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Soins post-aigus › Congé et transition

Ordonnances et transmission au congé

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En bref : Le congé est un moment à haut risque d’erreurs de médicaments. Le patient de SPA a souvent changé de traitement deux fois : au CH, puis sur l’unité. L’ordonnance de départ se fait à partir d’un bilan comparatif des médicaments : la liste d’avant l’hospitalisation, celle du CH et celle de l’unité. Chaque changement est expliqué au patient, à la pharmacie communautaire et au médecin de famille. Une bonne transmission dit aussi ce qui reste à faire.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Médicament d’avant l’hospitalisation ni repris ni cessé de façon explicite (ex. : antihypertenseur, antidépresseur, inhalateur).
  • Anticoagulant, antiplaquettaire ou antibiotique sans durée ni date d’arrêt.
  • Doublons : même classe sous deux noms (générique et marque), deux IPP, deux opioïdes.
  • Médicament de la liste de Beers ajouté au CH (sédatif, anticholinergique) et jamais réévalué.
  • Doses non ajustées à la fonction rénale actuelle.

✅ À faire maintenant

  • Faire le bilan comparatif avec le pharmacien : sources multiples (patient, proche, pharmacie communautaire, profil pharmacologique, dossier du CH).
  • Pour chaque médicament : continuer, modifier, cesser ou nouveau, avec la raison.
  • Préciser la durée des traitements temporaires : anticoagulation prophylactique, antibiotique, corticostéroïde, opioïde.
  • Prévoir les suivis de laboratoire nécessaires et qui les lira.

En soins post-aigus

  • Déprescrire avant le départ : sur l’unité, on peut observer l’effet d’un retrait ; à la maison, non. Voir la fiche Déprescription et polypharmacie.
  • Simplifier : moins de prises par jour, formes faciles à prendre, horaire adapté à la journée réelle du patient.
  • Opioïdes : plan de diminution écrit, quantité limitée, conseils sur la somnolence et la constipation ; voir la fiche Conversions d’opioïdes.
  • Anticoagulant : indication, durée, dose selon le poids et la fonction rénale ; voir la fiche Anticoagulation.
  • Diabète : les besoins changent avec l’alimentation et l’activité ; viser un schéma simple qui évite l’hypoglycémie à la maison.

Effet sur la réadaptation

  • Soins infirmiers : enseignement des médicaments en continu pendant le séjour, pas seulement le jour du départ ; l’auto-administration supervisée, si l’établissement la permet, révèle les difficultés.
  • Ergothérapie : capacité à ouvrir les contenants, lire l’étiquette, utiliser un pilulier ou un dispositif d’inhalation.
  • Pharmacien : bilan comparatif, conseils, lien avec la pharmacie communautaire ; préparation en piluliers si nécessaire.
  • Revoir les médicaments qui nuisent à la mobilité : sédatifs, antihypertenseurs causant de l’orthostatisme.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Joindre le spécialiste traitant si la durée ou la dose d’un traitement qu’il a prescrit n’est pas claire (anticoagulant post-op, antibiotique d’une infection osseuse, corticostéroïde).
  • Consulter le pharmacien de l’établissement pour une interaction ou un ajustement rénal complexe.

Préparer le congé

Le résumé de transmission au médecin de famille ou à l’IPS contient :

  • Diagnostics principaux et complications du séjour.
  • État fonctionnel au départ et destination ; services en place.
  • Liste des médicaments : changements et leurs raisons ; durées prévues.
  • Niveau de soins et volontés exprimées.
  • Examens et résultats en attente, avec le nom de la personne responsable du suivi.
  • Suivis à faire : laboratoires, rendez-vous, retrait de points ou d’agrafes, réévaluation d’un médicament.

Transmettre l’ordonnance à la pharmacie communautaire choisie par le patient, selon le mode prévu par l’établissement, et le résumé au médecin traitant le jour du congé si possible.

Patient et proches aidants

  • Remettre une liste écrite et lisible : nom du médicament, raison, horaire, changement par rapport à avant.
  • Dire clairement quels anciens médicaments jeter ou rapporter à la pharmacie.
  • Faire répéter au patient ou au proche les points importants (méthode de reformulation).
  • Erreur de médicament découverte après coup : déclaration sur le formulaire AH-223 et divulgation au patient selon la politique de l’établissement.

Pièges et perles

  • « Continuer les médicaments habituels » n’est pas une ordonnance.
  • La substitution d’un médicament par le formulaire de l’établissement doit être corrigée au départ, sinon le patient prendra les deux.
  • Un médicament suspendu au CH (ex. : diurétique, antihypertenseur) doit être repris ou cessé de façon explicite.
  • Un résultat en attente sans responsable désigné est un résultat perdu.

Références

  • Soins de santé plus sécuritaires maintenant! et ISMP Canada. Bilan comparatif des médicaments au congé : ressources (2015).
  • 2023 American Geriatrics Society Beers Criteria Update Expert Panel. J Am Geriatr Soc 2023;71(7):2052-2081.
  • NICE NG5. Medicines optimisation: the safe and effective use of medicines to enable the best possible outcomes (2015).
  • Formulaire AH-223 (déclaration d’incident ou d’accident), MSSS.

Pour aller plus loin