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Soins post-aigus › Neurologie

Parkinson : fluctuations et médicaments à l’heure

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En bref : Le patient parkinsonien qui arrive en réadaptation a souvent perdu son horaire de lévodopa à l’hôpital. Une dose en retard ou omise aggrave la rigidité, la dysphagie, les chutes et le délirium. La règle : médicaments donnés à l’heure exacte du patient, pas à l’heure des tournées. On évite les médicaments qui bloquent la dopamine. On planifie les thérapies pendant les périodes « on ».

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Rigidité marquée, fièvre, confusion, CK élevées après un arrêt ou une omission de dopaminergique : syndrome d’hyperthermie-parkinsonisme, urgence.
  • Impossibilité d’avaler les comprimés (dysphagie, NPO, vomissements) : ne pas laisser le patient sans traitement.
  • Hallucinations ou délirium nouveaux : chercher une cause médicale et un médicament.
  • Chutes répétées, hypotension orthostatique symptomatique.

✅ À faire maintenant (admission)

  • Obtenir l’horaire exact du domicile (heures, doses, formes à libération prolongée) auprès du patient, des proches ou de la pharmacie communautaire.
  • Prescrire chaque dose à son heure précise ; permettre l’autoadministration si le patient en est capable, selon la politique de l’établissement.
  • Si le patient ne peut rien avaler : avis rapide du pharmacien et du neurologue pour une solution de rechange (voir la fiche Parkinsonisme à l’hôpital).
  • Retirer les antagonistes de la dopamine.

En soins post-aigus

  • À éviter : halopéridol et la plupart des antipsychotiques, métoclopramide, prochlorpérazine (AGS Beers 2023). Si un antipsychotique est inévitable : quétiapine ou clozapine.
  • Nausées : dompéridone (attention au QT) ou ondansétron, selon la fiche.
  • Hypotension orthostatique : mesurer couché et debout ; revoir les antihypertenseurs ; hydratation, bas compressifs.
  • Constipation : très fréquente ; traitement régulier.
  • Protéines et lévodopa : un repas riche en protéines peut réduire l’absorption ; ajuster avec la nutritionniste plutôt que restreindre les protéines.
  • Ne pas modifier l’horaire de base sans raison claire ; noter les périodes « on » et « off » dans un journal.

Effet sur la réadaptation

  • Planifier la physiothérapie et l’ergothérapie pendant les périodes « on ».
  • Physiothérapie : marche avec indices (visuels, auditifs), stratégies contre le gel de la marche, équilibre, aide à la marche adaptée.
  • Ergothérapie : transferts, AVQ, sécurité à domicile.
  • Orthophonie : voix, déglutition.
  • Soins infirmiers : respect strict des heures de médicaments, y compris pendant les examens et les thérapies.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Urgence (niveaux A – B) : syndrome d’hyperthermie-parkinsonisme ou syndrome malin soupçonné ; impossibilité de donner un traitement dopaminergique par aucune voie.
  • Neurologie : fluctuations ou dyskinésies qui limitent la thérapie, psychose, choix d’une voie de rechange.
  • Gériatrie : délirium persistant, polypharmacie.

Préparer le congé

  • Horaire écrit, identique à celui qui a fonctionné en réadaptation, transmis à la pharmacie et au soutien à domicile.
  • Prévention des chutes et aides techniques ; suivi en neurologie ou en clinique des troubles du mouvement.

Pièges et perles

  • Un patient « confus et raide » à 11 h peut simplement être en retard de dose.
  • Remplacer une forme à libération prolongée par une forme immédiate sans ajuster l’horaire déséquilibre le traitement.
  • Arrêter un dopaminergique brusquement est dangereux.

Références

  • Grimes D, et al. Canadian guideline for Parkinson disease, 2nd edition. CMAJ 2019;191(36):E989-E1004.
  • NICE NG71. Parkinson’s disease in adults (2017).
  • American Geriatrics Society Beers Criteria Update Expert Panel. American Geriatrics Society 2023 updated AGS Beers Criteria. J Am Geriatr Soc 2023;71(7):2052-81.

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