Dr .omni

Soins hospitaliers â€ș InfectiologiePremiĂšre ligne â€ș InfectiologieSoins post-aigus â€ș InfectiologieCHSLD et soins palliatifs â€ș Infectiologie

Pneumonie

InfectiologieFiche révisée · 23 oct. 2026

💊 Doses / traitement✉ Signaler une erreur

En bref : Le diagnostic est clinique, confirmĂ© par un infiltrat radiologique. On Ă©value la gravitĂ© (critĂšres ATS/IDSA de PAC sĂ©vĂšre) pour dĂ©cider de l’orientation (Ă©tage ou soins intensifs) et de l’antibiothĂ©rapie. À l’hĂŽpital, la base est la ceftriaxone + couverture atypique, selon le guide local d’antibiothĂ©rapie. On ne couvre SARM ou Pseudomonas que si des facteurs de risque sont documentĂ©s. DurĂ©e habituelle : 5 Ă  7 jours, Ă  condition d’une stabilitĂ© clinique d’au moins 48 h. Dans la PAC sĂ©vĂšre, on ajoute un corticostĂ©roĂŻde.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • PAC sĂ©vĂšre ATS/IDSA : choc avec vasopresseurs, ventilation, ou ≄ 3 critĂšres mineurs (FR ≄ 30, P/F ≀ 250, multilobaire, confusion, urĂ©e ≄ 7, T < 36 °C
).
  • SMART-COP ≄ 3 : risque de vasopresseur ou de ventilation.
  • Pas d’amĂ©lioration Ă  72 h : empyĂšme, abcĂšs, germe non couvert, autre diagnostic.
  • Personne ĂągĂ©e sans fiĂšvre : dĂ©lirium, chute, tachypnĂ©e.

✅ À faire maintenant

  • Signes vitaux, SpO₂ (cible 92–96 %, 88–92 % si hypercapnie).
  • RX pulmonaire ; FSC, Ă©lectrolytes, crĂ©atinine, bilan hĂ©patique, lactate si sepsis, gaz si hypercapnie.
  • PAC sĂ©vĂšre : hĂ©mocultures, expectorations, Ag urinaires pneumocoque/Legionella ; TAAN influenza et SARS-CoV-2.
  • Ponctionner tout Ă©panchement > 1 cm chez un patient fĂ©brile.

💊 Premiùres ordonnances

  • HospitalisĂ© : ceftriaxone 2 g IV q24h + azithromycine 500 mg IV/PO die × 3 j (ou doxycycline 100 mg PO bid × 7 j).
  • Risque Pseudomonas : pipĂ©racilline-tazobactam 4 g IV q6h (ajuster selon la ClCr) ± azithromycine × 5 j.
  • ColonisĂ© SARM : ajouter doxycycline 100 mg PO bid × 7 j (ou linĂ©zolide 600 mg PO bid) ; SARM documentĂ© ou PAH sĂ©vĂšre : vancomycine IV selon le nomogramme (dose de charge selon poids et fonction rĂ©nale) ou linĂ©zolide 600 mg IV/PO q12h.
  • PAC bactĂ©rienne sĂ©vĂšre : hydrocortisone 200 mg/24 h IV × 4–7 j puis sevrage (exclure influenza).
  • Influenza : oseltamivir 75 mg PO bid × 5 j (ClCr 30–59 : 75 mg × 1 puis 30 mg bid).
  • DurĂ©e 5–7 j ; relais PO si stable 48 h.
  • PAH (guide local) : ceftriaxone 2 g IV q24h si non sĂ©vĂšre sans risque de BMR ; sinon pipĂ©racilline-tazobactam 4 g IV q6h ; réévaluer Ă  48–72 h ; 7 j.
  • Pneumonite chimique : soutien et succion, ni antibiotique ni corticostĂ©roĂŻde d’emblĂ©e.

📞 Appeler ou orienter si

  • Pneumologie adulte : Épanchement compliquĂ© ou empyĂšme ; pas d’amĂ©lioration Ă  72 h
  • Soins intensifs : PAC sĂ©vĂšre selon ATS/IDSA ; SMART-COP ≄ 3
  • Équipe de dysphagie : Aspiration observĂ©e ou suspectĂ©e aux repas

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

  • Externe sans comorbiditĂ© : amoxicilline 1 g PO tid ou doxycycline 100 mg PO bid × 7 j (INESSS ; 5 j selon le guide HCLM si bonne rĂ©ponse) ; clarithromycine 500 mg PO bid × 7 j ou azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg die × 4 j sont aussi des 1res intentions INESSS.
  • Urgence plutĂŽt que SRV si : FR ≄ 25, SpO₂ ≀ 92 %, TAS ≀ 90, FC ≄ 110, T ≄ 38,3 °C avec atteinte de l’état gĂ©nĂ©ral ou sepsis suspectĂ©, confusion, prise PO impossible ou CURB-65 ≄ 2 (hospitalisation probable : ceftriaxone IV + azithromycine ou doxycycline).
  • Influenza : oseltamivir 75 mg PO bid × 5 j (ClCr 30–59 : 75 mg × 1 puis 30 mg bid).
  • DurĂ©e 5–7 j ; relais PO si stable 48 h.
📝 Gabarits d’ordonnance (2 · Ă  adapter au patient)

Cochez les lignes voulues, remplissez l’en-tĂȘte, puis Copier (texte pour le DMÉ) ou Imprimer. Doses reprises de la fiche ; gabarit Ă  valider avant usage.

🔒 Les informations inscrites restent sur votre appareil : rien n’est enregistrĂ© ni envoyĂ©.

💊 PharmacoPneumonie traitĂ©e en externe, sans comorbiditĂ©
🌿 Non pharmacoConseils : pneumonie

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer Ă  l’urgence : Pneumonie avec signes de sĂ©vĂ©ritĂ© ; PAC sĂ©vĂšre ou choc ; fiĂšvre persistante sous antibiotique ; Ă©panchement pleural chez un patient fĂ©brile

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

📹 RĂ©fĂ©rer : CRDS Consulter en infectiologie si : (prioritĂ©s A Ă  E) · đŸš© Alertes cliniques : urgence

🧼 Calculateur

🔗 Ressources et raisonnement

📘 Protocoles AntibiothĂ©rapie empirique · fiche guides locaux · INESSS — Pneumonie acquise en communautĂ© chez l’adulte

🧭 Raisonnement clinique Pneumonie et ses imitateurs

Antibiotiques : INESSS, puis guide local

Ordre de prioritĂ© : INESSS d’abord ; guide d’antibiothĂ©rapie de l’HCLM (2023) si l’INESSS ne couvre pas la situation ou pour les options complĂ©mentaires. Ajuster selon la fonction rĂ©nale, les allergies, la grossesse et les cultures.

SituationGermes à couvrirINESSS (1er choix et alternatives)Guide HCLM (si différent ou complémentaire)Durée
PAC, adulte en santĂ© (CRB-65 = 0)S. pneumoniae ; atypiques : M. pneumoniae, C. pneumoniae, Legionella ; H. influenzaeAmoxicilline 1000 mg PO tid (cible le pneumocoque), doxycycline 100 mg PO bid, clarithromycine 500 mg PO bid (ou XL 1000 mg die) ou azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg die J2–J51er choix : amoxicilline 1 g PO tid ou doxycycline 100 mg PO bid × 5 j ; altern. azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg × 4 j ; allergie aux ÎČ-lactamines et aux macrolides : moxifloxacine 400 mg die ou lĂ©vofloxacine 750 mg die7 j (azithromycine 5 j) selon l’INESSS ; 5 j selon le HCLM si bonne rĂ©ponse
PAC avec comorbiditĂ©s ou antibiotique < 3 moisMĂȘmes germes + H. influenzae, M. catarrhalis, entĂ©robactĂ©riesAmoxicilline 1000 mg PO tid ou amoxicilline-clavulanate 875/125 mg PO bid, + macrolide (azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg die J2–J5, ou clarithromycine 500 mg PO bid) ou doxycycline 100 mg PO bidAmoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid + doxycycline 100 mg PO bid ou azithromycine 500 mg die × 3 j ; altern. cĂ©furoxime 500 mg PO bid ; derniĂšre ligne : moxifloxacine 400 mg die ou lĂ©vofloxacine 750 mg die7 j (azithromycine 5 j) selon l’INESSS ; 5 j selon le HCLM
Allergie aux pĂ©nicillinesMĂȘmes germesPrĂ©ciser le type de rĂ©action (vraie allergie rare) ; cĂ©phalosporine possible : cĂ©furoxime axĂ©til 500 mg PO bid ou cefprozil 500 mg PO bid ; sinon FQ respiratoireCĂ©furoxime 500 mg PO bid ; allergie aux ÎČ-lactamines et aux macrolides : moxifloxacine 400 mg die ou lĂ©vofloxacine 750 mg die7 j
Échec Ă  72–96 h ou 2e intentionGerme non couvert (atypique, pneumocoque rĂ©sistant) ; revoir le diagnosticChanger de classe ou bithĂ©rapie. LĂ©vofloxacine 750 mg PO die × 5 j (ou 500 mg × 7 j) ou moxifloxacine 400 mg PO die × 7 j, rĂ©servĂ©es faute d’autre optionMoxifloxacine 400 mg die ou lĂ©vofloxacine 750 mg die en derniĂšre ligneLĂ©vofloxacine 750 mg : 5 j ; 500 mg ou moxifloxacine : 7 j
Pneumonie d’aspiration (communautĂ©)Flore buccale et pneumocoque ; couverture des atypiques et des anaĂ©robies gĂ©nĂ©ralement non nĂ©cessaire—Amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid ; altern. cĂ©furoxime 500 mg PO bid ; allergie aux ÎČ-lactamines : moxifloxacine 400 mg die5 j
  • Lieu de soins (CRB-65, INESSS) : 0 = domicile ; 1 = hospitalisation Ă  considĂ©rer ; ≄ 2, prise PO impossible ou sepsis : urgence.
  • Enfant ≄ 3 mois (GUO INESSS) : amoxicilline 90 mg/kg/j PO Ă· 3 (max 1 g/dose) × 7–10 j ; amoxicilline-clavulanate 7:1 si antibiotique < 30 j ou non vaccinĂ© contre Hib. Atypique : clarithromycine 15 mg/kg/j Ă· 2 (max 500 mg/dose) ou azithromycine 10 mg/kg J1 puis 5 mg/kg J2–J5. Allergie : cĂ©furoxime axĂ©til 30 mg/kg/j Ă· 2 ou cefprozil selon la rĂ©action ; sinon macrolide. Virale prĂ©sumĂ©e : soutien seulement.
  • Ajustement rĂ©nal : amoxicilline, amoxicilline-clavulanate, clarithromycine et lĂ©vofloxacine ; pas d’ajustement pour la doxycycline, l’azithromycine et la moxifloxacine.
  • Macrolides et FQ : allongement du QT ; clarithromycine et ciprofloxacine interagissent avec la warfarine. Pas de ciprofloxacine pour une PAC.
  • Suivi : réévaluer Ă  72 h ; RX de contrĂŽle vers 8 sem chez le fumeur ou ex-fumeur d’ñge moyen (INESSS).

Définition et microbiologie

  • PAC (pneumonie acquise en communautĂ©). PAH (pneumonie nosocomiale) : survient ≄ 48 h aprĂšs l’admission. PAV : survient > 48 h aprĂšs l’intubation. Voir la section Pneumonie nosocomiale plus bas.
  • RĂ©sident de CHSLD : on parle parfois de « nosocomiale », mais l’approche se rapproche de celle de la PAC (le terme HCAP est abandonnĂ©) ; on n’élargit que s’il y a des facteurs de risque documentĂ©s.
  • Chez l’adulte hospitalisĂ© pour une PAC, aucun pathogĂšne n’est trouvĂ© dans environ 60 % des cas. Les virus (~22 %) devancent les bactĂ©ries (~11 %). S. pneumoniae reste la bactĂ©rie la plus frĂ©quente (Jain, NEJM 2015).
Germe Terrain évocateur Indice clinique
S. pneumoniae Âge, asplĂ©nie, alcool, diabĂšte, MCV Frisson unique, douleur pleurale, expectorations rouillĂ©es
H. influenzae, M. catarrhalis MPOC, tabac Toux chronique qui s’aggrave
Klebsiella Alcool, diabÚte, aspiration Expectorations « gelée de groseille »
Legionella Tabac, immunosuppression, eau chaude ou climatisation FiĂšvre Ă©levĂ©e, diarrhĂ©e, confusion, hyponatrĂ©mie, ↑ CK, ↑ ALT
Mycoplasma Jeune, contacts Subaigu ; myringite, rash, anémie hémolytique, SJS
S. aureus (SARM) Post-influenza, UDI, colonisation, IRT Nécrose, cavités, empyÚme
P. aeruginosa Bronchiectasies, colonisation, EAMPOC fréquentes, corticoïdes Pneumonie grave, multilobaire
  • PAC (pneumonie acquise en communautĂ©). PAH (pneumonie nosocomiale) : survient ≄ 48 h aprĂšs l’admission. PAV : survient > 48 h aprĂšs l’intubation.
  • RĂ©sident de CHSLD : on parle parfois de « nosocomiale », mais l’approche se rapproche de celle de la PAC (le terme HCAP est abandonnĂ©) ; on n’élargit que s’il y a des facteurs de risque documentĂ©s.
  • Chez l’adulte hospitalisĂ© pour une PAC, aucun pathogĂšne n’est trouvĂ© dans environ 60 % des cas. Les virus (~22 %) devancent les bactĂ©ries (~11 %). S. pneumoniae reste la bactĂ©rie la plus frĂ©quente (Jain, NEJM 2015).
Germe Terrain évocateur Indice clinique
S. pneumoniae Âge avancĂ©, asplĂ©nie, alcoolisme, diabĂšte, maladie cardiovasculaire DĂ©but brusque, frissons, douleur pleurale, expectorations purulentes ou rouillĂ©es
H. influenzae, M. catarrhalis MPOC, tabagisme Aggravation d’une toux chronique
Klebsiella Alcoolisme, diabĂšte, aspiration Pneumonie lobaire grave, parfois cavitaire
Legionella ≄ 50 ans, tabagisme, maladie chronique, immunosuppression ; exposition Ă  de l’eau contaminĂ©e (spas, tours de refroidissement, rĂ©seaux d’eau chaude) Pneumonie grave ; diarrhĂ©e, confusion et hyponatrĂ©mie Ă©vocatrices ; demander l’antigĂšne urinaire
Mycoplasma Enfant d’ñge scolaire, jeune adulte DĂ©but graduel, toux persistante ; atteintes extrapulmonaires : anĂ©mie hĂ©molytique, Ă©ruption mucocutanĂ©e (RIME), encĂ©phalite
S. aureus (SARM) SARM dĂ©jĂ  isolĂ© dans les voies respiratoires ; hospitalisation rĂ©cente avec antibiotiques parentĂ©raux (≀ 90 j) ; post-influenza Pneumonie nĂ©crosante, cavitĂ©s, empyĂšme
P. aeruginosa Pseudomonas dĂ©jĂ  isolĂ© ; hospitalisation rĂ©cente avec antibiotiques parentĂ©raux (≀ 90 j) ; bronchiectasies, MPOC grave Pneumonie grave, multilobaire

RĂ©sumĂ© dans nos mots, d’aprĂšs : ATS/IDSA 2019 (facteurs de risque SARM et Pseudomonas) ; INSPQ (lĂ©gionellose) ; CDC (Mycoplasma pneumoniae).

💡 Ciprofloxacine : Ă  Ă©viter pour une PAC, car elle couvre mal le pneumocoque. Les FQ « respiratoires » sont la lĂ©vofloxacine et la moxifloxacine.

Diagnostic différentiel

  • Insuffisance cardiaque, embolie pulmonaire, EAMPOC ou exacerbation d’asthme, bronchite aiguĂ«.
  • NĂ©oplasie ou lymphangite, exacerbation de fibrose ou de bronchiectasies.
  • Atteinte auto-immune, toxicitĂ© mĂ©dicamenteuse : nitrofurantoĂŻne, mĂ©thotrexate, amiodarone.
  • Pneumonite chimique d’aspiration.
  • Infiltrat interstitiel : penser aussi Ă  l’ƓdĂšme, au SDRA, Ă  l’exposition professionnelle (amiante, silice) et Ă  la sarcoĂŻdose.
  • Causes cardiopulmonaires : ƓdĂšme pulmonaire (insuffisance cardiaque), embolie pulmonaire, EAMPOC ou exacerbation d’asthme, bronchite aiguĂ«.
  • NĂ©oplasie : tumeur endobronchique, adĂ©nocarcinome Ă  croissance lĂ©pidique, lymphome.
  • Pneumopathie mĂ©dicamenteuse (p. ex. nitrofurantoĂŻne, mĂ©thotrexate, amiodarone), hĂ©morragie alvĂ©olaire, pneumonie organisĂ©e cryptogĂ©nique, pneumonie Ă  Ă©osinophiles.
  • Pneumonite chimique aprĂšs aspiration de contenu gastrique.
  • Infiltrat interstitiel : penser aussi Ă  l’ƓdĂšme, au SDRA, Ă  une exposition professionnelle (amiante, silice) et Ă  la sarcoĂŻdose.

RĂ©sumĂ© dans nos mots, d’aprĂšs : Black AD, Pneumonia, 2016 ; Mandell et Niederman, NEJM, 2019.

Évaluation

  • RX pulmonaire : infiltrat lobaire, bronchopneumonie ou interstitiel. Rechercher l’épanchement, la cavitation et le signe de la silhouette.
  • TDM si : pneumonie grave ou atypique, complication suspectĂ©e (abcĂšs, empyĂšme), Ă©chec du traitement, masse ou nodule.
  • Bilan Ă  l’admission : FSC, Ă©lectrolytes, crĂ©atinine, bilan hĂ©patique, lactate si sepsis, gaz (veineux ou artĂ©riel) si hypercapnie.
  • HĂ©mocultures et culture d’expectorations si PAC sĂ©vĂšre, ou si traitement empirique SARM/Pseudomonas, ou si ces germes ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© isolĂ©s.
  • AntigĂšnes urinaires :
    • Pneumocoque : sensibilitĂ© 50 Ă  80 %, spĂ©cificitĂ© > 90 %.
    • Legionella : sensibilitĂ© 70 Ă  90 % (sĂ©rogroupe 1 seulement), spĂ©cificitĂ© 99 %.
    • Les demander si la PAC est sĂ©vĂšre ou si le contexte est Ă©vocateur.
  • TAAN influenza et SARS-CoV-2 (± VRS) en saison.
  • Procalcitonine : elle ne sert pas Ă  dĂ©cider de dĂ©buter un antibiotique (ATS/IDSA 2019). Elle peut aider Ă  cesser plus tĂŽt.

Scores de gravité

Score ÉlĂ©ments InterprĂ©tation
SMART-COP TAS < 90 (2), multilobaire, albumine < 35 g/L, FR ↑, FC ≄ 125, confusion, hypoxĂ©mie (2), pH < 7,35 (2) ≄ 3 : risque de vasopresseur ou de ventilation ; ≄ 5 : risque Ă©levĂ©
CRB-65 (INESSS) Confusion ; FR ≄ 30 ; TAS < 90 ou TAD ≀ 60 ; Ăąge ≄ 65 0 : domicile. 1 : hospitalisation Ă  considĂ©rer. ≄ 2 : hospitaliser
CURB-65 (Lim, 2003) Les mĂȘmes + urĂ©e > 7 mmol/L 0–1 : faible risque, domicile. 2 : risque intermĂ©diaire, courte hospitalisation ou suivi serrĂ©. 3–5 : PAC grave (USI Ă  considĂ©rer si 4–5)
PSI / Fine (1997) 20 variables (Ăąge, comorbiditĂ©s, examen, laboratoire, RX) Classes I–II : externe ; III : courte hospitalisation ou observation ; IV–V : hospitalisation
SMART-COP (Charles, 2008) TAS < 90 (2), atteinte multilobaire (1), albumine < 35 g/L (1), FR Ă©levĂ©e selon l’ñge (1), FC ≄ 125 (1), confusion (1), oxygĂ©nation basse selon l’ñge (2), pH < 7,35 (2) ≄ 3 : risque accru de soutien ventilatoire ou vasopresseur ; ≄ 5 : risque Ă©levĂ©

PAC sĂ©vĂšre selon ATS/IDSA : 1 critĂšre majeur (choc avec vasopresseurs, ventilation mĂ©canique) ou ≄ 3 critĂšres mineurs. Les critĂšres mineurs sont :

  • FR ≄ 30 ;
  • PaO2/FiO2 ≀ 250 ;
  • atteinte multilobaire ;
  • confusion ;
  • urĂ©e ≄ 7 mmol/L ;
  • leucocytes < 4 ;
  • plaquettes < 100 ;
  • T < 36 °C ;
  • hypotension nĂ©cessitant un remplissage agressif.

Prise en charge

AntibiothĂ©rapie empirique (guide local d’antibiothĂ©rapie, mai 2023)

Situation 1er choix Alternative (allergie) Durée
Ambulatoire, sans comorbiditĂ© ni facteur de risque SARM/Pseudomonas Amoxicilline 1 g PO tid ou doxycycline 100 mg PO bid Azithromycine 500 mg PO J1 puis 250 mg die × 4 j ; allergie aux ÎČ-lactamines et aux macrolides : moxifloxacine 400 mg ou lĂ©vofloxacine 750 mg PO die 5 j
Ambulatoire, antibiotique < 3 mois ou comorbiditĂ©s (≄ 65 ans, CHSLD, maladie cardiaque, hĂ©patique, rĂ©nale ou pulmonaire chronique, nĂ©oplasie, immunosuppression, asplĂ©nie, diabĂšte, alcoolisme) Amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid + doxycycline 100 mg PO bid ou azithromycine 500 mg PO die × 3 j CĂ©furoxime 500 mg PO bid ; allergie aux ÎČ-lactamines : moxifloxacine 400 mg ou lĂ©vofloxacine 750 mg PO die 5 j
HospitalisĂ© Ceftriaxone 2 g IV q24h + azithromycine 500 mg PO/IV die × 3 j (7 j si Legionella) ou doxycycline 100 mg PO bid × 7 j Allergie aux ÎČ-lactamines ou aux macrolides : moxifloxacine 400 mg ou lĂ©vofloxacine 750 mg PO/IV die 5–7 j
Hospitalisé, colonisé au SARM Ajouter doxycycline 100 mg PO bid Ajouter linézolide 600 mg PO bid 7 j
HospitalisĂ©, facteurs de risque de Pseudomonas (bronchiectasies, fibrose kystique, colonisation connue, EAMPOC frĂ©quentes) PipĂ©racilline-tazobactam 4 g IV q6h ± azithromycine 500 mg PO/IV die × 5 j (ou doxycycline 100 mg bid × 7 j) CĂ©fĂ©pime 2 g IV q8h ou mĂ©ropĂ©nem 1 g IV q8h ± azithromycine 7 j
AbcĂšs ou empyĂšme Amoxicilline-clavulanate 2 g IV q8h Ceftriaxone 2 g IV q24h + mĂ©tronidazole 500 mg IV q8h, ou moxifloxacine 400 mg IV q24h 28–42 j (+ drainage)
PAH non sĂ©vĂšre, sans risque de BMR Ceftriaxone 2 g IV q24h (+ vancomycine selon le nomogramme si colonisĂ© SARM) Moxifloxacine 400 mg ou lĂ©vofloxacine 750 mg PO/IV die 5–7 j
PAH avec risque de BMR (hospitalisation ≄ 5 j, antibiotique < 90 j, colonisation Ă  entĂ©robactĂ©ries multirĂ©sistantes) PipĂ©racilline-tazobactam 4 g IV q6h (+ vancomycine si colonisĂ© SARM) CĂ©fĂ©pime 2 g IV q8h, mĂ©ropĂ©nem 1 g IV q8h ou lĂ©vofloxacine 750 mg IV q24h 7 j
PAH sévÚre (choc septique ou intubation) Pipéracilline-tazobactam 4 g IV q6h + vancomycine selon le nomogramme ou linézolide 600 mg PO/IV q12h Céfépime ou méropénem + vancomycine ou linézolide 7 j
Aspiration (communautaire ou nosocomiale) Voir la section Pneumonie d’aspiration — —

Germes Ă  couvrir :

  • PAC (ambulatoire ou hospitalisĂ©e) : S. pneumoniae, H. influenzae, M. catarrhalis, S. aureus (surtout si comorbiditĂ©s ou hospitalisĂ©), atypiques (M. pneumoniae, C. pneumoniae, L. pneumophila).
  • PAC avec facteurs de risque de Pseudomonas : les mĂȘmes + P. aeruginosa.
  • AbcĂšs ou empyĂšme : S. pneumoniae, H. influenzae, M. catarrhalis, S. aureus, anaĂ©robes.
  • PAH non sĂ©vĂšre : mĂȘmes germes que la PAC ; PAH avec risque de BMR ou sĂ©vĂšre : S. aureus (± SARM), P. aeruginosa, entĂ©robactĂ©ries.

  • Relais PO (guide local ; Ă  ajuster selon la culture) :

    • PAC : selon le traitement ambulatoire (amoxicilline-clavulanate 875 mg bid ; cĂ©furoxime 500 mg bid ; FQ respiratoire si allergie).
    • PAC avec risque de Pseudomonas : amoxicilline-clavulanate 875 mg bid + ciprofloxacine 750 mg bid ± azithromycine.
    • AbcĂšs ou empyĂšme : amoxicilline-clavulanate 875 mg bid, ou cefprozil 500 mg bid + mĂ©tronidazole 500 mg tid, ou moxifloxacine 400 mg die.
    • PAH : cefprozil 500 mg bid ou amoxicilline-clavulanate 875 mg bid.
  • SARM documentĂ© (ou PAC nĂ©crosante post-influenza) : vancomycine selon le nomogramme du guide local ; linĂ©zolide 600 mg PO/IV q12h si vancomycine impossible.
  • Ajustement rĂ©nal : pipĂ©racilline-tazobactam, cĂ©fĂ©pime, lĂ©vofloxacine et amoxicilline-clavulanate : ajuster selon la ClCr. La ceftriaxone, la moxifloxacine, la doxycycline et l’azithromycine ne s’ajustent pas.
  • Legionella confirmĂ©e : azithromycine 500 mg die × 7 j (guide local) ou lĂ©vofloxacine 750 mg die (7–10 j, ATS/IDSA).

⚠ Recommandation actuelle (ATS/IDSA, 2019) : la notion de « pneumonie associĂ©e aux soins » (HCAP) est abandonnĂ©e. RĂ©sider en CHSLD ou ĂȘtre dialysĂ© ne justifie plus, Ă  lui seul, une couverture SARM ou Pseudomonas. On couvre si ces germes ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© isolĂ©s des voies respiratoires, ou s’il y a eu une hospitalisation avec antibiotiques IV dans les 90 derniers jours et que des facteurs de risque locaux sont prĂ©sents.

⚠ Recommandation actuelle (ATS/IDSA 2019 ; guide local 2023) : 5 jours suffisent pour une PAC qui rĂ©pond bien. On cesse si le patient est afĂ©brile et cliniquement stable depuis 48 h. En externe, l’INESSS (2017) indique 7 jours (azithromycine 5 j ; lĂ©vofloxacine 750 mg 5 j). Les schĂ©mas de 7 Ă  14 jours ou de 10 jours de vieux tableaux (INESSS 2010) sont dĂ©suets.

Corticostéroïdes

⚠ Recommandation actuelle (SCCM, 2024 ; essai CAPE COD, 2023) : chez l’adulte hospitalisĂ© pour une PAC bactĂ©rienne sĂ©vĂšre, il faut des corticostĂ©roĂŻdes. Exemples : hydrocortisone 200 mg/24 h IV × 4 Ă  7 jours, puis sevrage (total 8 Ă  14 jours), ou mĂ©thylprednisolone 40 Ă  80 mg/j. Exclure l’influenza, l’aspiration et l’immunosuppression importante. Pas de corticostĂ©roĂŻdes pour une PAC non sĂ©vĂšre.

Mesures de soutien

  • O2 pour une SpO2 de 92 Ă  96 % (88–92 % si risque d’hypercapnie). Optiflow ou VNI selon le cas.
  • Remplissage prudent ; thromboprophylaxie ; mobilisation prĂ©coce.
  • Oseltamivir 75 mg PO bid × 5 j pour toute pneumonie avec influenza confirmĂ©e ou suspectĂ©e chez un patient hospitalisĂ©, peu importe le dĂ©lai depuis le dĂ©but des symptĂŽmes.

CritÚres de stabilité clinique (relais PO, congé)

  • T ≀ 37,8 °C ; FC ≀ 100 ; FR ≀ 24 ; TAS ≄ 90 ; SpO2 ≄ 90 % Ă  l’air ambiant (ou Ă  l’O2 de base) ; Ă©tat mental normal ; prise PO possible.

Prise en charge : externe et hospitalisation (résumé)

Antibiothérapie empirique en externe (INESSS 2017, puis guide local 2023)

Situation 1er choix Alternative (allergie) Durée
Externe, sans comorbiditĂ© ni facteur de risque SARM/Pseudomonas Amoxicilline 1 g PO tid, doxycycline 100 mg PO bid, clarithromycine 500 mg PO bid ou azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg die × 4 j (INESSS ; guide local : amoxicilline ou doxycycline) CĂ©furoxime axĂ©til 500 mg PO bid ou cefprozil 500 mg PO bid selon la rĂ©action ; FQ respiratoire si allergie aux ÎČ-lactamines et aux macrolides 7 j (azithromycine 5 j) ; guide local : 5 j
Externe avec comorbiditĂ©s (≄ 65 ans, CHSLD, maladie cardiaque, hĂ©patique, rĂ©nale ou pulmonaire, cancer, diabĂšte, alcool, immunosuppression) ou antibiotique < 3 mois Amoxicilline 1 g PO tid ou amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid, + azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg die × 4 j, clarithromycine 500 mg PO bid ou doxycycline 100 mg PO bid (INESSS ; guide local : amoxicilline-clavulanate + doxycycline ou azithromycine 500 mg die × 3 j) CĂ©furoxime 500 mg PO bid ; en derniĂšre ligne, moxifloxacine 400 mg die × 7 j ou lĂ©vofloxacine 750 mg die × 5 j 7 j (azithromycine 5 j) ; guide local : 5 j
  • DurĂ©e : 7 jours selon l’INESSS (2017) (azithromycine 5 j) ; le guide local (2023) retient 5 jours pour une PAC qui rĂ©pond bien (afĂ©brile et stable depuis 48 h). Chez l’adulte en santĂ©, l’INESSS place l’amoxicilline haute dose, la doxycycline, la clarithromycine et l’azithromycine en 1re intention ; le guide local privilĂ©gie l’amoxicilline ou la doxycycline.
  • Legionella confirmĂ©e : azithromycine 500 mg die × 7 j (guide local) ou lĂ©vofloxacine 750 mg die (7–10 j, ATS/IDSA).
  • Influenza : oseltamivir 75 mg PO bid × 5 j.
  • Ajustement rĂ©nal : amoxicilline-clavulanate et lĂ©vofloxacine ; pas d’ajustement pour la doxycycline, l’azithromycine et la moxifloxacine.
  • CHSLD ou dialyse ne justifient plus Ă  eux seuls une couverture SARM ou Pseudomonas (HCAP abandonnĂ©e, ATS/IDSA 2019). On couvre si ces germes ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© isolĂ©s des voies respiratoires, ou s’il y a eu une hospitalisation avec antibiotiques IV dans les 90 derniers jours et que des facteurs de risque locaux sont prĂ©sents.
  • Germes Ă  couvrir (PAC) : S. pneumoniae, H. influenzae, M. catarrhalis, S. aureus (surtout si comorbiditĂ©s ou hospitalisĂ©), atypiques (M. pneumoniae, C. pneumoniae, L. pneumophila).

CritÚres de stabilité clinique (relais PO, congé)

  • T ≀ 37,8 °C ; FC ≀ 100 ; FR ≀ 24 ; TAS ≄ 90 ; SpO2 ≄ 90 % Ă  l’air ambiant (ou Ă  l’O2 de base) ; Ă©tat mental normal ; prise PO possible.

À l’urgence / Ă  l’hĂŽpital (rĂ©sumĂ©)

  • RĂ©fĂ©rer Ă  l’urgence si hospitalisation probable : ceftriaxone IV + azithromycine ou doxycycline (FQ si allergie), 5–7 j ; ajout anti-SARM si colonisĂ© ; abcĂšs ou empyĂšme : antibiotiques IV et drainage, 4–6 sem.
  • PAC bactĂ©rienne sĂ©vĂšre : corticostĂ©roĂŻdes IV (SCCM 2024, CAPE COD) ; exclure l’influenza, l’aspiration et l’immunosuppression importante ; aucun corticostĂ©roĂŻde pour une PAC non sĂ©vĂšre.
  • O₂ (cible 92–96 %, 88–92 % si hypercapnie), thromboprophylaxie, mobilisation prĂ©coce ; oseltamivir si influenza, peu importe le dĂ©lai.
  • Relais PO au congĂ© (guide local ; Ă  ajuster selon la culture) : PAC : amoxicilline-clavulanate 875 mg bid ou cĂ©furoxime 500 mg bid (FQ respiratoire si allergie) ; abcĂšs ou empyĂšme : amoxicilline-clavulanate 875 mg bid, ou cefprozil 500 mg bid + mĂ©tronidazole 500 mg tid, ou moxifloxacine 400 mg die ; complĂ©ter la durĂ©e totale.

Pneumonie nosocomiale (acquise à l’hîpital)

  • Une des infections nosocomiales les plus frĂ©quentes, avec une mortalitĂ© importante, un sĂ©jour prolongĂ© et une perte d’autonomie (IDSA/ATS 2016).
  • MĂ©canisme : en quelques jours, l’oropharynx du patient hospitalisĂ© se colonise par la flore de l’hĂŽpital ; les micro-aspirations de cette flore sont la principale porte d’entrĂ©e. Le dĂ©cubitus, la toux faible, la sĂ©dation et l’immunitĂ© diminuĂ©e font le reste.
  • Germes : variables selon le milieu et la colonisation du patient. Penser surtout Ă  S. aureus (± SARM), P. aeruginosa et aux autres bacilles Ă  Gram nĂ©gatif (Klebsiella, E. coli, Enterobacter, H. influenzae) ; Stenotrophomonas et Acinetobacter surtout aux soins intensifs et chez le patient ventilĂ©.
  • Un antibiotique reçu pendant l’hospitalisation sĂ©lectionne des germes rĂ©sistants Ă  cet antibiotique : ne pas reprendre la mĂȘme classe Ă  l’aveugle.

Diagnostic (clinique)

  • Nouvel infiltrat Ă  l’imagerie et des signes qu’il est infectieux :
    • fiĂšvre nouvelle ;
    • expectorations purulentes ;
    • leucocytose ou leucopĂ©nie ;
    • dĂ©tĂ©rioration de l’oxygĂ©nation.
  • Culture d’expectorations (ou aspiration endotrachĂ©ale) avant l’antibiotique si cela ne le retarde pas : elle sert surtout Ă  la dĂ©sescalade. Elle est peu sensible et peu spĂ©cifique (colonisation).
  • Procalcitonine et CRP : pas pour poser ou Ă©carter le diagnostic (IDSA/ATS 2016) ; le diagnostic reste clinique.
  • Éliminer les imitateurs : atĂ©lectasie, ƓdĂšme pulmonaire, EP, pneumonite d’aspiration, SDRA, toxicitĂ© mĂ©dicamenteuse.

Traitement (guide local, voir le tableau d’antibiothĂ©rapie)

  • DĂ©tĂ©rioration rapide ou choc : antibiotique empirique sans attendre les prĂ©lĂšvements.
  • Non sĂ©vĂšre, sans risque de BMR : ceftriaxone 2 g IV q24h × 5–7 j.
  • Risque de BMR (hospitalisation ≄ 5 j, antibiotique < 90 j, colonisation Ă  entĂ©robactĂ©ries multirĂ©sistantes) : pipĂ©racilline-tazobactam 4 g IV q6h × 7 j ; alternatives cĂ©fĂ©pime 2 g IV q8h, mĂ©ropĂ©nem 1 g IV q8h, lĂ©vofloxacine 750 mg IV q24h.
  • SARM (colonisation connue, choc, intubation, flore locale) : ajouter vancomycine selon le nomogramme du guide local (dose de charge 25–30 mg/kg, max 3 g, Ă  considĂ©rer) ou linĂ©zolide 600 mg PO/IV q12h.
  • Double couverture anti-Pseudomonas (+ ciprofloxacine 400 mg IV q8h) : seulement si choc et intubation chez un patient Ă  haut risque (bronchiectasies, fibrose kystique).

Germes à couvrir : non sévÚre sans risque de BMR : S. pneumoniae, H. influenzae, M. catarrhalis, S. aureus, atypiques ; risque de BMR ou sévÚre : S. aureus (± SARM), P. aeruginosa, entérobactéries.

  • Réévaluer Ă  48–72 h : ajuster selon les cultures, dĂ©sescalader dĂšs que possible, passer PO dĂšs que le patient est stable. Relais (guide local) : cefprozil 500 mg PO bid ou amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid ; si BMR, ajouter ciprofloxacine 750 mg PO bid, ou lĂ©vofloxacine 750 mg PO die seule, selon l’antibiogramme.
  • DurĂ©e : 7 jours (5–7 j si non sĂ©vĂšre et bonne rĂ©ponse).

⚖ Divergence entre lignes directrices (IDSA/ATS 2016 vs guide local d’antibiothĂ©rapie 2023) : l’IDSA/ATS propose une couverture anti-Pseudomonas d’emblĂ©e (pipĂ©racilline-tazobactam ou cĂ©fĂ©pime) pour toute PAH. Le guide local rĂ©serve cette couverture au risque de BMR ou Ă  la PAH sĂ©vĂšre et garde la ceftriaxone pour la PAH non sĂ©vĂšre sans facteur de risque. L’INESSS ne couvre que la pneumonie acquise en communautĂ©. On suit le guide local, ajustĂ© Ă  la flore de l’unitĂ©. - Si la fiĂšvre ou l’hypoxĂ©mie persistent Ă  la réévaluation de 48–72 h, ne pas Ă©largir le spectre d’emblĂ©e : revoir les cultures, chercher une collection (empyĂšme, abcĂšs), une autre source (urine, cathĂ©ter, C. difficile) ou un diagnostic qui n’est pas infectieux (IDSA/ATS 2016).

💡 Notation : « pipĂ©racilline-tazobactam 4,5 g » (fiole : 4 g de pipĂ©racilline + 0,5 g de tazobactam) et « 4 g » (dose exprimĂ©e en pipĂ©racilline, guide local) dĂ©signent la mĂȘme dose.

PrĂ©vention (PAH sans ventilation) — SHEA/IDSA/APIC 2022 :

  • Brossage des dents quotidien et soins buccaux rĂ©guliers : la mesure la mieux appuyĂ©e.
  • DĂ©pistage et prise en charge prĂ©coces de la dysphagie, surtout aprĂšs un AVC.
  • Mobilisation prĂ©coce, en tenant compte du risque de chute.
  • Mesures contre la transmission des virus respiratoires en saison.
  • TĂȘte de lit surĂ©levĂ©e : preuves surtout chez le patient ventilĂ© ; reste raisonnable si risque d’aspiration.

Pneumonie d’aspiration

  • DĂ©finition : entrĂ©e de contenu gastrique ou oropharyngĂ© dans les voies respiratoires infĂ©rieures. Trois questions : le patient est-il Ă  risque ? S’agit-il d’une pneumonite chimique ou d’une pneumonie bactĂ©rienne ?
  • Facteurs de risque :
    • dysphagie : AVC, dĂ©mence, obstruction ou dysmotilitĂ© Ɠsophagienne, xĂ©rostomie ;
    • maladie neurologique : Parkinson, SEP, SLA, sĂ©quelles d’AVC ;
    • baisse de l’état de conscience : intoxication, alcool, sĂ©dation, anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale, TCC, convulsion ;
    • atteinte mĂ©canique des dĂ©fenses : TNG, gavage, intubation, trachĂ©ostomie, endoscopie ;
    • autres : vomissements importants, gastroparĂ©sie, ilĂ©us, ascite, RGO, grand Ăąge ou fragilitĂ©, mauvaise hygiĂšne dentaire.
Pneumonite chimique Pneumonie d’aspiration bactĂ©rienne
Mécanisme Inflammation par un liquide acide (gastrique) Surinfection par la flore oropharyngée ou gastrique ; micro-aspirations répétées
DĂ©but Brutal, dans les heures suivant l’aspiration Insidieux, sur des jours
Clinique Dyspnée, toux, hypoxémie, tachypnée, tachycardie ; fiÚvre basse Variable ; parfois problÚme dentaire, rarement expectorations fétides
Imagerie OpacitĂ©s diffuses, souvent bilatĂ©rales Infiltrat des segments dĂ©clives ; risque d’abcĂšs ou d’empyĂšme
Évolution Souvent spectaculaire puis amĂ©lioration rapide (24–48 h) Progressive ; complications possibles
Antibiotique Pas d’emblĂ©e Oui
  • Diagnostic clinique : facteurs de risque, milieu de vie, histoire de l’épisode, imagerie, cultures si disponibles. Les biomarqueurs (procalcitonine) ne permettent pas de dire si une aspiration s’est surinfectĂ©e.
  • La plupart des aspirations n’évoluent pas vers une pneumonie : environ 20 Ă  25 % des patients font une pneumonie bactĂ©rienne 48–72 h aprĂšs l’épisode (AHRQ, 2019).
  • Microbiologie : les aĂ©robies dominent (germes de la PAC dans la communautĂ©, germes nosocomiaux Ă  l’hĂŽpital) ; le rĂŽle des anaĂ©robes est moindre qu’on le croyait, sauf en cas d’abcĂšs.

Pneumonite chimique : conduite

  • Soutien : O₂ (Optiflow au besoin), surveillance rapprochĂ©e.
  • Aspiration observĂ©e : succion oropharyngĂ©e et positionnement (tĂȘte de lit Ă©levĂ©e, dĂ©cubitus latĂ©ral) pour Ă©viter un 2e Ă©pisode.
  • Pas de corticostĂ©roĂŻdes : aucun bĂ©nĂ©fice dĂ©montrĂ© ; soins de soutien (O₂ humidifiĂ©, physiothĂ©rapie respiratoire).
  • Antibiotique pas d’emblĂ©e chez le patient stable (AHRQ 2019 ; SantĂ© Î.-P.-É. 2025 ; pas d’antibioprophylaxie). S’il a Ă©tĂ© dĂ©butĂ© (patient instable, doute), réévaluer Ă  24–48 h : une amĂ©lioration rapide dans ce dĂ©lai va contre une pneumonie et justifie de le cesser. En ajouter si la fiĂšvre, l’infiltrat ou les expectorations persistent.

AntibiothĂ©rapie de l’aspiration (guide local d’antibiothĂ©rapie)

Situation 1er choix Alternatives Durée
Communautaire
domicile, CHSLD
Amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid
2 g IV q8h si IV requis
Céfuroxime 500 mg PO bid
Allergie légÚre : ceftriaxone 2 g IV q24h
Allergie aux ÎČ-lactamines : moxifloxacine 400 mg PO die
5 j
Nosocomiale sans risque de BMR Amoxicilline-clavulanate 2 g IV q8h Ceftriaxone 2 g IV q24h
Lévofloxacine 750 mg PO die
5–7 j
Nosocomiale avec risque de BMR
hospitalisation ≄ 5 j, antibiotique < 90 j, colonisation Ă  entĂ©robactĂ©ries multirĂ©sistantes
Pipéracilline-tazobactam 4 g IV q6h
+ vancomycine (nomogramme) si colonisé SARM
Céfépime 2 g IV q8h
Méropénem 1 g IV q8h
Lévofloxacine 750 mg IV q24h
+ linézolide 600 mg bid si SARM
7 j
AbcĂšs ou empyĂšme Couverture anaĂ©robie : voir le tableau d’antibiothĂ©rapie — 4–6 sem

Germes à couvrir : communautaire : S. pneumoniae, flore oropharyngée (atypiques et anaérobes non nécessaires) ; nosocomiale : S. aureus, entérobactéries, flore oropharyngée (+ P. aeruginosa si risque de BMR).

  • Relais PO : amoxicilline-clavulanate 875 mg bid ou lĂ©vofloxacine 750 mg die ; si BMR, selon l’antibiogramme (voir PAH).
  • La pipĂ©racilline-tazobactam n’est pas nĂ©cessaire pour toutes les aspirations ; individualiser selon les cultures et réévaluer la poursuite.

⚠ Recommandation actuelle (ATS/IDSA 2019 ; guide local 2023) : la couverture anaĂ©robie systĂ©matique n’est plus recommandĂ©e. On la rĂ©serve aux abcĂšs pulmonaires et aux empyĂšmes (surtout avec une mauvaise dentition). Le mĂ©tronidazole n’est pas nĂ©cessaire pour une pneumonie d’aspiration simple.

Prévention des récidives

  • Évaluation de la dĂ©glutition (orthophonie, ergothĂ©rapie) aprĂšs un AVC, une extubation ou tout Ă©pisode d’aspiration ; texture et consignes adaptĂ©es.
  • Expliquer les consignes alimentaires au patient et aux proches (les aliments apportĂ©s de l’extĂ©rieur sont un piĂšge frĂ©quent en CHSLD) ; si le patient choisit de manger malgrĂ© le risque, documenter la discussion et le niveau de soins.
  • Repas en position assise ; tĂȘte de lit Ă  30–45°.
  • HygiĂšne buccale, brossage des dents, soins dentaires.
  • Revoir les sĂ©datifs ; physiothĂ©rapie respiratoire.
  • DĂ©finition : entrĂ©e de contenu gastrique ou oropharyngĂ© dans les voies respiratoires infĂ©rieures. Trois questions : le patient est-il Ă  risque ? S’agit-il d’une pneumonite chimique ou d’une pneumonie bactĂ©rienne ?
  • Pneumonite chimique : dĂ©but brutal, dans les heures qui suivent une aspiration de contenu gastrique (sĂ©dation, convulsion, intoxication) ; dyspnĂ©e, toux, hypoxĂ©mie, fiĂšvre basse ; opacitĂ©s diffuses, souvent bilatĂ©rales. Elle s’amĂ©liore souvent rapidement, en 24 Ă  48 h. On n’utilise pas d’antibiotique d’emblĂ©e chez le patient stable ; on observe. S’il a Ă©tĂ© dĂ©butĂ© (doute), réévaluer Ă  24–48 h : une amĂ©lioration rapide va contre une pneumonie et justifie de le cesser. Pas de corticostĂ©roĂŻdes.
  • Pneumonie d’aspiration : dĂ©but insidieux, sur des jours ; facteurs de risque Ă  rechercher :
    • dysphagie : AVC, dĂ©mence, obstruction ou dysmotilitĂ© Ɠsophagienne, xĂ©rostomie ;
    • maladie neurologique : Parkinson, SEP, SLA, sĂ©quelles d’AVC ;
    • baisse de l’état de conscience : intoxication, alcool, sĂ©dation, TCC, convulsion ;
    • gavage, RGO, vomissements importants, gastroparĂ©sie, grand Ăąge ou fragilitĂ© ;
    • mauvaise hygiĂšne dentaire.
  • Localisation : surtout les segments dĂ©clives ; risque d’abcĂšs ou d’empyĂšme.
  • Diagnostic clinique ; la procalcitonine ne permet pas de dire si une aspiration s’est surinfectĂ©e. La plupart des aspirations n’évoluent pas vers une pneumonie : environ 20 Ă  25 % des patients font une pneumonie bactĂ©rienne 48–72 h aprĂšs l’épisode (AHRQ, 2019).
  • Microbiologie : les aĂ©robies dominent ; le rĂŽle des anaĂ©robes est moindre qu’on le croyait, sauf en cas d’abcĂšs.
  • Traitement (guide local) :
    • En communautĂ© (domicile, CHSLD) : amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid × 5 j ; alternative : cĂ©furoxime 500 mg PO bid ; allergie aux ÎČ-lactamines : moxifloxacine 400 mg PO die. Prise PO impossible ou critĂšres de gravitĂ© : urgence (traitement IV).
    • Germes Ă  couvrir en communautĂ© : S. pneumoniae, flore oropharyngĂ©e (atypiques et anaĂ©robes non nĂ©cessaires).
    • Nosocomiale avec risque de BMR : pipĂ©racilline-tazobactam ; elle n’est pas nĂ©cessaire pour toutes les aspirations.

⚠ Recommandation actuelle (ATS/IDSA 2019, guide local 2023) : la couverture anaĂ©robie systĂ©matique n’est plus recommandĂ©e. On la rĂ©serve aux abcĂšs pulmonaires et aux empyĂšmes (surtout avec une mauvaise dentition). Le mĂ©tronidazole n’est pas nĂ©cessaire pour une pneumonie d’aspiration simple.

  • PrĂ©vention :
    • Évaluation de la dĂ©glutition (orthophonie, ergothĂ©rapie) aprĂšs un AVC, une extubation ou tout Ă©pisode d’aspiration ; texture et consignes adaptĂ©es.
    • Expliquer les consignes alimentaires au patient et aux proches ; si le patient choisit de manger malgrĂ© le risque, documenter la discussion et le niveau de soins.
    • Repas en position assise ; tĂȘte de lit Ă  30–45°.
    • HygiĂšne buccale, brossage des dents, soins dentaires.
    • Revoir les sĂ©datifs.

Complications

Épanchement parapneumonique et empyùme

Type Liquide pleural Conduite
Non compliqué pH > 7,20, glucose > 3,3 mmol/L, Gram et culture négatifs Antibiothérapie seule
Compliqué pH < 7,20, glucose < 3,3 mmol/L, LDH > 1000 U/L Drain thoracique + antibiotique
EmpyÚme Pus franc, ou Gram ou culture positifs Drainage ± tPA-DNase intrapleural ; décortication si échec
  • Ponctionner tout Ă©panchement > 1 cm en dĂ©cubitus latĂ©ral (ou significatif Ă  l’échographie) chez un patient fĂ©brile.
  • Ponctionner sous Ă©chographie (moins de pneumothorax). CritĂšres de Light (exsudat si ≄ 1) : protĂ©ines pleurales/sĂ©riques > 0,5, LDH pleurale/sĂ©rique > 0,6, ou LDH pleurale > 2/3 de la limite supĂ©rieure normale sĂ©rique.
  • Stratification par le pH pleural (BTS 2023) : ≀ 7,2 (ou pus, Gram ou culture positifs) → drain si le volume accessible le permet ; > 7,2 et < 7,4 → doser la LDH et envisager un drain si LDH > 900 UI/L ; ≄ 7,4 → pas de drainage immĂ©diat. Sans pH, un glucose pleural < 3,3 mmol/L suggĂšre une infection pleurale.
  • Collection rĂ©siduelle malgrĂ© le drain : alteplase 10 mg + dornase 5 mg intrapleuraux, chacun bid × 3 j (MIST-2), avec consentement (risque hĂ©morragique) ; sinon chirurgie (VATS).
  • Autres complications :
    • abcĂšs, pneumonie nĂ©crosante ;
    • bactĂ©riĂ©mie, endocardite ou mĂ©ningite (pneumocoque) ;
    • SDRA ;
    • Ă©vĂ©nements cardiaques (SCA, FA, IC) dans les 30 jours ;
    • manifestations extrapulmonaires des atypiques (hĂ©molyse, Guillain-BarrĂ©, myocardite).
  • Épanchement > 1 cm (dĂ©cubitus latĂ©ral ou Ă©chographie) chez un patient fĂ©brile : Ă  ponctionner → urgence.
  • À l’hĂŽpital (rĂ©sumĂ©, BTS 2023) : en l’absence de pus franc, on mesure le pH pleural. pH ≀ 7,2 (ou glucose < 3,3 mmol/L si le pH n’est pas disponible) : drain. pH entre 7,2 et 7,4 : drain Ă  considĂ©rer si LDH pleurale > 900 U/L, fiĂšvre persistante, gros volume ou cloisons. pH ≄ 7,4 : pas de drain d’emblĂ©e. Pus franc ou Gram/culture positifs (empyĂšme) : drainage.
  • Ponction sous Ă©chographie ; critĂšres de Light (exsudat si ≄ 1 : protĂ©ines pleurales/sĂ©riques > 0,5, LDH pleurale/sĂ©rique > 0,6, LDH pleurale > 2/3 de la limite supĂ©rieure normale sĂ©rique) ; collection rĂ©siduelle aprĂšs le drain : tPA-DNase intrapleural ; si une chirurgie est nĂ©cessaire, VATS de prĂ©fĂ©rence (BTS 2023).
  • Autres complications :
    • abcĂšs, pneumonie nĂ©crosante ;
    • bactĂ©riĂ©mie, endocardite ou mĂ©ningite (pneumocoque) ;
    • SDRA ;
    • Ă©vĂ©nements cardiaques (SCA, FA, IC) dans les 30 jours ;
    • manifestations extrapulmonaires des atypiques (hĂ©molyse, Guillain-BarrĂ©, myocardite).

Échec à 72 h

  • Revoir le diagnostic : EP, IC, vasculite, nĂ©oplasie, pneumonie organisĂ©e, mĂ©dicament.
  • Rechercher une complication : empyĂšme, abcĂšs, foyer mĂ©tastatique.
  • Penser Ă  un germe non couvert : SARM, Pseudomonas, Legionella, TB, champignon, PJP.
  • → TDM thoracique, cultures, ± bronchoscopie.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgencePneumonie avec signes de sĂ©vĂ©ritĂ© (SpO₂ ≀ 92 %, FR ≄ 25, TAS ≀ 90, FC ≄ 110, confusion, prise PO impossible, CURB-65 ≄ 2) — hospitalisation probable
  • UrgencePAC sĂ©vĂšre ou choc (CURB-65 4–5, critĂšres ATS/IDSA, vasopresseurs ou ventilation) — ambulance (911) ; soins intensifs
  • UrgenceFiĂšvre persistante sous antibiotique (> 48 h ; Ă©chec : empyĂšme, abcĂšs, germe non couvert) — TDM ± bronchoscopie
  • UrgenceÉpanchement pleural chez un patient fĂ©brile (> 1 cm, empyĂšme possible ou SpO₂ < 90 %) — ponction, drain si compliquĂ©

Consulter en pneumologie si :

  • UrgentÉpanchement compliquĂ© ou empyĂšme (pH < 7,20, glucose < 3,3 mmol/L, pus ; Ă©panchement important fĂ©brile) — garde, mĂȘme jour ; drain thoracique.
  • UrgentPas d’amĂ©lioration Ă  72 h (fiĂšvre > 48 h sous antibiotiques ; TDM faite, bronchoscopie Ă  discuter) — garde, mĂȘme jour.
  • Semi-urgentInfiltrat qui ne se rĂ©sorbe pas (> 1 mois malgrĂ© le traitement, ou rĂ©cidive au mĂȘme endroit) — ≀ 28 jours.
  • ÉlectifBronchiectasies symptomatiques (pneumonies rĂ©cidivantes, Pseudomonas) — ≀ 3 mois.

À prĂ©parer : RX et TDM, rĂ©sultats de ponction pleurale (pH, glucose, LDH, Gram, culture), cultures et Ag urinaires, antibiotiques reçus et durĂ©e, besoin en O₂, tabagisme.

Consulter aux soins intensifs si :

  • UrgentPAC sĂ©vĂšre selon ATS/IDSA (vasopresseurs, ventilation, ou ≄ 3 critĂšres mineurs) — immĂ©diatement.
  • UrgentSMART-COP ≄ 3 (risque de vasopresseur ou de ventilation) — mĂȘme jour.

Consulter l’équipe de dysphagie si :

  • UrgentAspiration observĂ©e ou suspectĂ©e aux repas (toux, voix mouillĂ©e, dĂ©saturation) — mĂȘme jour ; NPO ou texture sĂ©curitaire en attendant.
  • Semi-urgentPneumonies d’aspiration rĂ©cidivantes (aspiration silencieuse : VFS ou FEES) — pendant le sĂ©jour.

Consulter en chirurgie thoracique si :

  • Semi-urgentCollection pleurale rĂ©siduelle malgrĂ© drain et fibrinolytiques (VATS, dĂ©cortication) — pendant le sĂ©jour.
  • RapideInfiltrat persistant ou rĂ©cidivant (> 1 mois malgrĂ© traitement, mĂȘme endroit : obstruction possible) — prioritĂ© C (≀ 28 j)
  • RapideNodule ou lĂ©sion suspecte Ă  la RX (> 15 mm ; 8 Ă  15 mm : prioritĂ© C) — prioritĂ© B (≀ 10 j)
  • ÉlectifBronchiectasies symptomatiques (pneumonies rĂ©cidivantes, colonisation Ă  Pseudomonas) — prioritĂ© D (≀ 3 mois)

Consulter en infectiologie si :

  • RapideInfections rĂ©cidivantes Ă  germes multirĂ©sistants (SARM) — prioritĂ© C (≀ 28 j)
  • RapideAllergies multiples aux antibiotiques — prioritĂ© C (≀ 28 j)

À prĂ©parer : RX initiale et de contrĂŽle (6–8 sem si > 50 ans ou fumeur) ; CRB-65 ou CURB-65, SpO₂ ; FSC, crĂ©atinine ; cultures et antigĂšnes urinaires ; antibiotiques reçus (molĂ©cule, durĂ©e) et allergies ; tabagisme ; vaccination.

Algorithme

Non

Oui

Pseudomonas : bronchiectasies,
colonisation, EAMPOC fréquentes

SARM : colonisation,
post-influenza, nécrose

Non

Stable et PO toléré

Pas d’amĂ©lioration

Patient hospitalisé :
toux, fiÚvre, dyspnée
+ infiltrat Ă  la RX

CritĂšres ATS/IDSA
de PAC sévÚre ?

Ceftriaxone 2 g IV q24h
+ azithromycine ou doxycycline

USI à considérer
Hémocultures, expectorations,
Ag urinaires, TAAN virus
Ceftriaxone + azithromycine
+ hydrocortisone

Facteurs de risque
Pseudomonas ou SARM ?

Pipéracilline-tazobactam 4 g IV q6h
± azithromycine

Colonisé : + doxycycline
ou linézolide
SARM documenté : vancomycine

Réévaluer à 48-72 h

Relais PO, durée totale 5-7 j

Revoir le diagnostic : épanchement,
empyÚme, abcÚs, germe résistant,
EP, IC, nĂ©oplasie → TDM

CRB-65 = 0, stable

CRB-65 ≄ 1 ou hypoxĂ©mie

Non

Oui

Pseudomonas : bronchiectasies,
colonisation, EAMPOC fréquentes

SARM : colonisation,
post-influenza, nécrose

Non

Stable et PO toléré

Pas d’amĂ©lioration

Toux, fiÚvre, dyspnée
+ infiltrat Ă  la RX

CRB-65 / CURB-65
+ jugement clinique, SpO2, contexte social

Externe :
amoxicilline 1 g PO tid
ou doxycycline 100 mg PO bid × 7 j

Hospitalisation

CritĂšres ATS/IDSA
de PAC sévÚre ?

RĂ©fĂ©rer Ă  l’urgence
(ceftriaxone IV + azithromycine
ou doxycycline)

USI à considérer
Hémocultures, expectorations,
Ag urinaires, TAAN virus
Ceftriaxone + azithromycine
+ hydrocortisone

Facteurs de risque
Pseudomonas ou SARM ?

RĂ©fĂ©rer Ă  l’urgence
(pipéracilline-tazobactam IV
± azithromycine)

Ajouter vancomycine
ou linézolide

Réévaluer à 48-72 h

Relais PO, durée totale 5-7 j

Revoir le diagnostic : épanchement,
empyÚme, abcÚs, germe résistant,
EP, IC, nĂ©oplasie → TDM

Suivi et congé

  • On s’attend Ă  une fiĂšvre de 2 Ă  3 jours, Ă  une toux et une fatigue de 4 Ă  6 semaines, et Ă  une rĂ©cupĂ©ration complĂšte en 3 Ă  6 mois.
  • RX de contrĂŽle Ă  6–8 semaines si > 50 ans ou fumeur, si les symptĂŽmes persistent ou en cas de pneumonie « ronde ». Le but est d’exclure une nĂ©oplasie. Les autres patients n’en ont pas besoin.
  • Vaccination :
    • Pneumocoque conjuguĂ© (Pneu-C-20 ou Pneu-C-21 selon le PIQ) ;
    • influenza annuelle ;
    • COVID-19 et VRS selon les critĂšres du PIQ.
  • ArrĂȘt tabagique. Revoir l’interaction QT (macrolides, FQ) et la warfarine.
  • Visite de suivi dans 7 Ă  14 jours si le patient est ĂągĂ© ou fragile.

PiĂšges et perles

  • Un patient ĂągĂ© peut se prĂ©senter sans fiĂšvre, avec seulement un dĂ©lirium, une chute ou une tachypnĂ©e.
  • Un infiltrat qui persiste ou rĂ©cidive au mĂȘme endroit : penser Ă  une obstruction (nĂ©oplasie, corps Ă©tranger).
  • Une hyponatrĂ©mie avec diarrhĂ©e et ↑ CK oriente vers Legionella : demander l’antigĂšne urinaire.
  • Les FQ donnent des tendinopathies, un QT long, une dysglycĂ©mie, une aggravation de la myasthĂ©nie et un risque de C. difficile. On les rĂ©serve aux allergies vraies.
  • Une pneumonie post-influenza grave ou nĂ©crosante doit faire penser au SARM.

Références

đŸ©ș Situations CHSLD qui renvoient ici

đŸ©ș Situations en soins post-aigus qui renvoient ici

🔗 Voir aussi