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Stéatose et lésions hépatiques

Gastro-entérologie, hépatologie et nutritionFiche révisée · 21 oct. 2026⚠︎ Points à vérifier

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En bref : Devant un bilan hépatique perturbé, on commence par définir le profil (hépatocellulaire, cholestatique ou mixte), puis on cherche les causes fréquentes : métabolique, alcool, virus, médicaments. La stéatose métabolique (MASLD) touche environ 1 adulte sur 4 ; ce qui compte pour le pronostic, c’est la fibrose. On la stratifie avec le FIB-4, puis avec l'élastographie (FibroScan). Les lésions focales découvertes à l’échographie (kyste, hémangiome) sont le plus souvent bénignes. Une cirrhose impose un dépistage du CHC q6 mois et la prévention de la décompensation.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • ALT > 1000 U/L : ischémie, acétaminophène, hépatite virale aiguë, calcul migré, auto-immune.
  • Cirrhotique avec ascite admis : PBS (neutrophiles ≥ 250/mm³) ; encéphalopathie (chercher infection, saignement, constipation, hypoK).
  • Nodule sur foie cirrhotique : CHC jusqu’à preuve du contraire.
  • Adénome avec douleur aiguë et choc : rupture.
  • Plaquettes basses, AST > ALT, albumine ↓, INR ↑ : fibrose avancée.

✅ À faire maintenant

  • Rapport R (profil) ; AUDIT-C ; revue des médicaments et produits naturels.
  • Bilan étiologique : AgHBs, anti-HBc, anti-HBs, anti-VHC, ferritine et saturation, AAN/anti-muscle lisse/IgG, AMA, glycémie/HbA1c, lipides.
  • MASLD : FIB-4 (≥ 1,3, ou ≥ 2,0 après 65 ans → FibroScan).
  • Cirrhotique ascitique admis : ponction diagnostique (cellules, protéines, albumine/GASA, cultures en bouteilles d’hémoculture).

💊 Premières ordonnances

  • MASLD : perte de poids ≥ 5–10 %, alcool au minimum, poursuivre les statines ; diabétique : GLP-1 ou iSGLT2 (choix et doses : Diabète de type 2).
  • PBS : ceftriaxone 2 g IV q24h × 5–7 j + albumine 1,5 g/kg J1 et 1 g/kg J3 ; cesser les IPP.
  • Ascite : spironolactone 100 mg die ± furosémide 40 mg die ; paracentèse > 5 L : albumine 6–8 g par litre retiré.
  • Encéphalopathie : lactulose 25 mL PO q1–2 h jusqu’à une selle, puis 2–3 selles molles/j.
  • HTP cliniquement significative : carvédilol 6,25 mg PO die.
  • Éviter AINS, aminosides, sédatifs.

📞 Appeler ou orienter si

  • Gastro-entérologie : Hépatite aiguë sévère ; ascite nouvelle, ou ascite fébrile / PBS
  • Chirurgie générale : Rupture d’adénome hépatique soupçonnée
  • Radiologie interventionnelle : Saignement après biopsie hépatique
  • Médecine interne : Hépatite aiguë sévère

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

  • MASLD : perte de poids ≥ 5–10 %, alcool au minimum, poursuivre les statines ; diabétique : GLP-1 ou iSGLT2 (choix et doses : Diabète de type 2).
  • PBS soupçonnée (cirrhotique avec ascite et fièvre, douleur abdominale ou encéphalopathie) : urgence (paracentèse, ceftriaxone IV + albumine) ; cesser les IPP.
  • Ascite : spironolactone 100 mg die ± furosémide 40 mg die ; paracentèse > 5 L : albumine 6–8 g par litre retiré.
  • Encéphalopathie : lactulose 25 mL PO q1–2 h jusqu’à une selle, puis 2–3 selles molles/j.
  • HTP cliniquement significative : carvédilol 6,25 mg PO die.
  • Éviter AINS, aminosides, sédatifs.

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : Ascite fébrile ou de novo, encéphalopathie de novo ; hépatite aiguë sévère ; adénome hépatique avec douleur aiguë

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

📨 Référer : CRDS Consulter en gastro-entérologie si : · CRDS Consulter en chirurgie générale si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

📞 Consulter CRDS — Gastroentérologie · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe

🔗 Ressources et raisonnement

📞 Consulter Consulter en gastro-entérologie si : · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe

Définitions (nomenclature 2023)

  • MASLD (metabolic dysfunction–associated steatotic liver disease, ex-NAFLD) : stéatose avec ≥ 1 facteur cardiométabolique (IMC ↑ ou tour de taille ↑, glycémie ou diabète, TA ↑, TG ↑, HDL ↓), sans autre cause.
  • MASH (ex-NASH) : stéatose avec inflammation et ballonisation. Ce diagnostic est histologique.
  • MetALD : MASLD avec un alcool modéré, soit 140–350 g/sem chez la femme et 210–420 g/sem chez l’homme. Au-delà, on parle de maladie hépatique alcoolique.
  • Cirrhose « cryptogénique » : c’est souvent une MASH « brûlée ».
  • Causes secondaires de stéatose : alcool, amiodarone, méthotrexate, corticostéroïdes, tamoxifène, VHC génotype 3, dénutrition, Wilson.

Bilan hépatique perturbé

Profil

  • Rapport R = (ALT / LSN) ÷ (PAL / LSN).
    • > 5 : profil hépatocellulaire.
    • < 2 : profil cholestatique.
    • 2–5 : profil mixte.
  • AST/ALT > 2 : évoque l’alcool. AST > ALT avec plaquettes basses : évoque une cirrhose.
  • ALT > 1000 U/L : ischémie (foie de choc), acétaminophène, hépatite virale aiguë, calcul migré dans le cholédoque (au tout début), hépatite auto-immune.
  • Indices de fibrose avancée : thrombopénie, hypoalbuminémie, bilirubine ↑, INR ↑, AST > ALT.

Bilan étiologique de base (perturbation persistante ou stéatose à l’imagerie)

Cause Test Perle
Alcool AUDIT-C, quantité et durée ; PEth si disponible Première cause à questionner
Syndrome métabolique Glycémie/HbA1c, lipides, IMC, TA Cause la plus fréquente d’un bilan anormal inexpliqué
Hépatite B AgHBs, anti-HBc, anti-HBs Dépister toute personne née hors du Canada, des É.-U. ou de l’Australie
Hépatite C Anti-VHC, puis ARN si positif UDI, transfusion avant 1992, origine
Hémochromatose Ferritine et saturation de la transferrine (> 45 %), puis HFE La ferritine seule est souvent ↑ dans la MASLD
Hépatite auto-immune AAN, anti-muscle lisse, IgG (électrophorèse) Femme ; si ALT ≥ 5 × LSN, la demander d’emblée
CBP Anti-mitochondries (AMA) Femme, PAL ↑, prurit, fatigue
Déficit en alpha-1-antitrypsine Dosage A1AT Jeune avec emphysème
Wilson Céruloplasmine < 40 ans, atteinte psychiatrique ou mouvements anormaux, hémolyse
Médicaments, produits naturels Revue exhaustive TMP-SMX, amox-clav, statines (rarement), suppléments
Vasculaire Écho-Doppler Budd-Chiari, thrombose porte
Autres TSH, maladie cœliaque (anti-tTG) Si le reste est négatif

PAL isolée élevée

Normale

Élevée

Voies biliaires dilatées

Pas de dilatation

Positifs

Négatifs

PAL élevée isolée
exclure grossesse, post-prandial, croissance

GGT

Origine osseuse :
Paget, métastases, ostéomalacie

Origine hépatobiliaire
Échographie

CPRM ;
CPRE si thérapeutique

Anticorps anti-mitochondries

Cholangite biliaire primitive
acide ursodésoxycholique

Revue des médicaments,
infiltration : sarcoïdose, néo

PAL ≥ 1,5 × LSN persistante :
CPRM (CSP) ou biopsie
Sinon : observation

  • Cholangite sclérosante primitive : homme, souvent avec colite ulcéreuse. On la voit à la CPRM (aspect en « chapelet »). Il faut dépister le cancer colorectal et le cholangiocarcinome. Penser aussi à la maladie à IgG4.

📋 Algorithme de l’Estrie — Élévation des enzymes hépatiques (2013)

  • Toujours revoir l’alcool, les médicaments et les produits naturels (un médicament récent oriente vers une hépatite médicamenteuse).
  • Bilan : ALT, AST, phosphatase alcaline, bilirubine totale et conjuguée, albumine, RNI, glycémie, hépatites B (AgHBs, anti-HBc, anti-HBs) et C, A seulement si facteurs de risque et hausse récente, FAN, anti-muscle lisse, anti-mitochondries, saturation de la transferrine et ferritine, électrophorèse des protéines, céruloplasmine ; échographie abdominale (la demande de consultation peut partir avant le résultat).
  • Anti-HBc et anti-HBs positifs (hépatite B guérie) ou anti-HBs seul (vaccin) : pas de référence. Anti-VHC positif : ARN du VHC ; s’il est négatif, le refaire à 3 mois avant de conclure à une hépatite C guérie.
  • Gastroentérologie avec les résultats si asthénie marquée, ictère, ascite, fièvre, douleur, perte de poids, saignement digestif, vomissements persistants ou confusion.

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Élévation des enzymes hépatiques », 2013. Algorithme ancien : en cas d’écart, les recommandations plus récentes de cette fiche priment. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Stéatose métabolique : stratification de la fibrose

  • FIB-4 = (âge × AST) ÷ (plaquettes × √ALT). On le calcule chez tout patient avec une stéatose ou des facteurs de risque (diabète de type 2, obésité avec ≥ 2 facteurs).

< 1,3

≥ 1,3

Signes de cirrhose
ou autre hépatopathie

< 8 kPa

8-12 kPa

> 12 kPa

Stéatose ou facteurs de risque
Exclure autres causes
Calculer FIB-4

Faible risque
Mode de vie
Refaire FIB-4 dans 1-3 ans

Élastographie transitoire
(FibroScan)

Hépatologie

Risque intermédiaire
suivi rapproché, envisager
hépatologie, test sérique (ELF)

Fibrose avancée probable
Hépatologie

≥ 15 kPa : cirrhose compensée
probable → dépistage CHC
et hypertension portale

  • Après 65 ans, le seuil bas du FIB-4 passe à 2,0, sinon on a trop de faux positifs. Le FIB-4 est peu fiable avant 35 ans.

Traitement

  • Perte de poids :
    • ≥ 5 % réduit la stéatose.
    • 7–10 % améliore la MASH.
    • ≥ 10 % peut faire régresser la fibrose.
    • Approche : méditerranéen, moins de sucres ajoutés et de boissons sucrées, activité physique de 150 min/sem. Une marche de 40 min/j fait des merveilles.
  • Alcool : réduire au minimum. Abstinence si fibrose avancée ou MetALD.
  • Statines : à poursuivre. Elles sont sûres et réduisent le risque CV, qui est la 1re cause de décès dans la MASLD.
  • Diabétiques : privilégier les GLP-1 (sémaglutide) ou les iSGLT2 ; la pioglitazone est une option (attention au gain de poids et à l’IC).
  • Vitamine E 800 UI/j : option pour une MASH prouvée chez le non-diabétique (essai PIVENS). On l’utilise peu (risques à long terme).
  • Chirurgie bariatrique si elle est indiquée pour le poids.

⚠️ Recommandation actuelle (FDA 2024–2025 ; AASLD 2025) : deux médicaments sont maintenant approuvés pour la MASH avec fibrose F2–F3 (sans cirrhose). Ce sont le resmétirom (agoniste THR-β) et le sémaglutide 2,4 mg SC/sem. Leur accès au Canada (à vérifier : homologation par Santé Canada et couverture RAMQ non consultées). Ils sont initiés par l’hépatologie.

  • Perte de poids (AASLD 2023) :
    • ≥ 5 % réduit la stéatose.
    • 7–10 % améliore la MASH.
    • ≥ 10 % peut faire régresser la fibrose.
    • Approche : méditerranéen, moins de sucres ajoutés et de boissons sucrées, activité physique de 150 min/sem. Une marche de 40 min/j fait des merveilles.
  • Alcool : réduire au minimum. Abstinence si fibrose avancée ou MetALD.
  • Statines : à poursuivre. Elles sont sûres et réduisent le risque CV, qui est la 1re cause de décès dans la MASLD.
  • Diabétiques : privilégier les GLP-1 (sémaglutide) ou les iSGLT2 ; la pioglitazone est une option (attention au gain de poids et à l’IC).
  • Vitamine E 800 UI/j : option pour une MASH prouvée chez le non-diabétique (essai PIVENS). On l’utilise peu (risques à long terme).
  • Chirurgie bariatrique si elle est indiquée pour le poids.

⚠️ Recommandation actuelle (FDA 2024–2025 ; AASLD 2025) : deux médicaments sont maintenant approuvés pour la MASH avec fibrose F2–F3 (sans cirrhose). Ce sont le resmétirom (agoniste THR-β) et le sémaglutide 2,4 mg SC/sem. Leur accès au Canada (à vérifier : homologation par Santé Canada et couverture RAMQ non consultées). Ils sont initiés par l’hépatologie.

📋 Algorithme de l’Estrie — Votre patient a une maladie stéatosique du foie liée à une dysfonction métabolique (MASLD) (2026-03-13) (mars 2026)

  • Diagnostic : stéatose à l’imagerie + au moins un critère cardiométabolique ; si les enzymes sont élevées depuis plus de 6 mois, éliminer une autre hépatopathie (hépatites B et C, fer, maladie cœliaque, immunoglobulines, au besoin FAN, anti-muscle lisse, céruloplasmine, alpha-1-antitrypsine).
  • FIB-4 aux 2 à 3 ans : moins de 1,3 = faible risque (répéter) ; 1,3 à 2,67 = FibroScan et gastroentérologie ; 2,67 ou plus = risque de fibrose avancée. Penser au FibroScan d’emblée si diabète de type 2 ou obésité compliquée.
  • Pas d’échographie de suivi pour la stéatose ; bilan et fonction hépatiques (RNI, albumine, bilirubine, plaquettes) chaque année.
  • Viser les habitudes de vie plutôt qu’un chiffre : une perte de 5 à 7 % diminue la stéatose, de 7 à 10 % la fibrose ; activité modérée au moins 20 min 3-4 fois par semaine ; café noir (environ 3 tasses/j) ; aucun seuil d’alcool sécuritaire, abstinence si fibrose F2 ou plus.
  • Statines permises si indiquées (si ALT de départ > 3 fois la normale, contrôle à 1 mois) ; en diabète, privilégier un agent efficace sur la stéatose comme un agoniste du GLP-1 ; traitement de l’obésité (pharmacologique dès IMC 30, ou 27 avec comorbidités ; chirurgie dès 40, ou 35 avec comorbidités).

Résumé dans nos mots. Source : CIUSSS de l’Estrie-CHUS, « Votre patient a une maladie stéatosique du foie liée à une dysfonction métabolique (MASLD) (2026-03-13) », mars 2026. Les corridors de référence sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Cirrhose

  • Évolution de la stéatose vers la cirrhose : voir la Fiche Cirrhose (indices cliniques, varices, ascite, PBS, encéphalopathie, nutrition, médicaments, dépistage du CHC).

Lésions découvertes à l’échographie

Lésion hépatique focale (ACG 2024)

  • Préciser le terrain avant l’imagerie : cirrhose ou hépatite B chronique, néoplasie connue, contraception orale ou stéroïdes anabolisants, symptômes.
  • Foie cirrhotique : tout nodule est un CHC jusqu’à preuve du contraire ; TDM ou IRM multiphasique (classement LI-RADS) et avis en hépatologie.
  • Foie sain, lésion d’allure bénigne :
    • Kyste simple : aucun suivi ; s’ils sont nombreux, penser à une polykystose hépatorénale.
    • Hémangiome typique : lésion bénigne la plus fréquente ; aucun suivi ; IRM si l’aspect est atypique.
    • Hyperplasie nodulaire focale : confirmer par IRM ; ni suivi ni traitement si l’aspect est typique.
    • Adénome hépatocellulaire : cesser les œstrogènes et viser la perte de poids ; résection si > 5 cm, si croissance, et chez l’homme ; risque de rupture (douleur aiguë, choc).
  • Lésions multiples ou contexte de néoplasie : penser aux métastases ; TDM ou IRM, recherche du primaire guidée par la clinique, biopsie si le diagnostic change la conduite.
  • Stéatose : bilan étiologique et FIB-4 (voir plus haut) ; IRM si une zone d’aspect pseudotumoral (stéatose ou épargne focale) laisse un doute.

Voies biliaires et vésicule

  • Cholédoque dilaté (> 6 mm, plus large après cholécystectomie) : penser calcul, néoplasie pancréatique ou biliaire, kyste du cholédoque. L’échographie manque souvent les calculs du cholédoque : CPRM ou écho-endoscopie.
  • Calculs vésiculaires asymptomatiques : pas de chirurgie préventive ; une minorité devient symptomatique. Cholécystectomie après un 1er épisode symptomatique (risque élevé de récidive).
  • Polype vésiculaire : selon la taille et la morphologie (encadré ci-dessous).

⚠️ Recommandation actuelle (consensus SRU, 2022) : un polype pédiculé typique ≤ 9 mm ne demande aucun suivi. Entre 10 et 14 mm, on fait une échographie à 6, 12 et 24 mois. À ≥ 15 mm, ou s’il y a un épaississement focal de la paroi, on demande une consultation chirurgicale. Les seuils sont plus bas pour un polype sessile à base large. L’ancien schéma (10–18 mm suivi, > 18 mm chirurgie) est désuet.

Découverte Conduite
Kyste simple Asymptomatique : ni suivi ni traitement, peu importe la taille. Cloisons, calcifications ou paroi épaisse : TDM ou IRM. Kystes nombreux : penser à une polykystose
Hémangiome Lésion bénigne fréquente. Petit (< 2 cm), typique, foie normal : l’échographie suffit. Atypique ou > 2 cm : IRM. Confirmé : aucun suivi (sauf cirrhose ou hépatite B)
Hyperplasie nodulaire focale Confirmer par IRM (agent hépatobiliaire). Ensuite, ni suivi ni traitement si l’aspect est typique ; pas besoin de cesser la contraception
Adénome IRM ; cesser les œstrogènes et viser la perte de poids. Femme : < 5 cm, imagerie q6 mois × 2 ans puis chaque année ; ≥ 5 cm qui ne régresse pas après 6–12 mois, ou croissance : résection. Homme : avis chirurgical (résection souvent indiquée). Grossesse : suivi échographique. Rupture : douleur aiguë et choc
Nodule sur foie cirrhotique CHC jusqu’à preuve du contraire : TDM ou IRM multiphasique (LI-RADS) et avis en hépatologie
Métastases Souvent multiples ou contexte de néoplasie. TDM ou IRM ; chercher le primaire selon la clinique ; biopsie si le diagnostic change la conduite
Stéatose Bilan étiologique et FIB-4 (voir plus haut). IRM si aspect pseudotumoral
Cholédoque dilaté (> 6 mm, plus large après cholécystectomie) Calcul, néoplasie pancréatique ou biliaire, kyste du cholédoque. L’échographie manque souvent les calculs du cholédoque : CPRM si le canal est dilaté ou le bilan hépatique anormal ; écho-endoscopie si la CPRM ne tranche pas
Calculs vésiculaires asymptomatiques Vésicule et voies biliaires normales : rassurer, pas de chirurgie préventive tant qu’il n’y a pas de symptômes. Cholécystectomie après un 1er épisode symptomatique (risque élevé de récidive)
Polype vésiculaire Selon la taille et la morphologie (voir plus bas)

Résumé dans nos mots, d’après : ACG, Focal Liver Lesions (Frenette et coll., 2024) ; NICE CG188, Gallstone disease (2014) ; ASGE, choledocholithiasis (2019).

⚠️ Recommandation actuelle (consensus SRU, 2022) : un polype pédiculé typique ≤ 9 mm ne demande aucun suivi. Entre 10 et 14 mm, on fait une échographie à 6, 12 et 24 mois. À ≥ 15 mm, ou s’il y a un épaississement focal de la paroi, on demande une consultation chirurgicale. Les seuils sont plus bas pour un polype sessile à base large. L’ancien schéma (10–18 mm suivi, > 18 mm chirurgie) est désuet.

  • Cholécystite : le signe de Murphy est le meilleur signe clinique, mais il reste faible (RV+ ≈ 2,8). La fièvre et la leucocytose sont peu utiles. L’échographie est l’examen de 1re ligne ; la scintigraphie HIDA est la plus sensible.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceAscite fébrile ou de novo, encéphalopathie de novo (PBS soupçonnée : paracentèse, ceftriaxone IV et albumine)
  • UrgenceHépatite aiguë sévère (ALT > 500 ; > 1000 : ischémie, acétaminophène, virus, calcul migré)
  • UrgenceAdénome hépatique avec douleur aiguë (rupture soupçonnée, choc) — chirurgie

Consulter en gastro-entérologie si :

Hépatologie (gastro-entérologie) pour toute fibrose avancée probable, cirrhose ou hépatopathie autre que la MASLD simple.

  • UrgentHépatite aiguë sévère (ALT > 500 U/L) — garde, même jour.
  • UrgentAscite nouvelle, ou ascite fébrile / PBS — garde, même jour.
  • Semi-urgentLésion suspecte de CHC à l’imagerie (nodule sur foie cirrhotique) — ≤ 10 jours.
  • Semi-urgentCholédoque dilaté à l’échographie (calcul, néoplasie ; CPRM ou écho-endoscopie, CPRE si thérapeutique) — ≤ 10 jours si ictère ou masse.
  • Semi-urgentALT 201–500 U/L, INR normal — ≤ 10 jours.
  • Semi-urgentCirrhose nouvellement confirmée avec INR > 1,7, bilirubine > 34 µmol/L ou albumine < 28 g/L, sans encéphalopathie — ≤ 28 jours.
  • ÉlectifFibrose avancée probable ou cirrhose compensée (élastographie > 12 kPa) — consultation externe en gastro-entérologie, 3 à 12 mois.
  • ÉlectifALT persistante inexpliquée, INR normal (bilan étiologique et échographie faits) — ≤ 3 mois si 91–200 U/L ; ≤ 12 mois si 40–90 U/L, asymptomatique et stable depuis 6 mois.
  • ÉlectifAutre hépatopathie chronique ou MASH F2–F3 (HAI, CBP, CSP, hémochromatose, Wilson, VHB, VHC ; resmétirom ou sémaglutide) — consultation externe en gastro-entérologie.

À préparer : rapport R, FIB-4 et élastographie, bilan étiologique (tableau plus haut), bilan hépatique, FSC, créatinine, albumine, INR, rapport d’échographie abdominale, AUDIT-C, médicaments et produits naturels.

Hépatologie selon le milieu ; la demande peut partir avant le résultat de l’échographie.

  • RapideALT entre 201 et 500 (RNI normal) — priorité B (≤ 10 j)
  • ÉlectifALT entre 91 et 200 (RNI normal) — priorité D (≤ 3 mois)
  • ÉlectifALT entre 40 et 90 stable depuis 6 mois (asymptomatique, cause non trouvée au bilan étiologique) — priorité E (≤ 12 mois)
  • RapideNodule sur foie cirrhotique (CHC jusqu’à preuve du contraire) ou autre lésion suspecte de cancer — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideCirrhose avec fonction hépatique altérée (RNI > 1,7, bilirubine > 34 ou albumine < 28, sans encéphalopathie) — priorité C (≤ 28 j)
  • ÉlectifCirrhose compensée confirmée par imagerie (RNI 1,2 à 1,7, albumine 28 à 35 ou bilirubine 17 à 34 ; priorité E si bilan normal) — priorité D (≤ 3 mois)
  • ÉlectifFibrose avancée probable ou MASH F2–F3 (FIB-4 ≥ 2,67 ou FibroScan > 12 kPa ; envisager si 8 à 12 kPa) — consultation externe en gastro-entérologie
  • ÉlectifCholédoque dilaté à l’échographie (CPRM, CPRE au besoin) — consultation externe en gastro-entérologie

Consulter en chirurgie générale si :

  • UrgentRupture d’adénome hépatique soupçonnée (douleur aiguë, choc) — immédiatement.
  • ÉlectifAdénome hépatique > 5 cm (ou symptomatique, ou grossesse souhaitée) — consultation externe en gastro-entérologie.
  • ÉlectifPolype vésiculaire ≥ 15 mm (ou épaississement focal de la paroi) — en externe, au congé.

Consulter en radiologie interventionnelle si :

  • Semi-urgentBiopsie hépatique percutanée (lésion indéterminée après imagerie ou maladie du foie sans diagnostic, à la demande de la gastro-entérologie ou de l’oncologie) — pendant le séjour si l’investigation l’exige, sinon consultation externe en radiologie interventionnelle.
  • UrgentSaignement après biopsie hépatique (chute d’Hb, hémopéritoine, hémobilie) — radiologiste de garde, immédiatement ; angio-TDM puis embolisation.

Consulter en médecine interne si :

  • UrgentHépatite aiguë sévère (ALT > 500, INR en hausse ou encéphalopathie) — même jour, avec la gastro-entérologie.
  • Semi-urgentALT 201–500 avec INR normal, sans cause évidente — pendant le séjour.
  • ÉlectifAdénome > 5 cm ou polype vésiculaire ≥ 15 mm (ou épaississement focal de la paroi) — consultation externe en chirurgie générale

À préparer : ALT, AST, PAL, GGT, bilirubine, albumine, RNI, FSC (plaquettes) ; FIB-4, FibroScan si fait ; bilan étiologique (hépatites B et C, ferritine et saturation, auto-anticorps, HbA1c, lipides) ; AUDIT-C ; échographie abdominale ; médicaments et produits naturels.

Pièges et perles

  • Une ferritine élevée avec une saturation normale vient le plus souvent de la MASLD ou de l’alcool (réactant de phase aiguë), pas d’une hémochromatose.
  • Un bilan hépatique normal n’exclut pas une cirrhose : il faut toujours regarder les plaquettes.
  • Une hépatite alcoolique se juge par le score de Maddrey (≥ 32 : pensez prednisolone), puis par le score de Lille au J7.
  • Au congé d’un cirrhotique : liste des médicaments à éviter, poids quotidien, apport sodé, lactulose titré, rendez-vous pour l’échographie de dépistage.
  • Conseils au cirrhotique : liste des médicaments à éviter, poids quotidien, apport sodé, lactulose titré, rendez-vous pour l’échographie de dépistage.

Références

🔗 Voir aussi