En bref : L'hypothermie (T centrale < 35 °C) se classe selon lâĂ©tat de conscience et les signes vitaux (stades suisses) ; on mobilise doucement, on rĂ©chauffe (passif, actif externe, puis interne ou ECMO si instabilitĂ© ou arrĂȘt) et on ne dĂ©clare pas le dĂ©cĂšs avant le rĂ©chauffement : « pas mort tant que pas chaud et mort ». Chez lâaĂźnĂ© hospitalisĂ©, une hypothermie sans exposition au froid est un sepsis, une hypoglycĂ©mie, une hypothyroĂŻdie, une insuffisance surrĂ©nalienne ou un effet mĂ©dicamenteux jusquâĂ preuve du contraire. Le coup de chaleur (T â„ 40 °C avec atteinte neurologique) est une urgence : refroidir immĂ©diatement et vite (immersion en eau froide si possible), cesser vers 38,5â39 °C ; les antipyrĂ©tiques sont inutiles. Devant une hyperthermie, toujours chercher une cause mĂ©dicamenteuse (syndrome malin des neuroleptiques, syndrome sĂ©rotoninergique, hyperthermie maligne, toxidromes).
đ©ș Au chevet
đ© Signaux dâalarme
- Hypothermie : conscience altĂ©rĂ©e, T < 32 °C, TAS < 90 mmHg, FC < 45/min, arythmie ventriculaire ; arrĂȘt cardiaque.
- Coup de chaleur : T ℠40 °C avec confusion, convulsions ou coma ; anhidrose ou diaphorÚse profuse.
- Hyperthermie avec rigidité (SMN, hyperthermie maligne) ou clonus (syndrome sérotoninergique).
- Hypoglycémie, hyperkaliémie, CK trÚs élevées, CIVD, IRA, insuffisance hépatique.
â Ă faire maintenant
- TempĂ©rature centrale (rectale, vĂ©sicale ou Ćsophagienne) avec un thermomĂštre Ă lecture basse ; la tympanique et lâaxillaire ne suffisent pas.
- Moniteur cardiaque, ECG, glycémie capillaire immédiate.
- FSC, ions, Ca, Mg, PO4, crĂ©atinine, CK, bilan hĂ©patique, lipase, gaz et lactate, INR/TCA, fibrinogĂšne, TSH, cortisol, hĂ©mocultures ; dosage dâalcool et dĂ©pistage toxicologique selon le contexte.
- Revue de la médication (antipsychotiques, anticholinergiques, sérotoninergiques, diurétiques, sédatifs, hypoglycémiants, anesthésiques récents).
- Sonde urinaire pour la diurĂšse si atteinte grave.
đ PremiĂšres ordonnances
- Hypothermie : retirer les vĂȘtements mouillĂ©s, couvertures, couverture Ă air pulsĂ©, piĂšce chaude ; liquides IV rĂ©chauffĂ©s (38â42 °C), NS ou LR 500 mLâ1 L en bolus selon la volĂ©mie ; O2 humidifiĂ© rĂ©chauffĂ©.
- Glycémie < 4 mmol/L : dextrose 50 % 25 g IV ; thiamine 100 mg IV avant ou avec le glucose si alcool ou dénutrition.
- Suspicion dâinsuffisance surrĂ©nalienne : hydrocortisone 100 mg IV aprĂšs le prĂ©lĂšvement de cortisol.
- Sepsis non exclu chez lâaĂźnĂ© : hĂ©mocultures et antibiothĂ©rapie empirique (voir la fiche Sepsis).
- Coup de chaleur : refroidissement immĂ©diat (tableau plus bas) ; NS ou LR froids 1â2 L IV selon la volĂ©mie (prudence chez lâaĂźnĂ©, IC) ; pas dâacĂ©taminophĂšne ni dâAINS.
- Frissons ou agitation pendant le refroidissement : lorazĂ©pam 1â2 mg IV (0,5â1 mg chez lâaĂźnĂ©), ou midazolam 1â2 mg IV.
- Suspicion de SMN : cesser lâantipsychotique (et reprendre la lĂ©vodopa si elle a Ă©tĂ© cessĂ©e) ; suspicion dâhyperthermie maligne : dantrolĂšne 2,5 mg/kg IV sans dĂ©lai.
đ Appeler ou orienter si
- Soins intensifs : Coup de chaleur avec atteinte neurologique ; hypothermie modĂ©rĂ©e Ă sĂ©vĂšre ou instable ; arrĂȘt cardiaque hypothermique ; SMN ou hyperthermie avec rigiditĂ©
- Anesthésiologie : Hyperthermie maligne suspectée
DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter âș
đ Ressources et raisonnement
đ§ Raisonnement clinique Hypothermie
Hypothermie accidentelle
Stades (systĂšme suisse)
| Stade | Clinique | T centrale approximative | Prise en charge |
|---|---|---|---|
| I (lĂ©gĂšre) | Conscient, frissons | 35â32 °C | RĂ©chauffement passif + actif externe, boissons chaudes sucrĂ©es si conscient |
| II (modĂ©rĂ©e) | Conscience altĂ©rĂ©e, frissons diminuĂ©s ou absents | 32â28 °C | Actif externe (air pulsĂ©), liquides rĂ©chauffĂ©s, mobilisation douce, moniteur |
| III (sĂ©vĂšre) | Inconscient, signes vitaux prĂ©sents | 28â24 °C | Soins intensifs ; actif interne ou ECMO si instabilitĂ© |
| IV (profonde) | Absence de signes vitaux | < 24 °C (variable) | RCR et transfert vers un centre dâECMO/CEC |
- Le risque dâarrĂȘt cardiaque augmente sous 32 °C et devient Ă©levĂ© sous 28 °C. La classification rĂ©visĂ©e met lâaccent sur lâĂ©tat de conscience plutĂŽt que sur les frissons.
- ECG : bradycardie sinusale, onde J (Osborn), allongement de PR, QRS et QT, artefacts de frissons ; FA frĂ©quente, puis FV ou asystolie aux tempĂ©ratures basses. La FA et la bradycardie se corrigent habituellement avec le rĂ©chauffement : pas de stimulateur ni dâantiarythmique dâemblĂ©e.
- Manipuler doucement et garder le patient Ă lâhorizontale : la mobilisation brusque peut dĂ©clencher une FV.
- Coagulopathie sous-estimée (tests faits à 37 °C) ; hyperglycémie ou hypoglycémie ; hypo- ou hyperkaliémie ; diurÚse froide (« cold diuresis ») et hypovolémie.
- Gaz : interpréter sans correction pour la température.
Réchauffement
| Méthode | Moyens | Indication |
|---|---|---|
| Passif | Couvertures, piĂšce chaude, retirer les vĂȘtements mouillĂ©s | Stade I, patient qui frissonne |
| Actif externe | Couverture Ă air pulsĂ©, matelas chauffant, liquides IV rĂ©chauffĂ©s | Stades IIâIII stables |
| Actif interne | Lavage pleural ou pĂ©ritonĂ©al tiĂšde, cathĂ©ter endovasculaire, hĂ©modialyse ou CRRT | Stade III, Ă©chec de lâexterne (soins intensifs) |
| ECMO veino-artĂ©rielle (ou CEC) | Centre spĂ©cialisĂ© | ArrĂȘt cardiaque ou instabilitĂ© (TAS < 90, arythmie ventriculaire, T < 30 °C) |
- « Afterdrop » : la T centrale peut encore baisser au début du réchauffement ; continuer à mesurer en continu.
ArrĂȘt cardiaque hypothermique
- RCR prolongĂ©e et transfert vers un centre dâECMO ; une RCR intermittente est possible sous 28 °C si la RCR continue est impossible (transport).
- Défibrillation : 3 chocs au maximum sous 30 °C, puis attendre T > 30 °C.
- AdrĂ©naline : ne pas en donner sous 30 °C ; entre 30 et 35 °C, doubler lâintervalle (q6â10 min). Amiodarone 300 mg une fois, puis attendre T > 30 °C.
- « Pas mort tant que pas chaud et mort » : ne pas cesser la rĂ©animation avant le rĂ©chauffement, sauf lĂ©sion manifestement lĂ©tale, thorax incompressible ou dĂ©cision dâĂ©quipe. Le score HOPE (Ăąge, sexe, mĂ©canisme, durĂ©e de RCR, K+, T) aide Ă estimer la probabilitĂ© de survie avec ECMO ; la kaliĂ©mie isolĂ©e est moins fiable.
Hypothermie de lâaĂźnĂ© Ă lâĂ©tage
Hypothermie sans exposition au froid, souvent de 33 à 35 °C, découverte aux signes vitaux : chercher la cause.
| Cause | Indices | Conduite |
|---|---|---|
| Sepsis | Hypothermie = sepsis de mauvais pronostic ; leucopénie, lactate | Hémocultures, antibiothérapie, voir la fiche Sepsis |
| Hypoglycémie | Hypoglycémiants, insuline, dénutrition, insuffisance hépatique | Glycémie capillaire, dextrose, thiamine |
| HypothyroĂŻdie (coma myxĆdĂ©mateux) | Bradycardie, hyponatrĂ©mie, hypercapnie, ĆdĂšme, TSH â | Hydrocortisone avant la lĂ©vothyroxine IV ; voir la fiche ThyroĂŻde et lâendocrinologie |
| Insuffisance surrénalienne | Hypotension, hyponatrémie, hyperkaliémie, corticothérapie chronique cessée | Cortisol, hydrocortisone 100 mg IV |
| MĂ©dicaments, toxiques | Antipsychotiques, sĂ©datifs, opioĂŻdes, alcool, clonidine, bĂȘtabloquants, hypoglycĂ©miants | RĂ©viser, cesser si possible |
| Autres | AVC, lésion hypothalamique, Wernicke, dénutrition, chute avec long séjour au sol (rhabdomyolyse), environnement froid | Examen neurologique, CK, thiamine |
Coup de chaleur
- DĂ©finition : T centrale â„ 40 °C avec dysfonction neurologique (confusion, ataxie, convulsions, coma). LâĂ©puisement par la chaleur (T < 40 °C, Ă©tat mental normal) rĂ©pond au repos au frais et Ă lâhydratation.
| Classique (non liĂ© Ă lâeffort) | Dâeffort | |
|---|---|---|
| Terrain | Aßné, maladies chroniques, isolement, CHSLD, vagues de chaleur | Jeune, sportif, travailleur, militaire |
| Installation | Heures Ă jours | Rapide, pendant lâeffort |
| Peau | Souvent sĂšche | Souvent en sueur |
| Facteurs mĂ©dicamenteux | DiurĂ©tiques, anticholinergiques, antipsychotiques, antidĂ©presseurs, antihistaminiques, bĂȘtabloquants, IECA/ARA, lithium, stimulants | Stimulants, dĂ©shydratation |
| Refroidissement | Ăvaporation + glace si lâimmersion est impraticable | Immersion en eau froide (Ă©talon) |
Refroidissement
- Le pronostic dĂ©pend du temps passĂ© au-dessus de 40 °C : refroidir dâabord, transfĂ©rer ensuite.
- Immersion en eau froide ou glacĂ©e jusquâau cou : mĂ©thode la plus rapide (â„ 0,15 °C/min) ; possible aussi chez lâaĂźnĂ© si elle est rĂ©alisable et surveillĂ©e.
- Sinon : évaporation (peau mouillée + ventilateur), sacs de glace au cou, aux aisselles et aux aines, draps glacés, liquides IV froids ; dispositifs de refroidissement aux soins intensifs.
- Cesser le refroidissement actif vers 38,5â39 °C pour Ă©viter lâhypothermie de rebond ; T centrale en continu.
- Pas dâantipyrĂ©tique (acĂ©taminophĂšne inefficace, AINS nĂ©fastes pour les reins et la coagulation) ; le dantrolĂšne nâest pas indiquĂ© dans le coup de chaleur.
- BenzodiazĂ©pine pour les frissons, lâagitation ou les convulsions.
- Complications : rhabdomyolyse, IRA, hyperkaliĂ©mie, hypoglycĂ©mie, atteinte hĂ©patique (pic Ă J2âJ3), CIVD, SDRA, ĆdĂšme cĂ©rĂ©bral, myocardite. Surveiller CK, crĂ©atinine, K, bilan hĂ©patique et coagulation q6â12 h.
Hyperthermies médicamenteuses et toxiques
| Diagnostic | Contexte | Installation | ĂlĂ©ments distinctifs | Traitement clĂ© |
|---|---|---|---|---|
| Syndrome malin des neuroleptiques (SMN) | Antipsychotique (dĂ©but, hausse, dĂ©pĂŽt), mĂ©toclopramide, prochlorpĂ©razine ; arrĂȘt de la lĂ©vodopa | Jours | RigiditĂ© « en tuyau de plomb », bradyrĂ©flexie, altĂ©ration de lâĂ©tat mental, dysautonomie, CK ââ | Cesser lâagent, refroidir, hydrater, benzodiazĂ©pine ; bromocriptine ou dantrolĂšne si modĂ©rĂ© Ă sĂ©vĂšre |
| Syndrome sérotoninergique | ISRS, IRSN, IMAO, linézolide, tramadol, fentanyl | Heures (< 24 h) | Clonus, hyperréflexie (membres inférieurs), diaphorÚse, mydriase, diarrhée | Cesser, benzodiazépine, cyproheptadine (voir la fiche Syndrome sérotoninergique) |
| Hyperthermie maligne | AnesthĂ©siques volatils, succinylcholine ; prĂ©disposition gĂ©nĂ©tique | Minutes Ă heures (salle dâopĂ©ration, salle de rĂ©veil) | Hypercapnie prĂ©coce, rigiditĂ© (massĂ©ters), tachycardie, acidose, hyperkaliĂ©mie | DantrolĂšne 2,5 mg/kg IV, cesser lâagent dĂ©clencheur (anesthĂ©siologie) |
| Toxidrome anticholinergique | Antihistaminiques, tricycliques, antispasmodiques, plantes | Heures | Peau sÚche et rouge, mydriase, rétention urinaire, iléus, délirium | Soutien, benzodiazépine ; physostigmine avec le Centre antipoison |
| Toxidrome sympathomimétique | Cocaïne, amphétamines, MDMA, sevrage | Heures | Peau en sueur, mydriase, HTA, tachycardie, agitation | Benzodiazépines généreuses, refroidissement |
- Autres causes Ă exclure : sepsis, mĂ©ningite/encĂ©phalite, sevrage dâalcool ou de benzodiazĂ©pines, sevrage de baclofĂšne intrathĂ©cal, thyrotoxicose, phĂ©ochromocytome, AVC du tronc.
Syndrome malin des neuroleptiques
- CritĂšres (consensus international, 2011) : exposition Ă un antagoniste dopaminergique (ou retrait dâun agoniste) dans les 72 h, hyperthermie > 38 °C Ă 2 reprises, rigiditĂ©, altĂ©ration de lâĂ©tat de conscience, CK â„ 4 Ă la normale, dysautonomie (TA instable, diaphorĂšse, incontinence), tachycardie et tachypnĂ©e, bilan nĂ©gatif pour une autre cause.
- Traiter tÎt, sans attendre que tous les critÚres soient présents.
- Doses (preuves limitées, sans essai randomisé) :
- Bromocriptine 2,5 mg PO/TNG q8â12h, titrer au besoin (max 45 mg/j) ; poursuivre â 10 jours aprĂšs la rĂ©solution, puis sevrer lentement.
- DantrolĂšne 1â2,5 mg/kg IV, puis 1 mg/kg q6h au besoin (max 10 mg/kg/j) ; surveiller le bilan hĂ©patique.
- LorazĂ©pam 1â2 mg IV q8h au besoin (agitation, rigiditĂ© lĂ©gĂšre).
- Amantadine en option ; électroconvulsivothérapie si réfractaire (psychiatrie).
- RĂ©introduction dâun antipsychotique : â„ 2 semaines aprĂšs la rĂ©solution, agent de faible puissance, dose faible, titration lente, surveillance de la T et des CK.
Algorithme
Consulter
Consulter aux soins intensifs si :
- UrgentCoup de chaleur avec atteinte neurologique (T â„ 40 °C) â immĂ©diatement, sans retarder le refroidissement.
- UrgentHypothermie modĂ©rĂ©e Ă sĂ©vĂšre ou instable (conscience altĂ©rĂ©e, T < 32 °C, arythmie, TAS < 90) â immĂ©diatement.
- UrgentArrĂȘt cardiaque hypothermique (ECMO : transfert vers un centre spĂ©cialisĂ©) â immĂ©diatement.
- UrgentSMN ou hyperthermie avec rigiditĂ© (intubation, curarisation, dantrolĂšne) â immĂ©diatement.
à préparer : T centrale et méthode de mesure, signes vitaux, ECG, glycémie, gaz, lactate, K, CK, créatinine, coagulation, médicaments et heure des derniers changements, niveau de soins.
Consulter le Centre antipoison du Québec si :
Joignable 24/7 au 1 800 463-5060.
- Semi-urgentHyperthermie toxique ou mĂ©dicamenteuse incertaine (toxidrome, surdose, drogues, agents multiples) â par tĂ©lĂ©phone, dĂšs lâĂ©valuation.
- Semi-urgentChoix dâun antidote ou dâun traitement ciblĂ© (dantrolĂšne, bromocriptine, physostigmine, cyproheptadine) â par tĂ©lĂ©phone.
Consulter en anesthésiologie si :
- UrgentHyperthermie maligne suspectĂ©e (aprĂšs anesthĂ©sique volatil ou succinylcholine) â immĂ©diatement, dantrolĂšne sans dĂ©lai.
- Semi-urgentAntĂ©cĂ©dent personnel ou familial dâhyperthermie maligne (avant une intervention) â pendant le sĂ©jour, avant toute anesthĂ©sie.
Suivi et congé
- Hypothermie de lâaĂźnĂ© : la cause est-elle traitĂ©e (infection, thyroĂŻde, glycĂ©mie, mĂ©dicament) ? Cesser ou rĂ©duire lâagent en cause ; Ă©valuer le milieu de vie (chauffage, isolement, chute avec long sĂ©jour au sol, autonomie).
- Coup de chaleur : rĂ©cupĂ©ration neurologique parfois incomplĂšte ; CK, crĂ©atinine et bilan hĂ©patique jusquâĂ normalisation. Ăviter la chaleur et lâeffort intense pendant au moins quelques semaines ; retour progressif Ă lâactivitĂ© chez le sportif.
- PrĂ©vention en vague de chaleur pour lâaĂźnĂ© : hydratation, piĂšce climatisĂ©e ou lieu frais, appel rĂ©gulier dâun proche, rĂ©vision des diurĂ©tiques, anticholinergiques et antipsychotiques.
- SMN : inscrire la rĂ©action au dossier, plan de rĂ©introduction prudente avec la psychiatrie ; hyperthermie maligne : inscrire lâallergie, aviser le patient et la famille (dĂ©pistage familial).
PiĂšges et perles
- Un thermomĂštre standard ne lit pas sous â 34 °C : une « T non mesurable » est une hypothermie jusquâĂ preuve du contraire.
- L'hypothermie chez lâaĂźnĂ© septique est un signe de gravitĂ©, pas un rĂ©confort.
- Mesure tympanique ou axillaire chez un patient agité et chaud : sous-estime la T ; utiliser la T rectale ou vésicale.
- AcĂ©taminophĂšne dans le coup de chaleur : inutile ; le problĂšme nâest pas le point de consigne hypothalamique.
- SMN vs syndrome sérotoninergique : jours et bradyréflexie contre heures et clonus. Le SMN survient aussi au retrait de la lévodopa chez le parkinsonien (patient à jeun, NPO).
- Les antipsychotiques donnés pour un délirium peuvent causer à la fois une hypothermie et un SMN.
- Ne pas corriger trop vite la kaliĂ©mie dâun hypothermique : elle varie avec le rĂ©chauffement.
Voir aussi
- Fiche Syndrome sérotoninergique.
- Fiche Antipsychotiques (SMN et autres effets indésirables).
- Fiche Rhabdomyolyse.
- Fiche Sepsis.
- Fiche Intoxications et toxidromes.
- Fiche Thyroïde ; fiche Insuffisance surrénalienne et corticothérapie de stress ; fiche Hypoglycémie.
Références
- Lott C, Karageorgos V, Abelairas-Gomez C et coll. European Resuscitation Council Guidelines 2025: Special Circumstances in Resuscitation (hypothermie, ECMO, adrénaline et défibrillation < 30 °C, score HOPE, hyperthermie). Resuscitation 2025;215(Suppl 1):110753. doi:10.1016/j.resuscitation.2025.110753
- Dow J, Giesbrecht GG, Danzl DF et coll. Wilderness Medical Society Clinical Practice Guidelines for the Out-of-Hospital Evaluation and Treatment of Accidental Hypothermia: 2019 Update. Wilderness Environ Med 2019.
- Eifling KP, Gaudio FG, Dumke C et coll. Wilderness Medical Society Clinical Practice Guidelines for the Prevention and Treatment of Heat Illness: 2024 Update (immersion en eau froide, cible dâarrĂȘt du refroidissement). Wilderness Environ Med 2024. doi:10.1177/10806032241227924
- Emergency Care BC. Neuroleptic Malignant Syndrome (Diagnosis & Treatment) (doses de dantrolÚne, bromocriptine, lorazépam). 2022.
- Gurrera RJ, Caroff SN, Cohen A et coll. An international consensus study of neuroleptic malignant syndrome diagnostic criteria using the Delphi method. J Clin Psychiatry 2011;72(9):1222â1228.
- Malignant Hyperthermia Association of the United States (MHAUS) (protocole de lâhyperthermie maligne, dantrolĂšne 2,5 mg/kg).
- Centre antipoison du QuĂ©bec â ligne 24/7 pour les professionnels et le public, 1 800 463-5060.