En bref : Chaque consultation est une occasion d'amorcer ou de poursuivre un traitement par agonistes opioïdes (TAO). Le sevrage seul est à éviter : il augmente le risque de surdose mortelle. Chez un patient déjà sous TAO, on confirme la dose et la date de la dernière prise avant de prescrire, on poursuit le TAO et on ajoute l’analgésie nécessaire. Remettre une trousse de naloxone et assurer le lien avec la clinique de suivi.
En bref : L’hospitalisation est une occasion clé d'amorcer ou de poursuivre un traitement par agonistes opioïdes (TAO). Le sevrage seul est à éviter : il augmente le risque de surdose mortelle. Chez un patient déjà sous TAO, on confirme la dose et la date de la dernière prise avant de prescrire, on poursuit le TAO et on ajoute l’analgésie nécessaire. Au congé : trousse de naloxone, ordonnance de transition et lien avec la clinique de suivi.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme
- Intoxication : somnolence, myosis, bradypnée, coma.
- Sevrage seul sans TAO : ↑ risque de surdose mortelle, surtout au congé.
- Induction de méthadone (2 premières semaines), nouvel inhibiteur (fluconazole, macrolide), benzodiazépines.
- QTc > 500 ms sous méthadone.
- Aggravation après la 1re buprénorphine : sevrage précipité.
✅ À faire maintenant
- Confirmer dose, date et heure de la dernière prise (pharmacie, DSQ, prescripteur).
- COWS ; ECG de base si méthadone ; K, Mg.
- Interactions (CYP3A4, 2B6) : voir Consulter.
- Si dépistage urinaire : l’immunoessai « opiacés » ne détecte pas le fentanyl, la méthadone ni la buprénorphine ; demander les analyses ciblées.
- ≥ 3 jours manqués : joindre le prescripteur du TAO (réinduction si ≥ 5 j).
💊 Premières ordonnances
- Surdose : naloxone 0,04–0,4 mg IV titrée (0,4–2 mg IM/IN si arrêt imminent).
- Déjà sous TAO, < 3 jours manqués : même dose ; ajouter l’analgésie nécessaire.
- Buprénorphine : 2–4 mg SL si COWS 8–12, puis q2–4h PRN, max 16 mg J1 ; cible 16–24 mg/j ; fentanyl, méthadone, douleur : microdosage.
- Sevrage précipité : redonner buprénorphine 4–8 mg SL.
- Méthadone : 10–30 mg PO J1 (max 30 mg), + 5–10 mg au plus q3–5 j.
- Adjuvants : clonidine 0,1 mg PO BID-TID PRN, lopéramide (max 12 mg/j), dimenhydrinate 25 mg.
📞 Appeler ou orienter si
- Pharmacie (pharmacien clinicien d’étage) : Congé sous TAO
- Soins intensifs : Surdose avec doses répétées de naloxone
Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›
- Surdose : 911, ventiler, RCR si arrêt ; naloxone intranasale (si disponible) ; naloxone IV titrée par les paramédics ou à l’urgence.
- Déjà sous TAO, < 3 jours manqués : même dose ; ajouter l’analgésie nécessaire.
- Buprénorphine : 2–4 mg SL si COWS 8–12, puis q2–4h PRN, max 16 mg J1 ; cible 16–24 mg/j ; fentanyl, méthadone, douleur : microdosage.
- Sevrage précipité : redonner buprénorphine 4–8 mg SL.
- Méthadone : 10–30 mg PO J1 (max 30 mg), + 5–10 mg au plus q3–5 j.
- Adjuvants : clonidine 0,1 mg PO BID-TID PRN, lopéramide (max 12 mg/j), dimenhydrinate 25 mg.
📝 Gabarits d’ordonnance (2 · à adapter au patient)
Cochez les lignes voulues, remplissez l’en-tête, puis Copier (texte pour le DMÉ) ou Imprimer. Doses reprises de la fiche ; gabarit à valider avant usage.
🔒 Les informations inscrites restent sur votre appareil : rien n’est enregistré ni envoyé.
📄 À remettre au patient ou aux parents
- Opioïdes (Choisir avec soin, page)
Tous les dépliants à imprimer ›
📞 Appeler ou orienter si
- Envoyer à l’urgence : Surdose d’opioïdes soupçonnée ; somnolence sous méthadone
Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›
📌 Fiche d’origine hospitalière, gardée pour le sujet prioritaire du CMFC « Usage de substances et addiction ». Au sans rendez-vous : reconnaître, amorcer le traitement et diriger ; les sections propres à l’hôpital ont été retirées.
🧮 Calculateur
🔗 Ressources et raisonnement
🧠 Raisonnement Curbsiders #528 — Médecine de la dépendance à l’hôpital 3.0
Définitions
- Dépendance physique : sevrage à l’arrêt brusque, à la baisse rapide de dose ou à l’administration d’un antagoniste. Tolérance : baisse de l’effet pour une même dose. Les deux sont attendues sous opioïdes prescrits et ne suffisent pas pour diagnostiquer un trouble.
- Trouble lié à l’usage d’opioïdes (TUO, DSM-5) : ≥ 2 des 11 critères en 12 mois (perte de contrôle, usage compulsif, craving, poursuite malgré les conséquences, etc.). Léger 2–3, modéré 4–5, sévère ≥ 6.
| Intoxication | Sevrage |
|---|---|
| Somnolence, élocution ralentie, myosis, bradypnée, hypotension, bradycardie, coma | Anxiété, craving, mydriase, rhinorrhée, larmoiement, bâillements, piloérection, diaphorèse, crampes, diarrhée, myalgies |
| Traitement : ventiler, naloxone 0,04–0,4 mg IV titrée (0,4–2 mg IM/IN si arrêt imminent) | Mesuré par la COWS (0–48) : léger 5–12, modéré 13–24, modérément sévère 25–36, sévère > 36 |
| Traitement : 911, ventiler, naloxone intranasale (si disponible) ; naloxone IV titrée à l’urgence | Mesuré par la COWS (0–48) : léger 5–12, modéré 13–24, modérément sévère 25–36, sévère > 36 |
Choix du TAO
⚠️ Recommandation actuelle (BCCSU, 2023) : les lignes directrices ne hiérarchisent plus les TAO. On choisit avec le patient entre buprénorphine-naloxone, méthadone et morphine orale à libération lente (24 h). La buprénorphine reste privilégiée en l’absence d’autre préférence, pour sa sécurité. Depuis mai 2018, Santé Canada n’exige plus d'exemption pour prescrire la méthadone (l’ancienne autorisation n’est plus requise). La formation et les normes du CMQ s’appliquent toujours.
| Buprénorphine-naloxone (Suboxone) | Méthadone | |
|---|---|---|
| Mécanisme | Agoniste partiel, forte affinité ; effet plafond respiratoire | Agoniste complet ; demi-vie longue et variable (24–36 h) |
| Début | Patient en sevrage (COWS ≥ 12–13) ou microdosage | Immédiat, sans sevrage |
| Rétention | 64 % vs 39 % placebo (NNT 4) | 73 % vs 22 % (NNT 2) |
| Risques | Sevrage précipité | Surdose en phase d’induction, QTc, nombreuses interactions |
| Doses cibles | 16–24 mg/j SL | Souvent 60–120 mg/j ; plus avec le fentanyl |
Prise en charge
Induction standard de buprénorphine-naloxone
- ⚠️ Recommandation actuelle (INESSS 2021) : 1re dose quand COWS 8–12 et au moins 12 h sans opioïde à courte action ou 24 h sans opioïde à longue action (idéalement 30–72 h). On peut débuter sous le seuil si la personne n’a plus consommé et se sent mal.
- Jour 1 : 2–4 mg SL, puis vérifier à 1 h l’absence de sevrage précipité.
- Réévaluer q2–4h et redonner 2–4 mg au besoin (viser COWS < 5), max 16 mg le jour 1.
- Aggravation après la 1re dose = sevrage précipité (voir plus bas).
- Jour 2 : dose totale du jour 1 en une prise, puis 2–4 mg q2–4h au besoin, max 24 mg (INESSS). Ensuite max 32 mg/j (monographie : 24 mg/j). Cible habituelle 16–24 mg die.
- Le comprimé se dissout en 5–10 min ; ne pas avaler ni parler.
- Offrir le TAO pendant l’hospitalisation : la ligne directrice BCCSU 2023 encadre l’amorce et la poursuite du TAO chez le patient hospitalisé.
Microdosage (induction à faible dose)
- Utile si le patient prend du fentanyl, a une douleur aiguë, ne tolère pas le sevrage, n’est pas assez en sevrage à son arrivée (urgence) ou passe de la méthadone (ou du Kadian) à la buprénorphine. On poursuit l’opioïde complet pendant la montée. Méthode hors monographie, données limitées.
- ⚠️ Recommandation actuelle (ESCODI 2023) : schéma court québécois en 7 jours.
| Jour | Buprénorphine-naloxone SL | Autres opioïdes |
|---|---|---|
| 1 | 0,5 mg die | Poursuivre |
| 2 | 0,5 mg bid | Poursuivre |
| 3 | 1 mg bid | Poursuivre |
| 4 | 2 mg bid | On peut cesser la courte action et/ou réduire la longue action |
| 5 | 3 mg bid | Poursuivre |
| 6 | 4 mg bid | Poursuivre |
| 7 | 12 mg die | Cesser |
| 8 et + | Ajuster jusqu’à la dose de confort | — |
- Schéma long (≈ 13 j, souvent préféré pour la méthadone) : 0,5 mg die J1–2, puis montée graduelle die (1 ; 1,5 ; 2 ; 3 ; 4 ; 5 ; 6 ; 7 ; 8 ; 10 mg) jusqu’à 12 mg die au J13, où l’on cesse les autres opioïdes.
- Repères : courte action cessée dès 4 mg/j de buprénorphine ; longue action (méthadone, timbre de fentanyl) réduite à partir de 4 mg ou cessée vers 12 mg/j (8–16 mg). Puis titrer jusqu’à 24–32 mg/j au besoin. Un opioïde à longue action injecté, fumé ou sniffé se comporte comme une courte action.
- Aucun schéma n’est supérieur : individualiser, suivre le protocole local ou l’avis de l’équipe de toxicomanie.
Sevrage précipité
- Il survient si la buprénorphine déplace un agoniste complet encore présent.
- ⚠️ Recommandation actuelle (BCCSU, 2023) : on traite en redonnant de la buprénorphine (p. ex. 4–8 mg SL, répéter au besoin) plutôt qu’en arrêtant. On ajoute les adjuvants.
Adjuvants du sevrage (trousse INESSS 2021)
| Symptôme | Médicament |
|---|---|
| Anxiété, irritabilité, sudation | Clonidine 0,1 mg PO BID-TID PRN (tenir si hypotension) |
| Insomnie | Trazodone 50 mg PO HS, quétiapine 25–50 mg PO HS ou diphenhydramine 25–50 mg PO HS PRN |
| Douleur | Ibuprofène 200–400 mg PO q6–8h PRN ou acétaminophène 500 mg PO q4–6h PRN (max 4 g/24 h) |
| Nausées | Dimenhydrinate 25 mg PO q6–8h PRN |
| Diarrhée | Lopéramide 4 mg, puis 2 mg après chaque selle liquide (max 12 mg/24 h) |
- ⚠️ Recommandation actuelle (INESSS 2021) : doses de la trousse québécoise ; remplacent les doses des notes (clonidine q4h, lopéramide max 16 mg/j).
Méthadone
- Initiation : 10–30 mg PO die (max 30 mg le jour 1). Augmenter de 5–10 mg au plus q3–5 jours. L’équilibre n’est atteint qu’en 4–5 jours : le risque de surdose est maximal dans les 2 premières semaines.
- ⚠️ Recommandation actuelle (BCCSU, 2023) : chez les utilisateurs de fentanyl à haute tolérance, des titrations plus rapides et des doses plus élevées sont permises. Elles relèvent d’un prescripteur expérimenté.
- Patient hospitalisé sous méthadone : vérifier la dose auprès de la pharmacie communautaire (doses témoins, doses emportées), donner la dose habituelle une fois par jour et aviser la pharmacie à l’admission et au congé.
- Initiation : 10–30 mg PO die (max 30 mg le jour 1). Augmenter de 5–10 mg au plus q3–5 jours. L’équilibre n’est atteint qu’en 4–5 jours : le risque de surdose est maximal dans les 2 premières semaines.
- ⚠️ Recommandation actuelle (BCCSU, 2023) : chez les utilisateurs de fentanyl à haute tolérance, des titrations plus rapides et des doses plus élevées sont permises. Elles relèvent d’un prescripteur expérimenté.
- Patient sous méthadone : vérifier la dose et la dernière prise auprès de la pharmacie communautaire (doses témoins, doses emportées) et aviser le prescripteur du TAO.
- ECG de base, puis selon la dose et les interactions. QTc > 500 ms : réévaluer la dose et les autres médicaments allongeant le QT, et corriger le K et le Mg.
- Interactions (CYP3A4, 2B6) :
| Effet | Exemples | Conséquence |
|---|---|---|
| ↑ méthadone (toxicité) | Fluconazole, clarithromycine, érythromycine, ciprofloxacine, fluvoxamine, diltiazem, vérapamil, amiodarone, jus de pamplemousse | Somnolence, dépression respiratoire, QT long |
| ↓ méthadone (sevrage après 7–10 j) | Rifampicine, carbamazépine, phénytoïne, phénobarbital, efavirenz, névirapine, certains IP/ritonavir, millepertuis | Sevrage ; ajuster la dose |
| Retrait d’un inducteur | Arrêt de rifampicine ou carbamazépine | ↑ méthadone en 2–3 semaines : surdose possible |
- Interaction soupçonnée : voir Consulter.
- Méthadone analgésique (soins palliatifs) : voies PO, buccale transmuqueuse (solution 10 mg/mL) ou intrarectale (IR:PO 1:1), utilisables jusqu’au décès ; pas de voie SC. Élimination surtout fécale : option en insuffisance rénale. Conversion non linéaire, par un prescripteur expérimenté (méthodes dans la Fiche Symptômes complexes, douleur et nausées en fin de vie).
Conversions entre TAO
- Buprénorphine → méthadone : débuter la méthadone 24 h après la dernière buprénorphine.
- Bup ≥ 8 mg/j : méthadone 30 mg/j.
- Bup 4–8 mg/j : méthadone 20–30 mg/j.
- Bup < 4 mg/j : méthadone < 20 mg/j.
- Méthadone → buprénorphine : réduire la méthadone à ≤ 30 mg puis attendre le sevrage (souvent ≥ 36–72 h), ou faire un microdosage sans réduction préalable.
- Buprénorphine injectable mensuelle (Sublocade) : option intéressante au congé si l’adhésion quotidienne est difficile.
- ⚠️ Recommandation actuelle (ESCODI 2026) : prérequis = stabilité ≥ 7 j à 8–24 mg/j SL (induction standard) ou, en induction rapide (p. ex. à l’urgence), une dose SL de ≥ 4 mg bien tolérée pendant > 1 h.
- 300 mg SC par mois × 2 (2e dose 7 jours à 1 mois après la 1re), puis 100 mg SC q28 j (intervalle 26–42 j ; 300 mg si sevrage ou craving persistant). SC seulement.
- Morphine orale LL uniquotidienne (Kadian) : 2e ligne, par un prescripteur expérimenté ou après avis d’expert (hors indication au Québec, couverte par la RAMQ).
- Capsule idéalement ouverte, granules sur compote (ou yogourt), avalés dans les 30 min ; jamais mâchés ni écrasés.
- Demi-vie courte : la tolérance baisse plus vite qu’avec la méthadone ; ≥ 2 doses consécutives manquées → prescripteur (réduction de dose) (ESCODI 2023).
- Buprénorphine injectable mensuelle (Sublocade) : option intéressante si l’adhésion quotidienne est difficile (injection en clinique de TAO, sur référence).
- ⚠️ Recommandation actuelle (ESCODI 2026) : prérequis = stabilité ≥ 7 j à 8–24 mg/j SL (induction standard) ou, en induction rapide (p. ex. à l’urgence), une dose SL de ≥ 4 mg bien tolérée pendant > 1 h.
- 300 mg SC par mois × 2 (2e dose 7 jours à 1 mois après la 1re), puis 100 mg SC q28 j (intervalle 26–42 j ; 300 mg si sevrage ou craving persistant). SC seulement.
- Morphine orale LL uniquotidienne (Kadian) : 2e ligne, par un prescripteur expérimenté ou après avis d’expert (hors indication au Québec, couverte par la RAMQ).
- Capsule idéalement ouverte, granules sur compote (ou yogourt), avalés dans les 30 min ; jamais mâchés ni écrasés.
- Demi-vie courte : la tolérance baisse plus vite qu’avec la méthadone ; ≥ 2 doses consécutives manquées → prescripteur (réduction de dose) (ESCODI 2023).
Douleur aiguë chez un patient sous TAO
- Ne pas cesser le TAO. La dose de base ne couvre pas la douleur aiguë : on la traite en plus (BCCSU 2023).
- Buprénorphine : poursuivre et fractionner (p. ex. 8 mg SL tid), ou augmenter jusqu’à 24–32 mg/j. Ajouter un opioïde complet à forte affinité au besoin (hydromorphone, fentanyl), à doses plus élevées qu’habituellement.
- ⚠️ Recommandation actuelle (consensus périopératoires récents) : on poursuit la buprénorphine en périopératoire plutôt que de l’arrêter.
- Méthadone : maintenir la dose quotidienne (on peut la fractionner q8h) et ajouter un opioïde à courte action au besoin.
- Multimodal systématique : acétaminophène, AINS, anesthésie régionale, kétamine sous-dissociative selon le contexte.
- Inscrire au dossier un plan d’analgésie clair (doses régulières, entredoses, réévaluation) et en discuter avec le patient.
Prescription d’opioïdes et équivalences
Équivalences approximatives
| Opioïde | Équivalent de 10 mg de morphine PO | Remarques |
|---|---|---|
| Morphine SC/IV | 3–5 mg (rapport PO:SC 2–3:1) | Métabolites actifs : éviter en insuffisance rénale |
| Hydromorphone PO | 2 mg | SC : 1 mg |
| Oxycodone PO | 6,7 mg | |
| Codéine PO | 67 mg | Métaboliseurs variables |
| Tramadol PO | 100 mg | Convulsions, sérotoninergique |
| Tapentadol PO | 33 mg | |
| Fentanyl transdermique | 25 µg/h ≈ 50 mg morphine PO/j (rotations) | Jamais chez un patient naïf ; table de la monographie pour débuter seulement |
| Méthadone | Rapport non linéaire | Conversion par un expert seulement |
- Lors d’une rotation, réduire de 25–50 % la dose calculée (tolérance croisée incomplète).
⚖️ Divergence entre lignes directrices (APES 2019 et Palli-Science 2024 vs monographie de Santé Canada) : fentanyl TD 25 µg/h ≈ morphine 50 mg PO/24 h vs 60–134 mg (table d’initiation du timbre). On suit 50 mg pour les rotations. Détails : Fiche Conversions d’opioïdes.
- Entredoses : 10 % de la dose quotidienne ; q1h PRN PO, q30 min SC, q10–15 min IV. Si > 3 entredoses/j pendant quelques jours, augmenter la dose régulière.
- Ligne directrice canadienne 2017 (douleur chronique non cancéreuse) : préférer < 50 MME/j et éviter > 90 MME/j.
-
Toujours prescrire un laxatif avec l’opioïde ; éviter l’association avec les benzodiazépines et l’alcool.
-
Dépistage du risque : ORT avant de prescrire pour la douleur chronique ; POMI (≥ 2 « oui » sur 6) chez un patient déjà sous opioïdes. Signes les plus évocateurs de mésusage : écraser ou injecter, autres sources, prescripteurs multiples.
| Opioïde | Équivalent de 10 mg de morphine PO | Remarques |
|---|---|---|
| Morphine SC | 3–5 mg (rapport PO:SC 2–3:1) | Métabolites actifs : éviter en insuffisance rénale |
| Hydromorphone PO | 2 mg | SC : 1 mg |
| Oxycodone PO | 6,7 mg | |
| Codéine PO | 67 mg | Métaboliseurs variables |
| Tramadol PO | 100 mg | Convulsions, sérotoninergique |
| Tapentadol PO | 33 mg | |
| Fentanyl transdermique | 25 µg/h ≈ 50 mg morphine PO/j (rotations) | Jamais chez un patient naïf ; table de la monographie pour débuter seulement |
| Méthadone | Rapport non linéaire | Conversion par un expert seulement |
- Lors d’une rotation, réduire de 25–50 % la dose calculée (tolérance croisée incomplète).
⚖️ Divergence entre lignes directrices (APES 2019 et Palli-Science 2024 vs monographie de Santé Canada) : fentanyl TD 25 µg/h ≈ morphine 50 mg PO/24 h vs 60–134 mg (table d’initiation du timbre). On suit 50 mg pour les rotations. Détails : fiche Conversions d’opioïdes.
- Entredoses : 10 % de la dose quotidienne, q1h PRN PO. Si > 3 entredoses/j pendant quelques jours, augmenter la dose régulière.
- Ligne directrice canadienne 2017 (douleur chronique non cancéreuse) : préférer < 50 MME/j et éviter > 90 MME/j.
-
Toujours prescrire un laxatif avec l’opioïde ; éviter l’association avec les benzodiazépines et l’alcool.
-
Dépistage du risque : ORT avant de prescrire pour la douleur chronique ; POMI (≥ 2 « oui » sur 6) chez un patient déjà sous opioïdes. Signes les plus évocateurs de mésusage : écraser ou injecter, autres sources, prescripteurs multiples.
Dépistage urinaire
| Substance | Fenêtre de détection |
|---|---|
| Morphine, héroïne, codéine | 2–3 jours |
| Oxycodone, hydromorphone | 2–4 jours |
| Méthadone | 3–4 jours |
| Buprénorphine | Jusqu’à 11 jours |
| Fentanyl | 2–4 jours (métabolites) |
- Le test « opiacés » de base ne détecte pas le fentanyl, l’oxycodone, la méthadone ni la buprénorphine : demander les tests spécifiques.
- Faux positifs : opioïdes (quinolones, rifampicine, dextrométhorphane) ; amphétamines (bupropion, trazodone, pseudoéphédrine) ; benzodiazépines (sertraline). Confirmer par chromatographie au besoin.
Consulter
Consulter le pharmacien si :
Médecine des toxicomanies (service local ou ligne de garde régionale ; ressources de l’ESCODI) : usager de fentanyl, conversions entre TAO, microdosage ; doses manquées : prescripteur du TAO.
- Semi-urgentInteraction soupçonnée avec la méthadone (inhibiteur, inducteur ou retrait d’un inducteur du CYP3A4/2B6) — pendant le séjour, dès le changement.
- Semi-urgentQTc > 500 ms sous méthadone (revoir les médicaments allongeant le QT) — même jour.
- UrgentCongé sous TAO (ordonnance de transition, dernière dose reçue à l’hôpital, naloxone) — le jour du congé.
À préparer : molécule, dose, date et heure de la dernière prise (pharmacie, DSQ), doses emportées, prescripteur et clinique TAO, ECG, K et Mg, liste des médicaments.
Consulter aux soins intensifs si :
- UrgentSurdose avec doses répétées de naloxone (action plus courte que l’opioïde : récidive) — immédiatement.
Envoyer à l’urgence si :
- UrgenceSurdose d’opioïdes soupçonnée (somnolence, myosis, bradypnée, coma) — 911, ventiler, naloxone intranasale
- UrgenceSomnolence sous méthadone (induction des 2 premières semaines, nouvel inhibiteur, BZD, insuffisance rénale ou hépatique)
Consulter en psychiatrie si :
TUO sans trouble psychiatrique : clinique TAO ou services en dépendance ; ≥ 3 jours manqués : prescripteur du TAO (réinduction si ≥ 5 j) ; fentanyl à haute tolérance ou conversion : équipe de toxicomanie.
- RapideTUO avec trouble psychiatrique grave instable (désorganisation légère, risque de dégradation) — priorité B (≤ 10 j)
- RapideTrouble concomitant avec rupture fonctionnelle (malgré un TAO optimisé) — priorité C (≤ 28 j)
À préparer : TAO, dose, date et heure de la dernière prise (pharmacie, DSQ, prescripteur) ; doses manquées ; ECG (QTc ; > 500 ms : aviser le prescripteur, corriger K et Mg) ; interactions revues avec le pharmacien ; dépistage urinaire avec tests spécifiques ; naloxone remise ; ordonnance de transition et rendez-vous en clinique TAO.
Algorithme
Suivi et congé
- Trousse de naloxone (intranasale ou injectable) et enseignement au patient et à ses proches : gratuite au Québec en pharmacie et dans les points de distribution répertoriés par l’INSPQ.
- Son action est plus courte que celle de plusieurs opioïdes : la surdose peut revenir ; appeler le 911 même après une réponse.
- Avant le congé : évaluer le niveau de soins requis (sevrage interne ou externe), le besoin d’administration supervisée, la sécurité du retour (domicile, rue, refuge, CRD) ; impliquer tôt les équipes externes.
- Déclarer les intoxications inhabituelles à la santé publique régionale (fiche de déclaration de surdose de l’INSPQ).
- Ordonnance de transition jusqu’au rendez-vous avec la clinique TAO (doses témoins en pharmacie). Télécopier l’ordonnance à la pharmacie et indiquer la dernière dose reçue à l’hôpital pour éviter les doubles doses.
- Réduction des méfaits : matériel stérile, ne pas consommer seul, services de consommation supervisée, vérification des drogues.
- Dépistage VIH, VHC, VHB et vaccination.
- Consommation persistante sous TAO : en discuter avec le patient et le prescripteur (dose, molécule, soutien), dans une approche centrée sur la personne et la réduction des méfaits (BCCSU 2023).
Pièges et perles
- Le sevrage seul, sans TAO, augmente le risque de décès par perte de tolérance. C’est le moment le plus dangereux, surtout au congé.
- Usager de fentanyl : tolérance souvent très élevée ; titrations plus rapides et doses plus fortes possibles, par un prescripteur expérimenté (BCCSU 2023).
- Méthadone : l’équilibre n’est atteint qu’en 4–5 jours (sédation différée possible) ; effets à surveiller au long cours : QTc, interactions, constipation, troubles respiratoires du sommeil, hypogonadisme (monographie). ≥ 3 jours consécutifs manqués : réévaluer avec le pharmacien ou le prescripteur (ESCODI).
- Patient sous méthadone qui arrive somnolent : chercher un nouvel inhibiteur (antifongique, macrolide), une insuffisance rénale ou hépatique, des benzodiazépines.
Références
- Où trouver de la naloxone en tout temps au Québec (INSPQ)
- BC Guideline for the Clinical Management of Opioid Use Disorder — 2023 Update (BCCSU, 2023)
- Management of opioid use disorders: a national clinical practice guideline (CRISM, CMAJ 2018)
- Trouble lié à l’usage d’opioïdes — Guide d’usage optimal (INESSS, mai 2021)
- Guide d’utilisation de la méthode d’induction par microdosage de buprénorphine-naloxone (ESCODI, CCSMTL, 2023)
- Guide d’utilisation de la buprénorphine injectable à libération prolongée (Sublocade) (ESCODI, CCSMTL, mise à jour mai 2026)
- Guide d’utilisation de la morphine à libération lente uniquotidienne (Kadian) dans le TAO (IUD/ESCODI, CCSMTL, 2023)
- Méthadone en TAO : questions courantes (ESCODI, CCSMTL, 2023)
- Palli-Science. Mini-guide de soins palliatifs (La Maison Victor-Gadbois), 25e éd., 2024.
- Formation INSPQ sur le traitement des troubles liés à l’usage d’opioïdes, cahiers médecins et interdisciplinaire (2019).
- MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spécialisée (CRDS) — Psychiatrie.