Dr .omni

CHSLD et soins palliatifs â€ș Soins palliatifs et fin de vie

Anorexie et cachexie

💊 Doses / traitement✉ Signaler une erreur

En bref : En fin de vie (cancer, insuffisance cardiaque ou rĂ©nale, dĂ©mence avancĂ©e), la perte d’appĂ©tit et la fonte musculaire font partie de l’évolution de la maladie. La cachexie ne se corrige pas en augmentant l’apport. On traite ce qui est rĂ©versible (bouche, nausĂ©es, constipation, douleur, dĂ©pression), puis on vise le plaisir de manger et le confort. La dĂ©tresse est souvent plus grande chez les proches que chez le rĂ©sident.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Causes rĂ©versibles Ă  chercher

  • Bouche douloureuse ou sĂšche, candidose, prothĂšse mal ajustĂ©e.
  • NausĂ©es, constipation, fĂ©calome, satiĂ©tĂ© prĂ©coce.
  • Douleur, dĂ©pression, dĂ©lirium.
  • MĂ©dicaments : opioĂŻdes, antibiotiques, digoxine, metformine, IACHE, polypharmacie.
  • Dysphagie (toux aux repas) : voir « Dysphagie : dĂ©pistage et textures ».

✅ À faire maintenant

  • Distinguer une perte d’appĂ©tit rĂ©cente (cause aiguĂ« Ă  traiter) d’un dĂ©clin progressif (fin de vie probable).
  • Examiner la bouche ; revoir la mĂ©dication et cesser ce qui n’apporte plus de bĂ©nĂ©fice.
  • Rencontre avec la nutritionniste : aliments prĂ©fĂ©rĂ©s, petites portions, collations.
  • Lever les restrictions alimentaires (sel, sucre, gras, textures non nĂ©cessaires).
  • Revoir les objectifs et le niveau de soins (AH-744) avec le rĂ©sident ou son reprĂ©sentant.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BInvestigation ciblĂ©e si la cause est inconnue (voir « Perte de poids et dĂ©nutrition ») ; supplĂ©ment nutritif ; essai court d’un stimulant de l’appĂ©tit si le rĂ©sident le souhaite.
CTraiter les causes simples sur place ; alimentation de plaisir, supplĂ©ments selon la tolĂ©rance. Pas d’alimentation par sonde ni parentĂ©rale.
DManger et boire pour le plaisir, selon l’envie. Pas de pesĂ©e. Soins de bouche.

Prise en charge

  • Alimentation : offrir sans insister ; repas en petites quantitĂ©s, au moment oĂč le rĂ©sident a faim ; aliments culturellement familiers.
  • Stimulants de l’appĂ©tit : les donnĂ©es sont faibles et aucun ne prolonge la vie. Un essai court d’un corticostĂ©roĂŻde peut ĂȘtre offert en fin de vie (cancer) ; cesser s’il n’y a pas d’effet.
  • MĂ©gestrol : Ă  Ă©viter chez la personne ĂągĂ©e (thrombose, dĂ©cĂšs ; AGS Beers 2023).
  • Sonde d’alimentation et nutrition parentĂ©rale : pas recommandĂ©es chez la plupart des personnes en cachexie avancĂ©e ; en dĂ©mence avancĂ©e, aider Ă  manger plutĂŽt (Choisir avec soin).
  • Bilan : pas de prises de sang ni de pesĂ©es de routine en fin de vie.

Famille et suivi

  • Expliquer que le rĂ©sident ne meurt pas parce qu’il ne mange pas : il mange moins parce que la maladie progresse.
  • Forcer l’alimentation peut causer nausĂ©es, aspiration et conflits aux repas.
  • Proposer d’autres façons de prendre soin : apporter un aliment aimĂ©, aider au repas, soins de bouche, toucher.
  • Respecter les significations culturelles ou religieuses de la nourriture ; en parler ouvertement.

PiĂšges et perles

  • Une candidose buccale ou une constipation peut, Ă  elle seule, couper l’appĂ©tit.
  • Les supplĂ©ments nutritifs remplacent souvent le repas au lieu de s’y ajouter : les donner entre les repas.
  • Un corticostĂ©roĂŻde au long cours cause fonte musculaire, hyperglycĂ©mie et dĂ©lirium.

Références

  • Roeland EJ, et al. Management of cancer cachexia: ASCO guideline. J Clin Oncol 2020;38(21):2438-53.
  • Arends J, et al. Cancer cachexia in adult patients: ESMO Clinical Practice Guidelines. ESMO Open 2021;6(3):100092.
  • American Geriatrics Society. 2023 Updated AGS Beers Criteria. J Am Geriatr Soc 2023;71(7):2052-81.
  • Canadian Society for Long Term Care Medicine. Choosing Wisely Canada — Long-Term Care (mise Ă  jour 2025).

Pour aller plus loin