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Soins post-aigus › Déconditionnement et maladies médicales

Récupération après une pneumonie ou la COVID-19

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En bref : Après une pneumonie ou une COVID-19, la personne âgée récupère souvent plus lentement que l’infection ne guérit : fatigue, dyspnée à l’effort, perte musculaire, délirium résiduel. En soins post-aigus, on termine l’antibiotique à la bonne date, on cherche la cause d’une pneumonie (aspiration, dysphagie), on progresse l’activité selon la tolérance et on surveille la rechute. Après la COVID-19, on adapte l’effort en présence de malaise post-effort ou d’intolérance orthostatique.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Fièvre qui revient (critères de Loeb : > 37,9 °C ou hausse ≥ 1,5 °C), dyspnée ou besoin d’oxygène qui augmente : rechute, empyème, nouvelle aspiration, C. difficile si diarrhée.
  • Dyspnée soudaine, tachycardie, douleur pleurale : embolie pulmonaire.
  • Désaturation importante à l’effort qui ne s’améliore pas.
  • Délirium nouveau ou qui s’aggrave.

✅ À faire maintenant (admission)

  • Antibiotique : vérifier la molécule, la voie (relais oral) et écrire la date de fin ; voir la fiche Relais oral et durée des antibiotiques.
  • Isolement : vérifier si des précautions additionnelles sont encore requises, selon le protocole de prévention des infections.
  • Dépister la dysphagie si la pneumonie évoque une aspiration.
  • Prescrire la cible de SpO₂ et le sevrage de l’oxygène.
  • Revoir les médicaments sédatifs, qui favorisent l’aspiration.

En soins post-aigus

  • Imagerie de contrôle : pas de routine si l’évolution clinique est bonne ; la réserver aux symptômes qui persistent ou au risque de néoplasie, selon la fiche Pneumonie.
  • Prévention de la récidive : soins de bouche, positionnement aux repas, textures adaptées, vaccination (influenza, pneumocoque, COVID-19, VRS selon le PIQ).
  • Après la COVID-19 : chercher les symptômes qui persistent (fatigue, dyspnée, intolérance orthostatique, troubles cognitifs) ; si un malaise post-effort est présent, l’augmentation graduée habituelle ne convient pas : l’activité est fractionnée sous le seuil des symptômes.
  • Intolérance orthostatique : hydratation, lever lent, bas compressifs ; commencer les exercices couché.

Effet sur la réadaptation

  • Physiothérapie : marche et renforcement progressifs ; surveiller SpO₂ et fréquence cardiaque ; exercices respiratoires et dégagement des sécrétions.
  • Ergothérapie : gestion de l’énergie, AVQ, cognition fonctionnelle.
  • Nutritionniste : perte de poids et de masse musculaire fréquente ; protéines.
  • Soins infirmiers : signes vitaux selon le protocole, soins de bouche, mobilisation au fauteuil pour les repas.
  • Arrêter la séance et aviser si les symptômes s’aggravent nettement.

Retour au centre hospitalier ou consultation

NiveauConduite
A – BTransfert si sepsis, hypoxémie non corrigée sur place, embolie pulmonaire soupçonnée, épanchement à drainer.
CTraiter sur place (antibiotique PO, hydratation, hypodermoclyse) ; transfert si le confort l’exige.
DConfort.

Pneumologie ou clinique post-COVID-19 si les symptômes persistent sans explication, selon le corridor régional.

Pièges et perles

  • La radiographie se normalise après la clinique : une image encore anormale ne justifie pas de prolonger l’antibiotique.
  • La pneumonie qui revient chez le même patient cache souvent une dysphagie ou un médicament sédatif.
  • Pousser l’effort chez un patient avec malaise post-effort peut le faire reculer pour plusieurs jours.

Références

  • Metlay JP, et al. Diagnosis and treatment of adults with community-acquired pneumonia: an official clinical practice guideline of the ATS and IDSA. Am J Respir Crit Care Med 2019;200(7):e45-e67.
  • INESSS. Fiche d’aide à la prise en charge : affections post-COVID-19, interventions en réadaptation (2022).
  • NICE NG188. COVID-19 rapid guideline: managing the long-term effects of COVID-19 (2020, mise à jour).

Pour aller plus loin