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CHSLD et soins palliatifs › Garde : appels aigus

Étouffement, obstruction des voies respiratoires

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En bref : L’étouffement au repas est une urgence vitale fréquente en CHSLD : dysphagie, TNC, dentition, sédation. Une obstruction complète (ne peut ni parler, ni tousser, ni respirer) exige des manœuvres de désobstruction immédiates par le personnel présent, avant l’arrivée du médecin. Ensuite, on cherche une aspiration et on revoit l’alimentation. Un décès par étouffement est un cas de coroner.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Incapacité de parler ou de tousser, mains au cou, stridor, cyanose : obstruction complète.
  • Perte de conscience : obstruction grave, passer à la RCR si elle est consentie (AH-744).
  • Après l’épisode : désaturation persistante, tachypnée, crépitants, fièvre (aspiration, pneumonie).
  • Hypersalivation, incapacité d’avaler sa salive : bol coincé dans l’œsophage.

✅ À faire maintenant

  • Toux efficace : encourager à tousser, ne pas taper dans le dos, rester auprès du résident.
  • Toux inefficace, conscient : alterner 5 tapes dans le dos et 5 poussées abdominales (5 poussées thoraciques si on ne peut entourer l’abdomen), jusqu’à expulsion ou perte de conscience (AHA, 2025).
  • Inconscient : déposer au sol, appeler à l’aide (code de l’établissement) ; RCR si consentie, en regardant dans la bouche avant les insufflations ; retirer seulement un corps étranger visible. Pas de balayage digital à l’aveugle.
  • Aspiration buccale si disponible ; retirer une prothèse dentaire mobile.
  • Après la désobstruction : signes vitaux, SpO₂, auscultation ; arrêter toute prise orale jusqu’à l’évaluation.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BDésobstruction ; 911 si l’obstruction persiste, si le résident a perdu conscience ou reste en détresse ; RCR selon l’AH-744. Transfert si détresse respiratoire ou bol œsophagien qui ne passe pas.
CDésobstruction (manœuvre de premiers soins, indépendante du niveau de soins). Ensuite, surveillance et traitement sur place d’une aspiration ; transfert si une obstruction œsophagienne cause une détresse impossible à soulager.
DDésobstruction si le résident s’étouffe consciemment : elle soulage. Pas de RCR si elle est refusée. Confort : position, aspiration douce, opioïde ou anxiolytique SC pour la dyspnée (voir la situation « Protocole de détresse respiratoire »).

Les manœuvres de désobstruction sur un résident conscient sont des premiers soins, pas de la réanimation : elles ne dépendent pas de la décision de RCR.

Sur place, après l’épisode

  • Surveillance : signes vitaux et SpO₂ rapprochés pendant les heures suivantes, selon le protocole de l’établissement.
  • Aspiration : la pneumonite chimique peut s’améliorer en 24 à 48 h sans antibiotique ; traiter une pneumonie si elle apparaît (voir la situation « Pneumonie et pneumonie d’aspiration »).
  • Bol œsophagien : salivation, incapacité d’avaler, douleur rétrosternale ; ne pas faire boire pour « faire passer ». Voir la situation « Trouble de la déglutition aigu ».
  • Cause : sédation (benzodiazépine, antipsychotique, opioïde), délirium, AVC, texture inadaptée, repas pris trop vite ou couché, aide insuffisante.
  • Reprise : évaluation de la déglutition par l’équipe (orthophonie, ergothérapie, nutrition, soins infirmiers) avant de reprendre ; voir « Dysphagie : dépistage et textures ».

Famille, déclaration et suivi

  • Aviser le représentant ; expliquer l’épisode, les risques d’aspiration et les mesures prises.
  • Déclarer l’accident sur le formulaire AH-223-1 et divulguer au résident ou à son représentant.
  • Décès par étouffement : aviser le coroner, même chez un résident dysphagique connu (voir « Constat de décès et avis au coroner »).
  • Étouffements répétés en démence avancée : revoir les objectifs (alimentation de confort, risque accepté) plutôt qu’une sonde d’alimentation.

Pièges et perles

  • Les manœuvres sauvent des vies seulement si le personnel les fait tout de suite : ne pas attendre le médecin ni l’ambulance.
  • Une toux encore efficace ne doit pas être interrompue par des tapes ou des poussées.
  • Après des poussées abdominales, penser à une lésion interne si une douleur abdominale apparaît.
  • L’étouffement est souvent le premier signe d’un déclin de la déglutition ou d’un médicament sédatif ajouté.

Références

  • American Heart Association. 2025 Guidelines for Cardiopulmonary Resuscitation and Emergency Cardiovascular Care (oct. 2025) : obstruction des voies respiratoires par un corps étranger.
  • Couper K, et al. Removal of foreign body airway obstruction: a systematic review of interventions. Resuscitation 2020;156:174-181 (ILCOR CoSTR 2020).
  • Canadian Society for Long Term Care Medicine. Choosing Wisely Canada — Long-Term Care (2025) : pas de sonde d’alimentation en démence avancée.
  • Loi sur les coroners, RLRQ c. C-68.01 ; formulaires AH-744 et AH-223-1, MSSS.

Pour aller plus loin