En bref : Le prolapsus génital se manifeste par une sensation de boule ou de pesanteur vaginale qui s’aggrave en fin de journée et en position debout. Il ne se traite que s’il est symptomatique. On offre toujours les options conservatrices (physiothérapie du plancher pelvien, pessaire, œstrogènes vaginaux) autant que la chirurgie. On recherche l’incontinence associée et la rétention urinaire (prolapsus antérieur avancé).
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Diagnostic : Prolapsus génital symptomatique
Objectif : Diminuer les symptômes ; option conservatrice avec ou sans pessaire
Fréquence suggérée : 6 à 8 séances sur 6 à 8 semaines, puis réévaluation médicale.
Précautions : Rétention urinaire et saignement exclus.
Ces services ne sont pas couverts par la RAMQ (assurance privée, CNESST ou SAAQ selon le cas).
📌 Fiche d’origine hospitalière, ajoutée pour la situation clinique « Relâchement pelvien » de l’externat. Au sans rendez-vous : reconnaître, amorcer le traitement et diriger ; les sections propres à l’hôpital ont été retirées.
Types de prolapsus
| Type | Organe et paroi | Symptômes typiques | Chirurgie si échec du traitement conservateur |
|---|---|---|---|
| Cystocèle | Vessie, paroi antérieure | Pollakiurie, urgence, IU d’effort (parfois masquée), vidange incomplète, IVU à répétition | Colporraphie antérieure, ± procédure anti-incontinence |
| Rectocèle | Rectum, paroi postérieure | Poussées, digitation pour évacuer, constipation | Colporraphie postérieure (risque de dyspareunie) |
| Entérocèle | Grêle, haut de la paroi postérieure | Pesanteur ; c’est la seule vraie hernie du pelvis (sac péritonéal) | Cure de hernie, réparation apicale |
| Prolapsus utérin | Col et utérus | Pesanteur, douleur lombaire ou inguinale, pire debout et en fin de journée, soulagée couchée ; ulcération et saignement si atrophie | Hystérectomie vaginale avec suspension apicale, ou hystéropexie |
| Prolapsus du dôme | Apex vaginal après hystérectomie | Idem | Sacrocolpopexie, fixation sacro-épineuse ou utéro-sacrée ; colpocléisis si non active sexuellement |
- Facteurs de risque : parité et accouchement vaginal (forceps, gros bébé), âge et hypo-œstrogénie, obésité, hausse chronique de la pression intra-abdominale (toux, constipation, port de charges), hystérectomie, chirurgie antérieure pour prolapsus, maladies du collagène, histoire familiale.
Évaluation
- Symptômes : boule, pesanteur, urinaires (IU d’effort, d’urgence, mixte, mictions par regorgement, besoin de réduire pour uriner), défécatoires, sexuels. Mesurer l’impact sur la qualité de vie.
- Examen : spéculum en valves séparées, au repos et en Valsalva (debout au besoin). Stadifier selon le POP-Q : stade 0 à IV, où le stade II atteint ± 1 cm de l’hymen. Rechercher l’atrophie, les ulcérations et la force des releveurs.
- Examens : analyse et culture d’urine, résidu post-mictionnel (échographie vésicale), créatinine si prolapsus antérieur sévère (hydronéphrose rare).
Types d’incontinence associée
| IU d’effort | IU par urgence | IU mixte | IU par regorgement | |
|---|---|---|---|---|
| Mécanisme | Hypermobilité urétrale, insuffisance sphinctérienne | Hyperactivité du détrusor | Les deux | Obstruction (prolapsus) ou hypocontractilité |
| Déclencheur | Toux, effort, exercice | Urgence soudaine, stimuli | Variable | Vessie pleine |
| Volume | Petit | Abondant | Variable | Fuite continuelle |
| Nycturie | Rare | ≥ 2 | Variable | Variable |
Prise en charge
- Habitudes de vie : traiter la constipation (fibres, liquides, PEG), perdre du poids, éviter de soulever des charges lourdes et les exercices à fort impact, traiter la toux chronique (tabac, asthme).
- Physiothérapie du plancher pelvien (exercices supervisés de Kegel) : elle améliore les symptômes et peut freiner la progression des prolapsus légers. Elle traite aussi l’IU d’effort.
- Pessaire (anneau avec support en 1re intention ; Gellhorn ou cube pour les stades avancés) :
- Il convient à presque toutes les patientes, y compris celles qui désirent une grossesse ou dont le risque chirurgical est élevé.
- Essai et ajustement par un médecin, une infirmière ou une physiothérapeute formés.
- Auto-entretien possible ; sinon, nettoyage et examen vaginal q3–6 mois.
- Effets indésirables : pertes, odeur, érosion, saignement. Des œstrogènes vaginaux en préviennent plusieurs.
- Œstrogènes vaginaux (comprimé vaginal d’estradiol 10 µg die × 14 jours puis 2 fois/sem ; anneau d’estradiol 2 mg q90 jours ; crème d’œstrogènes conjugués, p. ex. 0,5 g 2 fois/sem) : chez la femme ménopausée atrophique, surtout avec un pessaire ou avant une chirurgie.
- Chirurgie : reconstructive (colporraphies, suspension apicale, sacrocolpopexie) ou oblitérante (colpocléisis) chez une femme âgée non active sexuellement.
⚠️ Recommandation actuelle : les treillis transvaginaux (mesh) pour prolapsus ont fait l’objet d’avis de sécurité en raison de complications graves (érosion, douleur, dyspareunie) ; leur usage est devenu marginal, et leur vente a cessé aux États-Unis en 2019 (FDA). Les bandelettes sous-urétrales pour l’IU d’effort restent acceptées. (à vérifier : statut réglementaire exact des treillis transvaginaux pour prolapsus au Canada, avis de Santé Canada non consulté)
Consulter
Envoyer à l’urgence si :
- UrgenceProlapsus génital complet avec rétention urinaire
Consulter en gynécologie si :
Gynécologie ou urogynécologie. Offrir d’abord physiothérapie du plancher pelvien et pessaire (+ œstrogènes vaginaux si atrophie).
- RapideProlapsus compliqué (rétention chronique, résidu élevé, IVU récidivantes) — référence prioritaire (délai non précisé)
- RapideUlcération ou saignement vaginal, avec ou sans pessaire (érosion, fistule, néoplasie) — priorité C (≤ 28 j)
- ÉlectifProlapsus génital symptomatique (échec ou refus du traitement conservateur, pessaire à ajuster, chirurgie souhaitée) — priorité E (≤ 12 mois)
- ÉlectifComplication d’une bandelette urinaire — centre désigné en santé pelvienne (formulaire MSSS)
Consulter en urologie si :
- RapideHydronéphrose obstructive (prolapsus antérieur avancé, créatinine) — priorité C (≤ 28 j)
- ÉlectifIncontinence urinaire incommodante malgré traitement — priorité E (≤ 12 mois)
À préparer : stade POP-Q, compartiment atteint ; symptômes urinaires, défécatoires et sexuels ; analyse et culture d’urine, résidu post-mictionnel, créatinine (± échographie rénale) ; physiothérapie, pessaire, œstrogènes vaginaux essayés ; désir de grossesse, risque chirurgical.
Pièges et perles
- La correction d’un prolapsus antérieur peut démasquer une IU d’effort (incontinence occulte). On la recherche en réduisant le prolapsus pendant la toux.
- Un saignement ou une ulcération sous pessaire impose un examen : il faut exclure une érosion, une fistule ou un néoplasme.
- Chez la patiente âgée en CHSLD, un pessaire négligé peut causer une érosion ou une fistule. Il faut l’inscrire au plan de soins.
- Voir aussi les fiches Incontinence urinaire et Rétention urinaire aiguë.
Références
- Which conservative management strategies are recommended for mild to moderate POP? (Iatrox, synthèse)
- SOGC. Directive clinique n° 411 : Utilisation du pessaire vaginal. J Obstet Gynaecol Can. 2021;43(2):255-266.
- INESSS. Hormonothérapie : prise en charge des manifestations cliniques liées à la ménopause, outil d’aide à la décision (sept. 2024) : posologies des œstrogènes vaginaux.
- Tableaux « Pelvic prolapse » (présentation de l’Université de Sherbrooke (facteurs de risque, types d’IU adaptés de la SOGC 2003, options de traitement))
- MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spécialisée (CRDS) — Gynécologie, Urologie.