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Diarrhée aiguë

Gastro-entérologie, hépatologie et nutritionFiche révisée · 16 oct. 2026

Gastro-entérologie, hépatologie et nutritionFiche révisée · oct. 2026

Voir aussi : INESSS — Infection à Clostridioides difficile

💊 Doses / traitement✉️ Signaler une erreur

En bref : La diarrhée aiguë dure moins de 14 jours et elle est surtout infectieuse, souvent virale et spontanément résolutive. Réhydrater d’abord. On ne fait un test de selles que s’il y a des signes de sévérité, de la dysenterie, un hôte à risque ou une durée de plus de 7 jours. Chez un patient hospitalisé depuis ≥ 3 jours ou ayant reçu des antibiotiques dans les 3 derniers mois, on pense C. difficile (GUO INESSS 2025). Si un antibiotique empirique est indiqué, on choisit l'azithromycine : la résistance locale aux fluoroquinolones est élevée.

En bref : La diarrhée aiguë (< 14 jours) est surtout virale et spontanément résolutive : on évalue d’abord la déshydratation et on réhydrate (SRO en 1re intention, soluté isotonique si sévère). Chez le patient hospitalisé depuis plus de 3 jours, la cause est rarement un entéropathogène communautaire : on pense aux médicaments, aux laxatifs, au gavage et à C. difficile (seul test habituellement utile). Les antibiotiques empiriques sont réservés à certains cas (dysenterie fébrile, voyageur fébrile, sepsis, immunosuppression) ; localement, l’azithromycine est préférée à la ciprofloxacine. Pas de lopéramide si fièvre, sang ou C. difficile.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Hypotension, altération de l’état de conscience, IRA, oligurie : déshydratation sévère.
  • Diarrhée sanglante avec fièvre, sepsis, distension abdominale (mégacôlon toxique).
  • Anémie hémolytique, thrombopénie, IRA après diarrhée sanglante : SHU (STEC).
  • Âgé vasculaire avec douleur puis rectorragie : colite ischémique.
  • Diarrhée sanglante > 7–14 jours : MII. Fièvre au retour de voyage : fièvre entérique, paludisme.
  • Hypovolémie, altération de l’état mental, sepsis.
  • Diarrhée sanglante afébrile : ECEH, risque de SHU.
  • C. difficile fulminant : hypotension, iléus, mégacôlon, perforation.
  • Douleur disproportionnée chez un vasculaire : colite ou ischémie mésentérique.

✅ À faire maintenant

  • Signes vitaux, TA orthostatique, diurèse, poids, muqueuses, abdomen.
  • FSC, électrolytes (K, bicarbonate), urée, créatinine ; lactate et hémocultures si fièvre ou sepsis.
  • Hospitalisé > 72 h : test C. difficile seulement (pas de coproculture ni de parasitologie, sauf exceptions).
  • Revoir la FADM : laxatifs, antibiotiques, gavage, médicaments diarrhéigènes.
  • Précautions additionnelles contact dès le début, selon le protocole de PCI.
  • Volémie, réviser la feuille d’administration (laxatifs), toucher rectal (fécalome).

  • FSC, électrolytes, urée, créatinine ; lactate si douleur sévère.
  • Hémocultures si fièvre élevée, sepsis, immunosuppression.
  • Test C. difficile si hospitalisé ≥ 3 j ou ATB < 3 mois, ≥ 3 selles non formées/24 h, sans laxatif 48 h.
  • Culture ou TAAN (+ toxine Shiga si sang) selon les indications.

💊 Premières ordonnances

  • SRO à osmolarité réduite PO si le patient boit, en remplaçant les pertes continues ; sinon Lactate Ringer ou NaCl 0,9 % IV en bolus de 500 mL–1 L, réévaluer après chaque bolus (voir Solutés).
  • Cesser les laxatifs ; IPP et antibiotiques à réévaluer.
  • Antibiotique empirique seulement si indiqué : azithromycine 1 g PO dose unique ou 500 mg PO die × 3 j.
  • Lopéramide 4 mg puis 2 mg après chaque selle liquide (max 16 mg/24 h) seulement si diarrhée aqueuse, sans fièvre ni sang.

📞 Appeler ou orienter si

  • Chirurgie générale : Mégacôlon toxique ou péritonite
  • Soins intensifs : Choc
  • Microbiologie médicale et infectiologie : C. difficile compliqué
  • Néphrologie : SHU soupçonné

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

  • SRO à osmolarité réduite en petites gorgées fréquentes, en remplaçant les pertes continues ; hypovolémie modérée à sévère, vomissements incoercibles ou échec de la voie orale : urgence (solutés IV).

  • Cesser les laxatifs ; IPP et antibiotiques à réévaluer.
  • Lopéramide 4 mg PO puis 2 mg après chaque selle liquide, max 16 mg/24 h, seulement si diarrhée aqueuse sans fièvre ni sang (pas si dysenterie, ECEH, C. difficile).
  • Antibiotique empirique seulement si indiqué : azithromycine 1 g PO dose unique ou 500 mg PO die × 3 j.
  • C. difficile : vancomycine 125 mg PO qid × 10 j ou fidaxomicine 200 mg PO bid × 10 j.
  • Précautions contact ; lavage à l’eau et au savon.

📝 Gabarits d’ordonnance (2 · à adapter au patient)

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💊 PharmacoDiarrhée aiguë
🌿 Non pharmacoConseils : diarrhée

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : Hypovolémie modérée à sévère ou échec oral ; sepsis ou infection sévère chez l’immunosupprimé ; fièvre au retour d’une zone de paludisme ; C. difficile fulminant ; diarrhée sanglante avec SHU soupçonné ; douleur disproportionnée chez un vasculaire
  • Infectiologie : Shigella BLSE ou XDR

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📨 Référer : CRDS Consulter en gastro-entérologie si : · CRDS Consulter en chirurgie générale si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

🧠 Raisonnement Raisonnement diagnostique (VINDICATE, drapeaux rouges)

📘 Protocoles INESSS — Infection à Clostridioides difficile

🔗 Ressources et raisonnement

🧭 Raisonnement clinique Diarrhée

Définitions et classification

  • Diarrhée : ≥ 3 selles non formées par 24 h (ou > 250 g/j).
  • Durée : aiguë < 14 j, persistante 14–30 j, chronique > 30 j (fiche distincte).
  • Non inflammatoire (grêle) : selles aqueuses et abondantes, sans sang. Mécanisme toxinique ou entérotoxinique : ETEC, norovirus, Vibrio, Giardia, toxines préformées (S. aureus, B. cereus).
  • Inflammatoire ou invasive (côlon) : selles fréquentes de petit volume, sang ou glaires, ténesme, fièvre. Agents : Campylobacter, Shigella, Salmonella, ECEH (O157), C. difficile, E. histolytica, CMV chez l’immunosupprimé.
  • Causes non infectieuses à ne pas manquer :
    • Médicaments : laxatifs (cause fréquente), magnésium, metformine, colchicine, ISRS, IPP, alimentation entérale, sevrage d’opioïdes.
    • Colite ischémique, poussée de MII, fécalome avec diarrhée de débordement, hyperthyroïdie.

Indices selon l’incubation

Incubation Agents Tableau
1–6 h S. aureus, B. cereus (riz frit) : toxine préformée Vomissements marqués, peu de fièvre
8–16 h C. perfringens, B. cereus (forme diarrhéique) Diarrhée aqueuse, crampes
1–3 j Norovirus, ETEC, Vibrio Aqueuse, abondante, afébrile ou peu fébrile
1–4 j Campylobacter, Salmonella, Shigella Souvent sanglante, fièvre, douleur importante
3–4 j ECEH (O157:H7) Sanglante, souvent afébrile ; risque de SHU
1–3 sem Giardia, Cryptosporidium, Cyclospora Prolongée, ballonnements

Expositions évocatrices

Exposition Penser à
Hospitalisation, antibiotiques ou chimiothérapie récents C. difficile
Volaille mal cuite, lait cru Campylobacter, Salmonella
Bœuf haché, laitue, cidre ou lait non pasteurisés ECEH (O157)
Œufs, reptiles, poussins Salmonella
Garderie, HARSAH Shigella, Giardia
Fruits de mer crus, huîtres Vibrio, norovirus
Charcuterie, fromages au lait cru, grossesse, immunosuppression Listeria (bactériémie)
Eau de puits, lac, randonnée Giardia, Cryptosporidium
Porc, hémochromatose (surcharge en fer) Yersinia (pseudo-appendicite)
Voyage ETEC, Campylobacter résistant (Asie), parasites (voir la fiche voyageur)
Éclosion en CHSLD Norovirus

Évaluation initiale

  • Anamnèse : début, nombre et aspect des selles, sang, fièvre, vomissements, douleur, voyage, aliments, contacts, antibiotiques < 3 mois, médicaments et produits naturels, statut immunitaire, travail (alimentation, garderie, soins).
  • Volémie : signes orthostatiques, muqueuses, diurèse, état mental.
  • Labos si modéré à sévère ou hospitalisé : FSC, électrolytes (K, HCO3), urée, créatinine, lactate si douleur sévère ou suspicion d’ischémie.
  • Hémocultures si fièvre élevée, sepsis, immunosuppression ou suspicion de fièvre entérique.
  • Imagerie (TDM) seulement si abdomen aigu, suspicion de mégacôlon, de colite ischémique ou de perforation.

Indications d’un test de selles

  • Signes de sévérité : hypovolémie, ≥ 6 selles non formées/24 h, T ≥ 38,5 °C, douleur sévère, besoin d’hospitalisation.
  • Dysenterie (sang, glaires).
  • Hôte à risque : ≥ 70 ans, cardiopathie importante, immunosuppression (VIH avancé), MII, grossesse.
  • Symptômes > 7 jours, ou enjeu de santé publique (manipulateur d’aliments, travailleur de la santé, garderie, éclosion).
  • Culture ou TAAN multiplex : Salmonella, Shigella, Campylobacter ; ajouter toxine Shiga / O157 si sang. Aviser le laboratoire si on soupçonne Vibrio, Yersinia ou Listeria.
  • Parasites seulement si diarrhée > 7 j, VIH avec CD4 < 200, HARSAH, éclosion d’origine hydrique ou voyage.
  • C. difficile : seulement si ≥ 3 selles non formées/24 h, sans laxatif dans les 48 h et sans autre cause évidente. Pas de test de guérison (INESSS).

🔗 Ressources et raisonnement

📘 Protocoles INESSS — Infection à Clostridioides difficile

Définitions

  • Aiguë : selles plus fréquentes et moins formées (souvent ≥ 3/24 h) depuis < 14 jours ; persistante 14–30 jours ; chronique > 30 jours.
  • Dysenterie : selles franchement sanglantes (diarrhée inflammatoire : Shigella, Campylobacter, Salmonella, STEC, C. difficile, amibiase).

Diarrhée chez le patient hospitalisé

  • Règle des 3 jours : une diarrhée qui débute après 72 h d’hospitalisation est rarement due à Salmonella, Shigella ou Campylobacter (rendement de la coproculture ≈ 0,6 %). On demande le test C. difficile ; pas de coproculture ni de recherche de parasites.
  • Règle modifiée (Bauer, JAMA 2001) : coproculture malgré tout si ≥ 1 facteur : ≥ 65 ans avec comorbidité, VIH ou neutropénie, éclosion soupçonnée, manifestation extra-intestinale d’une infection entérique. Norovirus : PCR en contexte d’éclosion.
  • Causes fréquentes :
    • Laxatifs (cause n° 1 à vérifier : ordonnances régulières et PRN).
    • Médicaments : antibiotiques, metformine, magnésium, colchicine, sirops au sorbitol, chimiothérapie, inhibiteurs de la cholinestérase, ISRS.
    • Gavage : débit, osmolarité, contamination ; réviser avec la nutritionniste plutôt que cesser d’emblée.
    • C. difficile : 10–20 % des diarrhées nosocomiales.
    • Fécalome (diarrhée de débordement) : toucher rectal.
  • C. difficile : tester seulement une diarrhée bien installée (≥ 3 selles non formées/24 h), sans laxatif depuis 48 h ; un seul échantillon ; pas de test de guérison. Traitement : voir Infection à Clostridioides difficile.

Diarrhée à l’admission

  • Gastro-entérite virale (norovirus) : vomissements, diarrhée aqueuse ; réhydratation seule.
  • Analyses de selles (IDSA 2017, ACG 2016) si : fièvre, sang ou mucus, douleur ou sensibilité importante, sepsis, diarrhée modérée à sévère ou > 7 jours, immunosuppression, éclosion ou risque de transmission (manipulateur d’aliments, milieu de soins). Antibiotique dans les 8–12 dernières semaines : C. difficile.
  • Hémocultures : sepsis, suspicion de fièvre entérique, fièvre inexpliquée au retour d’une région endémique.
  • ≥ 14 jours : parasites ; causes non infectieuses (MII, côlon irritable, lactose).
  • Voyageur : voir Fièvre chez le voyageur et médecine du voyage.

Évaluation de la déshydratation

Légère à modérée Sévère
Clinique Soif, muqueuses sèches, tachycardie légère Hypotension, orthostatisme marqué, confusion, oligurie
Labo Urée et créatinine normales ou peu élevées IRA prérénale, hypokaliémie, acidose métabolique (perte de bicarbonate)
Réhydratation SRO Soluté isotonique IV, puis SRO

Prise en charge

Réhydratation

  • SRO à osmolarité réduite en 1re intention si déshydratation légère à modérée ; remplacer les pertes continues jusqu’à la fin de la diarrhée (IDSA 2017).
  • IV isotonique (Lactate Ringer ou NaCl 0,9 %) si déshydratation sévère, choc, altération de l’état mental, échec des SRO ou iléus ; poursuivre jusqu’à normalisation du pouls, de la perfusion et de l’état mental, puis passer aux SRO. Bolus et choix du soluté : voir Solutés. Surveiller et remplacer le K.

Antibiotiques

  • Pas d’antibiotique pour la plupart des diarrhées communautaires (virales).
  • Empirique (IDSA 2017), en attendant les cultures, chez l’immunocompétent seulement si : fièvre documentée + douleur abdominale + dysenterie (Shigella soupçonnée) ; voyage récent avec T ≥ 38,5 °C ou sepsis. Le considérer aussi chez l’immunosupprimé avec diarrhée sanglante ou grave.
  • Éviter si STEC/E. coli O157 soupçonné ou prouvé (diarrhée sanglante peu fébrile) : risque de SHU.
Molécule Dose (ACG 2016) Remarques
Azithromycine 1 g PO dose unique ou 500 mg PO die × 3 j 1er choix : dysenterie, fièvre, Asie du Sud et du Sud-Est ; Campylobacter sensible à l’érythromycine à 97 % au CHLM
Ciprofloxacine 750 mg PO dose unique ou 500 mg PO bid × 3 j Résistance locale élevée (CHLM 2021) : Campylobacter 70 % sensible, Salmonella 44 % sensible ; QT, tendinopathie, délirium, C. difficile
Selon l’antibiogramme — Ajuster dès le résultat ; Salmonella : TMP-SMX 97 %, ampicilline 95 % sensibles au CHLM
  • Dose unique si résolution en 24 h ; sinon (ou si fièvre ou dysenterie), 3 jours.
  • Fièvre entérique soupçonnée : hémocultures puis ceftriaxone IV (voir la fiche du voyageur).

Antidiarrhéiques

  • Lopéramide : possible chez l'adulte immunocompétent avec diarrhée aqueuse ; 4 mg PO, puis 2 mg après chaque selle liquide, max 16 mg/24 h, ≤ 48 h.
  • Contre-indiqué : fièvre, sang dans les selles (diarrhée inflammatoire, risque de mégacôlon toxique), C. difficile soupçonné ou prouvé, STEC.
  • Probiotiques : non recommandés par l’ACG (sauf post-antibiotique) ; éviter chez l’immunosupprimé.

Précautions additionnelles et isolement

  • Précautions contact dès l’apparition d’une diarrhée d’allure infectieuse, sans attendre le résultat, selon le protocole de PCI local ; chambre privée et toilette dédiée si possible.
  • C. difficile : contact renforcé, lavage des mains à l’eau et au savon (le gel alcoolisé ne détruit pas les spores), nettoyage au chlore.
  • Norovirus : aviser la PCI (risque d’éclosion).

Réhydratation (pierre angulaire)

  • Solution de réhydratation orale (SRO) de préférence : Gastrolyte ou Pedialyte, ou une recette maison (1 L d’eau, ½ c. à thé de sel, 6 c. à thé de sucre).
  • Urgence (solutés IV) si : hypovolémie modérée à sévère (signes de choc, FC ≥ 110, TAS ≤ 90, oligurie), incapacité de boire, vomissements incoercibles, échec de la réhydratation orale, altération de l’état mental ou troubles électrolytiques importants (K, acidose).
  • Réalimenter précocement selon la tolérance ; pas de jeûne. Éviter temporairement le lactose au besoin.

Traitement symptomatique

Molécule Dose adulte Remarques
Lopéramide 4 mg PO, puis 2 mg après chaque selle non formée ; max 16 mg/24 h ; ≤ 48 h en autotraitement Le plus efficace. Éviter si dysenterie (fièvre, sang) sans antibiotique concomitant, si ECEH ou si C. difficile suspecté
Sous-salicylate de bismuth Posologie selon l’étiquette du produit (vente libre) Selles et langue noires. Éviter si allergie à l’AAS, prise d’anticoagulant, de méthotrexate ou de probénécide, insuffisance rénale, goutte ; risque de salicylisme si AAS concomitant
Ondansétron 4–8 mg PO/ODT q8h PRN Si vomissements ; ECG si facteurs de QT long

Antibiothérapie empirique (sélective)

  • La plupart des patients n’en ont pas besoin. Les antibiotiques raccourcissent la maladie d’environ 1 jour, mais favorisent les résistances et C. difficile.
  • Indications : dysenterie fébrile, sepsis ou atteinte sévère, hôte immunosupprimé ou âgé et fragile, diarrhée du voyageur modérée à sévère.
  • Pas d’antibiotique si ECEH suspecté (afébrile, sanglant, éclosion) : le risque de SHU augmente.
Situation 1er choix Alternative
Empirique adulte (dysenterie, sévère) Azithromycine 500 mg PO die × 3 j (ou 1 g PO × 1 dose) Ciprofloxacine 500 mg PO bid × 3 j, seulement si sensibilité connue et pas de voyage en Asie
Campylobacter (si sévère, immunosupprimé, persistant) Azithromycine 500 mg PO die × 3 j —
Salmonella non typhique Pas d’ATB si hôte sain. Traiter si < 3 mois, ≥ 50–65 ans, immunosuppression, prothèse vasculaire ou valvulaire, bactériémie Selon l’antibiogramme : TMP-SMX, ampicilline ou azithromycine ; bactériémie : urgence (ceftriaxone IV)
Shigella Selon l’antibiogramme (souches multirésistantes en hausse chez les HARSAH) : azithromycine 500 mg × 3 j Ceftriaxone ; consulter l’infectiologie si BLSE ou XDR
Giardia Métronidazole 500 mg PO bid × 5–7 j Tinidazole 2 g PO × 1 dose
ECEH (O157, toxine Shiga +) Pas d’antibiotique ni d’antipéristaltique FSC, frottis, créatinine die × 7–10 j (SHU)

⚠️ Fluoroquinolones à éviter en empirique (CHLM 2021 : ciprofloxacine 70 % S pour Campylobacter, 44 % S pour Salmonella) : azithromycine préférée, surtout si fièvre, dysenterie ou voyage en Asie du Sud et du Sud-Est ; ajuster selon l’antibiogramme (IDSA 2017 ; CDC Yellow Book 2026).

C. difficile (résumé ; GUO INESSS 2025, guide CHLM)

  • Cesser ou réévaluer l’antibiotique en cause, les laxatifs et l’IPP ; éviter le lopéramide ; réévaluer les opioïdes.
  • Sévère : GB ≥ 15 × 10⁹/L, ou créatinine > 1,5 × la valeur de base (CHLM : > 130 µmol/L), ou T > 38,5 °C. Fulminant ou compliqué : hypotension, iléus, mégacôlon, perforation.
Épisode Traitement
1er épisode, non sévère ou sévère Vancomycine 125 mg PO qid × 10 j ou fidaxomicine 200 mg PO bid × 10 j
Fulminant Urgence par ambulance (traitement et avis chirurgie et infectiologie à l’hôpital)
1re récidive (< 12 sem) Fidaxomicine 200 mg bid × 10 j (1er choix), ou vancomycine 125 mg qid × 10 j
≥ 2e récidive Vancomycine dégressive et pulsée (environ 6 sem) ou fidaxomicine ; spécialiste ; greffe de microbiote fécal
Antibiothérapie concomitante chez un patient à risque (guide local d’antibiothérapie) Vancomycine 125 mg PO die pendant l’antibiothérapie et jusqu’à 5 j après
  • Le métronidazole n’est plus recommandé en monothérapie ni pour les récidives.

⚖️ Divergence entre lignes directrices (INESSS 2025 vs guide local d’antibiothérapie 2023) : l’INESSS traite 10 jours sans prolonger ; le guide local propose la vancomycine 125 mg PO die pendant l’antibiotique et 5 jours après chez le patient à risque. Au SRV, on suit l’INESSS : ni prolongation ni prophylaxie ; si un nouvel antibiotique est requis dans les 3 à 6 mois suivant une ICD, consulter en microbiologie-infectiologie.

📌 Priorité des sources sur ce site : l’INESSS, les guides québécois et les protocoles locaux lorsqu’ils sont disponibles ; sinon, les lignes directrices canadiennes, puis internationales.

Prévention des infections et santé publique

  • Précautions contact pour toute diarrhée infectieuse à l’hôpital ; contact + gouttelettes lors d’une éclosion de norovirus avec vomissements.
  • MADO au Québec : les infections entériques confirmées (salmonellose, shigellose, campylobactériose, E. coli producteur de shigatoxine, giardiase, amibiase, cryptosporidiose, yersiniose, listériose, etc.) sont déclarées par le laboratoire ; le médecin déclare à la santé publique (≤ 48 h) la fièvre typhoïde ou paratyphoïde, le SHU/PTT associé à un E. coli producteur de shigatoxine et toute toxi-infection alimentaire et hydrique (éclosion) ; choléra et botulisme : déclaration urgente par téléphone (liste MADO médecins, MSSS).
  • Retirer les manipulateurs d’aliments, les travailleurs de la santé et les éducateurs en garderie infectés jusqu’à l’avis de la santé publique.

Algorithme

Sévère

Légère à modérée

Oui

Non

Non

Oui

Oui, pas de STEC soupçonné

Non

Oui

Diarrhée aiguë
(≥ 3 selles non formées/24 h)

Déshydratation ?
SV, orthostatisme, créatinine, K

Soluté isotonique IV
puis SRO

SRO

Hospitalisé depuis > 72 h ?

Cesser laxatifs
Revoir médicaments et gavage
Précautions contact

Test C. difficile
(pas de coproculture sauf
règle modifiée)

Fièvre, sang, sepsis,
voyage, immunosuppression ?

Réhydratation seule
± lopéramide

Coproculture ou PCR
± hémocultures

Critères d’antibiotique empirique ?

Azithromycine 1 g dose unique
ou 500 mg die × 3 j

Attendre les résultats
Pas de lopéramide

Sang > 7–14 j, âgé vasculaire,
pas de pathogène ?

Penser MII, colite ischémique
Gastro-entérologie

Oui

Non

Oui

Oui

Non, sévère ou fébrile

Non

Oui

Non

Diarrhée aiguë < 14 j
Durée, sang, fièvre, volume,
expositions, ATB récents

Hospitalisé ≥ 3 jours
ou ATB < 3 mois ?

Test C. difficile
si ≥ 3 selles non formées/24 h
sans laxatif ni autre cause
Culture habituelle peu utile

Diarrhée sanglante ?

Culture ou TAAN multiplex
+ toxine Shiga / E. coli O157
FSC, créatinine

Afébrile ou éclosion
(suspicion d’ECEH) ?

Pas d’ATB ni de lopéramide
en attendant les résultats
Surveiller SHU

Azithromycine empirique
Réhydratation

Sévérité ou hôte à risque ?
hypovolémie, ≥ 6 selles/24 h,
T ≥ 38,5, douleur sévère,
≥ 70 ans, immunosupprimé, MII,
grossesse, > 7 j, manipulateur d’aliments

Culture ou TAAN des selles
± parasites et C. difficile selon contexte
ATB empirique si sévère ou dysenterie

Pas de test
Réhydratation orale
Lopéramide ou bismuth PRN

Consulter

Consulter en gastro-entérologie si :

Éliminer d’abord une infection, incluant C. difficile, avant la coloscopie.

  • Semi-urgentDiarrhée sanglante persistante ou MII soupçonnée (sang > 7–14 jours, perte de poids, pas de pathogène) — pendant le séjour (coloscopie).
  • Semi-urgentColite ischémique soupçonnée (âgé vasculaire, douleur puis rectorragie, hypotension récente) — pendant le séjour.

À préparer : durée de la diarrhée, présence de sang, résultats de selles (C. difficile, coproculture ou PCR), FSC, créatinine, imagerie, médicaments (antibiotiques, AINS, anticoagulants), voyage.

Consulter en chirurgie générale si :

  • UrgentMégacôlon toxique ou péritonite (distension, défense, sepsis) — immédiatement.

Consulter aux soins intensifs si :

  • UrgentChoc (hypovolémique ou septique) — immédiatement.

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceHypovolémie modérée à sévère ou échec oral (FC ≥ 110, TAS ≤ 90, oligurie, vomissements incoercibles, état mental altéré, K ou acidose) — solutés IV
  • UrgenceSepsis ou infection sévère chez l’immunosupprimé (dont bactériémie à Salmonella)
  • UrgenceFièvre au retour d’une zone de paludisme
  • UrgenceC. difficile fulminant (hypotension, iléus, mégacôlon, perforation) — ambulance ; chirurgie et infectiologie
  • UrgenceDiarrhée sanglante avec SHU soupçonné (ECEH : oligurie, ↓ plaquettes, ↑ créatinine)
  • UrgenceDouleur disproportionnée chez un vasculaire (colite ou ischémie mésentérique) — lactate, angio-TDM

Consulter en infectiologie si :

  • UrgentC. difficile compliqué (hypotension, iléus, mégacôlon) — garde, même jour.
  • Semi-urgentImmunosuppression grave ou neutropénie — pendant le séjour.

Consulter en néphrologie si :

  • UrgentSHU soupçonné (anémie hémolytique, thrombopénie, IRA après diarrhée sanglante) — garde, même jour.
  • UrgenceShigella BLSE ou XDR (choix de l’antibiotique) — infectiologue de garde
  • RapideC. difficile récurrent (≥ 2e récidive : vancomycine dégressive, greffe de microbiote) — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideParasitose intestinale confirmée (hors giardiase simple traitée) — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideMaladie tropicale possible, état général conservé (retour de voyage, hors paludisme) — priorité B (≤ 10 j)

À préparer : signes vitaux et volémie ; FSC, électrolytes, créatinine ; culture ou TAAN et antibiogramme, test C. difficile ; antibiotiques < 3 mois et traitements d’ICD antérieurs (molécule, dates) ; voyage et expositions ; statut immunitaire. MADO ou éclosion : aviser la santé publique.

Suivi et congé

  • Congé si le patient tolère l’hydratation orale, que la volémie et les électrolytes sont corrigés et qu’il n’y a aucun signe d’alarme.
  • Consignes : hygiène des mains, SRO, revenir si sang, fièvre persistante, signes de déshydratation ou oligurie.
  • Diarrhée > 14 j : bilan de diarrhée persistante (parasites, maladie cœliaque, MII, intolérance au lactose post-infectieuse, SII post-infectieux).
  • ECEH : FSC et créatinine jusqu’à la résolution (SHU vers les jours 5–10).

Pièges et perles

  • Avant tout test, regarder la FADM (laxatifs réguliers et PRN).
  • Une diarrhée de débordement sur fécalome se traite par évacuation, pas par lopéramide.
  • Pas de test de C. difficile sous laxatifs ou sans diarrhée (colonisation fréquente).
  • Ciprofloxacine : mauvais choix empirique local (résistance) et favorise C. difficile.
  • Diarrhée sanglante peu fébrile : penser STEC ; ni antibiotique ni antidiarrhéique ; FSC et créatinine (SHU).
  • Colite ischémique (âgé vasculaire, hypotension récente) et MII (sang persistant, perte de poids) : éliminer d’abord une infection, incluant C. difficile, puis coloscopie.
  • La diarrhée nosocomiale est d’abord médicamenteuse (laxatifs prescrits « au besoin » mais donnés systématiquement) avant d’être infectieuse : réviser la feuille d’administration avant de demander un test C. difficile.
  • Un fécalome peut se présenter comme une diarrhée chez la personne âgée en CHSLD : faire un toucher rectal.
  • Diarrhée sanglante afébrile = penser ECEH : pas d’antibiotique, pas de lopéramide.
  • Douleur disproportionnée chez une personne âgée vasculaire, avec diarrhée sanglante : colite ischémique ; dans ce cas on doit exclure une ischémie mésentérique (lactate, angio-TDM).
  • Yersinia peut simuler une appendicite (iléite terminale, adénite mésentérique).
  • Moyen mnémotechnique pour C. difficile : clindamycine, ampicilline/amoxicilline, céphalosporines et quinolones sont les grands coupables ; traitement « Vanco ou Fida ».

Outils publics de l’Estrie

Documents publics de Santé Québec – Estrie-CHUS, résumés dans nos mots. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

📄 Outil public de l’Estrie — OC-SV-001 : Traitement de la diarrhée aiguë du voyageur (clinique santé-voyage) (2019)

  • Réhydratation orale d’abord ; diarrhée modérée (12 ans et plus) : lopéramide 4 mg puis 2 mg après chaque selle liquide, max 16 mg/j, 24-48 h.
  • Diarrhée sévère, fièvre ou sang : antibiotique sans lopéramide — azithromycine 500 mg die 1 à 3 jours (enfant 10 mg/kg/j, max 500 mg) ou ciprofloxacine 500 mg q12h 1 à 3 jours (16 ans et plus).
  • Consulter si fièvre (surtout au retour d’une zone de paludisme), déshydratation ou diarrhée persistante.

Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, OC-SV-001. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

📄 Outil public de l’Estrie — GPR-IF-001 : Guide de pratique : infection à Clostridioides difficile (2026)

  • Tester seulement une diarrhée établie (plusieurs selles liquides par jour) ; précautions contact E, hygiène des mains à l’eau et au savon.
  • 1er épisode : vancomycine 125 mg PO QID × 10 j, ou fidaxomicine 200 mg BID × 10 j si risque de récidive (65 ans et plus, immunosuppression) ; forme compliquée : vancomycine 500 mg PO QID + métronidazole 500 mg IV q8h, avis chirurgical si iléus.
  • Récidive : fidaxomicine (préférée) ou vancomycine ; à partir de la 2e, vancomycine en paliers, infectiologie, microbiote (Rebyota) ; cesser les antibiotiques et laxatifs non essentiels, réévaluer l’IPP.

Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, GPR-IF-001. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

📄 Outil public de l’Estrie — DIR-PCI-002 : Directive : pratiques de base et précautions additionnelles (2026-07)

  • Pratiques de base pour tous : hygiène des mains, étiquette respiratoire, ÉPI selon le risque d’exposition.
  • Contact (blouse, gants) ; « contact + » pour le C. difficile : lavage des mains à l’eau et au savon et désinfectant sporicide ; gouttelettes (masque) ; aérienne (chambre à pression négative, N95).
  • Désinfection terminale au départ ou à la levée des précautions, selon l’équipe de prévention des infections.

Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, DIR-PCI-002. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Outils publics de l’Estrie

Documents publics de Santé Québec – Estrie-CHUS, résumés dans nos mots. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu. Voir aussi Accueil clinique : ordonnances collectives publiques.

📄 Outil public de l’Estrie — OC-SV-001 : Traitement de la diarrhée aiguë du voyageur (clinique santé-voyage) (2019)

  • Réhydratation orale d’abord ; diarrhée modérée (12 ans et plus) : lopéramide 4 mg puis 2 mg après chaque selle liquide, max 16 mg/j, 24-48 h.
  • Diarrhée sévère, fièvre ou sang : antibiotique sans lopéramide — azithromycine 500 mg die 1 à 3 jours (enfant 10 mg/kg/j, max 500 mg) ou ciprofloxacine 500 mg q12h 1 à 3 jours (16 ans et plus).
  • Consulter si fièvre (surtout au retour d’une zone de paludisme), déshydratation ou diarrhée persistante.

Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, OC-SV-001. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

📄 Outil public de l’Estrie — GPR-IF-001 : Guide de pratique : infection à Clostridioides difficile (2026)

  • Tester seulement une diarrhée établie (plusieurs selles liquides par jour) ; précautions contact E, hygiène des mains à l’eau et au savon.
  • 1er épisode : vancomycine 125 mg PO QID × 10 j, ou fidaxomicine 200 mg BID × 10 j si risque de récidive (65 ans et plus, immunosuppression) ; forme compliquée : urgence (vancomycine PO à forte dose + métronidazole IV, avis chirurgical si iléus).
  • Récidive : fidaxomicine (préférée) ou vancomycine ; à partir de la 2e, vancomycine en paliers, infectiologie, microbiote (Rebyota) ; cesser les antibiotiques et laxatifs non essentiels, réévaluer l’IPP.

Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, GPR-IF-001. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

📄 Outil public de l’Estrie — DIR-PCI-002 : Directive : pratiques de base et précautions additionnelles (2026-07)

  • Pratiques de base pour tous : hygiène des mains, étiquette respiratoire, ÉPI selon le risque d’exposition.
  • Contact (blouse, gants) ; « contact + » pour le C. difficile : lavage des mains à l’eau et au savon et désinfectant sporicide ; gouttelettes (masque) ; aérienne (chambre à pression négative, N95).
  • Désinfection terminale au départ ou à la levée des précautions, selon l’équipe de prévention des infections.

Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, DIR-PCI-002. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Références

🩺 Situations CHSLD qui renvoient ici

🔗 Voir aussi