En bref : En CHSLD, l’hyponatrémie est souvent chronique et d’origine médicamenteuse (diurétique thiazidique, ISRS, IRSN, carbamazépine, oxcarbazépine) ou liée à un apport faible en solutés (« thé et rôties »), au SIADH ou à une déshydratation. Même légère, elle augmente les chutes et la confusion. Les symptômes graves (convulsion, somnolence profonde) demandent une correction rapide à l’hôpital, selon le niveau de soins. Sinon, on corrige lentement sur place.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme
- Symptômes graves : convulsion, somnolence profonde ou coma, vomissements, détresse respiratoire.
- Symptômes modérés : confusion nouvelle, nausées, céphalée, chutes.
- Baisse rapide du sodium (en moins de 48 h) : risque d’œdème cérébral plus élevé.
- Hypovolémie marquée (vomissements, diarrhée) ou insuffisance cardiaque décompensée.
✅ À faire maintenant
- Confirmer la valeur ; comparer aux résultats antérieurs (aigu ou chronique ?).
- Glycémie (fausse hyponatrémie par hyperglycémie).
- État volémique : TA couché-debout, poids, œdème, apports et pertes.
- Revoir les médicaments : thiazides, ISRS, IRSN, mirtazapine, antiépileptiques, antipsychotiques, desmopressine, opioïdes.
- Selon le niveau de soins : osmolalité sérique, osmolalité et sodium urinaires (avant de donner du soluté), créatinine, potassium, TSH et cortisol si non expliquée.
Selon le niveau de soins
| Niveau | Conduite |
|---|---|
| A – B | Symptômes graves ou modérés avec sodium bas : transfert pour salin hypertonique et suivi rapproché du sodium. |
| C | Sur place : cesser le médicament en cause, corriger la volémie ou restreindre l’eau, contrôles du sodium. Transfert si le confort l’exige. |
| D | Pas de bilan ni de correction ; traiter les symptômes (nausées, convulsion) pour le confort. |
Prise en charge sur place
- Hypovolémie (vomissements, diarrhée, diurétique) : NaCl 0,9 % PO ou par hypodermoclyse ; cesser le diurétique.
- SIADH ou apport excessif d’eau : restreindre les liquides libres ; augmenter l’apport en protéines et en sel si l’alimentation est pauvre. Autres options : voir la fiche Hyponatrémie.
- Surcharge (insuffisance cardiaque, cirrhose) : restriction hydrique, ajustement du diurétique de l’anse.
- Vitesse de correction : au plus 10 mmol/L dans les premières 24 h, puis 8 mmol/L par 24 h (Spasovski, 2014) ; au plus 8 mmol/L par 24 h si risque de démyélinisation osmotique : dénutrition, alcool, hypokaliémie (Verbalis, 2013).
- Un sodium qui remonte trop vite (diurèse abondante après l’arrêt d’un thiazide ou la correction d’une hypovolémie) : aviser le médecin ; recontrôler le sodium plus tôt.
Famille et suivi
- Expliquer le lien possible avec un médicament ; documenter l’effet indésirable au dossier pharmacologique.
- Contrôle du sodium selon la gravité et le niveau de soins ; éviter les prises de sang de routine sans changement de conduite.
- Si un ISRS est en cause : discuter d’une solution de rechange ou d’un sevrage avec le médecin traitant.
Pièges et perles
- Corriger trop vite est plus dangereux que l’hyponatrémie chronique elle-même.
- Du NaCl 0,9 % peut aggraver l’hyponatrémie d’un SIADH : préciser d’abord la volémie.
- Une hyponatrémie « chronique stable » contribue aux chutes et aux fractures : elle mérite une révision de la médication.
- Les sodas, le thé et les suppléments liquides pauvres en solutés comptent dans l’apport en eau.
Références
- Spasovski G, et al. Clinical practice guideline on diagnosis and treatment of hyponatraemia. Eur J Endocrinol 2014;170(3):G1-G47.
- Verbalis JG, et al. Diagnosis, evaluation, and treatment of hyponatremia: expert panel recommendations. Am J Med 2013;126(10 Suppl 1):S1-S42.
- American Geriatrics Society. 2023 Updated AGS Beers Criteria. J Am Geriatr Soc 2023;71(7):2052-81.
- Choisir avec soin Canada. Soins de longue durée : neuf recommandations (mise à jour sept. 2025).