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Soins post-aigus › Complications : appels fréquents

Constipation sous opioïdes

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En bref : Presque tous les patients qui prennent un opioïde de façon régulière après une chirurgie deviennent constipés, et la tolérance à cet effet ne se développe pas. Moins de mobilité, peu de liquides et des toilettes peu accessibles l’aggravent. La constipation cause douleur, perte d’appétit, rétention urinaire et délirium. On la prévient dès le début de l’opioïde et on la cherche chaque jour.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Vomissements, ballonnement important, absence de gaz : occlusion ou iléus.
  • Douleur abdominale intense, défense, fièvre.
  • Rectorragie ou méléna.
  • Diarrhée liquide chez un patient constipé : débordement autour d’un fécalome (ou C. difficile s’il a reçu un antibiotique).

✅ À faire maintenant

  • Date de la dernière selle, consistance, gaz, nausées, appétit ; feuille d’élimination.
  • Examen abdominal ; toucher rectal à la recherche d’un fécalome.
  • Revoir les autres causes médicamenteuses : anticholinergiques, fer, calcium, antiacides, inhibiteurs calciques.
  • Vérifier le potassium, le calcium et la fonction thyroïdienne si l’histoire le justifie.

En soins post-aigus

  • Prévention : laxatif régulier dès que l’opioïde est donné à heure fixe ; un laxatif osmotique (PEG) ou stimulant (sennosides, bisacodyl) est le premier choix (AGA 2019). Doses : voir la fiche Côlon irritable et constipation.
  • Le docusate seul est peu efficace : ne pas compter sur lui.
  • Constipation installée : augmenter le laxatif ou en associer deux ; suppositoire ou lavement si le rectum est plein.
  • Échec des laxatifs : un antagoniste périphérique des récepteurs opioïdes (naloxegol, méthylnaltrexone, naldémédine) peut être envisagé ; contre-indiqué s’il y a une occlusion.
  • Réduire l’opioïde dès que la douleur le permet.
  • Éviter l’huile minérale par la bouche (risque d’aspiration, Beers 2023).

Effet sur la réadaptation

  • La mobilisation aide le transit : la marche fait partie du traitement.
  • Soins infirmiers : suivi quotidien des selles, horaire de toilette après le déjeuner, position assise à la toilette plutôt que la bassine.
  • Nutrition : liquides et fibres selon la tolérance ; les fibres sans liquides suffisants peuvent aggraver.
  • Ergothérapie : accès sécuritaire à la toilette, siège surélevé, appui-pieds.
  • Un patient ballonné et douloureux participe mal : traiter avant la séance.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Transfert si occlusion, iléus avec vomissements ou douleur abdominale aiguë soupçonnés, selon le niveau de soins.
  • Investigation hors du séjour si saignement rectal, anémie ferriprive ou changement persistant du transit sans opioïde.

Préparer le congé

  • Le laxatif suit l’opioïde au domicile ; l’arrêter quand l’opioïde est cessé.
  • Expliquer au patient comment ajuster le laxatif selon ses selles.

Pièges et perles

  • « Il a eu une selle » ne veut pas dire que le rectum est vide : un fécalome peut laisser passer des selles liquides.
  • Rétention urinaire et délirium peuvent venir d’un fécalome.
  • Le laxatif « au besoin » est souvent oublié : le prescrire à heure fixe.

Références

  • Crockett SD, et al. American Gastroenterological Association Institute guideline on the medical management of opioid-induced constipation. Gastroenterology 2019;156(1):218-26.
  • American Geriatrics Society. 2023 Updated AGS Beers Criteria. J Am Geriatr Soc 2023;71(7):2052-81.
  • Fakheri RJ, Volpicelli FM. Things we do for no reason: prescribing docusate for constipation in hospitalized adults. J Hosp Med 2019;14(2):110-3.

Pour aller plus loin