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CHSLD et soins palliatifs › Garde : appels aigus

Vomissements, diarrhée, saignement digestif

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En bref : Chez le résident frêle, vomissements et diarrhée mènent vite à la déshydratation, à l’insuffisance rénale aiguë et au délirium. Trois questions : est-ce contagieux (norovirus, C. difficile) ? Y a-t-il un saignement ou une cause chirurgicale (occlusion, fécalome) ? Quels médicaments faut-il suspendre ou ajuster ? La conduite dépend du niveau de soins.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Hématémèse, vomissements « marc de café », méléna ou rectorragie abondante ; hypotension, tachycardie, pâleur, syncope.
  • Abdomen distendu et douloureux, vomissements fécaloïdes, arrêt des gaz : occlusion.
  • Diarrhée avec fièvre, douleur abdominale, leucocytose ou antibiotique récent : C. difficile (forme grave si iléus ou choc).
  • Signes de déshydratation importante : somnolence, oligurie, hypotension orthostatique.

✅ À faire maintenant

  • Signes vitaux, état de conscience, examen abdominal ; toucher rectal (méléna, fécalome).
  • Une « diarrhée » chez un résident constipé : penser d’abord à la diarrhée de débordement sur fécalome.
  • Précautions additionnelles gouttelettes-contact dès qu’une gastroentérite est soupçonnée ; aviser l’équipe de prévention des infections si d’autres résidents sont atteints.
  • Selles pour recherche de C. difficile si diarrhée nouvelle (selles qui prennent la forme du contenant), sans laxatif récent.
  • Selon le niveau de soins : FSC, électrolytes, créatinine ; INR si warfarine.
  • Revoir les médicaments : laxatifs, antibiotiques, metformine, IAChE, AINS, antithrombotiques.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BTransfert si saignement digestif actif ou instabilité, occlusion soupçonnée, C. difficile grave, déshydratation non corrigeable sur place.
CTraiter sur place : hydratation PO ou hypodermoclyse, antiémétique, traitement de C. difficile par la bouche, arrêt d’un médicament en cause. Transférer si le confort l’exige.
DConfort : antiémétique, soins de bouche, soins de la peau ; pas de bilan sanguin. Un saignement abondant se traite selon les soins de fin de vie (draps foncés, sédation de détresse selon le protocole).

Avant tout transfert, revoir les objectifs avec le résident ou son représentant.

Sur place

  • Hydratation : PO par petites quantités fréquentes ; sinon hypodermoclyse (NaCl 0,9 %, voir Patients en CHSLD). Pas d’hypodermoclyse pour un remplacement rapide (choc, saignement actif).
  • Médicaments à suspendre temporairement si déshydratation : diurétiques, IECA ou ARA, metformine, iSGLT2, AINS. Documenter la date de reprise.
  • Antiémétique : éviter le métoclopramide et l’halopéridol en cas de Parkinson ou de démence à corps de Lewy. Doses : voir la fiche Nausées et vomissements.
  • Lopéramide : pas avant d’avoir exclu C. difficile et une diarrhée de débordement.
  • C. difficile : cesser l’antibiotique en cause si possible ; vancomycine ou fidaxomicine PO (voir la fiche Infection à Clostridioides difficile). Revoir l’indication d’un IPP.
  • Saignement digestif haut soupçonné, résident stable : suspendre AINS et antithrombotiques selon le risque, IPP PO, FSC de contrôle ; voir la fiche Hémorragies digestives.

Éclosion et prévention

  • Deux cas liés ou plus dans une unité : éclosion possible. Suivre les consignes de l’équipe de prévention des infections et de la santé publique.
  • Maintenir les précautions 48 h après la fin des symptômes (plus longtemps en éclosion majeure, selon l’équipe de prévention des infections).
  • En éclosion de norovirus, l’eau et le savon sont préférables au gel hydroalcoolique.

Famille et suivi

  • Aviser le représentant ; expliquer les précautions et les consignes de visite en éclosion.
  • Réévaluer chaque jour : apports, diurèse, signes vitaux, créatinine selon le niveau de soins.

Pièges et perles

  • Fer et bismuth noircissent les selles sans saignement ; le méléna est collant et malodorant.
  • Une hémoglobine normale au début n’exclut pas un saignement important.
  • Les médicaments repris trop tôt ou oubliés à l’arrêt sont une cause fréquente d’insuffisance rénale ou d’hypotension.
  • Pas de test de guérison pour C. difficile.

Références

  • Comité sur les infections nosocomiales du Québec (CINQ), INSPQ. Mesures de prévention et de contrôle des gastroentérites d’allure virale dans les établissements de soins (2017).
  • Johnson S, et al. Clinical practice guideline by IDSA and SHEA: 2021 focused update on management of Clostridioides difficile infection in adults. Clin Infect Dis 2021;73(5):e1029-e1044.
  • Barkun AN, et al. Management of nonvariceal upper gastrointestinal bleeding: guideline recommendations from the International Consensus Group. Ann Intern Med 2019;171(11):805-22.
  • Choisir avec soin Canada. Soins de longue durée : neuf recommandations (mise à jour sept. 2025).

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