En bref : La diarrhée aiguë dure moins de 14 jours et elle est surtout infectieuse, souvent virale et spontanément résolutive. Réhydrater d’abord. On ne fait un test de selles que s’il y a des signes de sévérité, de la dysenterie, un hôte à risque ou une durée de plus de 7 jours. Chez un patient hospitalisé depuis ≥ 3 jours ou ayant reçu des antibiotiques dans les 3 derniers mois, on pense C. difficile (GUO INESSS 2025). Si un antibiotique empirique est indiqué, on choisit l'azithromycine : la résistance locale aux fluoroquinolones est élevée.
En bref : La diarrhée aiguë (< 14 jours) est surtout virale et spontanément résolutive : on évalue d’abord la déshydratation et on réhydrate (SRO en 1re intention, soluté isotonique si sévère). Chez le patient hospitalisé depuis plus de 3 jours, la cause est rarement un entéropathogène communautaire : on pense aux médicaments, aux laxatifs, au gavage et à C. difficile (seul test habituellement utile). Les antibiotiques empiriques sont réservés à certains cas (dysenterie fébrile, voyageur fébrile, sepsis, immunosuppression) ; localement, l’azithromycine est préférée à la ciprofloxacine. Pas de lopéramide si fièvre, sang ou C. difficile.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme
- Hypotension, altération de l’état de conscience, IRA, oligurie : déshydratation sévère.
- Diarrhée sanglante avec fièvre, sepsis, distension abdominale (mégacôlon toxique).
- Anémie hémolytique, thrombopénie, IRA après diarrhée sanglante : SHU (STEC).
- Âgé vasculaire avec douleur puis rectorragie : colite ischémique.
- Diarrhée sanglante > 7–14 jours : MII. Fièvre au retour de voyage : fièvre entérique, paludisme.
- Hypovolémie, altération de l’état mental, sepsis.
- Diarrhée sanglante afébrile : ECEH, risque de SHU.
- C. difficile fulminant : hypotension, iléus, mégacôlon, perforation.
-
Douleur disproportionnée chez un vasculaire : colite ou ischémie mésentérique.
✅ À faire maintenant
- Signes vitaux, TA orthostatique, diurèse, poids, muqueuses, abdomen.
- FSC, électrolytes (K, bicarbonate), urée, créatinine ; lactate et hémocultures si fièvre ou sepsis.
- Hospitalisé > 72 h : test C. difficile seulement (pas de coproculture ni de parasitologie, sauf exceptions).
- Revoir la FADM : laxatifs, antibiotiques, gavage, médicaments diarrhéigènes.
- Précautions additionnelles contact dès le début, selon le protocole de PCI.
-
Volémie, réviser la feuille d’administration (laxatifs), toucher rectal (fécalome).
- FSC, électrolytes, urée, créatinine ; lactate si douleur sévère.
- Hémocultures si fièvre élevée, sepsis, immunosuppression.
- Test C. difficile si hospitalisé ≥ 3 j ou ATB < 3 mois, ≥ 3 selles non formées/24 h, sans laxatif 48 h.
-
Culture ou TAAN (+ toxine Shiga si sang) selon les indications.
💊 Premières ordonnances
- SRO à osmolarité réduite PO si le patient boit, en remplaçant les pertes continues ; sinon Lactate Ringer ou NaCl 0,9 % IV en bolus de 500 mL–1 L, réévaluer après chaque bolus (voir Solutés).
- Cesser les laxatifs ; IPP et antibiotiques à réévaluer.
- Antibiotique empirique seulement si indiqué : azithromycine 1 g PO dose unique ou 500 mg PO die × 3 j.
- Lopéramide 4 mg puis 2 mg après chaque selle liquide (max 16 mg/24 h) seulement si diarrhée aqueuse, sans fièvre ni sang.
📞 Appeler ou orienter si
- Chirurgie générale : Mégacôlon toxique ou péritonite
- Soins intensifs : Choc
- Microbiologie médicale et infectiologie : C. difficile compliqué
- Néphrologie : SHU soupçonné
Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›
-
SRO à osmolarité réduite en petites gorgées fréquentes, en remplaçant les pertes continues ; hypovolémie modérée à sévère, vomissements incoercibles ou échec de la voie orale : urgence (solutés IV).
- Cesser les laxatifs ; IPP et antibiotiques à réévaluer.
- Lopéramide 4 mg PO puis 2 mg après chaque selle liquide, max 16 mg/24 h, seulement si diarrhée aqueuse sans fièvre ni sang (pas si dysenterie, ECEH, C. difficile).
- Antibiotique empirique seulement si indiqué : azithromycine 1 g PO dose unique ou 500 mg PO die × 3 j.
- C. difficile : vancomycine 125 mg PO qid × 10 j ou fidaxomicine 200 mg PO bid × 10 j.
-
Précautions contact ; lavage à l’eau et au savon.
📝 Gabarits d’ordonnance (2 · à adapter au patient)
Cochez les lignes voulues, remplissez l’en-tête, puis Copier (texte pour le DMÉ) ou Imprimer. Doses reprises de la fiche ; gabarit à valider avant usage.
🔒 Les informations inscrites restent sur votre appareil : rien n’est enregistré ni envoyé.
📞 Appeler ou orienter si
- Envoyer à l’urgence : Hypovolémie modérée à sévère ou échec oral ; sepsis ou infection sévère chez l’immunosupprimé ; fièvre au retour d’une zone de paludisme ; C. difficile fulminant ; diarrhée sanglante avec SHU soupçonné ; douleur disproportionnée chez un vasculaire
- Infectiologie : Shigella BLSE ou XDR
Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›
🔒 Des protocoles locaux du CISSS de la Montérégie-Centre (intranet) sur ce sujet sont réservés aux comptes autorisés (équivalents publics : Outils publics de l’Estrie) : Protocoles internes 🔒.
📨 Référer : CRDS Consulter en gastro-entérologie si : · CRDS Consulter en chirurgie générale si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence
🔗 Ressources et raisonnement
🧠 Raisonnement Raisonnement diagnostique (VINDICATE, drapeaux rouges)
📘 Protocoles INESSS — Infection à Clostridioides difficile
Définitions et classification
- Diarrhée : ≥ 3 selles non formées par 24 h (ou > 250 g/j).
- Durée : aiguë < 14 j, persistante 14–30 j, chronique > 30 j (fiche distincte).
- Non inflammatoire (grêle) : selles aqueuses et abondantes, sans sang. Mécanisme toxinique ou entérotoxinique : ETEC, norovirus, Vibrio, Giardia, toxines préformées (S. aureus, B. cereus).
- Inflammatoire ou invasive (côlon) : selles fréquentes de petit volume, sang ou glaires, ténesme, fièvre. Agents : Campylobacter, Shigella, Salmonella, ECEH (O157), C. difficile, E. histolytica, CMV chez l’immunosupprimé.
- Causes non infectieuses à ne pas manquer :
- Médicaments : laxatifs (cause fréquente), magnésium, metformine, colchicine, ISRS, IPP, alimentation entérale, sevrage d’opioïdes.
- Colite ischémique, poussée de MII, fécalome avec diarrhée de débordement, hyperthyroïdie.
Indices selon l’incubation
| Incubation | Agents | Tableau |
|---|---|---|
| 1–6 h | S. aureus, B. cereus (riz frit) : toxine préformée | Vomissements marqués, peu de fièvre |
| 8–16 h | C. perfringens, B. cereus (forme diarrhéique) | Diarrhée aqueuse, crampes |
| 1–3 j | Norovirus, ETEC, Vibrio | Aqueuse, abondante, afébrile ou peu fébrile |
| 1–4 j | Campylobacter, Salmonella, Shigella | Souvent sanglante, fièvre, douleur importante |
| 3–4 j | ECEH (O157:H7) | Sanglante, souvent afébrile ; risque de SHU |
| 1–3 sem | Giardia, Cryptosporidium, Cyclospora | Prolongée, ballonnements |
Expositions évocatrices
| Exposition | Penser à |
|---|---|
| Hospitalisation, antibiotiques ou chimiothérapie récents | C. difficile |
| Volaille mal cuite, lait cru | Campylobacter, Salmonella |
| Bœuf haché, laitue, cidre ou lait non pasteurisés | ECEH (O157) |
| Œufs, reptiles, poussins | Salmonella |
| Garderie, HARSAH | Shigella, Giardia |
| Fruits de mer crus, huîtres | Vibrio, norovirus |
| Charcuterie, fromages au lait cru, grossesse, immunosuppression | Listeria (bactériémie) |
| Eau de puits, lac, randonnée | Giardia, Cryptosporidium |
| Porc, hémochromatose (surcharge en fer) | Yersinia (pseudo-appendicite) |
| Voyage | ETEC, Campylobacter résistant (Asie), parasites (voir la fiche voyageur) |
| Éclosion en CHSLD | Norovirus |
Évaluation initiale
- Anamnèse : début, nombre et aspect des selles, sang, fièvre, vomissements, douleur, voyage, aliments, contacts, antibiotiques < 3 mois, médicaments et produits naturels, statut immunitaire, travail (alimentation, garderie, soins).
- Volémie : signes orthostatiques, muqueuses, diurèse, état mental.
- Labos si modéré à sévère ou hospitalisé : FSC, électrolytes (K, HCO3), urée, créatinine, lactate si douleur sévère ou suspicion d’ischémie.
- Hémocultures si fièvre élevée, sepsis, immunosuppression ou suspicion de fièvre entérique.
- Imagerie (TDM) seulement si abdomen aigu, suspicion de mégacôlon, de colite ischémique ou de perforation.
Indications d’un test de selles
- Signes de sévérité : hypovolémie, ≥ 6 selles non formées/24 h, T ≥ 38,5 °C, douleur sévère, besoin d’hospitalisation.
- Dysenterie (sang, glaires).
- Hôte à risque : ≥ 70 ans, cardiopathie importante, immunosuppression (VIH avancé), MII, grossesse.
- Symptômes > 7 jours, ou enjeu de santé publique (manipulateur d’aliments, travailleur de la santé, garderie, éclosion).
- Culture ou TAAN multiplex : Salmonella, Shigella, Campylobacter ; ajouter toxine Shiga / O157 si sang. Aviser le laboratoire si on soupçonne Vibrio, Yersinia ou Listeria.
- Parasites seulement si diarrhée > 7 j, VIH avec CD4 < 200, HARSAH, éclosion d’origine hydrique ou voyage.
- C. difficile : seulement si ≥ 3 selles non formées/24 h, sans laxatif dans les 48 h et sans autre cause évidente. Pas de test de guérison (INESSS).
🔗 Ressources et raisonnement
📘 Protocoles INESSS — Infection à Clostridioides difficile
Définitions
- Aiguë : selles plus fréquentes et moins formées (souvent ≥ 3/24 h) depuis < 14 jours ; persistante 14–30 jours ; chronique > 30 jours.
- Dysenterie : selles franchement sanglantes (diarrhée inflammatoire : Shigella, Campylobacter, Salmonella, STEC, C. difficile, amibiase).
Diarrhée chez le patient hospitalisé
- Règle des 3 jours : une diarrhée qui débute après 72 h d’hospitalisation est rarement due à Salmonella, Shigella ou Campylobacter (rendement de la coproculture ≈ 0,6 %). On demande le test C. difficile ; pas de coproculture ni de recherche de parasites.
- Règle modifiée (Bauer, JAMA 2001) : coproculture malgré tout si ≥ 1 facteur : ≥ 65 ans avec comorbidité, VIH ou neutropénie, éclosion soupçonnée, manifestation extra-intestinale d’une infection entérique. Norovirus : PCR en contexte d’éclosion.
- Causes fréquentes :
- Laxatifs (cause n° 1 à vérifier : ordonnances régulières et PRN).
- Médicaments : antibiotiques, metformine, magnésium, colchicine, sirops au sorbitol, chimiothérapie, inhibiteurs de la cholinestérase, ISRS.
- Gavage : débit, osmolarité, contamination ; réviser avec la nutritionniste plutôt que cesser d’emblée.
- C. difficile : 10–20 % des diarrhées nosocomiales.
- Fécalome (diarrhée de débordement) : toucher rectal.
- C. difficile : tester seulement une diarrhée bien installée (≥ 3 selles non formées/24 h), sans laxatif depuis 48 h ; un seul échantillon ; pas de test de guérison. Traitement : voir Infection à Clostridioides difficile.
Diarrhée à l’admission
- Gastro-entérite virale (norovirus) : vomissements, diarrhée aqueuse ; réhydratation seule.
- Analyses de selles (IDSA 2017, ACG 2016) si : fièvre, sang ou mucus, douleur ou sensibilité importante, sepsis, diarrhée modérée à sévère ou > 7 jours, immunosuppression, éclosion ou risque de transmission (manipulateur d’aliments, milieu de soins). Antibiotique dans les 8–12 dernières semaines : C. difficile.
- Hémocultures : sepsis, suspicion de fièvre entérique, fièvre inexpliquée au retour d’une région endémique.
- ≥ 14 jours : parasites ; causes non infectieuses (MII, côlon irritable, lactose).
- Voyageur : voir Fièvre chez le voyageur et médecine du voyage.
Évaluation de la déshydratation
| Légère à modérée | Sévère | |
|---|---|---|
| Clinique | Soif, muqueuses sèches, tachycardie légère | Hypotension, orthostatisme marqué, confusion, oligurie |
| Labo | Urée et créatinine normales ou peu élevées | IRA prérénale, hypokaliémie, acidose métabolique (perte de bicarbonate) |
| Réhydratation | SRO | Soluté isotonique IV, puis SRO |
Prise en charge
Réhydratation
- SRO à osmolarité réduite en 1re intention si déshydratation légère à modérée ; remplacer les pertes continues jusqu’à la fin de la diarrhée (IDSA 2017).
- IV isotonique (Lactate Ringer ou NaCl 0,9 %) si déshydratation sévère, choc, altération de l’état mental, échec des SRO ou iléus ; poursuivre jusqu’à normalisation du pouls, de la perfusion et de l’état mental, puis passer aux SRO. Bolus et choix du soluté : voir Solutés. Surveiller et remplacer le K.
Antibiotiques
- Pas d’antibiotique pour la plupart des diarrhées communautaires (virales).
- Empirique (IDSA 2017), en attendant les cultures, chez l’immunocompétent seulement si : fièvre documentée + douleur abdominale + dysenterie (Shigella soupçonnée) ; voyage récent avec T ≥ 38,5 °C ou sepsis. Le considérer aussi chez l’immunosupprimé avec diarrhée sanglante ou grave.
- Éviter si STEC/E. coli O157 soupçonné ou prouvé (diarrhée sanglante peu fébrile) : risque de SHU.
| Molécule | Dose (ACG 2016) | Remarques |
|---|---|---|
| Azithromycine | 1 g PO dose unique ou 500 mg PO die × 3 j | 1er choix : dysenterie, fièvre, Asie du Sud et du Sud-Est ; Campylobacter sensible à l’érythromycine à 97 % au CHLM |
| Ciprofloxacine | 750 mg PO dose unique ou 500 mg PO bid × 3 j | Résistance locale élevée (CHLM 2021) : Campylobacter 70 % sensible, Salmonella 44 % sensible ; QT, tendinopathie, délirium, C. difficile |
| Selon l’antibiogramme | — | Ajuster dès le résultat ; Salmonella : TMP-SMX 97 %, ampicilline 95 % sensibles au CHLM |
- Dose unique si résolution en 24 h ; sinon (ou si fièvre ou dysenterie), 3 jours.
- Fièvre entérique soupçonnée : hémocultures puis ceftriaxone IV (voir la fiche du voyageur).
Antidiarrhéiques
- Lopéramide : possible chez l'adulte immunocompétent avec diarrhée aqueuse ; 4 mg PO, puis 2 mg après chaque selle liquide, max 16 mg/24 h, ≤ 48 h.
- Contre-indiqué : fièvre, sang dans les selles (diarrhée inflammatoire, risque de mégacôlon toxique), C. difficile soupçonné ou prouvé, STEC.
- Probiotiques : non recommandés par l’ACG (sauf post-antibiotique) ; éviter chez l’immunosupprimé.
Précautions additionnelles et isolement
- Précautions contact dès l’apparition d’une diarrhée d’allure infectieuse, sans attendre le résultat, selon le protocole de PCI local ; chambre privée et toilette dédiée si possible.
- C. difficile : contact renforcé, lavage des mains à l’eau et au savon (le gel alcoolisé ne détruit pas les spores), nettoyage au chlore.
- Norovirus : aviser la PCI (risque d’éclosion).
Réhydratation (pierre angulaire)
- Solution de réhydratation orale (SRO) de préférence : Gastrolyte ou Pedialyte, ou une recette maison (1 L d’eau, ½ c. à thé de sel, 6 c. à thé de sucre).
- Urgence (solutés IV) si : hypovolémie modérée à sévère (signes de choc, FC ≥ 110, TAS ≤ 90, oligurie), incapacité de boire, vomissements incoercibles, échec de la réhydratation orale, altération de l’état mental ou troubles électrolytiques importants (K, acidose).
- Réalimenter précocement selon la tolérance ; pas de jeûne. Éviter temporairement le lactose au besoin.
Traitement symptomatique
| Molécule | Dose adulte | Remarques |
|---|---|---|
| Lopéramide | 4 mg PO, puis 2 mg après chaque selle non formée ; max 16 mg/24 h ; ≤ 48 h en autotraitement | Le plus efficace. Éviter si dysenterie (fièvre, sang) sans antibiotique concomitant, si ECEH ou si C. difficile suspecté |
| Sous-salicylate de bismuth | Posologie selon l’étiquette du produit (vente libre) | Selles et langue noires. Éviter si allergie à l’AAS, prise d’anticoagulant, de méthotrexate ou de probénécide, insuffisance rénale, goutte ; risque de salicylisme si AAS concomitant |
| Ondansétron | 4–8 mg PO/ODT q8h PRN | Si vomissements ; ECG si facteurs de QT long |
Antibiothérapie empirique (sélective)
- La plupart des patients n’en ont pas besoin. Les antibiotiques raccourcissent la maladie d’environ 1 jour, mais favorisent les résistances et C. difficile.
- Indications : dysenterie fébrile, sepsis ou atteinte sévère, hôte immunosupprimé ou âgé et fragile, diarrhée du voyageur modérée à sévère.
- Pas d’antibiotique si ECEH suspecté (afébrile, sanglant, éclosion) : le risque de SHU augmente.
| Situation | 1er choix | Alternative |
|---|---|---|
| Empirique adulte (dysenterie, sévère) | Azithromycine 500 mg PO die × 3 j (ou 1 g PO × 1 dose) | Ciprofloxacine 500 mg PO bid × 3 j, seulement si sensibilité connue et pas de voyage en Asie |
| Campylobacter (si sévère, immunosupprimé, persistant) | Azithromycine 500 mg PO die × 3 j | — |
| Salmonella non typhique | Pas d’ATB si hôte sain. Traiter si < 3 mois, ≥ 50–65 ans, immunosuppression, prothèse vasculaire ou valvulaire, bactériémie | Selon l’antibiogramme : TMP-SMX, ampicilline ou azithromycine ; bactériémie : urgence (ceftriaxone IV) |
| Shigella | Selon l’antibiogramme (souches multirésistantes en hausse chez les HARSAH) : azithromycine 500 mg × 3 j | Ceftriaxone ; consulter l’infectiologie si BLSE ou XDR |
| Giardia | Métronidazole 500 mg PO bid × 5–7 j | Tinidazole 2 g PO × 1 dose |
| ECEH (O157, toxine Shiga +) | Pas d’antibiotique ni d’antipéristaltique | FSC, frottis, créatinine die × 7–10 j (SHU) |
⚠️ Fluoroquinolones à éviter en empirique (CHLM 2021 : ciprofloxacine 70 % S pour Campylobacter, 44 % S pour Salmonella) : azithromycine préférée, surtout si fièvre, dysenterie ou voyage en Asie du Sud et du Sud-Est ; ajuster selon l’antibiogramme (IDSA 2017 ; CDC Yellow Book 2026).
C. difficile (résumé ; GUO INESSS 2025, guide CHLM)
- Cesser ou réévaluer l’antibiotique en cause, les laxatifs et l’IPP ; éviter le lopéramide ; réévaluer les opioïdes.
- Sévère : GB ≥ 15 × 10⁹/L, ou créatinine > 1,5 × la valeur de base (CHLM : > 130 µmol/L), ou T > 38,5 °C. Fulminant ou compliqué : hypotension, iléus, mégacôlon, perforation.
| Épisode | Traitement |
|---|---|
| 1er épisode, non sévère ou sévère | Vancomycine 125 mg PO qid × 10 j ou fidaxomicine 200 mg PO bid × 10 j |
| Fulminant | Urgence par ambulance (traitement et avis chirurgie et infectiologie à l’hôpital) |
| 1re récidive (< 12 sem) | Fidaxomicine 200 mg bid × 10 j (1er choix), ou vancomycine 125 mg qid × 10 j |
| ≥ 2e récidive | Vancomycine dégressive et pulsée (environ 6 sem) ou fidaxomicine ; spécialiste ; greffe de microbiote fécal |
| Antibiothérapie concomitante chez un patient à risque (guide local d’antibiothérapie) | Vancomycine 125 mg PO die pendant l’antibiothérapie et jusqu’à 5 j après |
- Le métronidazole n’est plus recommandé en monothérapie ni pour les récidives.
⚖️ Divergence entre lignes directrices (INESSS 2025 vs guide local d’antibiothérapie 2023) : l’INESSS traite 10 jours sans prolonger ; le guide local propose la vancomycine 125 mg PO die pendant l’antibiotique et 5 jours après chez le patient à risque. Au SRV, on suit l’INESSS : ni prolongation ni prophylaxie ; si un nouvel antibiotique est requis dans les 3 à 6 mois suivant une ICD, consulter en microbiologie-infectiologie.
📌 Priorité des sources sur ce site : l’INESSS, les guides québécois et les protocoles locaux lorsqu’ils sont disponibles ; sinon, les lignes directrices canadiennes, puis internationales.
Prévention des infections et santé publique
- Précautions contact pour toute diarrhée infectieuse à l’hôpital ; contact + gouttelettes lors d’une éclosion de norovirus avec vomissements.
- MADO au Québec : les infections entériques confirmées (salmonellose, shigellose, campylobactériose, E. coli producteur de shigatoxine, giardiase, amibiase, cryptosporidiose, yersiniose, listériose, etc.) sont déclarées par le laboratoire ; le médecin déclare à la santé publique (≤ 48 h) la fièvre typhoïde ou paratyphoïde, le SHU/PTT associé à un E. coli producteur de shigatoxine et toute toxi-infection alimentaire et hydrique (éclosion) ; choléra et botulisme : déclaration urgente par téléphone (liste MADO médecins, MSSS).
- Retirer les manipulateurs d’aliments, les travailleurs de la santé et les éducateurs en garderie infectés jusqu’à l’avis de la santé publique.
Algorithme
Consulter
Consulter en gastro-entérologie si :
Éliminer d’abord une infection, incluant C. difficile, avant la coloscopie.
- Semi-urgentDiarrhée sanglante persistante ou MII soupçonnée (sang > 7–14 jours, perte de poids, pas de pathogène) — pendant le séjour (coloscopie).
- Semi-urgentColite ischémique soupçonnée (âgé vasculaire, douleur puis rectorragie, hypotension récente) — pendant le séjour.
À préparer : durée de la diarrhée, présence de sang, résultats de selles (C. difficile, coproculture ou PCR), FSC, créatinine, imagerie, médicaments (antibiotiques, AINS, anticoagulants), voyage.
Consulter en chirurgie générale si :
- UrgentMégacôlon toxique ou péritonite (distension, défense, sepsis) — immédiatement.
Consulter aux soins intensifs si :
- UrgentChoc (hypovolémique ou septique) — immédiatement.
Envoyer à l’urgence si :
- UrgenceHypovolémie modérée à sévère ou échec oral (FC ≥ 110, TAS ≤ 90, oligurie, vomissements incoercibles, état mental altéré, K ou acidose) — solutés IV
- UrgenceSepsis ou infection sévère chez l’immunosupprimé (dont bactériémie à Salmonella)
- UrgenceFièvre au retour d’une zone de paludisme
- UrgenceC. difficile fulminant (hypotension, iléus, mégacôlon, perforation) — ambulance ; chirurgie et infectiologie
- UrgenceDiarrhée sanglante avec SHU soupçonné (ECEH : oligurie, ↓ plaquettes, ↑ créatinine)
- UrgenceDouleur disproportionnée chez un vasculaire (colite ou ischémie mésentérique) — lactate, angio-TDM
Consulter en infectiologie si :
- UrgentC. difficile compliqué (hypotension, iléus, mégacôlon) — garde, même jour.
- Semi-urgentImmunosuppression grave ou neutropénie — pendant le séjour.
Consulter en néphrologie si :
- UrgentSHU soupçonné (anémie hémolytique, thrombopénie, IRA après diarrhée sanglante) — garde, même jour.
- UrgenceShigella BLSE ou XDR (choix de l’antibiotique) — infectiologue de garde
- RapideC. difficile récurrent (≥ 2e récidive : vancomycine dégressive, greffe de microbiote) — priorité B (≤ 10 j)
- RapideParasitose intestinale confirmée (hors giardiase simple traitée) — priorité B (≤ 10 j)
- RapideMaladie tropicale possible, état général conservé (retour de voyage, hors paludisme) — priorité B (≤ 10 j)
À préparer : signes vitaux et volémie ; FSC, électrolytes, créatinine ; culture ou TAAN et antibiogramme, test C. difficile ; antibiotiques < 3 mois et traitements d’ICD antérieurs (molécule, dates) ; voyage et expositions ; statut immunitaire. MADO ou éclosion : aviser la santé publique.
Suivi et congé
- Congé si le patient tolère l’hydratation orale, que la volémie et les électrolytes sont corrigés et qu’il n’y a aucun signe d’alarme.
- Consignes : hygiène des mains, SRO, revenir si sang, fièvre persistante, signes de déshydratation ou oligurie.
- Diarrhée > 14 j : bilan de diarrhée persistante (parasites, maladie cœliaque, MII, intolérance au lactose post-infectieuse, SII post-infectieux).
- ECEH : FSC et créatinine jusqu’à la résolution (SHU vers les jours 5–10).
Pièges et perles
- Avant tout test, regarder la FADM (laxatifs réguliers et PRN).
- Une diarrhée de débordement sur fécalome se traite par évacuation, pas par lopéramide.
- Pas de test de C. difficile sous laxatifs ou sans diarrhée (colonisation fréquente).
- Ciprofloxacine : mauvais choix empirique local (résistance) et favorise C. difficile.
- Diarrhée sanglante peu fébrile : penser STEC ; ni antibiotique ni antidiarrhéique ; FSC et créatinine (SHU).
- Colite ischémique (âgé vasculaire, hypotension récente) et MII (sang persistant, perte de poids) : éliminer d’abord une infection, incluant C. difficile, puis coloscopie.
- La diarrhée nosocomiale est d’abord médicamenteuse (laxatifs prescrits « au besoin » mais donnés systématiquement) avant d’être infectieuse : réviser la feuille d’administration avant de demander un test C. difficile.
- Un fécalome peut se présenter comme une diarrhée chez la personne âgée en CHSLD : faire un toucher rectal.
- Diarrhée sanglante afébrile = penser ECEH : pas d’antibiotique, pas de lopéramide.
- Douleur disproportionnée chez une personne âgée vasculaire, avec diarrhée sanglante : colite ischémique ; dans ce cas on doit exclure une ischémie mésentérique (lactate, angio-TDM).
- Yersinia peut simuler une appendicite (iléite terminale, adénite mésentérique).
- Moyen mnémotechnique pour C. difficile : clindamycine, ampicilline/amoxicilline, céphalosporines et quinolones sont les grands coupables ; traitement « Vanco ou Fida ».
Outils publics de l’Estrie
Documents publics de Santé Québec – Estrie-CHUS, résumés dans nos mots. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.
📄 Outil public de l’Estrie — OC-SV-001 : Traitement de la diarrhée aiguë du voyageur (clinique santé-voyage) (2019)
- Réhydratation orale d’abord ; diarrhée modérée (12 ans et plus) : lopéramide 4 mg puis 2 mg après chaque selle liquide, max 16 mg/j, 24-48 h.
- Diarrhée sévère, fièvre ou sang : antibiotique sans lopéramide — azithromycine 500 mg die 1 à 3 jours (enfant 10 mg/kg/j, max 500 mg) ou ciprofloxacine 500 mg q12h 1 à 3 jours (16 ans et plus).
- Consulter si fièvre (surtout au retour d’une zone de paludisme), déshydratation ou diarrhée persistante.
Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, OC-SV-001. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.
📄 Outil public de l’Estrie — GPR-IF-001 : Guide de pratique : infection à Clostridioides difficile (2026)
- Tester seulement une diarrhée établie (plusieurs selles liquides par jour) ; précautions contact E, hygiène des mains à l’eau et au savon.
- 1er épisode : vancomycine 125 mg PO QID × 10 j, ou fidaxomicine 200 mg BID × 10 j si risque de récidive (65 ans et plus, immunosuppression) ; forme compliquée : vancomycine 500 mg PO QID + métronidazole 500 mg IV q8h, avis chirurgical si iléus.
- Récidive : fidaxomicine (préférée) ou vancomycine ; à partir de la 2e, vancomycine en paliers, infectiologie, microbiote (Rebyota) ; cesser les antibiotiques et laxatifs non essentiels, réévaluer l’IPP.
Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, GPR-IF-001. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.
📄 Outil public de l’Estrie — DIR-PCI-002 : Directive : pratiques de base et précautions additionnelles (2026-07)
- Pratiques de base pour tous : hygiène des mains, étiquette respiratoire, ÉPI selon le risque d’exposition.
- Contact (blouse, gants) ; « contact + » pour le C. difficile : lavage des mains à l’eau et au savon et désinfectant sporicide ; gouttelettes (masque) ; aérienne (chambre à pression négative, N95).
- Désinfection terminale au départ ou à la levée des précautions, selon l’équipe de prévention des infections.
Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, DIR-PCI-002. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.
Outils publics de l’Estrie
Documents publics de Santé Québec – Estrie-CHUS, résumés dans nos mots. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu. Voir aussi Accueil clinique : ordonnances collectives publiques.
📄 Outil public de l’Estrie — OC-SV-001 : Traitement de la diarrhée aiguë du voyageur (clinique santé-voyage) (2019)
- Réhydratation orale d’abord ; diarrhée modérée (12 ans et plus) : lopéramide 4 mg puis 2 mg après chaque selle liquide, max 16 mg/j, 24-48 h.
- Diarrhée sévère, fièvre ou sang : antibiotique sans lopéramide — azithromycine 500 mg die 1 à 3 jours (enfant 10 mg/kg/j, max 500 mg) ou ciprofloxacine 500 mg q12h 1 à 3 jours (16 ans et plus).
- Consulter si fièvre (surtout au retour d’une zone de paludisme), déshydratation ou diarrhée persistante.
Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, OC-SV-001. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.
📄 Outil public de l’Estrie — GPR-IF-001 : Guide de pratique : infection à Clostridioides difficile (2026)
- Tester seulement une diarrhée établie (plusieurs selles liquides par jour) ; précautions contact E, hygiène des mains à l’eau et au savon.
- 1er épisode : vancomycine 125 mg PO QID × 10 j, ou fidaxomicine 200 mg BID × 10 j si risque de récidive (65 ans et plus, immunosuppression) ; forme compliquée : urgence (vancomycine PO à forte dose + métronidazole IV, avis chirurgical si iléus).
- Récidive : fidaxomicine (préférée) ou vancomycine ; à partir de la 2e, vancomycine en paliers, infectiologie, microbiote (Rebyota) ; cesser les antibiotiques et laxatifs non essentiels, réévaluer l’IPP.
Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, GPR-IF-001. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.
📄 Outil public de l’Estrie — DIR-PCI-002 : Directive : pratiques de base et précautions additionnelles (2026-07)
- Pratiques de base pour tous : hygiène des mains, étiquette respiratoire, ÉPI selon le risque d’exposition.
- Contact (blouse, gants) ; « contact + » pour le C. difficile : lavage des mains à l’eau et au savon et désinfectant sporicide ; gouttelettes (masque) ; aérienne (chambre à pression négative, N95).
- Désinfection terminale au départ ou à la levée des précautions, selon l’équipe de prévention des infections.
Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, DIR-PCI-002. Les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.
Références
- OC-SV-001 — Traitement de la diarrhée aiguë du voyageur (clinique santé-voyage) (Santé Québec – Estrie-CHUS, 2019 ; document public)
- GPR-IF-001 — Guide de pratique : infection à Clostridioides difficile (Santé Québec – Estrie-CHUS, 2026 ; document public)
- DIR-PCI-002 — Directive : pratiques de base et précautions additionnelles (Santé Québec – Estrie-CHUS, 2026-07 ; document public)
- Shane AL et al. 2017 IDSA Clinical Practice Guidelines for the Diagnosis and Management of Infectious Diarrhea (Clin Infect Dis, 2017)
- Infectious Diarrhea: IDSA Updates Guidelines for Diagnosis and Management (AAFP, 2018)
- Riddle MS et al. ACG Clinical Guideline: Diagnosis, Treatment, and Prevention of Acute Diarrheal Infections in Adults (ACG, 2016)
- When are stool cultures indicated for hospitalized patients with diarrhea not caused by C. difficile? (J Fam Pract ; Bauer TM, JAMA 2001)
- What stool testing is appropriate when diarrhea develops in a hospitalized patient? (The Hospitalist)
- Infection à Clostridioides difficile — Guide d’usage optimal (INESSS, 2025)
- Guide d’antibiothérapie de l’Hôpital Charles-Le Moyne, 7e éd. (mai 2023) : sensibilité locale des entéropathogènes 2021, C. difficile (éviter les antipéristaltiques, cesser les laxatifs).
- MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spécialisée (CRDS) — Gastroentérologie.
- INESSS. Traitement de l’infection à Clostridioides difficile — Guide d’usage optimal, 2025.
- Guide d’antibiothérapie de l’Hôpital Charles-Le Moyne, 7e éd. (mai 2023) : sensibilité locale des entéropathogènes 2021, C. difficile (éviter les antipéristaltiques, cesser les laxatifs).
- Shane AL, Mody RK, Crump JA, et coll. 2017 IDSA Clinical Practice Guidelines for the Diagnosis and Management of Infectious Diarrhea. Clin Infect Dis 2017;65(12):e45–e80. DOI : 10.1093/cid/cix669
- Infectious Diarrhea: IDSA Updates Guidelines for Diagnosis and Management (AAFP, 2018)
- Riddle MS et al. ACG Clinical Guideline: Diagnosis, Treatment, and Prevention of Acute Diarrheal Infections in Adults (ACG, 2016)
- Connor BA, Leung DT. Travelers' Diarrhea. CDC Yellow Book 2026 — lopéramide (4 mg puis 2 mg, max 16 mg/24 h), azithromycine, contre-indications du bismuth.
- MSSS. Liste des maladies, infections et intoxications à déclaration obligatoire (MADO) — médecins (doc. 19-268-06W).
- MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spécialisée (CRDS) — Microbiologie-infectiologie.
- MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spécialisée (CRDS) — Gastroentérologie.