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Hernies de la paroi abdominale

Gastro-entérologie, hépatologie et nutritionNouvelle fiche SRV · oct. 2026Fiche révisée · 23 oct. 2026

Voir aussi : Douleur abdominale aiguĂ« · Scrotum : torsion, Ă©pididymite, masse · Gastro-entĂ©rologie pĂ©diatrique · Évaluation et ordonnances prĂ©opĂ©ratoires · ObĂ©sitĂ© · CĂŽlon irritable et constipation

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En bref : Le diagnostic est surtout clinique : bosse qui augmente debout ou Ă  la toux et qui se rĂ©duit couchĂ©. La hernie inguinale de l’homme peu symptomatique peut ĂȘtre surveillĂ©e ; la hernie fĂ©morale (surtout chez la femme) et toute hernie de l’aine chez la femme non enceinte vont en chirurgie, car le risque d’étranglement est plus Ă©levĂ©. Une hernie irrĂ©ductible et douloureuse, avec vomissements, distension ou peau rouge, est une incarcĂ©ration ou un Ă©tranglement : urgence. Chez l’enfant, la hernie inguinale s’opĂšre toujours, rapidement (chirurgie pĂ©diatrique) ; la hernie ombilicale se ferme seule le plus souvent avant 4–5 ans. Le diastasis des grands droits n’est pas une hernie.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Hernie irrĂ©ductible et douloureuse, sensible au toucher : urgence (incarcĂ©ration), surtout si elle est fĂ©morale ou d’apparition rĂ©cente.
  • Signes d’étranglement ou d’occlusion : vomissements, distension, arrĂȘt des gaz et des selles, peau rouge ou violacĂ©e sur la hernie, fiĂšvre, FC > 100, signes pĂ©ritonĂ©aux : urgence, Ă  jeun.
  • Douleur importante qui persiste aprĂšs une rĂ©duction, ou rĂ©duction qui a demandĂ© beaucoup de force (rĂ©duction « en masse » d’une anse ischĂ©mique) : urgence.
  • Nourrisson ou enfant avec masse inguinale ou scrotale irrĂ©ductible, irritabilitĂ©, vomissements : urgence. Scrotum aigu douloureux : penser torsion (fiche Scrotum).
  • Hernie ombilicale chez le cirrhotique avec peau amincie, ulcĂ©rĂ©e, ou fuite de liquide d’ascite : urgence (risque de rupture).
  • Hernie incisionnelle avec plaie ou maille infectĂ©e, fistule ou fiĂšvre aprĂšs une chirurgie rĂ©cente : urgence ou chirurgien traitant le jour mĂȘme.

✅ À faire maintenant

  • Examiner debout puis couchĂ©, au repos et Ă  la toux ou au Valsalva ; chez l’homme, invaginer le scrotum vers l’orifice inguinal externe. PrĂ©ciser la rĂ©ductibilitĂ© et la douleur.
  • Situer la hernie : au-dessus du ligament inguinal (inguinale) ou en dessous et en dedans des vaisseaux fĂ©moraux (fĂ©morale) ; ombilicale, Ă©pigastrique (ligne blanche), sur une cicatrice (incisionnelle).
  • Rechercher les facteurs qui augmentent la pression abdominale : toux chronique (tabac, MPOC), constipation, prostatisme, obĂ©sitĂ©, ascite, efforts au travail.
  • Échographie si le diagnostic est incertain, chez la femme, si on soupçonne une hernie fĂ©morale ou occulte, ou une rĂ©cidive. Pas d’imagerie pour une hernie inguinale typique de l’homme.
  • Hernie incarcĂ©rĂ©e rĂ©cente (quelques heures), sans signe d’étranglement : une seule tentative de rĂ©duction douce, patient couchĂ©, hanches flĂ©chies, aprĂšs analgĂ©sie. Échec, douleur qui persiste ou doute : urgence.
  • Discuter avec le patient : Ă©volution naturelle, signes qui doivent le faire consulter d’urgence, choix entre surveillance et chirurgie.

💊 Premiùres ordonnances

  • AnalgĂ©sie : acĂ©taminophĂšne 650–1000 mg PO q6h (max 4 g/j ; 3 g/j si personne ĂągĂ©e ou atteinte hĂ©patique).
  • Éviter les efforts de poussĂ©e : polyĂ©thylĂšneglycol 3350, 17 g PO die, ajustĂ© selon les selles ; fibres et hydratation.
  • Traiter la toux chronique et le prostatisme (fiches Toux subaiguĂ« et chronique, Hyperplasie bĂ©nigne de la prostate) ; cessation tabagique avant une chirurgie Ă©lective.
  • Aucun mĂ©dicament ne traite la hernie : la chirurgie est le seul traitement curatif.

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer Ă  l’urgence : Hernie incarcĂ©rĂ©e ; signes d’étranglement ou d’occlusion ; douleur qui persiste aprĂšs une rĂ©duction ; enfant avec masse inguinale ou scrotale irrĂ©ductible ; hernie ombilicale du cirrhotique

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

📹 RĂ©fĂ©rer : CRDS Consulter en gastro-entĂ©rologie si : · CRDS Consulter en chirurgie gĂ©nĂ©rale si : (prioritĂ©s A Ă  E) · đŸš© Alertes cliniques : urgence

Types de hernies

  • Inguinale : la plus frĂ©quente, surtout chez l’homme. Indirecte (sac qui descend vers le scrotum, souvent en forme de poire) ou directe (bombement arrondi qui reste hors du scrotum). Chez la femme, la bosse est souvent absente : douleur Ă  l’aine, Ă©chographie.
  • FĂ©morale (crurale) : environ 4 % des hernies de l’aine, plus frĂ©quente chez la femme ; sous le ligament inguinal, en dedans des vaisseaux fĂ©moraux ; risque Ă©levĂ© d’incarcĂ©ration et d’étranglement.
  • Ombilicale et Ă©pigastrique (adulte) : liĂ©es Ă  l’obĂ©sitĂ©, aux grossesses, Ă  l’ascite ; souvent petites et peu symptomatiques.
  • Incisionnelle : sur une cicatrice de laparotomie ou de trocart ; facteurs : obĂ©sitĂ©, tabac, diabĂšte, infection de plaie, chirurgie d’urgence.
  • Diastasis des grands droits : Ă©largissement de la ligne blanche de plus de 2 cm, surtout aprĂšs une grossesse ; bombement mĂ©dian Ă  l’effort, sans orifice ni sac herniaire. Une hernie ombilicale ou Ă©pigastrique peut y ĂȘtre associĂ©e.
  • Autres : hernie de Spiegel (bord latĂ©ral du grand droit, souvent occulte), pubalgie de l’athlĂšte (douleur Ă  l’aine sans hernie palpable), hydrocĂšle, lipome du cordon, adĂ©nopathie, anĂ©vrisme fĂ©moral.

Surveillance ou chirurgie

  • Homme avec hernie inguinale asymptomatique ou peu symptomatique, facilement rĂ©ductible, qui ne limite pas ses activitĂ©s : la surveillance active est raisonnable. Les accidents herniaires sont rares (environ 0,2 par 100 personnes-annĂ©es), mais la plupart des hommes finissent par ĂȘtre opĂ©rĂ©s (environ 2 sur 3 en 10 ans, surtout pour la douleur ; plus encore aprĂšs 65 ans).
  • La rĂ©paration d’urgence a une morbiditĂ© et une mortalitĂ© bien plus Ă©levĂ©es que la chirurgie Ă©lective : chez la personne ĂągĂ©e en bonne santĂ©, en tenir compte dans la dĂ©cision.
  • Femme : rĂ©paration recommandĂ©e (fĂ©morale possible, risque d’étranglement), souvent par laparoscopie. Grossesse : surveillance ; une bosse Ă  l’aine est souvent une varice du ligament rond, qui disparaĂźt aprĂšs l’accouchement.
  • Hernie fĂ©morale : rĂ©paration recommandĂ©e, mĂȘme si elle est asymptomatique (rĂ©fĂ©rence en chirurgie gĂ©nĂ©rale, prioritĂ© D).
  • Ombilicale ou Ă©pigastrique de l’adulte : chirurgie si elle est symptomatique ; une petite hernie asymptomatique peut ĂȘtre surveillĂ©e. Cirrhose avec ascite : contrĂŽler l’ascite d’abord et discuter avec l’équipe d’hĂ©patologie ; les complications sont frĂ©quentes.
  • Incisionnelle : chirurgie si symptomatique ou si elle grossit ; optimiser avant : perte de poids, cessation tabagique, contrĂŽle du diabĂšte.
  • Diastasis : physiothĂ©rapie (renforcement du tronc) en premier ; la chirurgie (plicature) est une dĂ©cision partagĂ©e, selon les symptĂŽmes et l’image corporelle.

Chez l’enfant

  • Hernie inguinale : ne se ferme pas seule ; elle s’opĂšre toujours. Le risque d’incarcĂ©ration est important pendant l’attente (environ 7 % en moyenne, plus Ă©levĂ© chez le prĂ©maturĂ© et avant 1 an) ; chez le nourrisson, l’attente de plus de 14 jours double environ ce risque. RĂ©fĂ©rer en chirurgie pĂ©diatrique rapidement.
  • DiffĂ©rencier de l’hydrocĂšle (transillumination, ne se rĂ©duit pas, volume stable) : l’hydrocĂšle non communicante du nourrisson se rĂ©sorbe souvent avant 1–2 ans ; une hydrocĂšle dont le volume varie est communicante et se traite comme une hernie.
  • Hernie ombilicale : jusqu’à 1 nouveau-nĂ© sur 4 ; environ 85 % se ferment avant 5 ans. Observer au moins jusqu’à 4 ans, puis chirurgie pĂ©diatrique si elle persiste. Celles de plus de 1,5 cm se ferment moins souvent. L’incarcĂ©ration est rare.
  • Ne pas bander ni mettre de piĂšce de monnaie sur l’ombilic : inefficace et irritant pour la peau.
  • Garçon avec testicule non palpable associĂ© : chirurgie pĂ©diatrique (cryptorchidie).

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceHernie incarcĂ©rĂ©e : irrĂ©ductible et douloureuse, ou Ă©chec d’une tentative de rĂ©duction douce — Ă  jeun
  • UrgenceSignes d’étranglement ou d’occlusion (vomissements, distension, arrĂȘt des gaz, peau rouge ou violacĂ©e, fiĂšvre, FC > 100, pĂ©ritonite)
  • UrgenceDouleur qui persiste aprĂšs une rĂ©duction ou rĂ©duction difficile (anse ischĂ©mique possible)
  • UrgenceEnfant avec masse inguinale ou scrotale irrĂ©ductible, ou scrotum aigu douloureux (torsion Ă  Ă©liminer)
  • UrgenceHernie ombilicale du cirrhotique avec peau ulcĂ©rĂ©e ou fuite d’ascite

Consulter en chirurgie générale si :

Homme avec hernie inguinale asymptomatique ou peu symptomatique : la surveillance active est une option ; référer si le patient préfÚre la chirurgie ou si les symptÎmes apparaissent.

  • RapideHernie rĂ©duite aprĂšs un Ă©pisode d’incarcĂ©ration — prioritĂ© C (≀ 28 j), plus vite si les Ă©pisodes se rĂ©pĂštent
  • ÉlectifHernie fĂ©morale, symptomatique ou non (sans incarcĂ©ration) — prioritĂ© D (≀ 3 mois)
  • ÉlectifHernie inguinale symptomatique, hernie de l’aine chez la femme non enceinte — prioritĂ© D (≀ 3 mois)
  • ÉlectifHernie ombilicale, Ă©pigastrique ou incisionnelle symptomatique — prioritĂ© D ou E ; diastasis symptomatique aprĂšs physiothĂ©rapie — prioritĂ© E (≀ 12 mois)

Consulter en chirurgie pédiatrique si :

  • RapideHernie inguinale de l’enfant, surtout avant 1 an ou chez l’ancien prĂ©maturĂ© — consultation rapide (rĂ©paration idĂ©alement dans les 14 jours)
  • ÉlectifHernie ombilicale qui persiste Ă  4 ans, ou plus tĂŽt si les parents sont inquiets — prioritĂ© D ou E

À prĂ©parer : siĂšge, taille, rĂ©ductibilitĂ© et symptĂŽmes ; Ă©pisodes d’incarcĂ©ration ; Ă©chographie si faite (femme, doute, fĂ©morale soupçonnĂ©e) ; antĂ©cĂ©dents chirurgicaux abdominaux ; facteurs de risque (tabac, IMC, diabĂšte et HbA1c, toux chronique, ascite) ; anticoagulants ; chez l’enfant, Ăąge gestationnel Ă  la naissance et position des testicules.

Suivi

  • Surveillance active : revoir aux 6–12 mois ou plus tĂŽt si la douleur augmente, si la hernie grossit ou devient difficile Ă  rĂ©duire ; rappeler Ă  chaque visite les signes d’urgence.
  • AprĂšs une rĂ©duction rĂ©ussie d’une hernie incarcĂ©rĂ©e : revoir en 24 h ou consigne de revenir si douleur, vomissements ou fiĂšvre ; rĂ©fĂ©rence chirurgicale prioritaire.
  • AprĂšs une chirurgie Ă©lective : reprise des activitĂ©s selon la douleur ; la plupart reprennent les activitĂ©s physiques en quelques jours aprĂšs une laparoscopie. Aucune donnĂ©e n’appuie une restriction systĂ©matique de 4–6 semaines.
  • Douleur chronique aprĂšs une rĂ©paration (environ 10–12 % des patients, invalidante chez 0,5–6 %) : revoir avec le chirurgien ; traitement multimodal (fiche Douleur chronique et neuropathique).
  • Enfant avec hernie ombilicale : rĂ©examiner aux visites de routine ; rĂ©fĂ©rence Ă  4 ans si elle persiste, plus tĂŽt si les parents sont inquiets ou si elle s’incarcĂšre.

PiĂšges et perles

  • Toujours examiner l’aine et l’ombilic chez un patient avec douleur abdominale, vomissements ou occlusion : une petite hernie fĂ©morale incarcĂ©rĂ©e passe facilement inaperçue, surtout chez la femme ĂągĂ©e obĂšse.
  • Hernie de Richter (pincement d’une partie seulement de la paroi intestinale) : douleur et peu de signes d’occlusion ; mortalitĂ© Ă©levĂ©e.
  • Ne pas forcer une rĂ©duction : une hernie Ă©tranglĂ©e rĂ©duite de force peut cacher une anse nĂ©crosĂ©e.
  • Bosse Ă  l’aine chez la femme sans hernie Ă©vidente : Ă©chographie ; ne pas conclure Ă  une adĂ©nopathie trop vite.
  • Hernie qui augmente rapidement chez une personne ĂągĂ©e : chercher ce qui augmente la pression abdominale (toux, constipation, prostatisme, ascite, masse).
  • Chez le cirrhotique, une hernie ombilicale qui se tend ou s’ulcĂšre est une urgence.

Références