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CHSLD et soins palliatifs â€ș Garde : appels aigus

Hyperthermie (canicule), hypothermie

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En bref : Les rĂ©sidents de CHSLD rĂ©gulent mal leur tempĂ©rature : Ăąge, TNC, immobilitĂ©, soif diminuĂ©e et mĂ©dicaments. En canicule, un coup de chaleur (tempĂ©rature trĂšs Ă©levĂ©e avec atteinte neurologique) exige un refroidissement immĂ©diat ; l’acĂ©taminophĂšne n’y change rien. Une hypothermie (sous 35 °C) rĂ©vĂšle souvent une maladie : sepsis, hypoglycĂ©mie, hypothyroĂŻdie, mĂ©dicament ou exposition au froid. Il faut d’abord la mesurer correctement.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Chaleur : tempĂ©rature trĂšs Ă©levĂ©e avec confusion, somnolence, convulsion, peau chaude (souvent sĂšche) : coup de chaleur.
  • RigiditĂ©, fiĂšvre et confusion sous antipsychotique : syndrome malin des neuroleptiques. Agitation, myoclonies, diarrhĂ©e sous sĂ©rotoninergique : syndrome sĂ©rotoninergique.
  • Froid : tempĂ©rature sous 35 °C avec baisse de l’état de conscience, bradycardie, hypotension ; absence de frissons malgrĂ© le froid (hypothermie plus profonde).
  • Hypothermie avec hypotension ou tachypnĂ©e : sepsis jusqu’à preuve du contraire.

✅ À faire maintenant

  • Signes vitaux, glycĂ©mie capillaire, Ă©tat de conscience ; mesurer la tempĂ©rature au site et avec l’appareil prĂ©vus par le protocole (un thermomĂštre ordinaire lit mal les basses tempĂ©ratures).
  • Coup de chaleur : dĂ©placer vers une piĂšce fraĂźche, dĂ©vĂȘtir, humecter la peau d’eau tiĂšde ou fraĂźche avec ventilation, compresses froides au cou, aux aisselles et Ă  l’aine ; surveiller la tempĂ©rature de prĂšs pour Ă©viter de dĂ©passer.
  • Hypothermie : piĂšce chaude, vĂȘtements secs, couvertures (y compris la tĂȘte), boissons chaudes si la dĂ©glutition est sĂ»re ; mobiliser doucement.
  • Chercher la cause : infection, hypoglycĂ©mie, mĂ©dicaments rĂ©cents, exposition (chambre trop chaude, fugue l’hiver).
  • VĂ©rifier le niveau de soins (AH-744).

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BRefroidir ou rĂ©chauffer sur place pendant qu’on organise le transfert si l’état de conscience est altĂ©rĂ©, si le rĂ©sident est instable ou si la tempĂ©rature ne se corrige pas.
CRefroidissement ou rĂ©chauffement externe sur place, hydratation PO ou SC, traitement de la cause (antibiotique selon le niveau de soins). Transfert si le confort ne peut ĂȘtre assurĂ©.
DMesures de confort : fraücheur ou chaleur, soins de bouche, hydratation de confort. Pas d’investigation.

Sur place

  • FiĂšvre ou coup de chaleur : en canicule, une tempĂ©rature Ă©levĂ©e peut aussi ĂȘtre une infection ; chercher le foyer (voir « FiĂšvre ou dĂ©tĂ©rioration de l’état gĂ©nĂ©ral »). Un antibiotique se discute selon les critĂšres habituels (Loeb : > 37,9 °C ou hausse ≄ 1,5 °C au-dessus de la base, avec un foyer).
  • Hydratation : PO si possible, sinon hypodermoclyse (voir « Hydratation PO et hypodermoclyse »). Prudence en insuffisance cardiaque.
  • MĂ©dicaments Ă  revoir en chaleur : diurĂ©tiques, anticholinergiques, antipsychotiques, antidĂ©presseurs, antihypertenseurs, lithium ; suspendre ou rĂ©duire temporairement si la TA est basse ou si le rĂ©sident se dĂ©shydrate.
  • ContrĂŽles : crĂ©atinine et Ă©lectrolytes si le rĂ©sultat change la conduite, selon le niveau de soins.
  • Hypothermie modĂ©rĂ©e ou sĂ©vĂšre : risque d’arythmie ; manipuler doucement, garder Ă  l’horizontale. Voir la fiche Hypothermie et coup de chaleur.
  • Causes mĂ©dicales de l’hypothermie : sepsis, hypoglycĂ©mie, hypothyroĂŻdie, dĂ©nutrition, sĂ©datifs et antipsychotiques, AVC.

Prévenir (plan chaleur)

  • Appliquer le plan chaleur de l’établissement dĂšs l’avis de chaleur extrĂȘme de la santĂ© publique : salles climatisĂ©es, horaires d’hydratation, surveillance accrue.
  • RepĂ©rer Ă  l’avance les rĂ©sidents Ă  risque : TNC, alitement, insuffisance cardiaque ou rĂ©nale, mĂ©dicaments Ă  risque.
  • RĂ©vision de la mĂ©dication avec le pharmacien avant l’étĂ©.
  • L’hiver : surveiller la tempĂ©rature des chambres et les sorties non accompagnĂ©es.

Famille, déclaration et suivi

  • Aviser le reprĂ©sentant et expliquer la cause soupçonnĂ©e.
  • Exposition liĂ©e Ă  l’environnement ou Ă  une fugue : dĂ©claration sur le formulaire AH-223-1.
  • Coup de chaleur ou dĂ©cĂšs possiblement liĂ© Ă  la chaleur : signaler selon les consignes de la direction de santĂ© publique rĂ©gionale ; un dĂ©cĂšs liĂ© Ă  la chaleur peut exiger un avis au coroner (voir « Constat de dĂ©cĂšs et avis au coroner »).

PiĂšges et perles

  • L’acĂ©taminophĂšne ne traite pas le coup de chaleur : seul le refroidissement physique est efficace.
  • Une tempĂ©rature « normale » chez un rĂ©sident qui va mal peut ĂȘtre une hypothermie mal mesurĂ©e.
  • Le rĂ©sident ĂągĂ© infectĂ© fait souvent peu de fiĂšvre ; une baisse de tempĂ©rature est aussi un signe d’alarme.
  • La confusion est souvent le premier signe d’un stress thermique chez le rĂ©sident avec TNC.

Références

  • Epstein Y, Yanovich R. Heatstroke. N Engl J Med 2019;380(25):2449-2459.
  • Paal P, et al. Accidental hypothermia: 2021 update. Int J Environ Res Public Health 2022;19(1):501.
  • INSPQ. MĂ©dicaments et effets indĂ©sirables : recommandations cliniques en pĂ©riodes de canicule. 2015.
  • MSSS. Plan ministĂ©riel de gestion des Ă©pisodes de chaleur extrĂȘme. Mise Ă  jour 2021.
  • Loeb M, et al. Minimum criteria for the initiation of antibiotics in residents of long-term-care facilities. Infect Control Hosp Epidemiol 2001;22(2):120-124.

Pour aller plus loin