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Insomnie

PsychiatrieFiche révisée · 21 oct. 2026

💊 Doses / traitement✉ Signaler une erreur

En bref : L’insomnie chronique se traite en 1re intention par la TCC-I, efficace chez environ 2 patients sur 3 et dont l’effet persiste. Un hypnotique se rĂ©serve Ă  l’insomnie aiguĂ« ou Ă  l’échec ou Ă  l’inaccessibilitĂ© de la TCC-I. On le prescrit alors Ă  la dose minimale, de façon intermittente et pour < 4 semaines. À l’hĂŽpital, on corrige d’abord les causes (douleur, bruit, lumiĂšre, nycturie, dĂ©lirium, sevrage). On ne commence pas un nouvel hypnotique de routine chez la personne ĂągĂ©e : risque de chutes et de dĂ©lirium.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Somnolence diurne marquĂ©e, ronflements, apnĂ©es observĂ©es : apnĂ©e du sommeil, narcolepsie.
  • DĂ©pression, anxiĂ©tĂ©, trouble liĂ© Ă  une substance.
  • HospitalisĂ© ĂągĂ© ou dĂ©lirant : BZD et Z-drugs ↑ chutes et dĂ©lirium.
  • ArrĂȘt brutal d’un hypnotique pris Ă  domicile : sevrage, rebond.

✅ À faire maintenant

  • CritĂšres : ≄ 3 nuits/sem. depuis ≄ 3 mois avec consĂ©quence diurne.
  • Causes : douleur, nycturie, RGO, SJSR, mĂ©dicaments (corticoĂŻdes, diurĂ©tiques le soir, ISRS), cafĂ©ine, alcool.
  • ISI et journal de sommeil sur 2 semaines.
  • À l’hĂŽpital : regrouper les soins de nuit, bouchons, masque, mobiliser le jour.
  • Au congĂ© : ne pas renouveler un hypnotique commencĂ© Ă  l’hĂŽpital ; dĂ©prescription (−25 % q2 sem.) chez les ≄ 65 ans.

💊 Premiùres ordonnances

  • TCC-I en 1re intention (contrĂŽle du stimulus, restriction du temps au lit).
  • Si hypnotique : dose minimale, intermittent, < 4 sem.
  • Zopiclone 3,75–7,5 mg PO HS (≄ 65 ans : 3,75–5 mg) ; doxĂ©pine 3–6 mg PO HS (maintien) ; mĂ©latonine LP 2 mg PO 1–2 h avant le coucher ; lemborexant 5 mg PO HS.
  • 2e ligne chez la personne ĂągĂ©e : trazodone 25–50 mg PO HS.
  • Éviter quĂ©tiapine et diphĂ©nhydramine.

📞 Appeler ou orienter si

  • Pneumologie adulte : ApnĂ©e du sommeil soupçonnĂ©e, mĂ©tier Ă  risque

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

  • TCC-I en 1re intention (contrĂŽle du stimulus, restriction du temps au lit).
  • Remettre l'ordonnance non mĂ©dicamenteuse de Choisir avec soin (stratĂ©gies de sommeil Ă  cocher, Ă  remettre au patient).
  • Si hypnotique : dose minimale, intermittent, < 4 sem.
  • Zopiclone 3,75–7,5 mg PO HS (≄ 65 ans : 3,75–5 mg) ; doxĂ©pine 3–6 mg PO HS (maintien) ; mĂ©latonine LP 2 mg PO 1–2 h avant le coucher ; lemborexant 5 mg PO HS.
  • 2e ligne chez la personne ĂągĂ©e : trazodone 25–50 mg PO HS.
  • Éviter quĂ©tiapine et diphĂ©nhydramine.
📝 Gabarits d’ordonnance (1 · Ă  adapter au patient)

Cochez les lignes voulues, remplissez l’en-tĂȘte, puis Copier (texte pour le DMÉ) ou Imprimer. Doses reprises de la fiche ; gabarit Ă  valider avant usage.

🔒 Les informations inscrites restent sur votre appareil : rien n’est enregistrĂ© ni envoyĂ©.

đŸ€ OrientationRecommandation de soins : psychothĂ©rapie

Diagnostic : Insomnie chronique

Objectif : Améliorer le sommeil et réduire ou éviter les hypnotiques

FrĂ©quence suggĂ©rĂ©e : Selon le plan du thĂ©rapeute ; réévaluation mĂ©dicale Ă  8–12 semaines.

PrĂ©cautions : Remettre aussi l’ordonnance non mĂ©dicamenteuse de Choisir avec soin. DĂ©pister l’apnĂ©e du sommeil et la dĂ©pression.

PsychothĂ©rapie : au public, guichet d’accĂšs en santĂ© mentale de l’établissement (PQPTM) ; au privĂ©, assurance ou programme d’aide aux employĂ©s.

📄 À remettre au patient ou aux parents

Tous les dĂ©pliants Ă  imprimer â€ș

📞 Appeler ou orienter si

  • Pneumologie : ApnĂ©e soupçonnĂ©e, somnolence sĂ©vĂšre, mĂ©tier Ă  risque
  • Psychiatrie : ComorbiditĂ© psychiatrique avec rupture fonctionnelle

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

📹 RĂ©fĂ©rer : CRDS Consulter en psychiatrie si : (prioritĂ©s A Ă  E) · đŸš© Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

Définition

  • Insomnie chronique (ICSD-3). Les 6 critĂšres sont tous requis :
    • au moins une plainte de sommeil : difficultĂ© d’endormissement, rĂ©veils nocturnes ou rĂ©veil prĂ©coce ;
    • au moins une consĂ©quence diurne : fatigue, troubles d’attention ou de mĂ©moire, irritabilitĂ©, somnolence, baisse d’énergie, erreurs ou accidents, inquiĂ©tude face au sommeil ;
    • les plaintes ne s’expliquent pas par un manque d’occasion de dormir ni par un environnement inadĂ©quat ;
    • ≄ 3 nuits par semaine, depuis ≄ 3 mois ;
    • elles ne s’expliquent pas mieux par un autre trouble du sommeil.
  • Insomnie aiguĂ« (d’ajustement) : elle dure < 3 mois et est liĂ©e Ă  un stresseur (deuil, hospitalisation, maladie).
  • Les besoins de sommeil varient de 5 Ă  10 h selon la personne et diminuent avec l’ñge. Ce qui compte, c’est le fonctionnement diurne, pas le nombre d’heures.

Causes secondaires Ă  rechercher

SystĂšme Exemples
Neurologique SJSR, trouble du comportement en sommeil paradoxal, trouble neurocognitif, Parkinson
Respiratoire et cardiaque Apnée du sommeil, orthopnée, DPN, toux
Urinaire et digestif Nycturie, polyurie nocturne, incontinence, RGO, diarrhée
Endocrinien Hyperthyroïdie, dysglycémie, hypercortisolisme
Psychiatrique Dépression, anxiété, psychose, trouble lié à une substance
Autres Douleur, prurit
MĂ©dicaments CorticostĂ©roĂŻdes, diurĂ©tiques le soir, ISRS/IRSN, bupropion, psychostimulants, bĂȘtabloquants non cardiosĂ©lectifs, dĂ©congestionnants, bronchodilatateurs, cafĂ©ine, alcool, nicotine

💡 Si un mĂ©dicament stimulant est nĂ©cessaire, le donner le plus tĂŽt possible dans la journĂ©e : corticostĂ©roĂŻde le matin, diurĂ©tique avant 16 h.

Évaluation (structurĂ©e, adaptĂ©e de Morin et Benca)

  • Plainte : endormissement, maintien du sommeil, rĂ©veil prĂ©coce ou sommeil non rĂ©parateur. PrĂ©ciser le dĂ©but, l’élĂ©ment dĂ©clencheur, la durĂ©e, la frĂ©quence, l’effet diurne, les traitements essayĂ©s et leur effet.
  • Horaire de sommeil : heure du coucher, dĂ©lai d’endormissement, Ă©veils et activitĂ©s pendant ceux-ci, heure du lever final. Comparer la semaine et la fin de semaine.
  • Cadre de sommeil : activitĂ©s et Ă©crans au lit, environnement, ruminations au coucher.
  • Fonction diurne : distinguer somnolence (Ă©voque l’apnĂ©e ou la narcolepsie) et fatigue. Évaluer l’humeur, la cognition, les siestes.
  • Substances : mĂ©dicaments, produits en vente libre, alcool, cannabis, cafĂ©ine.
  • Autres symptĂŽmes : ronflement, apnĂ©es observĂ©es, impatiences, mouvements, comportements nocturnes.
  • Outils :
    • Index de sĂ©vĂ©ritĂ© de l’insomnie (ISI) pour le dĂ©pistage ;
    • journal (agenda) de sommeil sur 2 semaines pour l’évaluation et le suivi. La SQG recommande les deux chez la personne ĂągĂ©e.
  • Polysomnographie seulement si on soupçonne une apnĂ©e du sommeil, une parasomnie ou un mouvement anormal.

Prise en charge non pharmacologique : la TCC-I

  • EfficacitĂ© : environ 2/3 des patients rĂ©pondent (latence, Ă©veils, durĂ©e) et environ 40 % entrent en rĂ©mission. L’effet se maintient, aussi chez la personne ĂągĂ©e, en contexte de dĂ©pression, de douleur chronique et de cancer.
  • Composantes :
    • ContrĂŽle du stimulus : le lit sert au sommeil et Ă  la sexualitĂ© seulement. Se coucher seulement quand on est somnolent. Se lever si on ne dort pas aprĂšs environ 20–30 min. Lever Ă  heure fixe.
    • Restriction du temps au lit : on limite le temps au lit au temps de sommeil rĂ©el (minimum 5 h), puis on l’augmente progressivement. C’est la composante la plus puissante. Prudence en cas de bipolaritĂ©, d’épilepsie ou de chute.
    • ThĂ©rapie cognitive : dĂ©faire les croyances erronĂ©es (« il me faut absolument 8 h ») et dĂ©catastrophiser (« quel est le pire qui puisse arriver ? »).
    • Relaxation et hygiĂšne du sommeil. L’hygiĂšne seule est insuffisante :
      • horaire rĂ©gulier ;
      • pas de cafĂ©ine aprĂšs le milieu de l’aprĂšs-midi ;
      • pas d’alcool le soir ;
      • activitĂ© physique le jour (≄ 30 min) ;
      • chambre calme, sombre et fraĂźche (environ 19 °C) ;
      • Ă©viter les siestes ;
      • lumiĂšre vive le jour, obscuritĂ© la nuit ;
      • ne pas regarder l’heure la nuit.
  • Trouble neurocognitif : enseigner aux proches et au personnel ; privilĂ©gier l’hygiĂšne du sommeil et les volets comportementaux.
  • Ressources :
    • formats auto-administrĂ©s (livre de C. Morin, Vaincre les ennemis du sommeil) ;
    • agenda du sommeil (CETS-ULaval) ;
    • brochure sommeil et guide de sevrage des benzodiazĂ©pines du CRIUGM.

đŸ©ș En pratique : ordonnance non mĂ©dicamenteuse (Choisir avec soin) — feuille Ă  remplir et Ă  remettre au patient : on y coche les stratĂ©gies retenues et on y Ă©crit le nom du patient et du prescripteur.

  • Message au patient : les somnifĂšres n’ajoutent qu’un peu de sommeil et causent confusion, chutes, fractures de la hanche, accidents de la route et fatigue le jour, surtout chez l’aĂźnĂ©.
  • Jour : lumiĂšre du jour le matin, exercice (pas d’effort vigoureux dans les heures avant le coucher), sieste de 20 min au plus, avant 15 h.
  • Soir : dernier repas 3 Ă  4 h avant le coucher ; pas d’alcool ; pas de cafĂ©ine, surtout l’aprĂšs-midi ; une heure de dĂ©tente sans Ă©cran ; bain ou douche tiĂšde 1 Ă  2 h avant.
  • Chambre : sombre, fraĂźche, silencieuse ; lit rĂ©servĂ© au sommeil et Ă  la sexualitĂ© ; horloges tournĂ©es ; tĂ©lĂ©phone Ă©teint ou hors de la chambre.
  • ContrĂŽle du stimulus : se coucher seulement si somnolent ; sortir du lit aprĂšs 20 min d’éveil pour une activitĂ© calme ; lever Ă  heure fixe, mĂȘme aprĂšs une mauvaise nuit.
  • Revoir le patient si les symptĂŽmes persistent ou s’aggravent.

TĂ©lĂ©charger l’ordonnance (PDF, Choisir avec soin)

Pharmacothérapie

Principes

  • Choisir selon le type d’insomnie (endormissement, maintien, mixte), les comorbiditĂ©s (dĂ©pression, TNC, apnĂ©e) et les traitements antĂ©rieurs.
  • Dose minimale efficace, prise intermittente, durĂ©e la plus courte possible (< 1 mois), réévaluation rĂ©guliĂšre.
  • Pas d’alcool. Éviter si possible en cas d’apnĂ©e du sommeil non traitĂ©e.
  • Planifier l’arrĂȘt dĂšs l’ordonnance.

Médicaments indiqués

MolĂ©cule Type d’insomnie Dose adulte Dose ≄ 65 ans Remarques
Zopiclone Endormissement, maintien, mixte 3,75–7,5 mg HS 3,75–5 mg GoĂ»t mĂ©tallique ; dĂ©pendance, parasomnies, risque cognitif ; latence −11 Ă  −27 min
Zolpidem SL (Sublinox) Endormissement 5–10 mg HS (femme 5 mg) 5 mg Prendre au coucher, avec ≄ 7 h de sommeil devant soi
TĂ©mazĂ©pam Mixte 15–30 mg HS 7,5–15 mg Seule BZD indiquĂ©e pour l’insomnie ; chutes, fractures, accidents de la route, mĂ©susage
DoxĂ©pine faible dose Maintien 3–6 mg HS 3 mg Peu de dĂ©pendance ; effet anticholinergique nĂ©gligeable Ă  cette dose
MĂ©latonine LP Endormissement, rythme circadien 2 mg 1–2 h avant le coucher, aprĂšs le repas 2 mg Effet modeste ; utile pour le trouble du rythme circadien et le TCSP
Lemborexant Endormissement, maintien 5 mg HS (max 10 mg) 5 mg Antagoniste de l’orexine ; moins de tolĂ©rance et de rebond ; somnolence rĂ©siduelle, paralysie du sommeil ; CI : narcolepsie
Daridorexant Endormissement, maintien 25–50 mg HS 25–50 mg MĂȘme classe ; Ă©viter les inhibiteurs puissants du CYP3A4
  • Couverture RAMQ :
    • remboursĂ©s : tĂ©mazĂ©pam, trazodone, mirtazapine, quĂ©tiapine ;
    • non remboursĂ©s : zopiclone, zolpidem, doxĂ©pine faible dose, antagonistes de l’orexine, mĂ©latonine.
    • VĂ©rifier la liste en vigueur.

💡 Recommandation de la SQG chez la personne ĂągĂ©e autonome : en 1re ligne, zolpidem, zopiclone, tĂ©mazĂ©pam, doxĂ©pine ou mĂ©latonine, selon la plainte, les traitements antĂ©rieurs et le coĂ»t. En 2e ligne, la trazodone (25–50 mg HS).

Médicaments non indiqués (efficacité nulle ou marginale)

Molécule ProblÚme
Trazodone Effet trĂšs modeste ; hypotension orthostatique, chutes, priapisme. Acceptable en 2e ligne
Mirtazapine Gain de poids, somnolence rĂ©siduelle. À rĂ©server Ă  la dĂ©pression avec insomnie
QuĂ©tiapine Aucun bĂ©nĂ©fice dĂ©montrĂ© ; syndrome mĂ©tabolique, SEP, ↑ Ă©vĂ©nements CV et mortalitĂ© chez la personne ĂągĂ©e. À Ă©viter
Diphénhydramine, doxylamine Anticholinergiques : confusion, rétention, constipation ; tolérance rapide. CritÚres de Beers, éviter
LorazĂ©pam, clonazĂ©pam, BZD Ă  longue action Non indiquĂ©es pour l’insomnie. Le clonazĂ©pam est rĂ©servĂ© aux parasomnies
Valériane, passiflore, CBD Pas de différence significative ; données faibles

À l’hîpital

  • Approche non pharmacologique d’abord (programme de prĂ©vention du dĂ©lirium) :
    • regrouper les soins nocturnes et Ă©viter les signes vitaux de nuit si inutiles ;
    • bouchons, masque, lumiĂšres tamisĂ©es ;
    • mobiliser le jour, s’assurer que le patient a ses lunettes et ses appareils auditifs ;
    • contrĂŽler la douleur et la nycturie (diurĂ©tique le matin).
  • Ne pas prescrire de « somnifĂšre PRN » de routine. Chez le patient ĂągĂ© ou dĂ©lirant, les BZD et les Z-drugs augmentent le risque de chutes et de dĂ©lirium.
  • Si le patient prend dĂ©jĂ  un hypnotique Ă  domicile : le poursuivre (Ă©vite le sevrage et le rebond) ou planifier une diminution progressive. On ne l’arrĂȘte pas brutalement.
  • Au congĂ©, ne pas renouveler un hypnotique commencĂ© Ă  l’hĂŽpital. L’inscrire au plan de congĂ©.
  • 📄 Pour le patient : DĂ©prescription des benzodiazĂ©pines et des somnifĂšres (BZRA) (deprescribing.org, PDF)

Déprescription des BZD et Z-drugs (deprescribing.org, Can Fam Physician 2018)

  • Offrir la diminution :
    • Ă  tout patient ≄ 65 ans qui prend une BZD ou une Z-drug, peu importe la durĂ©e ;
    • Ă  l’adulte de 18 Ă  64 ans qui en prend depuis > 4 semaines.
  • RĂ©duire d’environ 25 % q2 semaines, puis de 12,5 % vers la fin. On peut ralentir sans revenir en arriĂšre.
  • Associer la TCC-I et l’hygiĂšne du sommeil. Les symptĂŽmes de sevrage (insomnie de rebond, anxiĂ©tĂ©) durent de quelques jours Ă  quelques semaines.

Consulter

Consulter en pneumologie si :

Polysomnographie seulement si apnée du sommeil, parasomnie ou mouvements anormaux soupçonnés ; éviter les hypnotiques si apnée non traitée.

  • Semi-urgentApnĂ©e du sommeil soupçonnĂ©e, mĂ©tier Ă  risque (somnolence diurne sĂ©vĂšre, Epworth ≄ 15 ou IDO ≄ 30/h) — ≀ 28 jours.
  • ÉlectifApnĂ©e du sommeil soupçonnĂ©e, somnolence sĂ©vĂšre (Epworth ≄ 15 ou IDO ≄ 30/h, sans mĂ©tier Ă  risque) — ≀ 3 mois.
  • ÉlectifApnĂ©e du sommeil soupçonnĂ©e ou Ă  réévaluer (ronflements, apnĂ©es observĂ©es, nycturie) — ≀ 12 mois.

À prĂ©parer : score d’Epworth, ISI, journal de sommeil, ronflements et apnĂ©es observĂ©es, IMC, mĂ©tier (conduite, machinerie), hypnotiques en cours.

Consulter en neurologie si :

  • ÉlectifNarcolepsie, parasomnie ou mouvements anormaux soupçonnĂ©s (polysomnographie) — consultation externe en neurologie.

Consulter en psychologie si :

  • ÉlectifInsomnie chronique nĂ©cessitant une TCC-I (formats auto-administrĂ©s insuffisants) — au congĂ©, suivi externe (CLSC, GMF).

Polysomnographie si apnée, parasomnie ou mouvements anormaux soupçonnés.

  • RapideApnĂ©e soupçonnĂ©e, somnolence sĂ©vĂšre, mĂ©tier Ă  risque (Epworth ≄ 15 ou IDO ≄ 30/h ; conducteur, etc.) — prioritĂ© C (≀ 28 j)
  • ÉlectifApnĂ©e soupçonnĂ©e avec somnolence sĂ©vĂšre (Epworth ≄ 15 ou IDO ≄ 30/h, sans mĂ©tier Ă  risque) — prioritĂ© D (≀ 3 mois)
  • ÉlectifApnĂ©e du sommeil soupçonnĂ©e (ronflements, apnĂ©es observĂ©es) — prioritĂ© E (≀ 12 mois)

Consulter en psychiatrie si :

  • ÉlectifDĂ©pression ou anxiĂ©tĂ© rĂ©sistante associĂ©e (Ă©chec Ă  dose optimale, fonctionnement prĂ©servĂ©) — ≀ 3 mois.
  • ÉlectifTrouble liĂ© Ă  une substance avec trouble psychiatrique — consultation externe en psychiatrie.

Consulter le pharmacien si :

  • ÉlectifDĂ©prescription d’une BZD ou Z-drug (≄ 65 ans, chutes, dĂ©lirium) — pendant le sĂ©jour, avant le congĂ©.

TCC-I et comorbiditĂ© anxieuse ou dĂ©pressive : psychologie d’abord.

  • RapideComorbiditĂ© psychiatrique avec rupture fonctionnelle (dĂ©pression, anxiĂ©tĂ©, bipolaritĂ© ; Ă©chec du traitement standard) — prioritĂ© C (≀ 28 j)
  • ÉlectifInsomnie avec trouble liĂ© Ă  une substance (BZD, alcool, cannabis ; sevrage difficile) — prioritĂ© E (≀ 12 mois)

Consulter en gériatrie si :

  • ÉlectifHypnotiques chez la personne ĂągĂ©e, dĂ©prescription difficile (polypharmacie) — prioritĂ© D (≀ 3 mois)

À prĂ©parer : journal de sommeil (2 sem.), ISI, Epworth ; STOP-Bang, mĂ©tier (conduite) ; causes secondaires recherchĂ©es ; hypnotiques actuels et antĂ©rieurs (dose, durĂ©e), TCC-I essayĂ©e ; PHQ-9, GAD-7 ; consommation.

Algorithme

Non : insomnie aiguë

Oui : chronique

Oui

Non, inaccessible
ou inapplicable

Plainte d’insomnie

Traiter les causes : douleur, dépression,
anxiété, apnée, SJSR, nycturie
Revoir médicaments, caféine, alcool

DurĂ©e ≄ 3 mois
et ≄ 3 nuits/sem ?

HygiĂšne du sommeil
± hypnotique bref, intermittent
(< 2–4 sem)

TCC-I en 1re intention
(individuelle, groupe, en ligne)

Efficace ?

Poursuivre les techniques
Suivi avec le journal de sommeil

Pharmacothérapie 1re ligne :
zopiclone, zolpidem, témazépam,
doxĂ©pine 3–6 mg, mĂ©latonine LP,
lemborexant ou daridorexant

2e ligne : trazodone
(SQG, personne ùgée)

Réévaluer aprĂšs 2–4 sem
Viser l’arrĂȘt progressif
en parallĂšle de la TCC-I

PiĂšges et perles

  • La somnolence diurne marquĂ©e Ă©voque un trouble du sommeil primaire (apnĂ©e, narcolepsie, mouvements pĂ©riodiques), pas une insomnie.
  • Les ronflements et la nycturie chez un patient « insomniaque » orientent vers une apnĂ©e du sommeil. Les hypnotiques peuvent l’aggraver.
  • La trazodone peut aggraver le SJSR, les mouvements pĂ©riodiques et le TCSP.
  • L’alcool fragmente le sommeil et supprime le sommeil paradoxal.
  • CoĂ»t sociĂ©tal de l’insomnie : environ 6,6 G$ par an au QuĂ©bec.

Insomnie chez la personne qui consomme

RĂ©sumĂ© dans nos mots, d’aprĂšs : F. NoĂ«l, Troubles concomitants

  • Toutes les substances altĂšrent le sommeil profond ; l’insomnie peut durer des semaines aprĂšs l’arrĂȘt : patience, abstinence, hygiĂšne du sommeil, TCC-I.
  • Si un mĂ©dicament est nĂ©cessaire : trazodone 50-150 mg ou doxĂ©pine Ă  faible dose plutĂŽt qu’une benzodiazĂ©pine ou un « Z-drug ».
  • Rechercher un syndrome des jambes sans repos ou une apnĂ©e du sommeil.

Références

đŸ©ș Situations CHSLD qui renvoient ici

đŸ©ș Situations en soins post-aigus qui renvoient ici

🔗 Voir aussi