Dr .omni

Soins hospitaliers â€ș CardiologiePremiĂšre ligne â€ș CardiologieSoins post-aigus â€ș CardiologieCHSLD et soins palliatifs â€ș Cardiologie

Insuffisance cardiaque

CardiologieFiche révisée · 21 oct. 2026

💊 Doses / traitement✉ Signaler une erreur

En bref : On classe d’abord selon la FEVG (rĂ©duite ≀ 40 %, non rĂ©duite > 40 %). En dĂ©compensation aiguĂ«, on dĂ©congestionne vite et fort (furosĂ©mide IV ≈ 2 × la dose PO habituelle, rĂ©ponse vĂ©rifiĂ©e Ă  2–6 h), on cherche le prĂ©cipitant et on vise le poids sec au congĂ©. En FEVG rĂ©duite, les 4 piliers (ARNI/IECA, bĂȘtabloquant, ARM, iSGLT2) se dĂ©marrent pendant l’hospitalisation et se titrent rapidement aprĂšs le congĂ©. En FEVG non rĂ©duite : diurĂ©tique selon la volĂ©mie, iSGLT2 et ARM, traitement des comorbiditĂ©s selon le phĂ©notype.

En bref : On classe d’abord selon la FEVG (rĂ©duite ≀ 40 %, non rĂ©duite > 40 %). Une dĂ©compensation aiguĂ« (dyspnĂ©e de repos, OAP, SpO₂ ≀ 92 %, FR ≄ 25, TAS ≀ 90) va Ă  l'urgence (diurĂ©tique IV). En SRV, on cherche le prĂ©cipitant et on ajuste le diurĂ©tique PO si la congestion est lĂ©gĂšre et le patient stable. En FEVG rĂ©duite, les 4 piliers (ARNI/IECA, bĂȘtabloquant, ARM, iSGLT2) se dĂ©marrent et se titrent rapidement, avec suivi rapprochĂ©. En FEVG non rĂ©duite : diurĂ©tique selon la volĂ©mie, iSGLT2 et ARM, traitement des comorbiditĂ©s selon le phĂ©notype.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Hypoperfusion (extrĂ©mitĂ©s froides, oligurie, confusion, lactate ↑) ou TAS < 90 : choc cardiogĂ©nique.
  • DĂ©tresse respiratoire ou SpO₂ < 90 %.
  • SCA, arythmie, chocs rĂ©pĂ©tĂ©s du DCI.
  • RĂ©ponse diurĂ©tique insuffisante : Na urinaire < 50–70 mmol/L Ă  2 h ou diurĂšse < 100–150 mL/h Ă  6 h.

✅ À faire maintenant

  • TVJ, crĂ©pitants, ƓdĂšme, perfusion ; poids die, bilan I/E.
  • ECG, RX, POCUS, NT-proBNP, troponine, FSC, ions, crĂ©atinine, Mg, TSH, ferritine + saturation.
  • PrĂ©cipitant : ischĂ©mie, arythmie, non-adhĂ©sion, infection, AINS.
  • Écho prĂ©coce si nouvelle IC.
  • TVJ, crĂ©pitants, ƓdĂšme, perfusion pĂ©riphĂ©rique ; poids quotidien Ă  domicile.
  • ECG, RX pulmonaire, POCUS (lignes B), NT-proBNP, troponine.
  • FSC, ions, urĂ©e, crĂ©atinine, Mg, bilan hĂ©patique, TSH, ferritine + saturation.
  • Chercher le prĂ©cipitant : ischĂ©mie, arythmie, non-adhĂ©sion, infection, AINS.
  • Échocardiographie si nouvelle IC.

💊 Premiùres ordonnances

  • O₂ seulement si SpO₂ < 90 % ; VNI tĂŽt si dĂ©tresse (FR > 25, SpO₂ < 90 %). Pas de morphine de routine.
  • FurosĂ©mide IV : ≈ 1 Ă  2 × la dose PO quotidienne (naĂŻf : 20–40 mg IV) ; réévaluer Ă  2–6 h, doubler si rĂ©ponse insuffisante.
  • RĂ©sistance : mĂ©tolazone 2,5–5 mg PO die ou acĂ©tazolamide 500 mg IV die × 3 j.
  • TAS > 110 + ƓdĂšme pulmonaire : nitroglycĂ©rine 0,4 mg S/L q5 min, puis 10–20 ”g/min IV.
  • Poursuivre le bĂȘtabloquant sauf choc ou bradycardie ; ions et crĂ©atinine die.
  • FEVG ≀ 40 % : dĂ©buter les 4 piliers (voir Traitement de fond de l’ICFEr).

📞 Appeler ou orienter si

  • Cardiologie : SCA, arythmie significative ou chocs rĂ©pĂ©tĂ©s du DCI ; dĂ©compensation rĂ©fractaire aux diurĂ©tiques
  • Soins intensifs : Choc cardiogĂ©nique ou hypoperfusion ; dĂ©tresse respiratoire malgrĂ© la VNI
  • MĂ©decine interne : IC dĂ©compensĂ©e

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

  • O₂ seulement si SpO₂ < 90 % ; VNI tĂŽt si dĂ©tresse (FR > 25, SpO₂ < 90 %). Pas de morphine de routine.
  • DĂ©compensation aiguĂ« → urgence (furosĂ©mide IV) si dyspnĂ©e de repos, FC ≀ 50 ou ≄ 110, FR ≄ 25, TAS ≀ 90, SpO₂ ≀ 92 %, altĂ©ration de l’état de conscience ou prise PO impossible ; ambulance (911) si instable.
  • RĂ©sistance au diurĂ©tique PO : mĂ©tolazone 2,5–5 mg PO die avec suivi rapprochĂ© des Ă©lectrolytes et de la crĂ©atinine ; acĂ©tazolamide IV → urgence.
  • TAS > 110 + ƓdĂšme pulmonaire : nitroglycĂ©rine 0,4 mg S/L q5 min en attendant l’ambulance (911) ; perfusion IV Ă  l’urgence.
  • Poursuivre le bĂȘtabloquant sauf choc ou bradycardie ; ions et crĂ©atinine die.
  • FEVG ≀ 40 % : dĂ©buter les 4 piliers (voir Traitement de fond de l’ICFEr).

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer Ă  l’urgence : Insuffisance cardiaque dĂ©compensĂ©e ; choc cardiogĂ©nique ; IC avec SCA, arythmie significative ou chocs du DCI ; IC avec IRA ou comorbiditĂ© aiguĂ«

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

📌 Fiche d’origine hospitaliĂšre, gardĂ©e pour le sujet prioritaire du CMFC « Insuffisance cardiaque ». Au sans rendez-vous : reconnaĂźtre, amorcer le traitement et diriger ; les sections propres Ă  l’hĂŽpital ont Ă©tĂ© retirĂ©es.

📹 RĂ©fĂ©rer : CRDS Consulter en cardiologie si : · CRDS Consulter en chirurgie vasculaire si : (prioritĂ©s A Ă  E) · đŸš© Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

🧠 Raisonnement Curbsiders #469 — Insuffisance cardiaque hospitalisĂ©e

📞 Consulter Consulter en cardiologie si : · Urgente : consultation intrahospitaliĂšre · semi-urgente : intrahospitaliĂšre ou externe · Ă©lective : en externe

📞 Consulter CRDS — Cardiologie · Urgente : consultation intrahospitaliĂšre · semi-urgente : intrahospitaliĂšre ou externe · Ă©lective : en externe

🧭 Raisonnement clinique DyspnĂ©e · Insuffisance cardiaque aiguĂ« · Pneumonie et ses imitateurs · ƒdĂšme pĂ©riphĂ©rique

Définitions et classification

Type FEVG CritĂšres
IC Ă  FEVG rĂ©duite (ICFEr) ≀ 40 % SymptĂŽmes ± signes
IC Ă  FEVG lĂ©gĂšrement rĂ©duite (ICFElr) 41–49 % SymptĂŽmes ± signes + peptides ↑
IC Ă  FEVG prĂ©servĂ©e (ICFEp) ≄ 50 % SymptĂŽmes ± signes + peptides ↑ + anomalie structurelle (OG dilatĂ©e, HVG) ou dysfonction diastolique
IC Ă  FEVG amĂ©liorĂ©e ≀ 40 % devenue > 40 % Ne pas cesser le traitement de l’ICFEr
  • Diagnostic : syndrome clinique compatible + anomalie cardiaque structurelle ou fonctionnelle, confirmĂ© par NT-proBNP puis Ă©chocardiographie (la clinique seule ne suffit pas). Écho prĂ©coce pendant l’hospitalisation.
  • Peptides compatibles (hors aigu) : BNP > 35 pg/mL, NT-proBNP > 125 pg/mL. En aigu : NT-proBNP < 300 pg/mL exclut pratiquement l’IC.
  • ⚠ Recommandation actuelle (HFA de l’ESC) : en ambulatoire, seuils de NT-proBNP ajustĂ©s Ă  l’ñge proposĂ©s par la Heart Failure Association : ≄ 125 (< 50 ans), ≄ 250 (50–74 ans), ≄ 500 pg/mL (≄ 75 ans). Valeurs plus basses chez l’obĂšse ; plus Ă©levĂ©es (moins spĂ©cifiques) avec l’ñge, la FA et l’IRC.
  • ⚠ Recommandation actuelle (SCC/CHFS, 2025) : les lignes directrices canadiennes regroupent la FEVG > 40 % sous le terme IC Ă  FEVG non rĂ©duite (ICFEnr).
  • ⚠ ESC 2026 : abandon de la catĂ©gorie « lĂ©gĂšrement rĂ©duite » ; ICFEr = FEVG < 50 %, ICFEp = FEVG ≄ 50 %. Au Canada, on garde le seuil de 40 % (SCC 2025) : la zone 41–49 % est classĂ©e diffĂ©remment selon la ligne directrice.
NYHA Définition
I Aucune limitation
II Limitation lĂ©gĂšre Ă  l’effort ordinaire
III Limitation marquĂ©e : symptĂŽmes Ă  l’effort lĂ©ger
IV Symptîmes au repos ou à l’effort minimal

Causes

Catégorie Exemples
Ischémique MCAS, IDM, dissection ou spasme coronarien
Hypertensive, valvulaire HTA, sténose aortique, insuffisance mitrale
Arythmique FA ou flutter à réponse rapide, TV incessante, ESV fréquentes, bradyarythmie
Toxique Alcool, cocaïne, amphétamines, anthracyclines, trastuzumab
Infiltrative, inflammatoire AmyloĂŻdose (penser ATTR chez l’homme ĂągĂ©, ICFEp + canal carpien), sarcoĂŻdose, hĂ©mochromatose, myocardite
Génétique Cardiomyopathie dilatée familiale, hypertrophique, non compactée, DAVD
Débit élevé Anémie, thyrotoxicose, fistule AV, Paget, sepsis
Autres Péripartum, Tako-tsubo, VIH, Chagas, maladie thyroïdienne
  • En ICFEr, ordre de grandeur : ischĂ©mique ≈ 40–50 %, cardiomyopathie dilatĂ©e non ischĂ©mique ≈ 20–30 %, valvulaire ≈ 10–20 %, autres (tachycardiomyopathie, dyssynchronie du BBG, ESV frĂ©quentes, Tako-tsubo) ≈ 10–20 %. Plusieurs causes coexistent souvent.

Bilan étiologique (nouvelle IC)

  • Toujours exclure l’ischĂ©mie : coronarographie si probabilitĂ© Ă©levĂ©e de MCAS (candidat Ă  la revascularisation) ; coroscan si probabilitĂ© plus faible (trĂšs sensible, moins spĂ©cifique) ; scintigraphie (MIBI) ou TEP comme alternative fonctionnelle.
  • IRM cardiaque : caractĂ©rise le myocarde (myocardite, amyloĂŻdose, sarcoĂŻdose, fibrose, viabilitĂ©) ; fortement recommandĂ©e si la cause reste indĂ©terminĂ©e.
  • Test gĂ©nĂ©tique : Ă  envisager en cardiomyopathie dilatĂ©e non ischĂ©mique ou idiopathique, surtout si histoire familiale (mort subite jeune, troubles de conduction, arythmies) ; peut modifier le pronostic, l’indication de DCI et le dĂ©pistage familial.

ICFEp : terrain typique

  • Âge avancĂ©, femme, HTA, FA, obĂ©sitĂ©, diabĂšte, IRC, apnĂ©e du sommeil, MPOC, dĂ©conditionnement.
  • Score H₂FPEF (0–9) : obĂ©sitĂ© IMC > 30 (2 pts), ≄ 2 antihypertenseurs (1), FA (3), PAPs > 35 mmHg (1), Ăąge > 60 ans (1), E/e' > 9 (1). Un score ≄ 6 rend l’ICFEp trĂšs probable ; ≀ 1 la rend peu probable.
  • Écho atypique (valvulopathie significative, paroi ≄ 15 mm, VG dilatĂ©, fonction diastolique normale) : chercher une autre cause.

Évaluation initiale (dĂ©compensation)

  • Signes de congestion : TVJ > 8 cm, reflux hĂ©patojugulaire, B3, crĂ©pitants, Ă©panchement pleural, ƓdĂšme Ă  godet, ascite, hĂ©patomĂ©galie.
  • Signes d’hypoperfusion : extrĂ©mitĂ©s froides, hypotension, oligurie, confusion, lactate ↑. Profil « froid et humide » : penser choc cardiogĂ©nique, soins intensifs.
  • PrĂ©cipitants Ă  chercher (ESC 2021) : SCA ou ischĂ©mie, arythmie (FA rapide surtout) ou bradycardie, HTA mal contrĂŽlĂ©e, infection (pneumonie, endocardite), non-adhĂ©sion (mĂ©dicaments, sel, liquides), EP, anĂ©mie, dysthyroĂŻdie, alcool ou drogues, IRA, valvulopathie aiguĂ«. CĂŽtĂ© mĂ©dicaments : AINS, corticostĂ©roĂŻdes, glitazones, BCC non dihydropyridines, certains antinĂ©oplasiques.
  • Épanchement pleural bilatĂ©ral typique : traiter l’IC d’abord ; ponctionner seulement si asymĂ©trie, fiĂšvre, douleur pleurĂ©tique ou absence de rĂ©ponse au traitement.
  • Sous diurĂ©tiques, les critĂšres de Light classent Ă  tort environ 29 % des Ă©panchements d’IC comme exsudats : un gradient d'albumine sĂ©rum − liquide > 12 g/L oriente vers un transsudat, et un NT-proBNP sĂ©rique Ă©levĂ© appuie l’IC.
  • PrĂ©cipitants Ă  chercher (ESC 2021) : SCA ou ischĂ©mie, arythmie (FA rapide surtout) ou bradycardie, HTA mal contrĂŽlĂ©e, infection (pneumonie, endocardite), non-adhĂ©sion (mĂ©dicaments, sel, liquides), EP, anĂ©mie, dysthyroĂŻdie, alcool ou drogues, IRA, valvulopathie aiguĂ«. CĂŽtĂ© mĂ©dicaments : AINS, corticostĂ©roĂŻdes, glitazones, BCC non dihydropyridines, certains antinĂ©oplasiques.
  • Épanchement pleural bilatĂ©ral typique : traiter l’IC d’abord ; ponctionner seulement si asymĂ©trie, fiĂšvre, douleur pleurĂ©tique ou absence de rĂ©ponse au traitement ; la ponction se fait alors sous guidage Ă©chographique, Ă  l’urgence ou en pneumologie.
  • Sous diurĂ©tiques, les critĂšres de Light classent Ă  tort environ 29 % des Ă©panchements d’IC comme exsudats : un gradient d'albumine sĂ©rum − liquide > 12 g/L oriente vers un transsudat, et un NT-proBNP sĂ©rique Ă©levĂ© appuie l’IC.
Examen Pourquoi
ECG IschĂ©mie, FA, BBG (QRS ≄ 130 ms : resynchronisation)
Radiographie pulmonaire Céphalisation, lignes de Kerley B, épanchement, cardiomégalie
Échographie pulmonaire (POCUS) Lignes B bilatĂ©rales : trĂšs Ă©vocateur (RV+ ≈ 7)
FSC, ions, urée, créatinine, Mg, bilan hépatique Anémie, IRA, base pour les diurétiques
NT-proBNP ou BNP, troponine Diagnostic, pronostic ; IDM type 1 vs 2
TSH, HbA1c, bilan lipidique, ferritine + saturation de la transferrine Causes et comorbidités
Gaz, lactate Si détresse ou hypoperfusion
Échocardiographie Nouvelle IC ou changement clinique

💡 Perle clinique : Ă  l’urgence, la congestion veineuse pulmonaire Ă  la radiographie (RV+ ≈ 12) et un B3 (RV+ ≈ 11) font fortement pencher vers l’IC ; un BNP < 100 pg/mL la rend peu probable (RV- ≈ 0,1) (Wang, JAMA 2005). En Ă©chographie pulmonaire, des lignes B diffuses et bilatĂ©rales sont trĂšs spĂ©cifiques ; le NT-proBNP < 300 pg/mL sert surtout Ă  exclure (Martindale, Acad Emerg Med 2016).

Orientation depuis l’urgence

  • Hospitaliser (ESC 2021) : signes d’hypoperfusion ou TAS basse, dĂ©tresse respiratoire ou hypoxĂ©mie (SpO₂ < 90 %), SCA ou arythmie importante, IRA ou trouble Ă©lectrolytique majeur, comorbiditĂ© aiguĂ« (pneumonie, EP, AVC). Seuil bas pour une premiĂšre dĂ©compensation.
  • Retour Ă  domicile possible seulement si tout est rĂ©uni : hĂ©modynamie stable, symptĂŽmes et oxygĂ©nation amĂ©liorĂ©s aprĂšs le diurĂ©tique, mobilitĂ© habituelle retrouvĂ©e, aucune complication, et suivi prĂ©coce assurĂ© (1–2 semaines).

💡 Perle clinique : Ă  l’urgence, la congestion veineuse pulmonaire Ă  la radiographie (RV+ ≈ 12) et un B3 (RV+ ≈ 11) font fortement pencher vers l’IC ; un BNP < 100 pg/mL la rend peu probable (RV- ≈ 0,1) (Wang, JAMA 2005). En Ă©chographie pulmonaire, des lignes B diffuses et bilatĂ©rales sont trĂšs spĂ©cifiques ; le NT-proBNP < 300 pg/mL sert surtout Ă  exclure (Martindale, Acad Emerg Med 2016).

Orientation et congĂ© de l’urgence (rĂ©sumĂ©)

  • Urgence : signaux d’alarme (voir Au chevet), mais aussi troubles Ă©lectrolytiques majeurs, IRA, comorbiditĂ© aiguĂ« (pneumonie, EP, AVC, ACD) ; IC de novo (mĂȘme lĂ©gĂšre) : seuil bas d’admission.
  • CongĂ© de l’urgence si stable, bien oxygĂ©nĂ© Ă  l’air ambiant, diurĂšse initiĂ©e, symptĂŽmes amĂ©liorĂ©s, marche habituelle et suivi rapide assurĂ© (1–2 semaines).

Prise en charge

đŸ©ș En pratique (ESC 2021) : dĂ©congestionner tĂŽt avec le diurĂ©tique de l’anse ; oxygĂšne et ventilation non invasive selon l’hypoxĂ©mie et le travail respiratoire ; vasodilatateur si la TA le permet ; pas de morphine de routine. En parallĂšle, chercher sans dĂ©lai une cause qui a son propre traitement : SCA, urgence hypertensive, arythmie, complication mĂ©canique, EP, infection, tamponnade.

Oxygénation

  • O₂ seulement si SpO₂ < 90 % ou PaO₂ < 60 mmHg (ESC 2021, classe I ; repris en 2026) ; pas d’O₂ systĂ©matique chez le patient normoxĂ©mique.
  • VNI (CPAP ou BiPAP) prĂ©coce si dĂ©tresse respiratoire (FR > 25, SpO₂ < 90 %) : rĂ©duit le recours Ă  l’intubation ; lunette nasale Ă  haut dĂ©bit en alternative.
  • Morphine : pas de routine (ESC 2021, classe III) (dĂ©pression respiratoire, pronostic dĂ©favorable) ; rĂ©server aux cas rĂ©fractaires avec anxiĂ©tĂ© ou dĂ©tresse sĂ©vĂšre.

Diurétiques

  • DĂ©buter tĂŽt (dans l’heure) : la mortalitĂ© augmente avec le dĂ©lai.
  • NaĂŻf : furosĂ©mide 20–40 mg IV (ou bumĂ©tanide 1 mg IV). DĂ©jĂ  sous diurĂ©tique : dose IV au moins Ă©gale, souvent le double de la dose PO quotidienne totale, divisĂ©e BID. Ex. : 40 mg PO BID → 80 mg IV BID ; 120 mg PO BID → 120 mg IV TID ou 240 mg IV BID. Bolus rĂ©pĂ©tĂ©s et perfusion sont Ă©quivalents (DOSE).
  • Dose maximale habituelle : ≈ 80 mg IV par dose si fonction rĂ©nale normale ; 160–200 mg IV par dose si IRC ; total quotidien gĂ©nĂ©ralement ≀ 400–600 mg (jusqu’à 1000 mg/24 h en atteinte rĂ©nale sĂ©vĂšre) (ESC 2021).
  • ⚠ Recommandation actuelle (HFA 2019, ESC 2021) : Ă©valuer la rĂ©ponse prĂ©coce : Na urinaire ≄ 50–70 mmol/L (spot Ă  2 h) ou diurĂšse ≄ 100–150 mL/h (premiĂšres 6 h) = rĂ©ponse adĂ©quate. Si insuffisant, doubler la dose. L’ancien critĂšre « 1 mL/kg/h » reste un repĂšre.
  • RĂ©sistance : blocage sĂ©quentiel du nĂ©phron :
    • MĂ©tolazone 2,5–5 mg PO die ou hydrochlorothiazide 25–100 mg PO die (essai CLOROTIC, 2023). Surveiller K, Na et crĂ©atinine quotidiennement.
    • ⚠ Recommandation actuelle (ADVOR, NEJM 2022) : acĂ©tazolamide 500 mg IV die × 3 j ajoutĂ© au diurĂ©tique de l’anse accĂ©lĂšre la dĂ©congestion (dĂ©congestion rĂ©ussie ≈ 42 % vs 31 %, sans effet dĂ©montrĂ© sur la mortalitĂ©), surtout si bicarbonate Ă©levĂ© ; Ă  privilĂ©gier en l’absence d’IRC avancĂ©e.
    • Cas sĂ©lectionnĂ©s, en milieu spĂ©cialisĂ© : salin hypertonique 3 % (≈ 150 mL) avec furosĂ©mide Ă  forte dose IV BID.
    • En rĂ©sistance, suspendre les nĂ©phrotoxiques et, au besoin, ARM/IECA/ARA/ARNI si IRA importante, hyperkaliĂ©mie ou hypotension ; sonde urinaire au besoin pour mesurer la diurĂšse.
  • Viser une perte d’environ 1 kg/j (0,5–1,5 kg/j) jusqu’à l’euvolĂ©mie.
  • Une hausse modeste de la crĂ©atinine pendant une dĂ©congestion efficace est frĂ©quente, rĂ©versible et associĂ©e Ă  un meilleur pronostic : ne pas arrĂȘter la diurĂšse si le patient est encore congestionnĂ© et rĂ©pond au traitement. Sinon, chercher un bas dĂ©bit ou une atteinte rĂ©nale structurelle (NTA).
  • Restriction : liquides 1,5–2 L/j et sodium < 2–3 g/j. ⚠ Recommandation actuelle (SODIUM-HF, 2022) : une restriction sodĂ©e stricte (< 1,5 g/j) n’a pas rĂ©duit les Ă©vĂ©nements ; viser une alimentation modĂ©rĂ©ment rĂ©duite en sel, sans excĂšs de restriction.

Vasodilatateurs et inotropes

  • NitroglycĂ©rine si TAS > 110 mmHg et ƓdĂšme pulmonaire : 0,4 mg S/L q5 min, puis perfusion IV 10–20 ”g/min, titrer jusqu’à 200 ”g/min ; Ă©viter si stĂ©nose aortique serrĂ©e, inhibiteur de la PDE-5. Soulage la congestion, mais aucun bĂ©nĂ©fice dĂ©montrĂ© sur la mortalitĂ© ou les rĂ©admissions.
  • Choc cardiogĂ©nique (TAS < 90 + hypoperfusion) : noradrĂ©naline si hypotension ; inotrope (dobutamine 2,5–10 ”g/kg/min, milrinone 0,125–0,75 ”g/kg/min) seulement si hypoperfusion persistante malgrĂ© le traitement initial. Cible TAS 90–100, TAM > 60–65. Assistance circulatoire mĂ©canique : cas sĂ©lectionnĂ©s en centre spĂ©cialisĂ©. Pas d’inotrope en ICFEp.
  • Aucun BCC non dihydropyridine (diltiazem, vĂ©rapamil) en ICFEr. Amlodipine ou fĂ©lodipine acceptables pour l’angine ou l’HTA.

Médicaments chroniques pendant la décompensation

  • Poursuivre le bĂȘtabloquant sauf choc, hypoperfusion ou bradycardie/BAV significatif ; diminuer de moitiĂ© au besoin.
  • Suspendre temporairement IECA/ARA/ARNI ou ARM seulement si hypotension symptomatique, hyperkaliĂ©mie ou IRA sĂ©vĂšre.
  • Thromboprophylaxie (HFBPM).

IC droite et anasarque

  • IC droite : TVJ, ƓdĂšmes, ascite, congestion hĂ©patique. Causes : IC gauche (la plus frĂ©quente), HTP et maladie pulmonaire (MPOC, apnĂ©e du sommeil), EP, infarctus du VD, valvulopathie tricuspide.
  • Anasarque : penser aussi cirrhose, hypoalbuminĂ©mie, IRC ou syndrome nĂ©phrotique, mĂ©dicaments. Souvent plusieurs organes congestionnĂ©s en mĂȘme temps (cƓur droit, poumon, foie, rein).
  • Conduite : passer Ă  la voie IV (biodisponibilitĂ© PO rĂ©duite par l’ƓdĂšme intestinal), suspendre les nĂ©phrotoxiques, intensifier par paliers (dose de l’anse, puis blocage sĂ©quentiel), pesĂ©e et ions/crĂ©atinine die. Une crĂ©atinine qui monte chez un patient encore congestionnĂ© reflĂšte souvent la congestion rĂ©nale : poursuivre la dĂ©congestion.

Patient ùgé, fragile ou hypotension orthostatique

  • La majoritĂ© des patients > 70 ans hospitalisĂ©s pour IC sont fragiles (≈ 70 %, FRAIL-HF) : chutes, polymĂ©dication, rĂ©hospitalisations.
  • Doses tolĂ©rĂ©es souvent infĂ©rieures aux cibles des essais : dĂ©buter bas, titrer lentement (q2–4 semaines), mesurer la TA couchĂ©e-debout.
  • Hypotension orthostatique sĂ©vĂšre : accepter un traitement moins intensif ; prioritĂ© au soulagement de la congestion sans provoquer de chute ; retirer ce qui aggrave l’orthostatisme. Midodrine : prudence (HTA couchĂ©e), pas pour « forcer » la quadrithĂ©rapie ; privilĂ©gier bas de compression et mesures non pharmacologiques.
  • Approche multidisciplinaire (pharmacien, physio, ergo, nutrition) ; la rĂ©adaptation prĂ©coce amĂ©liore la mobilitĂ© (REHAB-HF) sans rĂ©duction claire des rĂ©hospitalisations. Investiguer seulement si cela change la conduite ; bonne occasion d’aborder les niveaux de soins.

CritĂšres d’euvolĂ©mie (passage PO)

  • TVJ normale, disparition de l’ƓdĂšme et de l’orthopnĂ©e, SpO₂ normale Ă  l’air ambiant.
  • HĂ©moconcentration : hausse de 2 des 3 parmi albumine, protĂ©ines et hĂ©matocrite. Elle est associĂ©e Ă  une baisse de la mortalitĂ© Ă  180 jours.
  • Conversion IV → PO : dose orale souvent Ă©gale Ă  la dose IV pour le furosĂ©mide (biodisponibilitĂ© variable) ; fractionner si > 80 mg/j. Garder 24–48 h sous PO Ă  l’hĂŽpital avec pesĂ©e et crĂ©atinine.

DĂ©compensation : en clinique et Ă  l’urgence (rĂ©sumĂ©)

En clinique

  • O₂ seulement si SpO₂ < 90 % (ESC 2021) ; pas d’O₂ systĂ©matique chez le patient normoxĂ©mique.
  • Congestion lĂ©gĂšre, patient stable : ajuster le diurĂ©tique PO et revoir en 24–48 h (poids, crĂ©atinine, K). Viser une perte d’environ 1 kg/j (0,5–1,5 kg/j) jusqu’à l’euvolĂ©mie.
  • RĂ©sistance au diurĂ©tique : mĂ©tolazone 2,5–5 mg PO die ou hydrochlorothiazide 25–100 mg PO die (CLOROTIC, 2023), avec K, Na et crĂ©atinine quotidiennement.
  • Une hausse modeste de la crĂ©atinine pendant une dĂ©congestion efficace est frĂ©quente, rĂ©versible et associĂ©e Ă  un meilleur pronostic : ne pas arrĂȘter la diurĂšse si encore congestionnĂ©.
  • NitroglycĂ©rine 0,4 mg S/L q5 min si TAS > 110 mmHg et ƓdĂšme pulmonaire, en attendant l’ambulance (911) ; Ă©viter si stĂ©nose aortique serrĂ©e ou inhibiteur de la PDE-5.
  • Poursuivre le bĂȘtabloquant sauf choc, hypoperfusion ou bradycardie/BAV significatif (diminuer de moitiĂ© au besoin). Suspendre IECA/ARA/ARNI ou ARM seulement si hypotension symptomatique, hyperkaliĂ©mie ou IRA sĂ©vĂšre.
  • Aucun BCC non dihydropyridine (diltiazem, vĂ©rapamil) en ICFEr ; amlodipine ou fĂ©lodipine acceptables.
  • Sel modĂ©rĂ©ment rĂ©duit (< 2–3 g/j ; restriction stricte < 1,5 g/j sans bĂ©nĂ©fice, SODIUM-HF 2022), liquides 1,5–2 L/j.

À l’urgence / Ă  l’hĂŽpital (rĂ©sumĂ©)

  • DiurĂ©tique IV prĂ©coce (furosĂ©mide, bumĂ©tanide) ; rĂ©ponse Ă©valuĂ©e Ă  2 h (Na urinaire) et sur la diurĂšse des 6 premiĂšres heures, dose doublĂ©e au besoin, puis blocage sĂ©quentiel du nĂ©phron (ESC 2021).
  • VNI (CPAP/BiPAP) prĂ©coce si dĂ©tresse respiratoire (FR > 25, SpO₂ < 90 %) ; morphine : pas de routine ; nitroglycĂ©rine en perfusion ; inotropes seulement si hypoperfusion (soins intensifs).
  • Thromboprophylaxie ; passage PO Ă  l'euvolĂ©mie (TVJ normale, plus d’ƓdĂšme ni d’orthopnĂ©e, SpO₂ normale Ă  l’air ambiant).
  • Au suivi : vĂ©rifier le poids sec et les doses de diurĂ©tique au rĂ©sumĂ© de congĂ© (voir Suivi aprĂšs l’hĂŽpital).

Traitement de fond de l’ICFEr (FEVG ≀ 40 %)

⚠ Recommandation actuelle (SCC/CHFS 2021, ESC 2021–2023) : 4 piliers d’emblĂ©e, pas d’ordre sĂ©quentiel lent. On peut tous les dĂ©buter Ă  faible dose pendant l’hospitalisation, puis les titrer q2–4 semaines (q1–2 semaines en titration intensive, STRONG-HF) vers la dose cible ou maximale tolĂ©rĂ©e en 3–6 mois. Ne pas attendre la dose cible d’une classe avant d’ajouter la suivante. L'ARNI remplace l’IECA en 1re intention, y compris chez le patient naĂŻf hospitalisĂ© (PIONEER-HF). Ajout des iSGLT2 (DAPA-HF, EMPEROR-Reduced), avec ou sans diabĂšte.

Classe Molécule Dose initiale Dose cible
ARNI (1er choix) Sacubitril-valsartan 49/51 mg PO BID (24/26 mg si naĂŻf ou faible dose d’IECA/ARA, ≄ 75 ans, Child-Pugh B ou TA basse) 97/103 mg BID
IECA (si ARNI impossible) Ramipril 1,25–2,5 mg PO BID 5 mg BID
Périndopril 2 mg PO die 8 mg die
Énalapril 1,25–2,5 mg PO BID 10–20 mg BID
Lisinopril 2,5–5 mg PO die 20–35 mg die
ARA (si intolérance aux IECA) Candésartan 4 mg PO die 32 mg die
Valsartan 40 mg PO BID 160 mg BID
BĂȘtabloquant Bisoprolol 1,25 mg PO die 10 mg die
Carvédilol 3,125 mg PO BID 25 mg BID (50 mg BID si > 85 kg)
MĂ©toprolol succinate (XL) 12,5–25 mg PO die 200 mg die
ARM Spironolactone 12,5 mg PO die 25–50 mg die
ÉplĂ©rĂ©none 25 mg PO die 50 mg die
iSGLT2 Dapagliflozine 10 mg PO die 10 mg die
Empagliflozine 10 mg PO die 10 mg die
  • ARNI : sevrage de 36 h de l’IECA avant la 1re dose (risque d’angiƓdĂšme) ; pas de dĂ©lai depuis un ARA. DĂ©buter si TAS > 100 mmHg sur 6 h, sans hausse de diurĂ©tique IV ni vasodilatateur IV ou inotrope dans les 6 derniĂšres heures. VĂ©rifier la couverture (assurance, RAMQ mĂ©dicament d’exception) avant le congĂ©.
    • 49/51 mg BID : dose initiale habituelle (monographie canadienne), surtout si dĂ©jĂ  sous IECA/ARA Ă  dose usuelle.
    • 24/26 mg BID : naĂŻf ou IECA/ARA Ă  faible dose, Ăąge ≄ 75 ans, Child-Pugh B, autre facteur de risque d’hypotension (TAS basse). Non Ă©tudiĂ© si TAS < 100 ; DFGe < 30 : donnĂ©es insuffisantes, usage non recommandĂ© par la monographie (avis spĂ©cialisĂ©).
    • Avant : prudence si TAS < 100 ; rĂ©duire les antihypertenseurs sans autre indication et le diurĂ©tique si euvolĂ©mique. CrĂ©atinine, K et TA Ă  1 semaine.
    • Titrer q2–4 semaines si crĂ©atinine et K stables et TAS ≄ 100. RĂ©duire temporairement ou interrompre si hypotension symptomatique (revoir d’abord diurĂ©tique et antihypertenseurs), hyperkaliĂ©mie ou baisse cliniquement significative de la fonction rĂ©nale.
  • BĂȘtabloquant : dĂ©buter quand le patient est proche de l’euvolĂ©mie ; titrer selon FC > 60 et TA. Le bĂ©nĂ©fice est dose-dĂ©pendant. PrĂ©fĂ©rer le mĂ©toprolol succinate (MERIT-HF) ; le tartrate (cible 100 mg BID) est une alternative.
  • ARM : si K ≀ 5,0 mmol/L et DFGe ≄ 30 mL/min. K et crĂ©atinine Ă  3 jours et 1 semaine aprĂšs le dĂ©but ou tout changement de dose, puis mensuellement × 3. Augmenter Ă  2–4 semaines si K < 5,0 et DFGe > 30. Selon la SCC : rĂ©duire la dose si K 5,6–5,9 mmol/L et suspendre si K > 5,9 (ou hausse importante de la crĂ©atinine).
  • iSGLT2 : DFGe ≄ 20–25 mL/min pour dĂ©buter ; une baisse initiale du DFGe (≈ 5 mL/min ou jusqu’à 15 %, 1–2 semaines) est attendue et ne justifie pas l’arrĂȘt ; suspendre si jeĂ»ne, chirurgie, maladie aiguĂ« (risque d’acidocĂ©tose euglycĂ©mique). Diminuer le diurĂ©tique s’il y a lieu.

⚠ Recommandation actuelle (SCC/CHFS 2021, ESC 2021–2023) : 4 piliers d’emblĂ©e, pas d’ordre sĂ©quentiel lent. On peut tous les dĂ©buter Ă  faible dose pendant l’hospitalisation, puis les titrer q2–4 semaines (q1–2 semaines en titration intensive, STRONG-HF) vers la dose cible ou maximale tolĂ©rĂ©e en 3–6 mois. Ne pas attendre la dose cible d’une classe avant d’ajouter la suivante. L'ARNI remplace l’IECA en 1re intention, y compris chez le patient naĂŻf hospitalisĂ© (PIONEER-HF). Ajout des iSGLT2 (DAPA-HF, EMPEROR-Reduced), avec ou sans diabĂšte.

Classe Molécule Dose initiale Dose cible
ARNI (1er choix) Sacubitril-valsartan 49/51 mg PO BID (24/26 mg si naĂŻf ou faible dose d’IECA/ARA, ≄ 75 ans, Child-Pugh B ou TA basse) 97/103 mg BID
IECA (si ARNI impossible) Ramipril 1,25–2,5 mg PO BID 5 mg BID
Périndopril 2 mg PO die 8 mg die
Énalapril 1,25–2,5 mg PO BID 10–20 mg BID
Lisinopril 2,5–5 mg PO die 20–35 mg die
ARA (si intolérance aux IECA) Candésartan 4 mg PO die 32 mg die
Valsartan 40 mg PO BID 160 mg BID
BĂȘtabloquant Bisoprolol 1,25 mg PO die 10 mg die
Carvédilol 3,125 mg PO BID 25 mg BID (50 mg BID si > 85 kg)
MĂ©toprolol succinate (XL) 12,5–25 mg PO die 200 mg die
ARM Spironolactone 12,5 mg PO die 25–50 mg die
ÉplĂ©rĂ©none 25 mg PO die 50 mg die
iSGLT2 Dapagliflozine 10 mg PO die 10 mg die
Empagliflozine 10 mg PO die 10 mg die
  • ARNI : sevrage de 36 h de l’IECA avant la 1re dose (risque d’angiƓdĂšme) ; pas de dĂ©lai depuis un ARA. DĂ©buter si TAS > 100 mmHg chez un patient stable. VĂ©rifier la couverture (assurance, RAMQ mĂ©dicament d’exception).
    • 49/51 mg BID : dose initiale habituelle (monographie canadienne), surtout si dĂ©jĂ  sous IECA/ARA Ă  dose usuelle.
    • 24/26 mg BID : naĂŻf ou IECA/ARA Ă  faible dose, Ăąge ≄ 75 ans, Child-Pugh B, autre facteur de risque d’hypotension (TAS basse). Non Ă©tudiĂ© si TAS < 100 ; DFGe < 30 : donnĂ©es insuffisantes, usage non recommandĂ© par la monographie (avis spĂ©cialisĂ©).
    • Avant : prudence si TAS < 100 ; rĂ©duire les antihypertenseurs sans autre indication et le diurĂ©tique si euvolĂ©mique. CrĂ©atinine, K et TA Ă  1 semaine.
    • Titrer q2–4 semaines si crĂ©atinine et K stables et TAS ≄ 100. RĂ©duire temporairement ou interrompre si hypotension symptomatique (revoir d’abord diurĂ©tique et antihypertenseurs), hyperkaliĂ©mie ou baisse cliniquement significative de la fonction rĂ©nale.
  • BĂȘtabloquant : dĂ©buter quand le patient est proche de l’euvolĂ©mie ; titrer selon FC > 60 et TA. Le bĂ©nĂ©fice est dose-dĂ©pendant. PrĂ©fĂ©rer le mĂ©toprolol succinate (MERIT-HF) ; le tartrate (cible 100 mg BID) est une alternative.
  • ARM : si K ≀ 5,0 mmol/L et DFGe ≄ 30 mL/min. K et crĂ©atinine Ă  3 jours et 1 semaine aprĂšs le dĂ©but ou tout changement de dose, puis mensuellement × 3. Augmenter Ă  2–4 semaines si K < 5,0 et DFGe > 30. Selon la SCC : rĂ©duire la dose si K 5,6–5,9 mmol/L et suspendre si K > 5,9 (ou hausse importante de la crĂ©atinine).
  • iSGLT2 : DFGe ≄ 20–25 mL/min pour dĂ©buter ; une baisse initiale du DFGe (≈ 5 mL/min ou jusqu’à 15 %, 1–2 semaines) est attendue et ne justifie pas l’arrĂȘt ; suspendre si jeĂ»ne, chirurgie, maladie aiguĂ« (risque d’acidocĂ©tose euglycĂ©mique). Diminuer le diurĂ©tique s’il y a lieu.

Traitements additionnels

Traitement Indication
Ivabradine 5 mg PO BID (2,5 mg BID si ≄ 75 ans), réévaluer Ă  2 sem., max 7,5 mg BID ; effet indĂ©sirable : phosphĂšnes NYHA II–III, rythme sinusal, FC au repos ≄ 77 (monographie canadienne) malgrĂ© bĂȘtabloquant Ă  la dose cible ou maximale tolĂ©rĂ©e, FEVG ≀ 35 % ; RAMQ : mĂ©dicament d’exception (vĂ©rifier les critĂšres en vigueur)
VĂ©riciguat 2,5 mg die → 10 mg die Hospitalisation ou aggravation rĂ©cente malgrĂ© traitement optimal (VICTORIA)
Hydralazine 25–37,5 mg TID → 75–100 mg TID + dinitrate d’isosorbide 20 mg TID → 40 mg TID Patients noirs en plus du traitement standard ; ou si IECA/ARA/ARNI contre-indiquĂ©s ou non tolĂ©rĂ©s (IRA, hyperK)
Digoxine 0,0625–0,125 mg die SymptĂŽmes persistants ou contrĂŽle insuffisant de la FC en FA ; viser un taux bas (≈ 0,5–0,8 ng/mL, soit ≈ 0,6–1,0 nmol/L) ; un taux ≄ 1,2 ng/mL est associĂ© Ă  une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e (analyse post hoc de DIG)
Fer IV (carboxymaltose ferrique ou dĂ©risomaltose) Ferritine < 100 ”g/L, ou 100–299 avec saturation < 20 %, symptomatique, FEVG ≀ 49 % ; amĂ©liore la capacitĂ© d’effort et rĂ©duit les hospitalisations ; le fer PO est inefficace
DCI FEVG ≀ 35 % malgrĂ© ≄ 3 mois de traitement optimal, espĂ©rance de vie > 1 an
Resynchronisation (CRT) FEVG ≀ 35 %, rythme sinusal, BBG avec QRS ≄ 150 ms (indication forte) ; 130–149 ms : Ă  considĂ©rer. Réévaluer la FEVG par Ă©cho ≈ 3 mois aprĂšs l’optimisation ; la CRT peut amĂ©liorer nettement FEVG et IM fonctionnelle
Revascularisation Ischémie significative, anatomie favorable
Clinique d’IC, transplantation, assistance ventriculaire Classe III–IV persistante, hospitalisations rĂ©pĂ©tĂ©es
Traitement Indication
Ivabradine 5 mg PO BID (2,5 mg BID si ≄ 75 ans), réévaluer Ă  2 sem., max 7,5 mg BID ; effet indĂ©sirable : phosphĂšnes NYHA II–III, rythme sinusal, FC au repos ≄ 77 (monographie canadienne) malgrĂ© bĂȘtabloquant Ă  la dose cible ou maximale tolĂ©rĂ©e, FEVG ≀ 35 % ; RAMQ : mĂ©dicament d’exception (vĂ©rifier les critĂšres en vigueur)
VĂ©riciguat 2,5 mg die → 10 mg die Hospitalisation ou aggravation rĂ©cente malgrĂ© traitement optimal (VICTORIA)
Hydralazine 25–37,5 mg TID → 75–100 mg TID + dinitrate d’isosorbide 20 mg TID → 40 mg TID Patients noirs en plus du traitement standard ; ou si IECA/ARA/ARNI contre-indiquĂ©s ou non tolĂ©rĂ©s (IRA, hyperK)
Digoxine 0,0625–0,125 mg die SymptĂŽmes persistants ou contrĂŽle insuffisant de la FC en FA ; viser un taux bas (≈ 0,5–0,8 ng/mL, soit ≈ 0,6–1,0 nmol/L) ; un taux ≄ 1,2 ng/mL est associĂ© Ă  une mortalitĂ© plus Ă©levĂ©e (analyse post hoc de DIG)
Fer IV (carboxymaltose ferrique ou dĂ©risomaltose), en centre de jour ou clinique d’IC Ferritine < 100 ”g/L, ou 100–299 avec saturation < 20 %, symptomatique, FEVG ≀ 49 % ; amĂ©liore la capacitĂ© d’effort et rĂ©duit les hospitalisations ; le fer PO est inefficace
DCI FEVG ≀ 35 % malgrĂ© ≄ 3 mois de traitement optimal, espĂ©rance de vie > 1 an
Resynchronisation (CRT) FEVG ≀ 35 %, rythme sinusal, BBG avec QRS ≄ 150 ms (indication forte) ; 130–149 ms : Ă  considĂ©rer. Réévaluer la FEVG par Ă©cho ≈ 3 mois aprĂšs l’optimisation ; la CRT peut amĂ©liorer nettement FEVG et IM fonctionnelle
Revascularisation Ischémie significative, anatomie favorable
Clinique d’IC, transplantation, assistance ventriculaire Classe III–IV persistante, hospitalisations rĂ©pĂ©tĂ©es

ICFEnr (FEVG > 40 %, préservée ou légÚrement réduite)

  • Ce n’est pas une maladie unique : convergence de phĂ©notypes (hypertensif, cardiomĂ©tabolique, FA, cƓur droit/poumon, rĂ©nal) qui guident le traitement.
  • DiurĂ©tique de l’anse Ă  la dose minimale efficace pour maintenir l’euvolĂ©mie.
  • ⚠ Recommandation actuelle (SCC/CHFS 2025) : iSGLT2 et ARM sont les traitements de base (recommandation forte) ; ensuite, selon le patient : agoniste GLP-1 si FEVG ≄ 45 % et IMC ≄ 30 ; ARNI (ou candĂ©sartan si ARNI non disponible ou non tolĂ©rĂ©) si TAS ≄ 100 et faible risque d’hypotension (recommandations faibles).
  • iSGLT2 (dapagliflozine ou empagliflozine 10 mg die) : ≈ 20 % moins de dĂ©cĂšs CV ou hospitalisations pour IC (EMPEROR-Preserved, DELIVER).
  • ARM : spironolactone (TOPCAT) ou finĂ©rĂ©none (FINEARTS-HF, 2024 : ≈ 16 % moins d’évĂ©nements, surtout des hospitalisations), surtout si FEVG < 60 %. FinĂ©rĂ©none selon la disponibilitĂ© et la couverture.
  • ARNI : bĂ©nĂ©fice surtout si FEVG 41–57 % environ (PARAGON-HF), surtout chez la femme.
  • ObĂ©sitĂ© (IMC ≄ 30) : sĂ©maglutide (STEP-HFpEF : symptĂŽmes et capacitĂ© fonctionnelle) ou tirzĂ©patide (SUMMIT : hospitalisations pour IC nettement rĂ©duites).
  • BĂ©nĂ©fice surtout sur les hospitalisations et les symptĂŽmes, sans bĂ©nĂ©fice clair sur la mortalitĂ©.
Classe Molécule Départ Cible Surveillance, ne pas donner si
ARA CandĂ©sartan 4–8 mg PO die 32 mg die CrĂ©atinine et K aprĂšs dĂ©but et titration
ARM Finérénone 20 mg PO die (10 mg si DFGe < 60) 40 mg die (20 mg si DFGe < 60), titrer aprÚs 4 sem. Ne pas débuter si K > 5,0 ou DFGe < 25 (FINEARTS-HF)
ARM Spironolactone / éplérénone Voir ICFEr Voir ICFEr Ne pas débuter si K > 5,0 ou DFGe < 30
GLP-1 SĂ©maglutide 0,25 mg s.c. 1×/sem 2,4 mg 1×/sem (atteinte vers 16 sem., STEP-HFpEF) Titrer q4 sem ; CI : cancer mĂ©dullaire de la thyroĂŻde ou NEM2, diabĂšte de type 1, grossesse ; prudence si pancrĂ©atite ou insuline/sĂ©crĂ©tagogue
GLP-1/GIP TirzĂ©patide 2,5 mg s.c. 1×/sem 15 mg 1×/sem (titrer q4 sem., SUMMIT) Idem
  • Selon le phĂ©notype : HTA → contrĂŽle plus serrĂ© (TAS < 130), dĂ©congestion, ARM ± candĂ©sartan ; obĂ©sitĂ©/diabĂšte → perte de poids, iSGLT2, GLP-1 si IMC ≄ 30 ; FA → contrĂŽle de la frĂ©quence ou du rythme ; apnĂ©e du sommeil → CPAP ; IRC → iSGLT2, suivi serrĂ© de la crĂ©atinine et du K.
  • DĂ©pistage de l’ischĂ©mie, traitement de la MPOC.
  • Zone 41–49 % : on peut aussi utiliser les piliers de l’ICFEr (ESC 2026 la classe maintenant comme ICFEr).

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceInsuffisance cardiaque dĂ©compensĂ©e (dyspnĂ©e de repos, FR ≄ 25, SpO₂ ≀ 92 %, TAS ≀ 90, FC ≀ 50 ou ≄ 110, conscience altĂ©rĂ©e, prise PO impossible) — furosĂ©mide IV ; 911 si instable
  • UrgenceChoc cardiogĂ©nique (hypoperfusion, TAS < 90) — 911, soins intensifs et cardiologie
  • UrgenceIC avec SCA, arythmie significative ou chocs du DCI
  • UrgenceIC avec IRA ou comorbiditĂ© aiguĂ« (trouble Ă©lectrolytique majeur, pneumonie, EP, AVC)

Consulter en cardiologie si :

  • UrgentSCA, arythmie significative ou chocs rĂ©pĂ©tĂ©s du DCI (dont FA rapide > 110 ou mal tolĂ©rĂ©e) — garde, mĂȘme jour.
  • UrgentDĂ©compensation rĂ©fractaire aux diurĂ©tiques (rĂ©ponse insuffisante malgrĂ© escalade et association) — garde, mĂȘme jour.
  • Semi-urgentNYHA III–IV nouvelle ou rĂ©cemment aggravĂ©e — ≀ 10 jours.
  • Semi-urgentDysfonction VG nouvellement dĂ©couverte (FEVG < 50 %) — ≀ 28 jours ; Ă©cho pendant le sĂ©jour.
  • Semi-urgentCritĂšres de DCI ou de resynchronisation (FEVG ≀ 35 % aprĂšs ≄ 3 mois de traitement optimal ; BBG avec QRS ≄ 150 ms) — consultation externe en cardiologie.
  • ÉlectifInscription en clinique d’IC (haut risque de rĂ©hospitalisation, classe III–IV persistante : transplantation, assistance) — au congĂ© ; suivi d’IC stable ≀ 12 mois.
  • ÉlectifAmyloĂŻdose ATTR soupçonnĂ©e (ICFEp, canal carpien bilatĂ©ral, voltage bas) — consultation externe en cardiologie.

À prĂ©parer : FEVG et Ă©cho, ECG (rythme, QRS, BBG), NT-proBNP, crĂ©atinine et K, poids sec, mĂ©dicaments et doses (4 piliers), prĂ©cipitant, niveau de soins.

Consulter aux soins intensifs si :

  • UrgentChoc cardiogĂ©nique ou hypoperfusion (TAS < 90 ; inotrope ± vasopresseur, avec la cardiologie) — immĂ©diatement.
  • UrgentDĂ©tresse respiratoire malgrĂ© la VNI — immĂ©diatement.

Consulter en soins palliatifs si :

  • ÉlectifIC avancĂ©e ou hospitalisations rĂ©pĂ©tĂ©es (intolĂ©rance au traitement, NYHA IV) — pendant le sĂ©jour, avec la discussion des objectifs de soins.

Consulter en médecine interne si :

  • UrgentIC dĂ©compensĂ©e (cardiologie non disponible sur place) — mĂȘme jour.
  • Semi-urgentDyspnĂ©e d’effort marquĂ©e de novo (NYHA 3–4) — pendant le sĂ©jour ou ≀ 10 jours.

Clinique d’IC si disponible.

  • RapideDyspnĂ©e d’effort marquĂ©e ou IC qui s’aggrave (NYHA 3–4, de novo ou dĂ©tĂ©rioration rĂ©cente) — prioritĂ© B (≀ 10 j)
  • RapideDysfonction ventriculaire de novo (FEVG < 50 %) — prioritĂ© C (≀ 28 j)
  • ÉlectifDyspnĂ©e d’effort inexpliquĂ©e — prioritĂ© D (≀ 3 mois)
  • ÉlectifSuivi d’insuffisance cardiaque stable — prioritĂ© E (≀ 12 mois)
  • ÉlectifAprĂšs hospitalisation ou haut risque de rĂ©hospitalisation (visite en 1re ligne en 7–14 j) — clinique d’IC, consultation externe en cardiologie
  • ÉlectifCandidat au DCI ou Ă  la resynchronisation (ICFEr rĂ©fractaire, FEVG ≀ 35 % malgrĂ© 3 mois de traitement, NYHA III–IV) — consultation externe en cardiologie

À prĂ©parer : Ă©cho (FEVG), ECG (largeur du QRS), NT-proBNP ; FSC, ions, crĂ©atinine, ferritine et saturation, TSH ; poids sec et tendance ; classe NYHA ; 4 piliers et diurĂ©tique (doses, intolĂ©rances).

Algorithme : IC aiguë décompensée

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Dyspnée + congestion
ECG, RX, NT-proBNP, troponine, POCUS

Hypoperfusion ou
TAS < 90 ?

Choc cardiogénique :
USI, cardiologie
inotrope ± vasopresseur

Détresse respiratoire
ou SpO2 < 90 % ?

O2 si SpO2 < 90 %
VNI (CPAP/BiPAP) tĂŽt

Furosémide IV
≈ 1-2 × dose PO quotidienne
naĂŻf : 20-40 mg IV

TAS > 110 et
Ɠdùme pulmonaire ?

Ajouter nitroglycérine
S/L puis IV

Évaluer la rĂ©ponse

Na urinaire ≄ 50-70 Ă  2 h
ou diurĂšse ≄ 100-150 mL/h Ă  6 h ?

Poursuivre BID
viser -1 kg/j
ions et créat die

Doubler la dose de l’anse
(max 400-600 mg/j,
jusqu’à 1000 si IRC sĂ©vĂšre)

Toujours insuffisant ?

Blocage séquentiel :
métolazone, HCTZ
ou acétazolamide

Euvolémie : passage PO
4 piliers si FEVG ≀ 40 %
iSGLT2 pour tous

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Non

Oui

Dyspnée + congestion
ECG, RX, NT-proBNP, troponine, POCUS

Hypoperfusion ou
TAS < 90 ?

Choc cardiogénique :
USI, cardiologie
inotrope ± vasopresseur

Détresse respiratoire
ou SpO2 < 90 % ?

O2 si SpO2 < 90 %
VNI (CPAP/BiPAP) tĂŽt

Décompensation aiguë :
urgence (furosémide IV)
ambulance (911) si instable

TAS > 110 et
Ɠdùme pulmonaire ?

OAP, TAS > 110 :
nitroglycérine S/L
en attendant le 911

Évaluer la rĂ©ponse

Na urinaire ≄ 50-70 Ă  2 h
ou diurĂšse ≄ 100-150 mL/h Ă  6 h ?

Poursuivre BID
viser -1 kg/j
ions et créat die

Doubler la dose de l’anse
(max 400-600 mg/j)

Toujours insuffisant ?

Blocage séquentiel :
métolazone, HCTZ
ou acétazolamide

Euvolémie : passage PO
4 piliers si FEVG ≀ 40 %
iSGLT2 pour tous

Suivi et congé

  • Poids sec atteint au congĂ© : 70 % moins de rĂ©admissions s’il est atteint (± 1 kg).
  • Au moins iSGLT2 + bĂȘtabloquant + ARNI/IECA + ARM dĂ©butĂ©s si FEVG ≀ 40 %, sauf contre-indication.
  • ⚠ Recommandation actuelle (STRONG-HF, Lancet 2022 ; ESC 2023) : une titration intensive jusqu’à la dose cible dans les 6 semaines aprĂšs le congĂ©, avec visites rapprochĂ©es (TA, FC, K, crĂ©atinine, NT-proBNP), rĂ©duit dĂ©cĂšs et rĂ©admissions.
  • Appel tĂ©lĂ©phonique Ă  72 h et visite dans les 7 Ă  14 jours ; inscription Ă  une clinique d’IC (20–30 % moins de rĂ©hospitalisations).
  • Bilan : ions et crĂ©atinine 1 semaine aprĂšs tout changement de dose d’IECA/ARA/ARNI, ARM ou diurĂ©tique.
  • Enseignement : pesĂ©e quotidienne (le matin, aprĂšs la miction) ; appeler si gain ≄ 1 kg en 24 h ou ≄ 2 kg en 1 semaine (≈ 3 lb en 2 jours ou 5 lb en 1 semaine), ou si diarrhĂ©e/vomissements importants. Plan d’ajustement du diurĂ©tique par le patient si possible.
  • Sel modĂ©rĂ© (< 2–3 g/j), liquides 1,5–2 L/j si hyponatrĂ©mie ou congestion rĂ©cidivante, arrĂȘt du tabac et de l’alcool, Ă©viter les AINS.
  • Exercice : NYHA I–III, 3–5 fois/sem, 20–60 min Ă  intensitĂ© modĂ©rĂ©e ; rĂ©adaptation cardiaque.
  • Conduite (SAAQ) : vĂ©hicule privĂ© permis en NYHA I–III, interdit en NYHA IV. VĂ©hicule commercial : interdit si NYHA III–IV ou FEVG < 35 %. Restrictions additionnelles aprĂšs IDM, syncope, arythmie ou DCI.
  • Avion : sans restriction en NYHA I–II ; NYHA III avec oxygĂšne disponible ; dĂ©conseillĂ© en NYHA IV.
  • Vaccins : influenza annuelle, pneumocoque, VRS (≄ 60 ans Ă  risque), COVID-19.
  • Haut risque de rĂ©hospitalisation (orienter vers la clinique d’IC) : IRC, bas dĂ©bit, diabĂšte, MPOC, NYHA III–IV persistante, hospitalisations multiples, dĂ©pression ou atteinte cognitive, isolement social.
  • Soins palliatifs en IC avancĂ©e : voir Consulter.
  • Pronostic (pour la discussion avec le patient) : au Canada, prĂšs de la moitiĂ© des personnes atteintes d’IC meurent dans les 5 ans et environ 1 sur 5 est rĂ©hospitalisĂ©e dans le mois suivant le congĂ© (CƓur + AVC, 2022). En ICFEr, la thĂ©rapie complĂšte (ARNI, bĂȘtabloquant, ARM, iSGLT2) ajouterait environ 6 ans de survie estimĂ©e Ă  55 ans, et un peu plus d’un an Ă  80 ans (Vaduganathan, Lancet 2020) : le pronostic se modifie avec le traitement.

Suivi aprùs l’hîpital

  • Poids sec : le noter (rĂ©sumĂ© de congĂ© ou visite) et le suivre Ă  domicile ; atteint au congĂ© (± 1 kg), il rĂ©duit de 70 % les rĂ©admissions.
  • Au moins iSGLT2 + bĂȘtabloquant + ARNI/IECA + ARM dĂ©butĂ©s si FEVG ≀ 40 %, sauf contre-indication.
  • ⚠ Recommandation actuelle (STRONG-HF, Lancet 2022 ; ESC 2023) : une titration intensive jusqu’à la dose cible dans les 6 semaines aprĂšs le congĂ©, avec visites rapprochĂ©es (TA, FC, K, crĂ©atinine, NT-proBNP), rĂ©duit dĂ©cĂšs et rĂ©admissions.
  • Appel tĂ©lĂ©phonique Ă  72 h et visite dans les 7 Ă  14 jours ; inscription Ă  une clinique d’IC (20–30 % moins de rĂ©hospitalisations).
  • Bilan : ions et crĂ©atinine 1 semaine aprĂšs tout changement de dose d’IECA/ARA/ARNI, ARM ou diurĂ©tique.
  • Enseignement : pesĂ©e quotidienne (le matin, aprĂšs la miction) ; appeler si gain ≄ 1 kg en 24 h ou ≄ 2 kg en 1 semaine (≈ 3 lb en 2 jours ou 5 lb en 1 semaine), ou si diarrhĂ©e/vomissements importants. Plan d’ajustement du diurĂ©tique par le patient si possible.
  • Sel modĂ©rĂ© (< 2–3 g/j), liquides 1,5–2 L/j si hyponatrĂ©mie ou congestion rĂ©cidivante, arrĂȘt du tabac et de l’alcool, Ă©viter les AINS.
  • Exercice : NYHA I–III, 3–5 fois/sem, 20–60 min Ă  intensitĂ© modĂ©rĂ©e ; rĂ©adaptation cardiaque.
  • Conduite (SAAQ) : vĂ©hicule privĂ© permis en NYHA I–III, interdit en NYHA IV. VĂ©hicule commercial : interdit si NYHA III–IV ou FEVG < 35 %. Restrictions additionnelles aprĂšs IDM, syncope, arythmie ou DCI.
  • Avion : sans restriction en NYHA I–II ; NYHA III avec oxygĂšne disponible ; dĂ©conseillĂ© en NYHA IV.
  • Vaccins : influenza annuelle, pneumocoque, VRS (≄ 60 ans Ă  risque), COVID-19.
  • Haut risque de rĂ©hospitalisation (orienter vers la clinique d’IC) : IRC, bas dĂ©bit, diabĂšte, MPOC, NYHA III–IV persistante, hospitalisations multiples, dĂ©pression ou atteinte cognitive, isolement social.
  • Soins palliatifs : Ă  discuter en IC avancĂ©e (hospitalisations rĂ©pĂ©tĂ©es, intolĂ©rance au traitement).
  • Pronostic (pour la discussion avec le patient) : au Canada, prĂšs de la moitiĂ© des personnes atteintes d’IC meurent dans les 5 ans et environ 1 sur 5 est rĂ©hospitalisĂ©e dans le mois suivant le congĂ© (CƓur + AVC, 2022). En ICFEr, la thĂ©rapie complĂšte (ARNI, bĂȘtabloquant, ARM, iSGLT2) ajouterait environ 6 ans de survie estimĂ©e Ă  55 ans, et un peu plus d’un an Ă  80 ans (Vaduganathan, Lancet 2020) : le pronostic se modifie avec le traitement.

PiĂšges et perles

  • Ne pas sous-doser le diurĂ©tique par crainte de la crĂ©atinine : la congestion rĂ©siduelle au congĂ© est le principal facteur de rĂ©admission.
  • HypokaliĂ©mie et hypomagnĂ©sĂ©mie sous diurĂ©tiques : risque arythmique ; viser K 4,0–5,0.
  • MĂ©tolazone : effet puissant, hyponatrĂ©mie et hypokaliĂ©mie frĂ©quentes ; doses ponctuelles plutĂŽt qu’en continu.
  • IC « Ă  FEVG amĂ©liorĂ©e » : ne pas arrĂȘter les piliers (TRED-HF : rechute frĂ©quente Ă  l’arrĂȘt) ; la rĂ©cupĂ©ration est souvent une rĂ©mission, pas une guĂ©rison. Exceptions Ă  discuter au cas par cas avec la cardiologie : tachycardiomyopathie rĂ©cupĂ©rĂ©e, Tako-tsubo aprĂšs rĂ©cupĂ©ration complĂšte.
  • DyspnĂ©e « bronchite » qui ne guĂ©rit pas aprĂšs plusieurs antibiotiques, orthopnĂ©e ou dyspnĂ©e paroxystique nocturne : penser IC (NT-proBNP, ECG ; un BBG nouveau oriente aussi vers la CRT).
  • En FA rapide avec ICFEr : bĂȘtabloquant ± digoxine ; amiodarone si instable ; Ă©viter diltiazem.
  • ICFEp chez l’homme ĂągĂ© avec canal carpien bilatĂ©ral, stĂ©nose spinale, voltage bas : scintigraphie au pyrophosphate (amyloĂŻdose ATTR, traitable par tafamidis).
  • Analogie de « l’ñne » : la prĂ©charge (eau et sel) et la postcharge (vasoconstriction) chargent l’ñne ; diurĂ©tiques et vasodilatateurs l’allĂšgent, les bĂȘtabloquants freinent le remodelage, les inotropes le fouettent.

Références

đŸ©ș Situations CHSLD qui renvoient ici

đŸ©ș Situations en soins post-aigus qui renvoient ici

🔗 Voir aussi