En bref : Chez la résidente âgée, le prolapsus génital, le pessaire et l’atrophie vaginale (syndrome génito-urinaire de la ménopause) se manifestent par des pertes, un saignement, une masse vulvaire, de l’inconfort, de la rétention ou des infections urinaires. Le risque propre au CHSLD est le pessaire oublié : sans suivi, il cause érosion, saignement et, rarement, fistule. On vérifie donc à l’admission si un pessaire est en place et qui en assure l’entretien.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme
- Saignement vaginal postménopausique sans cause évidente : à investiguer selon le niveau de soins (cancer de l’endomètre ou du col).
- Pertes malodorantes, saignement ou douleur avec un pessaire : érosion, pessaire incarcéré.
- Fuite d’urine ou de selles par le vagin : fistule.
- Rétention urinaire ou hydronéphrose avec un prolapsus important.
- Prolapsus extériorisé, ulcéré ou qui saigne.
✅ À faire maintenant
- Demander : pessaire en place ? Type, date de pose et du dernier changement, qui en assure le suivi.
- Examen : inspection vulvaire, spéculum si toléré, résidu postmictionnel.
- Agitation aux soins d’hygiène ou à la toilette chez une résidente atteinte de TNC : penser à une douleur génitale.
Selon le niveau de soins
| Niveau | Conduite |
|---|---|
| A – B | Saignement postménopausique : échographie pelvienne ou consultation en gynécologie. Prolapsus symptomatique : pessaire ou chirurgie selon la résidente. |
| C | Traitement sur place : œstrogènes vaginaux, entretien ou retrait du pessaire. Consultation si le pessaire ne peut être retiré ou en cas de complication. |
| D | Confort : retirer un pessaire qui cause de la douleur ou des pertes ; soins d’hygiène, crème barrière. |
Sur place
Atrophie vaginale
- Hydratants et lubrifiants vaginaux pour les symptômes légers.
- Œstrogènes vaginaux à faible dose : soulagent sécheresse, irritation et dysurie, et réduisent les infections urinaires récidivantes ; absorption systémique faible. Choix et posologie : voir la fiche Ménopause et hormonothérapie.
Pessaire
- Inscrire au plan de soins la date du prochain retrait, nettoyage ou changement, et qui le fait (infirmière formée, gynécologue, médecin).
- Suivi selon le guide : au plus tous les 6 mois pour un anneau qui n’est pas autogéré (UK 2021).
- Œstrogènes vaginaux : utiles avant et pendant l’usage du pessaire pour prévenir l’érosion.
- Érosion ou saignement : retirer le pessaire 2 à 4 semaines, donner des œstrogènes vaginaux, puis réévaluer (UK 2021).
- Pessaire difficile à retirer (tissu de granulation) : œstrogènes ou lubrifiant, nouvel essai plus tard ; sinon, consultation.
- Résidente avec TNC : évaluer au cas par cas, car elle ne peut signaler l’inconfort.
Prolapsus
- Traiter la constipation et la toux chronique ; prévenir la rétention (voir Rétention urinaire, sonde bloquée ou arrachée).
- Prolapsus extériorisé : réduction douce, protection de la muqueuse, œstrogènes vaginaux.
Pièges et perles
- Le pessaire est souvent absent de la liste des problèmes au transfert : le chercher à l’admission.
- Des pertes chez une résidente avec pessaire ne sont pas une « vaginite » à traiter à l’aveugle : examiner d’abord.
- Les œstrogènes vaginaux ne comportent pas les risques de l’hormonothérapie systémique ; ce n’est pas une raison de les refuser à une résidente âgée.
Références
- UK Clinical Guideline Group. UK clinical guideline for best practice in the use of vaginal pessaries for pelvic organ prolapse. UKCS, POGP, BSUG, RCOG ; mars 2021.
- The North American Menopause Society. The 2020 genitourinary syndrome of menopause position statement. Menopause 2020;27(9):976-92.
- SOGC. Directive clinique n° 422b : Ménopause et santé génito-urinaire. J Obstet Gynaecol Can 2021.
- Anger J, et al. Recurrent uncomplicated urinary tract infections in women: AUA/CUA/SUFU guideline (2019, amendement 2025).