En bref : Un résident atteint de TNC qui quitte l’unité sans être vu est en danger : froid, chaleur, circulation, chute, déshydratation. La disparition déclenche la procédure de l’établissement (souvent un code de couleur) et un appel rapide à la police : il n’y a aucun délai d’attente. Au retour, le médecin évalue les conséquences (blessure, hypothermie) et la cause de l’errance. La prévention repose sur l’environnement et l’approche, pas sur la contention.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme
- Résident introuvable après une fouille rapide de l’unité et des environs : police sans attendre.
- Météo extrême (froid, chaleur), nuit, proximité d’une route ou d’un plan d’eau.
- Médicaments essentiels manqués : insuline, antiparkinsonien, antiépileptique.
- Au retour : confusion plus marquée que d’habitude, température anormale, douleur, blessure, chute probable.
✅ À faire maintenant (disparition)
- Le personnel déclenche la procédure de l’établissement : fouille de l’unité, de l’édifice et des abords, sécurité.
- Appeler le 911 sans délai si le résident n’est pas retrouvé rapidement ; fournir une photo récente, une description, les vêtements, les lieux familiers et les besoins médicaux.
- Aviser le représentant ; lui demander les lieux où le résident pourrait aller (ancienne maison, travail).
- Le médecin de garde est informé : il précise les risques médicaux urgents pour la police (diabète sous insuline, maladie cardiaque, oxygène).
✅ Au retour
- Signes vitaux, température (thermomètre adapté si froid), glycémie, SpO₂.
- Examen complet de la peau et des membres : blessures, engelures, fracture de hanche ou de poignet.
- Cognition comparée à la base : délirium ?
- Reprendre les médicaments manqués selon le cas ; hydratation.
Selon le niveau de soins
| Niveau | Conduite |
|---|---|
| A – B | Retrouvé blessé, hypothermique ou confus : soins par les ambulanciers et transfert si l’état l’exige. |
| C | Retour au CHSLD si possible ; réchauffement, hydratation, analgésie et imagerie mobile sur place. Transfert si le confort l’exige (fracture). |
| D | Retour au CHSLD ; confort, réchauffement, soins de la peau. |
La recherche du résident disparu ne dépend pas du niveau de soins : c’est une question de sécurité.
Comprendre l’errance
- Besoins non comblés : faim, soif, toilette, douleur, ennui, chercher quelqu’un, « rentrer à la maison », anciennes routines (aller travailler).
- Causes médicales : délirium, infection, douleur, constipation, akathisie sous antipsychotique, insomnie ou inversion du rythme.
- Repérage : l’équipe note les moments, lieux et déclencheurs ; l’errance sécuritaire à l’intérieur peut être permise et même utile.
- Voir la situation « SCPD » pour l’approche non pharmacologique.
Prévenir
- Environnement : portes discrètes ou camouflées, alarmes ou dispositifs de localisation selon la politique de l’établissement, parcours de marche sécuritaire.
- Activité physique et activités signifiantes ; horaire de sommeil régulier.
- Photo récente et description à jour au dossier ; bracelet d’identification.
- Révision de la médication avec le pharmacien (sédatifs, antipsychotiques).
- Pas de contention physique ni chimique pour empêcher l’errance : elle augmente l’agitation et les blessures. Toute mesure de contrôle suit le protocole de l’établissement (voir « Mesures de contrôle »).
Famille, déclaration et suivi
- Informer le représentant de la disparition, du retour et des conséquences ; divulgation obligatoire s’il y a des conséquences.
- Déclarer l’événement sur le formulaire AH-223-1.
- Décès survenu lors d’une fugue : avis au coroner (circonstances violentes ou obscures).
- Revoir le plan d’intervention avec l’équipe et la famille ; une unité prothétique peut être envisagée selon l’offre locale.
Pièges et perles
- Attendre avant d’appeler la police est l’erreur la plus fréquente : plus on cherche tôt, plus vite on retrouve.
- La plupart des personnes avec TNC sont retrouvées près de l’endroit où on les a vues pour la dernière fois.
- Une fugue nouvelle chez un résident jusque-là calme fait chercher un délirium.
- Après le retour, une douleur à la hanche non expliquée oblige à penser à une chute non témoignée.
Références
- MSSS. Risque d’errance : détection précoce, prévention et protection. Messages clés pour les proches aidants (publication 22-835-05W).
- MSSS. Cadre de référence pour l’élaboration des protocoles d’application des mesures de contrôle : contention, isolement et substances chimiques. Édition révisée, 2015.
- Loi sur les coroners, RLRQ c. C-68.01 ; formulaire AH-223-1 (déclaration d’incident ou d’accident), MSSS.