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CHSLD et soins palliatifs › Garde : appels aigus

Fièvre ou détérioration de l’état général

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En bref : Chez le résident âgé, l’infection se présente souvent sans forte fièvre : confusion, chute, baisse d’appétit, perte d’autonomie. Les foyers les plus fréquents sont le poumon, la peau et l’urine. Avant de conclure à une infection, on écarte les causes non infectieuses (médicament, déshydratation, fécalome, rétention). La conduite dépend du niveau de soins et des objectifs discutés.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Hypotension, tachycardie, polypnée, marbrures, baisse de l’état de conscience : sepsis.
  • Hypoxémie ou fréquence respiratoire élevée : pneumonie, aspiration, insuffisance cardiaque, embolie.
  • Cellulite qui progresse vite, douleur disproportionnée, crépitants sous la peau : infection grave des tissus mous.
  • Douleur abdominale avec défense, vomissements, arrêt des selles : abdomen chirurgical.
  • Diarrhée après un antibiotique : C. difficile (isoler selon le protocole de l’établissement).

✅ À faire maintenant

  • Signes vitaux complets avec SpO₂ et glycémie capillaire ; comparer à la température de base du résident.
  • Fièvre chez le résident (IDSA, 2008) : une température buccale > 37,8 °C, ou des mesures répétées > 37,2 °C (buccale) ou > 37,5 °C (rectale), ou une hausse > 1,1 °C au-dessus de la base. Ce seuil sert à reconnaître une infection ; pour débuter un antibiotique, les critères minimaux de Loeb retiennent une fièvre > 37,9 °C ou une hausse ≥ 1,5 °C au-dessus de la base, avec des signes d’un foyer.
  • Examen ciblé : poumons, peau et plaies de pression, abdomen, globe vésical, toucher rectal si fécalome soupçonné, sites de cathéter ou de gastrostomie.
  • État cognitif et fonctionnel comparé à la base décrite par le personnel.
  • Revoir les médicaments récents et le niveau de soins (AH-744).

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BSepsis, hypoxémie non corrigée sur place ou besoin d’un traitement IV : transfert, après discussion avec le résident ou son représentant.
CTraiter sur place : antibiotique PO (ou IM ou SC selon le guide local), hypodermoclyse, oxygène si hypoxémie. Transfert seulement si le confort l’exige.
DConfort : antipyrétique, soins de bouche, positionnement, traitement de la dyspnée et de la douleur. Un antibiotique reste possible s’il soulage un symptôme.

Une détérioration est le bon moment pour revoir les objectifs de soins avec le représentant et mettre à jour le formulaire AH-744.

Sur place

  • Bilan selon le niveau de soins : FSC avec formule leucocytaire dans les 12 à 24 h (IDSA, 2008), électrolytes, créatinine. Radiographie pulmonaire mobile si hypoxémie soupçonnée ou documentée.
  • Urine : analyse et culture seulement si les critères minimaux de Loeb sont remplis. Sonde à demeure de longue date : la changer avant le prélèvement.
  • Hémocultures : peu utiles chez la plupart des résidents en CHSLD (IDSA, 2008), sauf si un transfert est prévu ou selon le guide local.
  • Antibiotique : choisir selon le foyer et le guide local (voir Antibiothérapie – guides locaux) ; pneumonie : voir la fiche Pneumonie.
  • Hydratation : PO d’abord ; hypodermoclyse si l’apport est insuffisant (voir Patients en CHSLD).
  • Causes non infectieuses : médicament (nouveau ou dose augmentée), déshydratation, fécalome, rétention urinaire, thrombose veineuse, goutte.
  • Prévoir une réévaluation par l’infirmière et un suivi médical dans les 24 à 48 h.

Famille et suivi

  • Aviser le représentant ; expliquer ce qui peut être fait sur place (antibiotique, hydratation SC, oxygène, confort).
  • Si deux résidents ou plus du même étage présentent des symptômes semblables (respiratoires ou digestifs) : aviser la prévention des infections selon le protocole de l’établissement.
  • Documenter l’évaluation, les examens volontairement non faits et leur raison (IDSA, 2008).

Pièges et perles

  • L’absence de fièvre n’exclut pas une infection grave chez la personne très âgée.
  • Une bandelette urinaire positive chez un résident fiévreux n’identifie pas le foyer : la bactériurie asymptomatique est fréquente.
  • Une fièvre avec toux et SpO₂ basse est une pneumonie jusqu’à preuve du contraire, même si l’urine est trouble.
  • Pensez aux plaies de pression et au site de gastrostomie, souvent oubliés.

Références

  • High KP, et al. Clinical practice guideline for the evaluation of fever and infection in older adult residents of long-term care facilities: 2008 update by the IDSA. Clin Infect Dis 2009;48(2):149-71.
  • Loeb M, et al. Development of minimum criteria for the initiation of antibiotics in residents of long-term-care facilities. Infect Control Hosp Epidemiol 2001;22(2):120-4.
  • INESSS. Guide d’usage optimal : Pneumonie acquise en communauté chez l’adulte (sept. 2017).
  • Choisir avec soin Canada. Soins de longue durée : recommandations (mise à jour 2025).

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