patient est le plus alerte ; marche accompagnée.
  • Ergothérapie : routines simples, environnement sécuritaire, prévention des chutes ; l’évaluation cognitive formelle attend la fin du délirium.
  • Soins infirmiers : dépistage quotidien, surveillance du sommeil, de l’élimination et de l’hydratation.
  • Pharmacien : revue de la médication et des charges anticholinergiques.
  • Revoir les objectifs et la date de congé prévue avec l’équipe.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Transfert si la cause demande l’hôpital et que le niveau de soins le permet : sepsis, hypoxémie non corrigée, saignement intracrânien soupçonné, embolie pulmonaire, trouble métabolique grave.
  • Avis en gériatrie ou en psychiatrie de la personne âgée si le délirium persiste malgré la correction des causes, ou si l’agitation met la sécurité en jeu.
  • Si la cause est traitable sur place (médicament, constipation, rétention, infection traitée par la bouche), rester sur l’unité évite un nouveau changement de milieu.

Patient et proches

  • Expliquer que le délirium vient d’une maladie ou d’un médicament et qu’il peut durer des jours ou des semaines.
  • La présence des proches aide ; leur demander de décrire l’état de base.
  • Leur dire que le délirium peut laisser un déclin durable et qu’il peut changer le plan de congé.

Pièges et perles

  • Le délirium hypoactif ressemble à de la « fatigue » ou à un « manque de motivation » en réadaptation.
  • Ne pas conclure à une démence ni orienter vers l’hébergement pendant un délirium actif.
  • Traiter une bactériurie asymptomatique ne règle pas un délirium.

Références

  • American Geriatrics Society Expert Panel on Postoperative Delirium in Older Adults. Abstracted clinical practice guideline for postoperative delirium in older adults. J Am Geriatr Soc 2015;63(1):142-50.
  • NICE CG103. Delirium: prevention, diagnosis and management in hospital and long-term care (mise à jour 2023).
  • Coalition canadienne pour la santé mentale des personnes âgées (CCSMH). 2014 Guideline Update: The Assessment and Treatment of Delirium.
  • MSSS. Approche adaptée à la personne âgée en milieu hospitalier : cadre de référence (2011).

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