En bref : Le diagnostic est clinique après 45 ans (12 mois d’aménorrhée), sans dosage de FSH. Le questionnaire MQ6 repère rapidement les symptômes traitables. L'hormonothérapie (HTM) est le traitement le plus efficace des symptômes vasomoteurs. Son rapport bénéfice-risque est favorable avant 60 ans ou dans les 10 ans suivant la ménopause, en l’absence de contre-indication. On ajoute un progestatif si l’utérus est présent, et on préfère la voie transdermique en présence de risque cardiométabolique. Le syndrome génito-urinaire se traite par œstrogène vaginal, même chez la plupart des patientes qui ne peuvent recevoir d’HTM systémique.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme
- Tout saignement survenant ≥ 12 mois après les dernières règles : consultation rapide (échographie endovaginale ± biopsie de l’endomètre).
- Saignements irréguliers persistants > 6 mois sous HTM continue, ou nouveaux saignements : consultation rapide en gynécologie.
- Douleur et œdème d’un mollet, dyspnée ou douleur thoracique sous HTM (TEV) : urgence.
- Déficit neurologique soudain ou douleur thoracique sous HTM (AVC, syndrome coronarien) : 911.
- Bouffées atypiques avec flush, diarrhée, palpitations ou HTA paroxystique (carcinoïde, phéochromocytome, hyperthyroïdie) : consultation rapide.
- Masse mammaire nouvelle sous HTM : investigation rapide (imagerie, centre de santé du sein).
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Diagnostic : Symptômes vasomoteurs de la ménopause
Objectif : Diminuer l’impact des bouffées de chaleur et améliorer le sommeil
Fréquence suggérée : Selon le plan du thérapeute ; réévaluation médicale à 8–12 semaines.
Précautions : Option non hormonale ; peut s’ajouter à l’hormonothérapie.
Psychothérapie : au public, guichet d’accès en santé mentale de l’établissement (PQPTM) ; au privé, assurance ou programme d’aide aux employés.
📞 Appeler ou orienter si
- Envoyer à l’urgence : TEV soupçonnée sous HTM ; déficit neurologique soudain ou douleur thoracique ; phéochromocytome soupçonné avec instabilité
Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›
📨 Référer : CRDS Consulter en gynécologie si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence
Repérage : MQ6
- Profil menstruel (périménopause : cycles irréguliers).
- Symptômes vasomoteurs (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes).
- Sécheresse ou douleur vaginale, préoccupations sexuelles.
- Incontinence urinaire ou vessie hyperactive.
- Sommeil.
- Humeur.
- Périménopause : poursuivre la contraception jusqu’à 12 mois d’aménorrhée après 50 ans (24 mois avant 50 ans), ou jusqu’à 55 ans.
- Ménopause avant 40 ans = insuffisance ovarienne prématurée : bilan et HTM au moins jusqu’à l’âge habituel de la ménopause.
Contre-indications à l’HTM systémique
- Saignement vaginal anormal non expliqué.
- Cancer du sein connu, soupçonné ou antérieur ; autre cancer œstrogénodépendant connu ou soupçonné.
- Maladie hépatique active.
- TEV actuelle ou antérieure ; thrombophilie connue.
- Maladie coronarienne ; AVC actuel ou antérieur.
- Grossesse connue ou soupçonnée.
- Un ATCD de TEV ou un risque cardiovasculaire se discute au cas par cas (voie transdermique, avis spécialisé).
- D’après la directive clinique SOGC no 422a (2021) et l’outil INESSS (2024).
Hormonothérapie : posologies usuelles
| Composante | Options |
|---|---|
| Œstrogène transdermique (préféré si risque de TEV, HTA, diabète, obésité, tabac, migraine) | Timbre d’estradiol 25–50 µg/24 h, changé 1 ou 2 fois/sem selon le produit ; gel d’estradiol 0,06 % 1–2 pressions/j |
| Œstrogène oral | Estradiol 0,5–1 mg/j ; œstrogènes conjugués 0,3–0,625 mg/j |
| Progestatif (si utérus présent) | Progestérone micronisée 100 mg PO HS en continu, ou 200 mg HS 14 jours sur 28 (cyclique) ; ou SIU au lévonorgestrel |
| Œstrogènes conjugués + bazédoxifène (Duavive) | 0,45 mg/20 mg PO die : option sans progestatif chez la femme ménopausée avec utérus |
- Débuter par la dose la plus faible qui soulage. Effet sur les bouffées en 1 à 4 semaines (jusqu’à 6–8 semaines à faible dose) ; revoir à 3 mois, puis environ chaque année.
- Pas de durée maximale fixe : décision individualisée, réévaluée chaque année. À 65 ans ou après 10 ans d’usage, discuter de la poursuite, d’une baisse de dose ou d’un essai d’arrêt. Arrêt direct ou graduel : les deux sont possibles.
- Posologies et suivi : résumé dans nos mots de l’outil INESSS « Prise en charge des manifestations cliniques liées à la ménopause par l’hormonothérapie » (2024).
- Saignements irréguliers persistants plus de 6 mois en régime continu, ou nouveaux saignements : échographie endovaginale ± biopsie.
- Bénéfice osseux : l’HTM prévient les fractures ; une option chez la femme symptomatique de moins de 60 ans à risque de fracture.
⚠️ Recommandation actuelle (FDA, nov. 2025 ; SOGC) : la FDA a amorcé le retrait de la mise en garde encadrée (« boîte noire ») des produits d’HTM, en retirant les mentions de maladie cardiovasculaire, de cancer du sein et de démence probable. La SOGC a salué la décision. Santé Canada n’avait pas annoncé de modification équivalente lors de la vérification. Le principe ne change pas : HTM avant 60 ans ou dans les 10 ans, décision individualisée.
Traitements non hormonaux des symptômes vasomoteurs
| Médicament | Dose | Commentaires |
|---|---|---|
| Fézolinétant (Veozah) | 45 mg PO die | Antagoniste du récepteur NK3, approuvé au Canada. Bilan hépatique avant et pendant le traitement ; éviter en cirrhose |
| Venlafaxine | 37,5–75 mg/j | Utile si humeur associée |
| Paroxétine | 7,5–10 mg/j | Éviter avec le tamoxifène (inhibition du CYP2D6) |
| Escitalopram, citalopram | 10–20 mg/j | Alternative aux précédentes |
| Gabapentine | 300 mg HS, jusqu’à 900 mg/j | Utile si sueurs nocturnes et insomnie ; somnolence |
| Oxybutynine | 2,5–5 mg BID | Effets anticholinergiques ; risque cognitif à long terme : éviter chez la personne âgée |
| Clonidine | 0,05–0,1 mg BID | Efficacité modeste ; hypotension. Non recommandée par la NAMS (2023) |
- Approches non pharmacologiques efficaces : thérapie cognitivo-comportementale, hypnose clinique, perte de poids.
- Résumé dans nos mots, d’après la directive SOGC no 422a (2021) et l’énoncé de position de la NAMS sur les traitements non hormonaux (2023).
Syndrome génito-urinaire de la ménopause
- Sécheresse, dyspareunie, brûlure, urgenturie, infections urinaires récidivantes.
- Hydratants vaginaux réguliers et lubrifiants pendant les relations.
- Œstrogène vaginal à faible dose (INESSS 2024) : comprimé d’estradiol 10 µg (die × 2 sem, puis 2 fois/sem), crème d’œstrogènes conjugués, anneau d’estradiol 2 mg (q90 jours). Absorption systémique minime : pas de progestatif nécessaire.
- Autres : prastérone (DHEA) intravaginale, ospémifène.
- Cancer du sein : discuter avec l’oncologie ; les hydratants d’abord, l’œstrogène vaginal souvent acceptable sous inhibiteur de l’aromatase au cas par cas.
Consulter
Envoyer à l’urgence si :
- UrgenceTEV soupçonnée sous HTM (mollet douloureux et œdémateux, dyspnée, douleur thoracique)
- UrgenceDéficit neurologique soudain ou douleur thoracique (AVC, syndrome coronarien sous HTM) — 911
- UrgencePhéochromocytome soupçonné avec instabilité (HTA paroxystique, flush, palpitations)
Consulter en gynécologie si :
- RapideSaignement ≥ 12 mois après les dernières règles (échographie endovaginale ± biopsie) — priorité C (≤ 28 j)
- RapideSaignements persistants ou nouveaux sous HTM (> 6 mois en régime continu) — priorité C (≤ 28 j)
- ÉlectifAménorrhée secondaire de plus de 6 mois (avant 40 ans : insuffisance ovarienne prématurée) — priorité D (≤ 3 mois)
- ÉlectifMénopause complexe (échec ou contre-indication aux traitements, ATCD de TEV) — priorité E (≤ 12 mois)
Consulter en endocrinologie si :
- ÉlectifBouffées atypiques avec flush, diarrhée, palpitations (carcinoïde, phéochromocytome, hyperthyroïdie : TSH d’abord) — consultation externe en endocrinologie
Consulter en chirurgie générale si :
Masse mammaire nouvelle sous HTM : mammographie diagnostique et échographie d’abord (centre de santé du sein ; voir la fiche Sein).
- RapideMasse mammaire avec imagerie anormale — priorité C (≤ 28 j)
À préparer : date des dernières règles ; HTM (molécules, doses, voie, régime, durée) ; profil des saignements ; échographie endovaginale (épaisseur de l’endomètre) ; contre-indications et facteurs de risque (TEV, cancer du sein, cardiovasculaire) ; traitements non hormonaux essayés.
Pièges et perles
- Les bouffées de chaleur atypiques (âge inhabituel, flush, diarrhée, palpitations) : penser à l'hyperthyroïdie, au carcinoïde ou au phéochromocytome.
- Les œstrogènes oraux augmentent la TEV, la lithiase biliaire et les triglycérides ; pas la voie transdermique (à faible dose).
- La progestérone micronisée semble moins associée au risque de cancer du sein que les progestatifs synthétiques.
Algorithme
Références
- Hormonothérapie de la ménopause — outil de prise en charge (INESSS) — algorithme (CIUSSS de l’Estrie-CHUS, santeestrie.qc.ca, Gynécologie)
- SOGC Statement on the use of Menopausal Hormone Therapy (SOGC, 2025)
- Menopause hormone therapy steps out of the black box (Benefits and Pensions Monitor, 2026)
- Questionnaire MQ6 (mq6.ca)
- Goldstein S. An efficient tool for the primary care management of menopause (Can Fam Physician 2017;63:295-298) : questionnaire et algorithme MQ6.
- INESSS. Prise en charge des manifestations cliniques liées à la ménopause par l’hormonothérapie : outil d’aide à la prise en charge (sept. 2024).
- Yuksel N et coll. Directive clinique no 422a : Ménopause — symptômes vasomoteurs, agents thérapeutiques sur ordonnance, médecines complémentaires et parallèles, nutrition et mode de vie. J Obstet Gynaecol Can, 2021.
- The 2023 nonhormone therapy position statement of The North American Menopause Society. Menopause, 2023.
- MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spécialisée (CRDS) — Gynécologie, Endocrinologie, Chirurgie générale.