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Dysphagie

Gastro-entérologie, hépatologie et nutritionSources publiques · oct. 2026Fiche révisée · 23 oct. 2026

Gastro-entérologie, hépatologie et nutritionNouvelle fiche SRV · oct. 2026Fiche révisée · 23 oct. 2026

Voir aussi : RGO, dyspepsie et ulcÚre · Perte de poids involontaire · Masse cervicale et cancers ORL · Dysphonie · AVC · Parkinson

💊 Doses / traitement✉ Signaler une erreur

En bref : La dysphagie est une sensation de blocage Ă  la dĂ©glutition. On la distingue du globus (boule dans la gorge entre les repas, soulagĂ©e en avalant), de la xĂ©rostomie (bouche sĂšche qui gĂȘne la dĂ©glutition), de l’odynophagie (douleur en avalant) et du RGO (impression de digestion lente). Trois questions orientent : oĂč ça bloque (gorge et fausses routes : dysphagie oropharyngĂ©e, souvent neurologique ; rĂ©trosternale quelques secondes aprĂšs : Ɠsophagienne), quoi (solides seulement : obstacle mĂ©canique ; solides et liquides d’emblĂ©e : trouble moteur) et comment ça Ă©volue (intermittente ou rapidement progressive). Une dysphagie progressive avec perte de poids aprĂšs 50 ans est un cancer jusqu’à preuve du contraire. L’impaction alimentaire (incapacitĂ© d’avaler sa salive) va Ă  l’urgence.

En bref : La premiĂšre question est : « haute (oropharyngĂ©e, de transfert) ou basse (Ɠsophagienne, de transport) ? ». La dysphagie haute (toux, fausse route, rĂ©gurgitation nasale) est surtout neurologique : on fait une Ă©valuation de la dĂ©glutition (orthophonie, vidĂ©ofluoroscopie). La dysphagie basse se bilante par gastroscopie en premier. Une dysphagie progressive aux solides puis aux liquides, avec perte de poids, est un cancer jusqu’à preuve du contraire. À l’hĂŽpital, un dĂ©pistage de la dĂ©glutition doit prĂ©cĂ©der toute prise orale aprĂšs un AVC.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Impaction alimentaire (salive non dĂ©glutie, hypersalivation)
  • Pile bouton ou objet pointu dans l’Ɠsophage
  • Dysphagie progressive solides → liquides, perte de poids, anĂ©mie, > 50 ans, hĂ©matĂ©mĂšse : cancer
  • Toux au repas, voix mouillĂ©e, pneumonies d’aspiration

đŸš© Signaux d’alarme

  • Impaction alimentaire ou corps Ă©tranger : incapacitĂ© d’avaler la salive, hypersalivation, douleur rĂ©trosternale → urgence (endoscopie ; immĂ©diate si obstruction complĂšte, pile bouton, aimants ou objet pointu).
  • Dysphagie rapidement progressive, perte de poids, anĂ©mie ferriprive, hĂ©matĂ©mĂšse ou mĂ©lĂ©na, odynophagie importante, Ăąge > 50 ans.
  • Dysphagie oropharyngĂ©e aiguĂ« avec dĂ©ficit neurologique (AVC), voix nasonnĂ©e, ptose ou faiblesse fluctuante (myasthĂ©nie) → urgence.
  • Fausses routes avec fiĂšvre ou toux productive (pneumonie d’aspiration), dĂ©shydratation, prise PO impossible → urgence.

✅ À faire maintenant

  • Haute (initier, toux, reflux nasal) ou basse (blocage rĂ©trosternal) ?
  • Post-AVC : NPO, mĂ©dicaments compris, jusqu’au dĂ©pistage de la dĂ©glutition validĂ©
  • Revoir les mĂ©dicaments (KCl, bisphosphonates, fer, doxycycline, AINS ; sĂ©datifs, anticholinergiques)
  • Basse : gastroscopie + biopsies (EoE : ≄ 6, sur 2 niveaux) ; haute : orthophonie, vidĂ©ofluoroscopie

💊 Premiùres ordonnances

  • Impaction : endoscopie ; un traitement mĂ©dical (glucagon : dose selon le protocole local ; efficacitĂ© variable) ne doit pas la retarder
  • StĂ©nose peptique, anneau : IPP (omĂ©prazole 20 mg PO bid ou 40 mg PO die) + dilatation
  • ƒsophagite mĂ©dicamenteuse : arrĂȘter la molĂ©cule ; comprimĂ©s avec un grand verre d’eau, sans s’allonger aprĂšs la prise ; IPP (omĂ©prazole 20 mg PO bid ou 40 mg PO die)
  • Candida : fluconazole 400 mg PO × 1 dose, puis 200–400 mg PO die × 14–21 j
  • Ne pas Ă©craser les formes LA ou entĂ©rosolubles

📞 Appeler ou orienter si

  • Gastro-entĂ©rologie : Impaction alimentaire avec obstruction complĂšte ; pile bouton ou objet pointu Ɠsophagien ; autre corps Ă©tranger ou impaction incomplĂšte ; dysphagie avec hĂ©matĂ©mĂšse

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

  • PrĂ©ciser : gorge ou rĂ©trosternal ; solides ou solides et liquides ; intermittente ou progressive ; durĂ©e ; impactions antĂ©rieures.
  • Revoir les mĂ©dicaments : doxycycline, AINS, bisphosphonates, KCl, fer (Ɠsophagite mĂ©dicamenteuse) ; anticholinergiques et sĂ©datifs (bouche sĂšche, dĂ©glutition).
  • Terrain : RGO ancien (stĂ©nose peptique), atopie chez un homme jeune (Ɠsophagite Ă  Ă©osinophiles), tabac et alcool (cancer Ă©pidermoĂŻde), Raynaud (sclĂ©rodermie), Parkinson, AVC.
  • Examen : bouche et dentition, cou (masse, thyroĂŻde), ganglions sus-claviculaires, nerfs crĂąniens et examen neurologique, poids ; regarder boire quelques gorgĂ©es d’eau (toux, voix mouillĂ©e).
  • FSC et ferritine ; TSH si goitre.
  • Basse : gastroscopie + biopsies (EoE : ≄ 6, sur 2 niveaux) ; haute : orthophonie, vidĂ©ofluoroscopie

💊 Premiùres ordonnances

  • Impaction : urgence (endoscopie)
  • StĂ©nose peptique, anneau : IPP (omĂ©prazole 20 mg PO bid ou 40 mg PO die) + dilatation
  • ƒsophagite mĂ©dicamenteuse : arrĂȘter la molĂ©cule ; comprimĂ©s avec un grand verre d’eau, sans s’allonger aprĂšs la prise ; IPP (omĂ©prazole 20 mg PO bid ou 40 mg PO die)
  • Candida : fluconazole 400 mg PO × 1 dose, puis 200–400 mg PO die × 14–21 j
  • Ne pas Ă©craser les formes LA ou entĂ©rosolubles

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer Ă  l’urgence : Impaction alimentaire ou corps Ă©tranger (pile bouton, objet pointu) ; dysphagie avec hĂ©matĂ©mĂšse ; dysphagie aiguĂ« avec signe neurologique ; fausses routes avec fiĂšvre ou dĂ©shydratation

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

📹 RĂ©fĂ©rer : CRDS Consulter en gastro-entĂ©rologie si : · CRDS Consulter en chirurgie gĂ©nĂ©rale si : (prioritĂ©s A Ă  E) · đŸš© Alertes cliniques : urgence

OropharyngĂ©e ou Ɠsophagienne ?

OropharyngĂ©e (transfert)ƒsophagienne (transport)
MomentDÚs le début de la déglutitionQuelques secondes aprÚs avoir avalé
SymptÎmesToux, étouffement, fausses routes, régurgitation nasale, voix mouillée, salive qui couleSensation de blocage rétrosternal (parfois ressentie au cou), régurgitation
Causes motricesAVC, Parkinson, sclĂ©rose en plaques, SLA, tumeur cĂ©rĂ©brale, myasthĂ©nie, polymyosite, dystrophies musculaires, dystrophie oculopharyngĂ©e, dĂ©mence, mĂ©dicamentsSolides et liquides d’emblĂ©e : spasme et troubles de la motilitĂ© (intermittents) ; achalasie, sclĂ©rodermie, maladie de Chagas (progressives)
Causes mĂ©caniquesDiverticule de Zenker (rĂ©gurgitation d’aliments non digĂ©rĂ©s, halitose), hypertonie du cricopharyngien, ostĂ©ophytes cervicaux, goitre, cancer ORL, corps Ă©trangerSolides plus que liquides : anneau de Schatzki, Ɠsophagite Ă  Ă©osinophiles (intermittentes) ; stĂ©nose bĂ©nigne peptique ou caustique (lentement progressive) ; cancer (rapidement progressive)
OrientationÉvaluation de la dĂ©glutition, neurologie, ORLGastroscopie (CRDS de gastroentĂ©rologie)

💡 Un blocage ressenti au cou n’exclut pas une cause Ɠsophagienne distale ; un blocage rĂ©trosternal, lui, vient de l’Ɠsophage.

Causes Ɠsophagiennes

  • MĂ©canique (solides plus que liquides) :
    • intermittente : anneau de Schatzki (Ă©pisodes de « steakhouse »), Ɠsophagite Ă  Ă©osinophiles (homme jeune, atopie, impactions rĂ©pĂ©tĂ©es) ;
    • lentement progressive : stĂ©nose bĂ©nigne, peptique (RGO ancien, brĂ»lures qui diminuent) ou caustique ;
    • rapidement progressive : cancer (Ăąge, perte de poids, anĂ©mie, tabac, alcool, Ɠsophage de Barrett).
  • Motrice (solides et liquides d’emblĂ©e) :
    • intermittente : spasme Ɠsophagien et autres troubles de la motilitĂ© (douleur thoracique : Ă©liminer d’abord un SCA) ;
    • progressive : achalasie (rĂ©gurgitation d’aliments non digĂ©rĂ©s, perte de poids, toux nocturne), sclĂ©rodermie (Raynaud, RGO sĂ©vĂšre), maladie de Chagas (personne venant d’AmĂ©rique du Sud ou centrale).
  • Odynophagie (douleur Ă  la dĂ©glutition) : Ɠsophagite mĂ©dicamenteuse, infectieuse (candida chez l’immunosupprimĂ© ou sous corticoĂŻdes inhalĂ©s, herpĂšs), caustique ; ulcĂšre ou cancer.

Prise en charge au SRV

  • La gastroscopie est l’examen de 1re intention de la dysphagie Ɠsophagienne (biopsies pour l’Ɠsophagite Ă  Ă©osinophiles, mĂȘme si la muqueuse paraĂźt normale) ; le transit barytĂ© aide si l’endoscopie tarde ou si une achalasie est suspectĂ©e.
  • Demander la gastroscopie par le formulaire CRDS de gastroentĂ©rologie : rapidement progressive en prioritĂ© B, stable et intermittente en prioritĂ© D. L’impaction ne passe pas par le CRDS : urgence.
  • En attendant : IPP Ă  dose standard si RGO ou stĂ©nose peptique suspectĂ©e ; petites bouchĂ©es, bien mastiquer, Ă©viter la viande et le pain secs ; consignes Ă©crites de se prĂ©senter Ă  l’urgence en cas de blocage.
  • ƒsophagite mĂ©dicamenteuse : cesser l’agent si possible ; prendre les comprimĂ©s Ă  risque avec 250 mL d’eau, en position debout, et rester assis ou debout 30 minutes.
  • Candidose Ɠsophagienne probable (muguet et odynophagie chez un patient sous corticoĂŻdes inhalĂ©s ou immunosupprimĂ©) : traitement selon le guide antibiotique ; immunosuppression importante ou Ă©chec : gastroentĂ©rologie ou urgence.
  • Dysphagie oropharyngĂ©e : rĂ©fĂ©rence en orthophonie ou en ergothĂ©rapie pour l’évaluation de la dĂ©glutition (vidĂ©ofluoroscopie au besoin) et l’adaptation des textures (cadre IDDSI) ; revoir les mĂ©dicaments sĂ©datifs ; chercher la cause neurologique.

Bilan et traitement en spécialité (à connaßtre)

  • OropharyngĂ©e : chercher une maladie neuromusculaire ; la cinĂ©-dĂ©glutition (vidĂ©ofluoroscopie) est souvent le premier examen (causes motrices et mĂ©caniques, risque d’aspiration) ; TDM cĂ©rĂ©brale si une atteinte du SNC est soupçonnĂ©e ; examen ORL (nasopharyngolaryngoscopie) si une cause mĂ©canique n’est pas exclue.
  • OropharyngĂ©e motrice : traiter la maladie de base, orthophonie et ergothĂ©rapie, prĂ©vention de l’aspiration, soutien nutritionnel (gastrostomie au besoin). Cause mĂ©canique : chirurgie ou traitement selon la cause.
  • ƒsophagienne : gastroscopie avec biopsies ; si elle est normale, manomĂ©trie Ɠsophagienne ± transit barytĂ© (trouble moteur ou anneau soupçonnĂ©).
  • StĂ©nose bĂ©nigne : dilatation (prothĂšse dans les cas complexes). Anneau de Schatzki : IPP bid, dilatation si rĂ©fractaire. Cancer : traitement oncologique ± prothĂšse.
  • ƒsophagite Ă  Ă©osinophiles : IPP Ă  forte dose, corticoĂŻde topique avalĂ© ou diĂšte d’éviction, et dilatation des stĂ©noses (gastroentĂ©rologie).
  • Achalasie : dilatation pneumatique, myotomie chirurgicale ou endoscopique (POEM), toxine botulique si le patient n’est pas candidat. Spasme : nitrates ou bloqueurs des canaux calciques. SclĂ©rodermie : IPP.

🔗 Ressources et raisonnement

🧠 Raisonnement Raisonnement diagnostique (VINDICATE, drapeaux rouges)

📞 Consulter Quand consulter — GastroentĂ©rologie · Urgente : consultation intrahospitaliĂšre · semi-urgente : intrahospitaliĂšre ou externe · Ă©lective : en externe

Définitions

  • Dysphagie oropharyngĂ©e : difficultĂ© Ă  initier la dĂ©glutition, toux ou Ă©touffement, rĂ©gurgitation nasale, voix mouillĂ©e, pneumonies d’aspiration.
  • Dysphagie Ɠsophagienne : sensation de blocage rĂ©trosternal ou cervical quelques secondes aprĂšs la dĂ©glutition, impaction alimentaire.
  • Odynophagie : douleur Ă  la dĂ©glutition. Elle Ă©voque une Ɠsophagite infectieuse (Candida, HSV, CMV), mĂ©dicamenteuse ou caustique.
  • La localisation rapportĂ©e par le patient est peu fiable. Une sensation cervicale peut venir d’une lĂ©sion distale.
  • À distinguer du globus (boule dans la gorge entre les repas, soulagĂ©e en avalant), de la xĂ©rostomie (bouche sĂšche qui gĂȘne la dĂ©glutition) et du RGO (impression de digestion lente) (Lanthier).

AnamnÚse ciblée

Question Interprétation
DifficultĂ© Ă  initier ou blocage aprĂšs quelques secondes ? OropharyngĂ©e ou Ɠsophagienne
Toux, étouffement, reflux nasal ? Aspiration ; dysphagie oropharyngée
Solides seulement ? Obstacle mécanique
Solides et liquides d’emblĂ©e (ou liquides > solides) ? Trouble moteur (achalasie, sclĂ©rodermie)
Progressive ? Intermittente ? Progressive : stĂ©nose peptique ou cancer. Intermittente : anneau de Schatzki, Ɠsophagite Ă  Ă©osinophiles
Perte de poids, anémie, ùge > 50 ans, hématémÚse ? Drapeaux rouges : cancer
Pyrosis chronique ? Sténose peptique, Barrett, sclérodermie
RĂ©gurgitation d’aliments non digĂ©rĂ©s, halitose ? Diverticule de Zenker, achalasie
Antécédents AVC, Parkinson, SLA, myasthénie, sclérodermie, diabÚte, chirurgie ou radiothérapie cervicale ou thoracique, VIH
MĂ©dicaments KCl, bisphosphonates, fer, doxycycline/tĂ©tracycline, AINS/AAS, vitamine C, quinidine (Ɠsophagite mĂ©dicamenteuse) ; neuroleptiques, anticholinergiques, opioĂŻdes (motricitĂ©)

Causes

Type Causes principales
Oropharyngée neurologique AVC, Parkinson, SLA, démence, SEP, tumeur du tronc, Guillain-Barré, encéphalopathie métabolique, dyskinésie tardive
Oropharyngée myogÚne Myasthénie, polymyosite et dermatomyosite, dystrophie oculopharyngée et myotonique, paranéoplasique
Oropharyngée structurelle Zenker, barre cricopharyngée, membrane cervicale, tumeur ORL, ostéophytes, post-chirurgie ou radiothérapie
ƒsophagienne mĂ©canique intrinsĂšque StĂ©nose peptique, cancer, Ɠsophagite Ă  Ă©osinophiles, anneau de Schatzki, membranes, Ɠsophagite caustique, mĂ©dicamenteuse ou radique
ƒsophagienne mĂ©canique extrinsĂšque Masse mĂ©diastinale, oreillette G dilatĂ©e, anĂ©vrisme aortique, artĂšre sous-claviĂšre aberrante, ostĂ©ophytes
ƒsophagienne motrice Achalasie (primaire ou pseudo-achalasie nĂ©oplasique), spasme Ɠsophagien diffus, sclĂ©rodermie, RGO avec pĂ©ristaltisme faible, maladie de Chagas
Fonctionnelle Dysphagie fonctionnelle : diagnostic d’exclusion

Patient hospitalisé : dépistage et aspiration

  • AVC : dĂ©pistage de la dĂ©glutition par un professionnel formĂ© avec un outil validĂ©, avant toute prise orale (mĂ©dicaments, aliments, liquides) (Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC). Le patient reste NPO jusqu’au rĂ©sultat ; rĂ©fĂ©rence en orthophonie si le dĂ©pistage est anormal.
  • Chez la personne ĂągĂ©e hospitalisĂ©e (dĂ©lirium, dĂ©mence, Parkinson) :
    • surveiller la toux au repas, la voix mouillĂ©e et les pneumonies Ă  rĂ©pĂ©tition ;
    • consulter tĂŽt l’orthophonie ou l’ergothĂ©rapie.
  • MĂ©dicaments :
    • revoir les formes : Ă©craser seulement si c’est permis (pas les formes LA ou entĂ©rosolubles), ou passer au liquide ;
    • limiter les sĂ©datifs et les anticholinergiques.
  • Sonde d’alimentation obstruĂ©e : irriguer d’abord Ă  l’eau tiĂšde avec une seringue de 60 mL ; si Ă©chec, enzymes pancrĂ©atiques non entĂ©rosolubles (ex. Viokace) + bicarbonate de sodium Ă©crasĂ©s et dissous dans un peu d’eau tiĂšde, injectĂ©s et laissĂ©s agir (clamper), puis irriguer ; aviser le mĂ©decin aprĂšs 2 tentatives infructueuses. Ne pas utiliser de jus ni de boisson gazeuse. PrĂ©vention : rincer avant et aprĂšs chaque mĂ©dicament et aux 4 h en gavage continu (ASPEN, Boullata 2017).
  • Fin de vie, dĂ©mence avancĂ©e : « alimentation de confort » avec des risques acceptĂ©s. Ne pas recommander de gastrostomie : l’alimentation manuelle soigneuse est au moins aussi bonne pour la mortalitĂ©, la pneumonie d’aspiration, l’état fonctionnel et le confort (Choisir avec soin, SociĂ©tĂ© canadienne de gĂ©riatrie).

Prise en charge

Urgences

⚠ Recommandation actuelle (ESGE, 2016) : obstruction Ɠsophagienne complĂšte, pile bouton ou objet pointu dans l’Ɠsophage = endoscopie en urgence, idĂ©alement < 2 h et au plus tard < 6 h ; autres corps Ă©trangers Ɠsophagiens < 24 h.

  • Impaction alimentaire (salive non dĂ©glutie, hypersalivation) : gastroscopie en urgence (< 2 h idĂ©alement, < 6 h au plus tard) si obstruction complĂšte, sinon dans les 24 h.
  • Le glucagon a une efficacitĂ© variable (nausĂ©es, vomissements, risque de perforation et d’aspiration) ; aucun traitement mĂ©dical ne doit retarder l’endoscopie.
  • Ensuite, rechercher une cause sous-jacente : EoE (biopsies des tiers supĂ©rieur, moyen et infĂ©rieur), anneau, stĂ©nose.
  • Pile bouton ou objet pointu dans l’Ɠsophage : endoscopie en urgence (mĂȘme dĂ©lai).

Bilan selon le type

  • OropharyngĂ©e : chercher une maladie neuromusculaire systĂ©mique ; la cinĂ©-dĂ©glutition (vidĂ©ofluoroscopie avec l’orthophonie) est souvent le premier examen (causes motrices et mĂ©caniques, risque d’aspiration) ; TDM cĂ©rĂ©brale si une atteinte du SNC est soupçonnĂ©e ; examen ORL (nasopharyngolaryngoscopie) si une cause mĂ©canique n’est pas exclue.
  • ƒsophagienne : gastroscopie avec biopsies ; si elle est normale, manomĂ©trie Ɠsophagienne ± transit barytĂ© (trouble moteur ou anneau soupçonnĂ©).
  • PrioritĂ©s de consultation (urgence, ≀ 10 jours, ≀ 3 mois) : voir Consulter.

Selon la cause

Cause Traitement
Dysphagie post-AVC ou neurologique Techniques compensatoires (textures modifiĂ©es IDDSI, posture), rééducation en orthophonie ; dĂ©cision d’alimentation entĂ©rale dans les 3 premiers jours si besoin ; sonde NG, remplacĂ©e par une gastrostomie si alimentation prolongĂ©e, selon les objectifs de soins
StĂ©nose peptique, anneau de Schatzki IPP (bid pour l’anneau de Schatzki) + dilatation endoscopique si rĂ©fractaire ; endoprothĂšse dans les stĂ©noses complexes
ƒsophagite Ă  Ă©osinophiles IPP (omĂ©prazole 20 mg bid ou 40 mg die), ou corticostĂ©roĂŻde topique avalĂ© (budĂ©sonide 2–4 mg/j), ou diĂšte d’élimination empirique (1 ou 2 aliments) ; réévaluer par biopsies ; dilatation en parallĂšle si stĂ©nose ; dupilumab si non-rĂ©ponse
ƒsophagite mĂ©dicamenteuse ArrĂȘter la molĂ©cule ; prendre les comprimĂ©s avec un grand verre d’eau, sans s’allonger aprĂšs la prise ; IPP
ƒsophagite infectieuse Candida : fluconazole 400 mg PO × 1, puis 200–400 mg PO die × 14–21 j ; HSV : acyclovir ; CMV : ganciclovir
Achalasie Gastroscopie d’abord (exclure une pseudo-achalasie), manomĂ©trie haute rĂ©solution ; dilatation pneumatique, myotomie de Heller ou POEM (efficacitĂ© comparable, types I et II ; POEM ou myotomie adaptĂ©e pour le type III) ; toxine botulique si inapte Ă  un traitement dĂ©finitif
Spasme Ɠsophagien, troubles de la motilitĂ© Éliminer d’abord un SCA ; nitrates ou bloqueurs des canaux calciques
Sclérodermie IPP ; rechercher les autres atteintes
Cancer de l’Ɠsophage RĂ©fĂ©rence en oncologie et chirurgie ; endoprothĂšse palliative si dysphagie sĂ©vĂšre

💡 Anneau de Schatzki (anneau fibreux de la jonction Ɠsogastrique, dysphagie intermittente aux solides, « steakhouse syndrome ») : on le considĂšre de plus en plus comme une consĂ©quence du reflux. Traitement : IPP et dilatation.

Cancer de l’Ɠsophage

  • Se prĂ©sente typiquement par une dysphagie progressive aux solides puis aux liquides, avec perte de poids : gastroscopie sans dĂ©lai.
  • ÉpidermoĂŻde : alcool et tabac.
  • AdĂ©nocarcinome : Ɠsophage de Barrett, RGO, obĂ©sitĂ©.
  • Pronostic rĂ©servĂ© : rĂ©fĂ©rence rapide en oncologie et chirurgie.

Algorithme

Oui

Non : blocage rétrosternal

Lésion

Normale

Oui

Solides seulement

Dysphagie

Difficulté à initier,
toux, reflux nasal ?

Oropharyngée

Dépistage de la déglutition au chevet
Orthophonie / ergothérapie
Vidéofluoroscopie ± nasofibroscopie

Rechercher une cause neuro ou myogĂšne
(AVC, Parkinson, myasthénie)
Zenker : gorgée barytée

ƒsophagienne

Gastroscopie + biopsies
(EoE : ≄ 6 biopsies, 2 niveaux)

Sténose peptique, cancer, EoE,
anneau, Ɠsophagite

Solides et liquides
ou suspicion motrice ?

Manométrie haute résolution
± gorgée barytée chronométrée

Gorgée barytée
(anneau, compression extrinsĂšque)

Achalasie, spasme, sclérodermie
Sinon : dysphagie fonctionnelle
(exclure un RGO)

  • La gorgĂ©e barytĂ©e d’abord se justifie si on soupçonne une stĂ©nose complexe (post-radiothĂ©rapie, caustique, chirurgie) ou un Zenker. La sĂ©quence est dĂ©battue.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceImpaction alimentaire ou corps Ă©tranger (incapacitĂ© d’avaler la salive, hypersalivation, douleur rĂ©trosternale) — endoscopie ; immĂ©diate si obstruction complĂšte, pile bouton, aimants ou objet pointu
  • UrgenceDysphagie aiguĂ« avec signe neurologique (dĂ©ficit d’AVC, voix nasonnĂ©e, ptose ou faiblesse fluctuante)
  • UrgenceFausses routes avec fiĂšvre ou dĂ©shydratation (pneumonie d’aspiration, prise PO impossible)

Consulter en gastro-entérologie si :

Aucun traitement mĂ©dical (glucagon) ne doit retarder l’endoscopie.

  • UrgentImpaction alimentaire avec obstruction complĂšte (salive non dĂ©glutie, hypersalivation) — garde ; endoscopie idĂ©alement < 2 h, au plus tard < 6 h.
  • UrgentPile bouton ou objet pointu Ɠsophagien — garde ; endoscopie idĂ©alement < 2 h, au plus tard < 6 h.
  • UrgentAutre corps Ă©tranger ou impaction incomplĂšte — garde ; endoscopie < 24 h.
  • UrgentDysphagie avec hĂ©matĂ©mĂšse — garde, mĂȘme jour.
  • Semi-urgentDysphagie Ɠsophagienne rapidement progressive (solides puis liquides, perte de poids : cancer Ă  exclure) — gastroscopie pendant le sĂ©jour si hospitalisĂ©, sinon ≀ 10 jours.
  • ÉlectifDysphagie Ɠsophagienne stable et intermittente — ≀ 3 mois.

À prĂ©parer : haute ou basse, solides ou liquides, Ă©volution, perte de poids, heure et nature de l’aliment ou de l’objet ingĂ©rĂ©, mĂ©dicaments (Ɠsophagite mĂ©dicamenteuse, anticoagulants), FSC, ferritine, antĂ©cĂ©dents de radiothĂ©rapie ou de chirurgie.

Consulter l’équipe de dysphagie si :

Orthophonie et ergothérapie, tÎt.

  • Semi-urgentDĂ©pistage de la dĂ©glutition anormal post-AVC (NPO, mĂ©dicaments compris, d’ici l’évaluation) — pendant le sĂ©jour.
  • Semi-urgentToux au repas, voix mouillĂ©e ou aspirations (dysphagie oropharyngĂ©e ; vidĂ©ofluoroscopie) — pendant le sĂ©jour.

Consulter en nutrition clinique si :

  • Semi-urgentApport oral insuffisant, alimentation entĂ©rale Ă  envisager (post-AVC : dĂ©cision dans les 3 premiers jours) — pendant le sĂ©jour, selon les objectifs de soins.

Consulter en oncologie si :

  • Semi-urgentCancer de l’Ɠsophage confirmĂ© (avec la chirurgie) — rĂ©fĂ©rence rapide, pendant le sĂ©jour ou dĂšs le congĂ©.

Dysphagie Ɠsophagienne (oropharyngĂ©e et neuromusculaire exclues du formulaire) : gastroscopie par le CRDS.

  • RapideDysphagie rapidement progressive (perte de poids, anĂ©mie ferriprive, Ăąge > 50 ans) — prioritĂ© B (≀ 10 j)
  • ÉlectifDysphagie stable et intermittente — prioritĂ© D (≀ 3 mois)
  • ÉlectifCandidose Ɠsophagienne rĂ©fractaire ou immunosuppression importante — consultation externe en gastro-entĂ©rologie (urgence si prise PO impossible)

Consulter en neurologie si :

Dysphagie oropharyngée : évaluation de la déglutition en orthophonie ou en ergothérapie en parallÚle.

  • RapideSuspicion de SLA ou de maladie du motoneurone — prioritĂ© C (≀ 28 j)
  • RapideParkinsonisme connu mal contrĂŽlĂ© (dysphagie, fausses routes) — prioritĂ© C (≀ 28 j)

Consulter en ORL si :

  • RapideMasse cervicale suspecte de nĂ©oplasie (tabac, alcool, croissance rapide) — prioritĂ© B (≀ 10 j)
  • RapideChangement de voix rĂ©cent et constant (> 4 semaines) — prioritĂ© C (≀ 28 j)
  • ÉlectifOdynophagie persistante ou globus avec signe d’alarme (dysphonie, masse, perte de poids) — consultation externe en ORL

À prĂ©parer : siĂšge (gorge ou rĂ©trosternal), solides ou liquides, Ă©volution, impactions antĂ©rieures ; poids et perte de poids ; FSC, ferritine (TSH si goitre) ; mĂ©dicaments en cause (doxycycline, AINS, bisphosphonates, KCl, fer) et IPP essayĂ©.

PiĂšges et perles

  • Une dysphagie aux liquides autant qu’aux solides d’emblĂ©e Ă©voque un trouble moteur (dysphagie « paradoxale »). Diagnostic par manomĂ©trie ; penser Ă  la sclĂ©rodermie et Ă  l’amyloĂŻdose.
  • Pseudo-achalasie : chez un patient ĂągĂ© avec un tableau d’achalasie rĂ©cent et une perte de poids rapide, penser Ă  un cancer du cardia.
  • Un homme jeune avec des impactions rĂ©pĂ©tĂ©es et de l’atopie : Ɠsophagite Ă  Ă©osinophiles. Il faut des biopsies, mĂȘme si la muqueuse semble normale.
  • La myasthĂ©nie peut se prĂ©senter par une dysphagie fatigable ou une voix nasonnĂ©e, sans ptose Ă©vidente.
  • Impaction chez un homme jeune atopique : Ɠsophagite Ă  Ă©osinophiles jusqu’à preuve du contraire ; demander des biopsies.
  • Le globus (boule constante dans la gorge, sans difficultĂ© Ă  avaler, soulagĂ©e en mangeant) est bĂ©nin ; ORL s’il s’accompagne de dysphonie, d’odynophagie, d’une masse ou d’une perte de poids.
  • Ne pas tenter de « dĂ©bloquer » une impaction au SRV (boisson gazeuse, glucagon) : urgence.
  • Personne ĂągĂ©e qui tousse en mangeant ou qui fait des pneumonies Ă  rĂ©pĂ©tition : dĂ©pister la dysphagie oropharyngĂ©e.

Références

đŸ©ș Situations CHSLD qui renvoient ici

đŸ©ș Situations en soins post-aigus qui renvoient ici

🔗 Voir aussi