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CHSLD et soins palliatifs â€ș MĂ©dication

Polypharmacie et charge anticholinergique

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En bref : La polypharmacie est la rĂšgle en CHSLD et augmente chutes, dĂ©lirium, hospitalisations et interactions. La charge anticholinergique s’additionne d’un mĂ©dicament Ă  l’autre : elle cause confusion, rĂ©tention urinaire, constipation, sĂ©cheresse buccale, tachycardie et chutes, et aggrave le TNC. Plusieurs mĂ©dicaments ont un effet anticholinergique faible mais cumulatif. On calcule la charge, puis on remplace ou on cesse en prioritĂ© les agents les plus puissants.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Confusion aiguĂ«, somnolence, hallucinations : dĂ©lirium anticholinergique possible.
  • Globe vĂ©sical, rĂ©tention urinaire.
  • Constipation sĂ©vĂšre, fĂ©calome, ilĂ©us.
  • Tachycardie, fiĂšvre sans foyer, peau sĂšche et chaude.
  • Chute, vision trouble.

✅ À faire maintenant

  • Lister tous les mĂ©dicaments, y compris les « au besoin », la vente libre et les gouttes ophtalmiques.
  • RepĂ©rer les anticholinergiques puissants : oxybutynine, toltĂ©rodine, diphenhydramine, hydroxyzine, dimenhydrinate, tricycliques (amitriptyline), paroxĂ©tine, olanzapine, quĂ©tiapine, scopolamine, relaxants musculaires.
  • Calculer la charge avec une Ă©chelle reconnue (p. ex. Anticholinergic Cognitive Burden) ou avec le pharmacien.
  • Chercher les cascades : un mĂ©dicament ajoutĂ© pour l’effet d’un autre.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BRĂ©duire la charge pour prĂ©venir dĂ©lirium et chutes ; transfert seulement pour une complication grave (rĂ©tention compliquĂ©e, ilĂ©us).
CCesser ou remplacer sur place ; drainer un globe, traiter la constipation.
DCertains anticholinergiques servent le confort (p. ex. glycopyrrolate ou scopolamine pour les rñles) : les garder si l’objectif est atteint.

Réduire la charge au CHSLD

  • Vessie hyperactive : horaire de toilette, gestion de l’incontinence ; cesser l’oxybutynine, surtout avec un TNC ou un IAChE (effets opposĂ©s).
  • Prurit, allergie : antihistaminique de 2e gĂ©nĂ©ration plutĂŽt que diphenhydramine ou hydroxyzine.
  • NausĂ©es : Ă©viter dimenhydrinate et scopolamine au long cours ; voir la fiche correspondante.
  • Douleur neuropathique, dĂ©pression : Ă©viter l’amitriptyline et la paroxĂ©tine ; choisir une option moins anticholinergique.
  • Sommeil : pas d’antihistaminique sĂ©datif ; voir la situation « Insomnie ».
  • Autres risques de la polypharmacie : interactions et QT (voir la fiche MĂ©dicaments prolongeant le QT), doses Ă  ajuster Ă  la fonction rĂ©nale.
  • RĂ©vision structurĂ©e avec le pharmacien (bienfaits, risques, plan) ; un changement Ă  la fois.

Famille et suivi

  • Expliquer que certains mĂ©dicaments courants peuvent aggraver la mĂ©moire et la confusion.
  • AprĂšs un arrĂȘt : surveiller le retour des symptĂŽmes (incontinence, prurit, sommeil) et la cognition.
  • Documenter la charge et la revoir Ă  chaque nouveau mĂ©dicament.

PiĂšges et perles

  • IAChE + oxybutynine : deux mĂ©dicaments qui s’annulent ; souvent une cascade (IAChE → incontinence → anticholinergique).
  • Un mĂ©dicament « au besoin » donnĂ© tous les soirs compte dans la charge.
  • Le dĂ©lirium anticholinergique peut se prĂ©senter sous une forme hypoactive.

Références

  • American Geriatrics Society. 2023 Updated AGS Beers Criteria. J Am Geriatr Soc 2023;71(7):2052-81.
  • Boustani M, Campbell N, Munger S, et al. Impact of anticholinergics on the aging brain: a review and practical application. Aging Health 2008;4(3):311-20.
  • INESSS. Portrait de l’usage de mĂ©dicaments potentiellement inappropriĂ©s chez les personnes atteintes d’un TNC majeur vivant dans la communautĂ© au QuĂ©bec, 2014–2024. Juin 2026.
  • Curtin D, Gallagher P, O’Mahony D. STOPPFrail version 2. Age Ageing 2021;50(2):465-71.

Pour aller plus loin