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Perte de poids involontaire

SymptÎmes générauxFiche révisée · 23 oct. 2026

SymptÎmes générauxNouvelle fiche SRV · oct. 2026Fiche révisée · 23 oct. 2026

Voir aussi : Troubles alimentaires · Dépression du sujet ùgé · Thyroïde · Démence

💊 Doses / traitement✉ Signaler une erreur

En bref : Une perte de 5 % ou plus du poids en 6 Ă  12 mois, sans le vouloir, mĂ©rite une dĂ©marche structurĂ©e. Les causes se rĂ©partissent surtout entre cancer, maladies digestives non cancĂ©reuses, troubles psychiatriques (dĂ©pression, dĂ©mence) et causes endocriniennes, mĂ©dicamenteuses ou sociales ; environ le quart reste inexpliquĂ©. Si l’anamnĂšse, l’examen et un bilan de base sont normaux, on surveille le poids plutĂŽt que de multiplier les examens.

En bref : On parle de perte de poids involontaire significative Ă  ≄ 5 % du poids en 6 Ă  12 mois (plus inquiĂ©tant si ≄ 5 % en 1 mois ou ≄ 10 % en 6 mois). Les causes se rĂ©partissent surtout entre nĂ©oplasie, maladies gastro-intestinales et psychiatriques/cognitives (dĂ©pression, dĂ©mence), avec une part importante de causes mĂ©dicamenteuses et sociales chez l’aĂźnĂ©. On fait une anamnĂšse et un examen ciblĂ©s et un bilan de base ; l’imagerie suit les indices et le dĂ©pistage du cancer est mis Ă  jour. Un bilan exhaustif « en aveugle » est peu rentable : un bilan initial normal rend une nĂ©oplasie peu probable et justifie une surveillance active. Chez l’aĂźnĂ©, on Ă©vite les orexigĂšnes (mĂ©gestrol : critĂšres de Beers) et on mise sur la nutrition, la dĂ©prescription et le soutien.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Perte rapide (≄ 5 % en 1 mois) ou ≄ 10 % avec symptĂŽmes B (fiĂšvre, sueurs nocturnes), adĂ©nopathies, masse.
  • Dysphagie progressive, anĂ©mie ferriprive, saignement digestif, changement des selles, ictĂšre.
  • HĂ©moptysie, toux persistante chez un fumeur ; douleurs osseuses, hypercalcĂ©mie.
  • Polyurie-polydipsie (diabĂšte dĂ©compensĂ©), tremblements et tachycardie (hyperthyroĂŻdie).
  • IMC < 16, apport nul > 10 jours, K, P ou Mg bas : risque de syndrome de rĂ©alimentation.
  • Humeur dĂ©pressive, idĂ©es suicidaires, isolement, nĂ©gligence ou maltraitance soupçonnĂ©e.

đŸš© Signaux d’alarme

  • Dysphagie, saignement digestif, masse, adĂ©nopathies dures ou fixes.
  • FiĂšvre, sueurs nocturnes, toux chronique ou hĂ©moptysie (cancer, tuberculose, VIH).
  • Perte rapide (plus de 10 % en 6 mois), cachexie, dĂ©shydratation, chutes.
  • Personne ĂągĂ©e seule, qui ne mange plus, avec dĂ©pression ou troubles cognitifs.

✅ À faire maintenant

  • Objectiver la perte : poids antĂ©rieurs au dossier, Ă  la pharmacie, aux visites ; peser sur la mĂȘme balance.
  • AnamnĂšse ciblĂ©e : appĂ©tit, apport rĂ©el (calendrier alimentaire), dysphagie, douleur, dentition, symptĂŽmes GI, humeur, cognition, alcool et drogues, revenus et accĂšs Ă  la nourriture.
  • Revue complĂšte des mĂ©dicaments (incluant produits naturels et vente libre).
  • Examen : bouche et dentition, thyroĂŻde, ganglions, seins, abdomen, toucher rectal selon le cas, examen neurologique et cognitif.
  • DĂ©pister la dĂ©nutrition (CNST Ă  l’admission, MNA-SF chez l’aĂźnĂ©) et le risque de rĂ©alimentation.

💊 Premiùres ordonnances

  • Bilan de base (voir Évaluation) ; radiographie pulmonaire.
  • Consultation en nutrition clinique ; supplĂ©ments oraux hypercaloriques hyperprotĂ©inĂ©s 1–3 × 237 mL/j entre les repas.
  • Si risque de rĂ©alimentation : thiamine 100 mg PO/IV avant la premiĂšre alimentation, puis die × 5–7 j ; K, P, Mg de base puis q12–24 h × 3–5 j (fiche Nutrition et syndrome de rĂ©alimentation).
  • Pas de mĂ©gestrol ni de cyproheptadine chez l’aĂźnĂ© ; pas de corticostĂ©roĂŻde orexigĂšne hors contexte palliatif.

📞 Appeler ou orienter si

  • Nutrition clinique : Haut risque de syndrome de rĂ©alimentation
  • Confirmer et chiffrer : pesĂ©es antĂ©rieures au dossier, vĂȘtements devenus grands, photos.
  • AppĂ©tit conservĂ© ou augmentĂ© (hyperthyroĂŻdie, diabĂšte dĂ©sĂ©quilibrĂ©, malabsorption) ou diminuĂ© (cancer, dĂ©pression, mĂ©dicaments, maladie chronique).
  • Revoir les mĂ©dicaments (metformine, agonistes du GLP-1, ISRS, digoxine, inhibiteurs de la cholinestĂ©rase, opioĂŻdes), l’alcool, le cannabis et les drogues.
  • Examen complet : bouche et dents, thyroĂŻde, ganglions, seins, abdomen, toucher rectal, Ă©tat cognitif et humeur.

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer Ă  l’urgence : Saignement digestif aigu ; hypercalcĂ©mie maligne soupçonnĂ©e ; anĂ©mie sĂ©vĂšre

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

📹 RĂ©fĂ©rer : CRDS Consulter en gastro-entĂ©rologie si : · CRDS Consulter en chirurgie gĂ©nĂ©rale si : (prioritĂ©s A Ă  E) · đŸš© Alertes cliniques : urgence

Causes

  • Cancer (environ le tiers) : digestif, poumon, hĂ©matologique, pancrĂ©as.
  • Digestives non cancĂ©reuses : ulcĂšre, maladie cƓliaque, MII, malabsorption, troubles de la dĂ©glutition, mauvaise dentition.
  • Psychiatriques et neurologiques : dĂ©pression (premiĂšre cause chez la personne ĂągĂ©e), dĂ©mence, trouble alimentaire, trouble d’usage, Parkinson.
  • Endocriniennes : hyperthyroĂŻdie, diabĂšte, insuffisance surrĂ©nalienne.
  • Infections : VIH, tuberculose, hĂ©patites, parasitoses (voyage, immigration).
  • Maladies chroniques avancĂ©es : insuffisance cardiaque, MPOC, insuffisance rĂ©nale.
  • Sociales : isolement, pauvretĂ©, insĂ©curitĂ© alimentaire, incapacitĂ© Ă  faire ses courses ou Ă  cuisiner, maltraitance.

Bilan de base

  • FSC, VS ou CRP, glycĂ©mie (HbA1c si diabĂšte), crĂ©atinine et Ă©lectrolytes, calcium, bilan hĂ©patique, albumine, TSH, analyse d’urine, Ă©lectrophorĂšse des protĂ©ines.
  • Selon le contexte : RNI, anti-transglutaminase IgA, VIH, hĂ©patites B et C, ferritine, B12.
  • Radiographie pulmonaire ; Ă©chographie ou TDM abdominale selon l’orientation.
  • DĂ©pistages de cancer Ă  jour selon l’ñge (col, sein, cĂŽlon, poumon).
  • Bilan normal : la probabilitĂ© d’un cancer devient faible ; revoir et peser dans 1 Ă  3 mois, et rĂ©orienter si de nouveaux indices apparaissent.

Chez la personne ùgée

  • DĂ©pister la dĂ©nutrition (outil MNA), la dysphagie, l’état des dents et des prothĂšses, la dĂ©pression (GDS) et les troubles cognitifs.
  • Évaluer l’autonomie pour l’alimentation, l’aide Ă  domicile et les repas (popote roulante, CLSC).
  • AllĂ©ger la mĂ©dication qui coupe l’appĂ©tit ; Ă©viter les rĂ©gimes restrictifs (diabĂšte, sel) qui ne sont plus utiles.
  • SupplĂ©ments nutritifs et nutritionniste ; les stimulants de l’appĂ©tit ont peu d’avantages et des risques.

Définitions et causes

  • Seuil : ≄ 5 % du poids habituel en 6 Ă  12 mois (non voulue). CritĂšres GLIM de dĂ©nutrition : > 5 % en 6 mois ou > 10 % au-delĂ  de 6 mois.
  • Distinguer la perte avec appĂ©tit conservĂ© (hyperthyroĂŻdie, diabĂšte, malabsorption, phĂ©ochromocytome) de la perte avec anorexie (nĂ©oplasie, dĂ©pression, maladie chronique, mĂ©dicaments).
  • Aucune cause n’est trouvĂ©e dans une proportion notable des cas (environ 1 sur 4 selon les sĂ©ries) ; le pronostic est alors gĂ©nĂ©ralement meilleur.
Catégorie Exemples
Néoplasie GI (cÎlon, estomac, pancréas, foie), poumon, lymphome, hématologique, prostate, sein, ovaire
Gastro-intestinale UlcĂšre, malabsorption (maladie cƓliaque, insuffisance pancrĂ©atique), MII, ischĂ©mie mĂ©sentĂ©rique chronique, cholestase, constipation sĂ©vĂšre, cirrhose
Endocrinienne et métabolique Hyperthyroïdie, diabÚte décompensé, insuffisance surrénalienne, hypercalcémie, IRC avancée
Psychiatrique et cognitive DĂ©pression (cause frĂ©quente chez l’aĂźnĂ©), anxiĂ©tĂ©, dĂ©mence, trouble de l’usage de l’alcool ou de substances, trouble alimentaire
Médicaments Metformine, agonistes du GLP-1, inhibiteurs de la cholinestérase, ISRS, topiramate, digoxine (toxicité), lévothyroxine en excÚs, opioïdes (constipation, nausées), anticholinergiques (bouche sÚche), AINS, fer et potassium oraux, polypharmacie
Sociale, dentaire, dysphagie Isolement, pauvretĂ©, insĂ©curitĂ© alimentaire, incapacitĂ© Ă  faire les courses ou Ă  cuisiner, deuil ; mauvaise dentition ou prothĂšse mal ajustĂ©e ; dysphagie oropharyngĂ©e (AVC, Parkinson) ou Ɠsophagienne
Maladies chroniques et infections IC, MPOC (cachexie), polyarthrite rhumatoïde, pseudopolyarthrite rhizomélique ; tuberculose, VIH, hépatites, endocardite subaiguë, parasitoses (immigrants)

Évaluation

Bilan de base (pour tous)

  • FSC, Ă©lectrolytes, crĂ©atinine, calcium et albumine, glycĂ©mie et HbA1c, TSH, bilan hĂ©patique, CRP (ou VS), analyse d’urine.
  • Selon le contexte : ferritine, B12, LDH, Ă©lectrophorĂšse des protĂ©ines, sĂ©rologie de la maladie cƓliaque, VIH, VHB, VHC, dĂ©pistage de la tuberculose (personne venue d’un pays Ă  forte prĂ©valence), RSOSi.
  • Radiographie pulmonaire.
  • L'albumine reflĂšte surtout l’inflammation et la gravitĂ© de la maladie : ce n’est pas un marqueur fiable de l’état nutritionnel.

Imagerie et examens selon les indices

  • SymptĂŽmes GI hauts, dysphagie, anĂ©mie ferriprive : gastroscopie ; symptĂŽmes GI bas, RSOSi positif, anĂ©mie : coloscopie.
  • Douleur abdominale, masse, bilan hĂ©patique perturbĂ© : Ă©chographie ou TDM abdominopelvienne.
  • Fumeur, hĂ©moptysie, radiographie anormale : TDM thoracique.
  • AdĂ©nopathies ou symptĂŽmes B : TDM thoraco-abdomino-pelvienne et biopsie (fiche AdĂ©nopathies).

DĂ©pistage du cancer Ă  jour selon l’ñge, le sexe et l’espĂ©rance de vie : cĂŽlon, sein, col utĂ©rin, poumon (fumeur admissible) ; discuter l’APS.

💡 Éviter le bilan « en aveugle » (TDM corps entier, marqueurs tumoraux, TEP) quand l’anamnĂšse, l’examen et le bilan de base sont normaux : la rentabilitĂ© est faible et les trouvailles fortuites nombreuses. PrĂ©fĂ©rer une surveillance active : repeser et réévaluer dans 1 Ă  3 mois, puis Ă©largir si la perte se poursuit.

Particularités de la personne ùgée

  • La perte de poids est un critĂšre de fragilitĂ© (Fried) et un marqueur de mortalitĂ© ; elle accompagne souvent la sarcopĂ©nie, les chutes et la perte d’autonomie.
  • MNA-SF (6 questions, sur 14) : 12–14 normal ; 8–11 Ă  risque ; 0–7 dĂ©nutrition.
  • DĂ©pression : frĂ©quente et sous-diagnostiquĂ©e (GDS-15, PHQ-9) ; souvent rĂ©versible.
  • DĂ©mence : oubli des repas, apraxie, incapacitĂ© Ă  cuisiner ; en phase avancĂ©e, la perte de poids est attendue (soins centrĂ©s sur le confort).
  • Polypharmacie : chaque mĂ©dicament est un suspect ; prioriser la dĂ©prescription (inhibiteurs de la cholinestĂ©rase, metformine, digoxine, ISRS, anticholinergiques).
  • Bouche et dĂ©glutition : dentition, prothĂšses, candidose, xĂ©rostomie ; dysphagie oropharyngĂ©e (toux au repas, pneumonies rĂ©cidivantes).
  • Social : isolement, revenus, transport, capacitĂ© Ă  faire les courses ; rechercher la nĂ©gligence ou la maltraitance.

Prise en charge

Mesure Détails
Traiter la cause Cause trouvée : traitement spécifique (thyroïde, diabÚte, ulcÚre, dépression, cancer)
Nutrition Besoins 25–30 kcal/kg/j et 1,2–1,5 g/kg/j de protĂ©ines chez l’aĂźnĂ© ou le malade ; repas enrichis, collations, aide au repas, libĂ©ralisation des diĂštes restrictives (sel, diabĂšte, cholestĂ©rol)
SupplĂ©ments oraux 1 Ă  3 × 237 mL/j entre les repas (hypercaloriques, hyperprotĂ©inĂ©s) ; suivi par la nutritionniste
Déprescription Retirer ou réduire les médicaments anorexigÚnes ou nauséeux
Bouche et déglutition Soins dentaires, ajustement des prothÚses ; évaluation de la déglutition et texture adaptée
DĂ©pression Traiter ; la mirtazapine 7,5–15 mg PO HS peut ĂȘtre choisie si l’insomnie et l’anorexie dominent, mais elle n’est pas indiquĂ©e comme orexigĂšne seul
Soutien Popote roulante, aide aux courses, services du CLSC, ergothérapie (aides au repas)
Activité physique Exercices en résistance pour préserver la masse musculaire

OrexigĂšnes : Ă  Ă©viter chez l’aĂźnĂ©

  • MĂ©gestrol : Ă  Ă©viter (critĂšres de Beers de l’AGS) ; gain de poids minime, surtout du tissu adipeux, avec risque de thrombose et de dĂ©cĂšs accru, insuffisance surrĂ©nalienne.
  • Cyproheptadine (anticholinergique), dronabinol et cannabinoĂŻdes (sĂ©dation, chutes, dĂ©lirium) : non recommandĂ©s.
  • CorticostĂ©roĂŻdes : appĂ©tit amĂ©liorĂ© Ă  court terme seulement ; rĂ©servĂ©s aux soins palliatifs (dexamĂ©thasone Ă  faible dose, durĂ©e courte).

Syndrome de rĂ©alimentation : chez le patient dĂ©nutri (IMC < 16, perte > 15 % en 3–6 mois, apport nul > 10 jours, K, P ou Mg bas), thiamine avant les glucides, apport initial 10–20 kcal/kg/j augmentĂ© progressivement, K, P et Mg q12–24 h les premiers jours. Voir la fiche Nutrition et syndrome de rĂ©alimentation.

Algorithme

Oui

Non

Perte qui se poursuit

Poids stable

Perte de poids ≄ 5 %
en 6-12 mois, objectivée

AnamnÚse et examen ciblés
Revue des médicaments
Dépistage dénutrition et réalimentation

Bilan de base :
FSC, électrolytes, créatinine, Ca,
glycémie, TSH, bilan hépatique,
CRP, analyse d’urine, RX pulmonaire
Dépistage du cancer à jour

Indices cliniques
ou bilan anormal ?

Examens ciblés :
endoscopie, TDM, biopsie
selon les indices

Rechercher dépression, démence,
médicaments, causes sociales,
dentition, dysphagie

Surveillance active :
repeser dans 1-3 mois

Élargir le bilan :
TDM thoraco-abdomino-pelvienne,
avis de médecine interne
ou de gériatrie

Suivi en premiĂšre ligne

Traiter la cause

En parallĂšle : nutrition,
déprescription, soutien social
Pas d’orexigĂšne chez l’aĂźnĂ©

Consulter

Consulter en médecine interne si :

  • Semi-urgentPerte de poids > 10 % inexpliquĂ©e (aprĂšs le bilan de base) — selon le tableau clinique.
  • Semi-urgentLymphome soupçonnĂ© (masse ganglionnaire > 5 cm ou symptĂŽmes B) — ≀ 10 jours.

À prĂ©parer : courbe de poids datĂ©e, liste des mĂ©dicaments, bilan de base, imageries et dĂ©pistages dĂ©jĂ  faits.

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceSaignement digestif aigu (mĂ©lĂ©na, hĂ©matĂ©mĂšse, rectorragie abondante)
  • UrgenceHypercalcĂ©mie maligne soupçonnĂ©e (calcium corrigĂ© > 3 mmol/L)
  • UrgenceAnĂ©mie sĂ©vĂšre (Hb < 70 g/L)

Consulter en gastro-entérologie si :

  • Semi-urgentDysphagie, anĂ©mie ferriprive ou saignement digestif (avec perte de poids) — endoscopie pendant le sĂ©jour ; sinon consultation externe en gastro-entĂ©rologie.

Signe d’alarme digestif : endoscopie en prioritĂ©.

  • RapideDysphagie rapidement progressive — prioritĂ© B (≀ 10 j)
  • RapideCancer digestif soupçonnĂ© Ă  l’imagerie (hors cĂŽlon) — prioritĂ© B (≀ 10 j)
  • RapideDyspepsie avec perte de poids > 10 % en 6 mois — prioritĂ© C (≀ 28 j)
  • ÉlectifAnĂ©mie ferriprive, rectorragie ou RSOSi positif (ou masse colique Ă  l’imagerie) — demande de coloscopie (AH-702) ou accueil clinique

Consulter en oncologie si :

Ou investigation ciblĂ©e rapide par l’accueil clinique ou la clinique de diagnostic rapide du milieu.

  • RapideNĂ©oplasie soupçonnĂ©e sans primaire identifiĂ© (masse, adĂ©nopathies dures, mĂ©tastases) — prioritĂ© B (≀ 10 j)
  • RapideNĂ©oplasie de novo confirmĂ©e — prioritĂ© B (≀ 10 j)

Consulter en gériatrie si :

  • Semi-urgentDĂ©clin fonctionnel avec dĂ©nutrition chez l’aĂźnĂ© — pendant le sĂ©jour.
  • ÉlectifPerte de poids inexpliquĂ©e aprĂšs bilan, > 75 ans — ≀ 3 mois.

Consulter en nutrition clinique si :

  • UrgentHaut risque de syndrome de rĂ©alimentation — mĂȘme jour, avant de dĂ©buter ou de reprendre l’alimentation.
  • Semi-urgentDĂ©nutrition ou apport < 50 % des besoins — pendant le sĂ©jour.

Consulter en travail social si :

  • Semi-urgentIsolement, insĂ©curitĂ© alimentaire ou proche aidant Ă©puisĂ© — pendant le sĂ©jour.
  • ÉlectifPopote roulante et ressources communautaires — au congĂ©.
  • ÉlectifPerte de poids inexpliquĂ©e aprĂšs 75 ans (aprĂšs bilan appropriĂ©) — prioritĂ© D (≀ 3 mois)

À prĂ©parer : pesĂ©es antĂ©rieures et pourcentage perdu ; FSC, VS ou CRP, glycĂ©mie, crĂ©atinine, Ă©lectrolytes, calcium, bilan hĂ©patique, albumine, TSH, Ă©lectrophorĂšse des protĂ©ines, analyse d’urine ; radiographie pulmonaire et imagerie faite ; mĂ©dicaments ; dĂ©pistages de cancer Ă  jour ; dĂ©pistage de dĂ©pression et de troubles cognitifs.

Suivi et congé

  • Poids au congĂ© notĂ© au dossier, avec le poids habituel et la date ; repeser q1–3 mois en premiĂšre ligne.
  • Plan clair : examens en attente (endoscopie, dĂ©pistages), responsable du suivi des rĂ©sultats.
  • SupplĂ©ments oraux et recommandations de la nutritionniste transmis ; services du CLSC ou popote roulante en place.
  • Liste des mĂ©dicaments cessĂ©s et motif (dĂ©prescription) dans la feuille de congĂ©.
  • Perte qui se poursuit malgrĂ© un bilan initial normal : Ă©largir le bilan ou orienter (mĂ©decine interne, gĂ©riatrie).

PiĂšges et perles

  • Une perte de poids « rapportĂ©e » n’est pas toujours rĂ©elle : la documenter avant d’investiguer.
  • Bilan de base, examen et dĂ©pistages normaux : une nĂ©oplasie occulte est peu probable ; surveiller plutĂŽt que multiplier les examens.
  • Chez l’aĂźnĂ©, penser d’abord aux mĂ©dicaments, Ă  la dĂ©pression, Ă  la bouche et au frigo vide.
  • Ne pas oublier l'hyperthyroĂŻdie apathique de l’aĂźnĂ© (perte de poids sans hyperadrĂ©nergie) et la tuberculose chez la personne immigrante.
  • Le mĂ©gestrol fait prendre du gras, pas du muscle, et augmente le risque de thrombose et de dĂ©cĂšs : Ă  Ă©viter.
  • DĂ©mence avancĂ©e : la perte de poids est souvent un marqueur de fin de vie ; discuter des niveaux de soins plutĂŽt que d’un gavage (non recommandĂ©).
  • Ne pas oublier la dĂ©pression et l’insĂ©curitĂ© alimentaire : elles sont frĂ©quentes et se traitent.
  • Un TDM « corps entier » d’emblĂ©e n’est pas recommandĂ© si l’anamnĂšse, l’examen et le bilan de base sont normaux.
  • Peser Ă  chaque visite et noter le poids au dossier : la tendance est plus utile qu’une valeur isolĂ©e.

Voir aussi

Références

  • Gaddey HL, Holder KK. Unintentional Weight Loss in Older Adults. Am Fam Physician 2021;104(1):34–40. PubMed 34264616.
  • 2023 American Geriatrics Society Beers Criteria Update Expert Panel. American Geriatrics Society 2023 updated AGS Beers Criteria for potentially inappropriate medication use in older adults. J Am Geriatr Soc 2023;71(7):2052–2081. doi:10.1111/jgs.18372
  • Gay L, Sheth S et coll. Things We Do for No Reason : Prescribing Appetite Stimulants to Hospitalized Older Adults With Unintentional Weight Loss. J Hosp Med 2021;16(10).
  • Cederholm T, Jensen GL, Correia MITD et coll. GLIM criteria for the diagnosis of malnutrition — A consensus report from the global clinical nutrition community. Clin Nutr 2019;38(1):1–9.
  • National Institute for Health and Care Excellence. Nutrition support for adults: oral nutrition support, enteral tube feeding and parenteral nutrition (CG32). NICE, 2006, mis Ă  jour 2017.
  • Groupe de travail canadien sur la malnutrition. Outil canadien de dĂ©pistage nutritionnel (CNST).
  • MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spĂ©cialisĂ©e (CRDS) — MĂ©decine interne.
  • CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Perte de poids involontaire (algorithme de gastroentĂ©rologie, 2013), santeestrie.qc.ca.
  • Gaddey HL, Holder KK. Unintentional weight loss in older adults. Am Fam Physician. 2021;104(1):34-40.
  • CollĂšge des mĂ©decins de famille du Canada. Les objectifs d’évaluation pour la certification en mĂ©decine de famille, 2e Ă©d., 2020 : sujet prioritaire « Perte de poids ».
  • MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spĂ©cialisĂ©e (CRDS) — GastroentĂ©rologie (AH-750), Oncologie mĂ©dicale, GĂ©riatrie, MĂ©decine interne.

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