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Soins post-aigus › Neurologie

Dysphagie après un AVC

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En bref : La dysphagie est fréquente après un AVC et expose à l'aspiration, à la pneumonie, à la dénutrition et à la déshydratation. En réadaptation, l’objectif n’est plus seulement la sécurité : on vise à retrouver une alimentation orale aussi normale que possible. Les textures sont réévaluées à mesure que la déglutition récupère. Le médecin s’assure que l’évaluation est faite et que les médicaments sont adaptés.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Fièvre (critères de Loeb : > 37,9 °C ou hausse ≥ 1,5 °C), toux, désaturation, crépitants : pneumonie d’aspiration.
  • Toux ou voix mouillée aux repas, aliments gardés en bouche, repas très longs.
  • Perte de poids, apport insuffisant, signes de déshydratation (créatinine, sodium).
  • Aggravation brusque de la déglutition : penser à une récidive d’AVC.

✅ À faire maintenant

  • Vérifier que le patient a eu un dépistage de la déglutition avant toute prise orale, médicaments compris.
  • Si l’échec au dépistage est documenté : demander l’évaluation par le professionnel formé en dysphagie (orthophonie ou ergothérapie selon le milieu).
  • Demander une évaluation nutritionnelle ; peser à l’admission et chaque semaine.
  • Revoir les médicaments avec le pharmacien : formes qui s’écrasent, formes liquides, moins de comprimés.

En soins post-aigus

  • Textures : prescrites selon la nomenclature IDDSI ou celle de l’établissement ; aussi peu restrictives que possible.
  • Soins de bouche : brossage ou rinçage actif au moins deux fois par jour ; ils réduisent le risque de pneumonie.
  • Positionnement : assis bien droit pour manger et pendant l’alimentation entérale ; encourager le patient à manger seul s’il le peut.
  • Examen instrumental : vidéofluoroscopie ou examen endoscopique (FEES) si l’aspiration est soupçonnée ou si le résultat change la conduite. Souvent non disponible sur place : demande selon le corridor de l’établissement.
  • Alimentation entérale : la décision se prend tôt, en général dans les trois à sept premiers jours. Si le besoin prévu dure quatre semaines ou plus, la gastrostomie est préférée au tube nasogastrique.
  • Voir la fiche Dysphagie et la situation Textures et dysphagie en réadaptation.

Effet sur la réadaptation

  • Orthophonie ou ergothérapie : exercices de déglutition, stratégies compensatoires (posture, petites bouchées), progression des textures.
  • Nutritionniste : besoins en énergie et en protéines, suppléments si dénutrition, hydratation avec liquides épaissis.
  • Soins infirmiers : surveillance des repas, soins de bouche, bilan des apports.
  • Physiothérapie : une dénutrition limite l’endurance ; ajuster la charge de thérapie.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Niveaux A – B : transfert si pneumonie avec instabilité ou hypoxémie non corrigée sur place, ou si une gastrostomie doit être posée ou remplacée.
  • Niveau C : pneumonie traitée sur place si possible (voie PO ou sonde) ; transfert si le confort l’exige.
  • Niveau D : alimentation de confort, en acceptant le risque d’aspiration.
  • Avis en gastro-entérologie ou radiologie d’intervention pour la gastrostomie, selon le milieu.

Patient et proches

  • Expliquer pourquoi les textures sont modifiées et qu’elles peuvent progresser.
  • Les proches qui apportent de la nourriture doivent connaître la texture prescrite.
  • L’alimentation malgré le risque est un choix possible s’il est discuté et documenté.

Pièges et perles

  • L’aspiration peut être silencieuse : l’absence de toux ne rassure pas.
  • Les liquides épaissis sont mal acceptés ; la déshydratation s’installe sans bruit.
  • Un médicament « non avalé » est souvent retrouvé dans la bouche ou le fauteuil.

Références

  • Cœur + AVC. Recommandations canadiennes pour les pratiques optimales de soins de l’AVC : prestation de la réadaptation, section Déglutition, nutrition et soins buccodentaires, 7e édition, 2025.
  • Dziewas R, et al. European Stroke Organisation and European Society for Swallowing Disorders guideline for the diagnosis and treatment of post-stroke dysphagia. Eur Stroke J 2021;6(3):LXXXIX-CXV.
  • Cichero JAY, et al. The IDDSI framework. Dysphagia 2017;32(2):293-314.

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