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CHSLD et soins palliatifs › Infections

Gastro-entérite, norovirus

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En bref : La gastro-entérite virale, surtout à norovirus, se propage très vite en CHSLD. Le danger pour le résident est la déshydratation. Le traitement est surtout de soutien, sur place. L’essentiel est de reconnaître tôt une éclosion et d’aviser l’équipe de prévention et contrôle des infections (PCI). Penser au C. difficile si le résident a pris un antibiotique récemment.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Déshydratation : hypotension, tachycardie, oligurie, délirium, chute.
  • Sang dans les selles, forte fièvre, douleur abdominale importante ou abdomen distendu.
  • Vomissements avec risque d’aspiration chez le résident dysphagique ou peu éveillé.
  • Diarrhée après un antibiotique récent : C. difficile (voir cette page).

✅ À faire maintenant

  • Cas suspect (INSPQ, 2017) : en 24 h, ≥ 2 vomissements ou ≥ 2 selles molles ou liquides, avec au moins un autre signe (fièvre, nausées, douleur abdominale, céphalée).
  • Précautions additionnelles gouttelettes-contact dès la suspicion ; aviser l’équipe PCI.
  • Signes vitaux, hydratation, glycémie chez le diabétique ; toucher rectal si diarrhée de débordement possible.
  • Revoir les médicaments : diurétiques, IECA/ARA, metformine, laxatifs. Une pause temporaire est souvent indiquée pendant la déshydratation.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BTransfert si déshydratation sévère ou choc (l’hypodermoclyse ne convient pas au remplacement rapide), sang dans les selles avec instabilité, abdomen chirurgical.
CRéhydratation PO, hypodermoclyse au besoin, antiémétique, surveillance sur place.
DConfort : soins de bouche, antiémétique, soins de la peau. Hydratation selon le confort et les souhaits.

Sur place

  • Hydratation : petites quantités fréquentes ; hypodermoclyse avec un soluté isotonique si l’apport oral est insuffisant (voir Patients en CHSLD).
  • Antiémétique : choisir selon le QT et le risque extrapyramidal ; éviter le métoclopramide en Parkinson.
  • Selles : la confirmation virale se fait sur un nombre limité de cas, selon l’équipe PCI ; pas de test chez les résidents asymptomatiques.
  • Durée des précautions : jusqu’à 48 h après la fin des symptômes (INSPQ, 2017), plus longtemps sur décision de l’équipe PCI en éclosion majeure.
  • Hygiène des mains : eau et savon à privilégier en éclosion de norovirus ; désinfection avec un produit efficace contre le norovirus.

Éclosion

  • Éclosion nosocomiale : au moins 2 cas nosocomiaux liés entre eux (INSPQ, 2017). L’équipe PCI la gère et la signale à la santé publique.
  • Personnel malade : retrait du travail jusqu’à 48 h après la fin des symptômes.
  • Visiteurs malades : ne pas visiter avant 48 h sans symptômes ; restrictions selon l’ampleur de l’éclosion.
  • Fin de l’éclosion : 96 h après la fin des symptômes du dernier cas, après le nettoyage et la désinfection.

Famille et suivi

  • Informer le représentant des mesures et des restrictions de visite.
  • Reprendre les médicaments suspendus quand le résident boit et mange à nouveau ; documenter la date de reprise.

Pièges et perles

  • Pas d’antibiotique pour une gastro-entérite virale.
  • Pas d’antipéristaltique avant d’avoir exclu le C. difficile.
  • Oublier de reprendre les antihypertenseurs ou les diurétiques suspendus, ou de les suspendre : deux erreurs fréquentes.

Références

  • INSPQ (CINQ). Mesures de prévention et de contrôle des gastroentérites d’allure virale dans les établissements de soins (2017).
  • INSPQ (CINQ). Mesures de prévention et de contrôle du Clostridium difficile dans les milieux d’hébergement et de soins de longue durée (2018).
  • Shane AL, et al. 2017 IDSA clinical practice guidelines for the diagnosis and management of infectious diarrhea. Clin Infect Dis 2017;65(12):e45-e80.

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