Dr .omni

PremiĂšre ligne â€ș PsychiatrieCHSLD et soins palliatifs â€ș Psychiatrie

Trouble bipolaire et psychose

PsychiatrieFiche révisée · 23 oct. 2026

💊 Doses / traitement✉ Signaler une erreur

En bref : Devant une psychose ou une manie Ă  l’hĂŽpital, il faut d’abord exclure une cause organique : dĂ©lirium, substances, mĂ©dicaments, lĂ©sion du SNC. Les hallucinations visuelles et l’altĂ©ration de l’état de conscience orientent vers une cause organique. Pour l’agitation, on dĂ©samorce d’abord, puis on donne un antipsychotique avec ou sans benzodiazĂ©pine, PO si possible. Pour la manie, les lignes directrices CANMAT/ISBD placent en 1re intention le lithium, le divalproex ou un antipsychotique atypique, seul ou en association. On cesse les antidĂ©presseurs et les stimulants.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Risque suicidaire ou homicidaire ; agitation dangereuse.
  • Inattention, fluctuation de la conscience, hallucinations visuelles : dĂ©lirium ou cause organique.
  • 1re psychose aprĂšs 40 ans, signe focal, fiĂšvre, convulsion, cĂ©phalĂ©e : cause organique.
  • ToxicitĂ© au lithium : tremblement grossier, ataxie, confusion, vomissements, convulsions.
  • RigiditĂ©, hyperthermie, dysautonomie, CK ↑ : syndrome malin des neuroleptiques.

✅ À faire maintenant

  • SĂ©curitĂ© : stratĂ©gie de sortie, rĂ©duire les stimuli.

  • FSC, Ă©lectrolytes, Ca, glucose, crĂ©atinine, bilan hĂ©patique, TSH, B12, dĂ©pistage toxicologique, alcoolĂ©mie, ÎČ-hCG, lithĂ©mie ou valproate, ECG (QTc).
  • Imagerie, EEG ou PL si atypique ; revoir corticostĂ©roĂŻdes, stimulants, antidĂ©presseurs.
  • Documenter l’aptitude Ă  consentir.

💊 Premiùres ordonnances

  • DĂ©samorcer ; PO d’abord : olanzapine 5–10 mg ODT, rispĂ©ridone 1–2 mg PO ou loxapine 10–25 mg PO.

  • Refus, agitation sĂ©vĂšre ou danger : assurer la sĂ©curitĂ©, 911 (traitement IM Ă  l’urgence).
  • Stimulants ou sevrage d’alcool : lorazĂ©pam 2 mg d’abord.
  • ÂgĂ©, dĂ©lirium : halopĂ©ridol 0,25–0,5 mg ou quĂ©tiapine 12,5–25 mg.
  • Manie : lithium, divalproex ou atypique ; cesser antidĂ©presseurs et stimulants.

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer Ă  l’urgence : Danger pour soi ou autrui ; dĂ©sorganisation marquĂ©e du langage ou du comportement ; dĂ©lirium ou cause organique soupçonnĂ©e ; toxicitĂ© au lithium soupçonnĂ©e ; syndrome malin des neuroleptiques soupçonnĂ©

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

📹 RĂ©fĂ©rer : CRDS Consulter en psychiatrie si : (prioritĂ©s A Ă  E) · đŸš© Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

📞 Consulter CRDS — Psychiatrie adulte · Urgente : consultation intrahospitaliĂšre · semi-urgente : intrahospitaliĂšre ou externe · Ă©lective : en externe

Démarche initiale

  • SĂ©curitĂ© : stratĂ©gie de sortie, rĂ©duire les stimuli, posture non menaçante. Évaluer le risque suicidaire et homicidaire.
  • DĂ©lirium ou psychose primaire ? L’inattention, la fluctuation de l’état de conscience et la dĂ©sorientation orientent vers un dĂ©lirium (voir la fiche correspondante).
  • Bilan organique :
    • FSC, Ă©lectrolytes, Ca, glucose, crĂ©atinine, bilan hĂ©patique, TSH, B12 ;
    • dĂ©pistage toxicologique, alcoolĂ©mie ;
    • ÎČ-hCG ;
    • sĂ©rologies VIH et syphilis selon le contexte ;
    • taux de lithium ou de valproate si le patient en prend ;
    • ECG (QTc) avant les antipsychotiques.
  • Imagerie, EEG ou PL si l’ñge Ă  la 1re psychose est > 40 ans, s’il y a un signe neurologique focal, une cĂ©phalĂ©e, une fiĂšvre, une convulsion, un trouble cognitif ou une prĂ©sentation atypique. Penser Ă  l’encĂ©phalite auto-immune (anti-NMDA).

Causes médicamenteuses et toxiques de psychose

Classe Exemples
SĂ©datifs Sevrage d’alcool ou de benzodiazĂ©pines ; intoxication
Stimulants Cocaïne, amphétamines, méthylphénidate, MDMA, « sels de bain »
Cannabinoïdes, hallucinogÚnes Cannabis (forte teneur en THC), cannabinoïdes de synthÚse, LSD, PCP, kétamine, psilocybine
Anticholinergiques Atropine, scopolamine, diphenhydramine, dextrométhorphane
Corticostéroïdes, stéroïdes anabolisants Prednisone, dexaméthasone ; testostérone
Antiparkinsoniens Lévodopa, pramipexole, amantadine
Autres Méfloquine, efavirenz, acyclovir (en IRC), interférons, digoxine, opioïdes (mépéridine), antiépileptiques à forte dose
Toxiques Monoxyde de carbone, organophosphorés, métaux lourds

Hallucinations : orientation

  • AltĂ©ration de la conscience : dĂ©lirium, ou dĂ©mence Ă  corps de Lewy (hallucinations visuelles bien formĂ©es).
  • Visuelles :
    • migraine, Ă©pilepsie occipitale, AVC ;
    • Parkinson ou ses mĂ©dicaments ;
    • syndrome de Charles Bonnet (dĂ©ficit visuel, avec autocritique) ;
    • hypnagogiques ;
    • sevrage d’alcool ;
    • opioĂŻdes, benzodiazĂ©pines, carbidopa-lĂ©vodopa.
  • Auditives complexes (voix) : psychose primaire, alcool (hallucinose alcoolique).
  • Auditives Ă©lĂ©mentaires (sifflements, cliquetis) : salicylĂ©s, lĂ©sion de l’oreille ou du gyrus temporal supĂ©rieur.
  • BrĂšves, stĂ©rĂ©otypĂ©es, d’apparition aiguĂ« : Ă©pilepsie.

Diagnostic différentiel des troubles psychotiques (DSM-5)

Trouble SymptÎmes Durée
Trouble psychotique bref ≄ 1 symptĂŽme positif 1 jour Ă  < 1 mois
Trouble schizophréniforme CritÚre A de la schizophrénie 1 à 6 mois
SchizophrĂ©nie ≄ 2 parmi : dĂ©lire, hallucinations, discours dĂ©sorganisĂ©, comportement dĂ©sorganisĂ© ou catatonique, symptĂŽmes nĂ©gatifs ≄ 6 mois
Trouble schizo-affectif CritĂšre A + Ă©pisode thymique majeur, avec ≄ 2 semaines de psychose sans symptĂŽme thymique —
Trouble dĂ©lirant DĂ©lire non bizarre, fonctionnement relativement prĂ©servĂ© ≄ 1 mois
Induit par une substance DĂ©lire ou hallucinations pendant l’intoxication ou le sevrage Ne dĂ©passe pas environ 1 mois aprĂšs l’arrĂȘt
Trouble de l’humeur avec caractĂ©ristiques psychotiques SymptĂŽmes thymiques dominants ; psychose congruente Ă  l’humeur Pendant l’épisode thymique

Oui

Non

Oui, manie

Oui, dépression

Non

Oui

Non

< 1 mois

1 Ă  6 mois

≄ 6 mois

DĂ©lire seul ≄ 1 mois,
fonction préservée

Idées délirantes
ou hallucinations

Cause organique ?
délirium, substance, médicament,
lésion SNC

Trouble psychotique dĂ» Ă 
une affection médicale ou
induit par une substance

Seulement pendant
les épisodes thymiques ?

Trouble bipolaire
avec caractéristiques psychotiques

Dépression majeure ou bipolaire
avec caractéristiques psychotiques

Épisodes thymiques
avec ≄ 2 sem de psychose isolĂ©e ?

Trouble schizo-affectif

Durée des symptÎmes

Trouble psychotique bref

Trouble schizophréniforme

Schizophrénie

Trouble délirant

Agitation aiguë

  • DĂ©samorcer d’abord. Offrir la mĂ©dication PO en premier : le patient l’accepte souvent si on le lui propose.
Situation Option
Psychose connue, coopĂ©rant Olanzapine 5–10 mg ODT, rispĂ©ridone 1–2 mg PO, ou loxapine 10–25 mg PO
Refus, agitation sévÚre 911 / urgence (halopéridol + lorazépam IM, ou olanzapine IM) ; assurer la sécurité en attendant
Intoxication aux stimulants ou sevrage d’alcool BenzodiazĂ©pine d’abord (lorazĂ©pam 2 mg)
Personne ĂągĂ©e, dĂ©lirium HalopĂ©ridol 0,25–0,5 mg ou quĂ©tiapine 12,5–25 mg. Éviter les benzodiazĂ©pines (sauf sevrage). Parkinson ou Lewy : quĂ©tiapine
  • Contention : en dernier recours, selon le protocole de l’établissement, avec réévaluation frĂ©quente.
  • Au QuĂ©bec, en cas de danger :
    • la loi P-38.001 permet la garde prĂ©ventive (72 h, sans ordonnance) puis la garde provisoire et la garde en Ă©tablissement (ordonnances de la Cour du QuĂ©bec) ;
    • la garde ne permet pas de traiter contre le grĂ© du patient : il faut une autorisation judiciaire de soins (sauf urgence).
  • Évaluer et documenter l'aptitude Ă  consentir.

Trouble bipolaire : traitement selon CANMAT/ISBD (2018)

Phase 1re intention À Ă©viter
Manie aiguë Lithium, divalproex, quétiapine, asénapine, aripiprazole, palipéridone, rispéridone, cariprazine. Association : lithium ou divalproex + quétiapine, aripiprazole, rispéridone ou asénapine (plus rapide si manie sévÚre) Antidépresseurs, stimulants (cesser). Olanzapine en 2e intention (effets métaboliques)
DĂ©pression bipolaire I QuĂ©tiapine, lurasidone (± lithium ou divalproex), lithium, lamotrigine (en ajout) AntidĂ©presseur seul (virage maniaque) ; on l’associe seulement Ă  un stabilisateur, en 2e ligne
Maintien Lithium (meilleure preuve, effet anti-suicide), quĂ©tiapine, divalproex, lamotrigine (surtout pĂŽle dĂ©pressif), asĂ©napine, aripiprazole —

💡 Le guide CANMAT/ISBD de 2018 reste la version canadienne en vigueur. Depuis, la cariprazine a obtenu des donnĂ©es positives dans la dĂ©pression bipolaire I (classĂ©e en 2e intention en 2018).

Lithium : points pratiques

  • Bilan avant le dĂ©but :
    • crĂ©atinine et DFGe, Ă©lectrolytes ;
    • TSH, calcium ;
    • ECG si > 40 ans ou cardiopathie ;
    • ÎČ-hCG.
  • Taux Ă  12 h post-dose, 5 jours aprĂšs chaque changement :
    • 0,8–1,2 mmol/L en phase aiguĂ« ;
    • 0,6–0,8 mmol/L en maintien (0,4–0,6 chez la personne ĂągĂ©e).
  • Suivi : lithĂ©mie, crĂ©atinine, TSH et Ca q3–6 mois.
  • Interactions qui ↑ la lithĂ©mie : IECA, ARA, thiazides, AINS, dĂ©shydratation, rĂ©gime hyposodĂ©.
  • ToxicitĂ© :
    • tremblement grossier, ataxie, confusion, diarrhĂ©e et vomissements ; convulsions.
  • Traitement : NS, arrĂȘt du lithium. HĂ©modialyse (EXTRIP) si lithĂ©mie > 4,0 avec atteinte rĂ©nale, ou en prĂ©sence de coma, convulsions ou arythmie quel que soit le taux. On l’envisage si la lithĂ©mie dĂ©passe 5,0 ou en cas de confusion.
  • Effets chroniques : hypothyroĂŻdie, hyperparathyroĂŻdie, diabĂšte insipide nĂ©phrogĂ©nique, IRC.

Divalproex et lamotrigine

  • Divalproex : charge possible de 20–30 mg/kg/j en manie aiguĂ« ; taux visĂ© 350–700 ”mol/L.
  • Surveiller FSC, plaquettes, bilan hĂ©patique et ammoniĂ©mie si confusion.
  • À Ă©viter chez la femme en Ăąge de procrĂ©er (tĂ©ratogĂšne).
  • Lamotrigine : titration lente obligatoire (25 mg die × 2 sem, puis 50 mg × 2 sem, puis 100 Ă  200 mg). On la double lentement si le patient prend du valproate (risque de Stevens-Johnson).
  • AprĂšs un arrĂȘt de plus de 5 demi-vies, il faut recommencer la titration.

Antipsychotiques : profils d’effets indĂ©sirables

Agent Métabolique et poids SEP et dyskinésie tardive Prolactine Sédation QTc Particularités
Halopéridol + +++ +++ + ++ (IV) Agitation, délirium
RispĂ©ridone, palipĂ©ridone ++ ++ (dose-dĂ©pendant) +++ + + —
Olanzapine +++ + + ++ + Éviter en diabĂšte et obĂ©sitĂ©
Quétiapine ++ ± ± +++ + Parkinson, démence à corps de Lewy
Aripiprazole ± ± (akathisie) ↓ ± ± Agoniste partiel
Lurasidone ± + + + ± Prendre avec ≄ 350 kcal
Ziprasidone ± + + + ++ QTc
Clozapine +++ ± ± +++ + Agranulocytose (FSC et neutrophiles obligatoires), myocardite, constipation sévÚre, convulsions. Schizophrénie réfractaire
  • Suivi mĂ©tabolique : poids et tour de taille, PA, glycĂ©mie ou HbA1c, lipides. Les faire au dĂ©part, Ă  12 semaines, puis annuellement.
  • Syndrome malin des neuroleptiques : rigiditĂ©, hyperthermie, dysautonomie, altĂ©ration de l’état de conscience, CK ↑. ArrĂȘter l’antipsychotique, soins de soutien, ± dantrolĂšne ou bromocriptine.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceDanger pour soi ou autrui (risque suicidaire ou homicidaire, agitation dangereuse) — garde prĂ©ventive (P-38.001) si refus
  • UrgenceDĂ©sorganisation marquĂ©e du langage ou du comportement (manie ou psychose aiguĂ«)
  • UrgenceDĂ©lirium ou cause organique soupçonnĂ©e (1re psychose aprĂšs 40 ans, hallucinations visuelles, signe focal, fiĂšvre, convulsion)
  • UrgenceToxicitĂ© au lithium soupçonnĂ©e (tremblement grossier, ataxie, confusion, vomissements) — nĂ©phrologie si hĂ©modialyse (lithĂ©mie > 4,0 avec atteinte rĂ©nale, coma, convulsions, arythmie)
  • UrgenceSyndrome malin des neuroleptiques soupçonnĂ© (rigiditĂ©, hyperthermie, dysautonomie, CK ↑)

Consulter en psychiatrie si :

Refus de traitement chez un patient inapte : autorisation judiciaire de soins.

  • RapidePsychose ou manie, dĂ©sorganisation lĂ©gĂšre (dont premier Ă©pisode) — prioritĂ© B (≀ 10 j)
  • RapideHypomanie ou manie sous antidĂ©presseur (antidĂ©presseur arrĂȘtĂ© ou rĂ©duit) — prioritĂ© B (≀ 10 j)
  • ÉlectifBipolaritĂ© soupçonnĂ©e, « dĂ©pression rĂ©sistante » (Ă©valuation diagnostique, fonctionnement stable) — prioritĂ© D (≀ 3 mois)
  • ÉlectifTrouble bipolaire stable Ă  optimiser — prioritĂ© E (≀ 12 mois)

À prĂ©parer : FSC, Ă©lectrolytes, Ca, glucose, crĂ©atinine, bilan hĂ©patique, TSH, B12, toxicologie, ÎČ-hCG ; lithĂ©mie ou valproate ; ECG (QTc) ; antidĂ©presseurs, stimulants, corticostĂ©roĂŻdes ; ATCD familiaux ; aptitude Ă  consentir documentĂ©e.

PiĂšges et perles

  • PremiĂšre psychose aprĂšs 40 ans : cause organique jusqu’à preuve du contraire.
  • Manie induite : corticostĂ©roĂŻdes, antidĂ©presseurs, lĂ©vodopa, stimulants, hyperthyroĂŻdie.
  • Les stĂ©roĂŻdes Ă  forte dose (≄ 40 mg de prednisone) causent souvent humeur labile, manie ou psychose. On rĂ©duit la dose si possible, ou on ajoute un antipsychotique Ă  faible dose.
  • Patient sous lithium avec IRA, dĂ©shydratation ou nouveau IECA ou AINS : vĂ©rifier la lithĂ©mie.
  • Grossesse : Ă©viter le valproate ; discuter du choix du stabilisateur avec la psychiatrie (guide CANMAT pĂ©rinatal 2024).
  • Ne pas oublier l’abus de substances concomitant : il est trĂšs frĂ©quent.

Au sans rendez-vous : repérer et ne pas nuire

RĂ©sumĂ© dans nos mots, d’aprĂšs : outils de P.P. Yale et V. Tourjman (2015-2016), inspirĂ©s de CANMAT 2013 ; CANMAT 2023

  • Avant tout antidĂ©presseur, rechercher une hypomanie ou une manie passĂ©e (sommeil diminuĂ© sans fatigue, changement remarquĂ© par l’entourage), des antĂ©cĂ©dents familiaux de bipolaritĂ©, une psychose : une bipolaritĂ© mĂ©connue est une cause frĂ©quente de « dĂ©pression rĂ©sistante ».
  • Pas d’antidĂ©presseur seul dans le trouble bipolaire de type I. Si un antidĂ©presseur est ajoutĂ© Ă  un stabilisateur, prĂ©fĂ©rer un ISRS (sauf paroxĂ©tine) ou le bupropion, qui font moins virer Ă  la manie.
  • Hypomanie ou manie sous antidĂ©presseur : arrĂȘter ou rĂ©duire rapidement l’antidĂ©presseur et diriger vers le mĂ©decin traitant ou la psychiatrie.
  • Divalproex : contre-indiquĂ© en grossesse et chez la femme qui pourrait devenir enceinte sans contraception fiable.

Trouble bipolaire de type II — dĂ©pression (stratĂ©gies inspirĂ©es de CANMAT)

  • Étape 1 : quĂ©tiapine (XR ou IR) 50 mg pendant 2 jours, puis 100-150 mg pendant 2-3 semaines (XR au souper), jusqu’à 200-300 mg si tolĂ©rĂ© ; si la prise de poids pose problĂšme, lurasidone 20 mg au souper avec un repas, puis 20-60 mg.
  • Étape 2 : lithium (450 mg au coucher, lithĂ©mie 0,6-1,0), divalproex (250 mg deux fois par jour, ajustĂ© selon le dosage) ou lamotrigine (25 mg par jour, augmentĂ©e de 25 mg aux 1-2 semaines, effet lent).
  • Combinaisons au besoin : lithium + divalproex, ou stabilisateur + ISRS ou bupropion, ou ajout d’un antipsychotique.
  • Un antidĂ©presseur seul ne se discute que si les hypomanies sont rares et lĂ©gĂšres, en milieu spĂ©cialisĂ©.

Hypomanie et maintien (type II)

  • Hypomanie : cesser l’antidĂ©presseur ; lithium (lithĂ©mie > 0,8), divalproex ou antipsychotique, monothĂ©rapie d’abord.
  • Maintien : quĂ©tiapine, lithium ou lamotrigine en premier ; lurasidone si le poids est un enjeu.

Ces outils prĂ©cĂšdent les lignes directrices CANMAT/ISBD 2018 rĂ©sumĂ©es plus haut : en cas d’écart, ces derniĂšres priment.

Références

  • Yale P.P., Tourjman V. Traitement du trouble bipolaire (tableau, 2015) et Trouble bipolaire II — stratĂ©gies inspirĂ©es de CANMAT (2016).
  • Lam RW et coll. CANMAT 2023 Update on Clinical Guidelines for Management of Major Depressive Disorder in Adults. Can J Psychiatry. 2024;69(9):641-687.
  • Lignes directrices CANMAT et ISBD sur le trouble bipolaire et ressources connexes (CANMAT, 2018)
  • Yatham LN et coll. CANMAT and ISBD 2018 guidelines for the management of patients with bipolar disorder. Bipolar Disord 2018.
  • Loi sur la protection des personnes dont l’état mental prĂ©sente un danger pour elles-mĂȘmes ou pour autrui (P-38.001), QuĂ©bec.
  • Domino FJ. 5-Minute Clinical Consult : algorithme sur les hallucinations.
  • MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spĂ©cialisĂ©e (CRDS) — Psychiatrie.

đŸ©ș Situations CHSLD qui renvoient ici

🔗 Voir aussi