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Dyspnée

PneumologieFiche révisée · 20 oct. 2026

💊 Doses / traitement✉️ Signaler une erreur

En bref : Il faut d’abord reconnaître la détresse (SpO2, FR, tirage, état de conscience, stridor) et stabiliser. On classe ensuite la dyspnée en aiguë (minutes à heures : SCA, IC, EP, pneumothorax, obstruction, anaphylaxie, pneumonie) ou chronique (semaines à mois : MPOC, asthme, IC, valvulopathie, PID, HTP, anémie, déconditionnement). Les examens de base sont l'ECG, la radiographie, les gaz, la FSC et le BNP/NT-proBNP. Les EFR structurent l’investigation de la dyspnée chronique.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • SpO2 < 90 %, FR > 30, tirage, respiration paradoxale, incapacité à parler, cyanose.
  • Altération de la conscience, stridor, hypotension, silence auscultatoire.
  • Apparition brutale : EP, pneumothorax, corps étranger, OAP flash.
  • Poumons clairs + hypoxémie : EP ; poumons clairs + tachypnée : acidose métabolique.

✅ À faire maintenant

  • ABC, O2, monitoring, POCUS ; exclure pneumothorax sous tension, tamponnade, anaphylaxie, obstruction.
  • Anamnèse : mode d’apparition, douleur thoracique, orthopnée, fièvre, facteurs de risque de TEV, médicaments.
  • Examen : TVJ, crépitants, sibilances, matité, tympanisme, œdème.
  • ECG, radiographie, gaz et lactate, FSC, ions, créatinine, glucose, troponine, BNP/NT-proBNP.
  • EP : Wells ou YEARS, D-dimères ajustés à l’âge, angio-TDM.
  • Pneumothorax sous tension, tamponnade, EP instable : appeler le patron.
  • Dyspnée chronique : échocardiographie si BNP élevé ; sinon EFR complètes avec DLCO.

💊 Premières ordonnances

  • O2 : SpO2 92–96 % (ne pas dépasser 96 %) ; 88–92 % si risque d’hypercapnie.
  • VNI : EAMPOC avec acidose hypercapnique (pH < 7,35, PaCO2 > 45) ; CPAP ou BiPAP pour l’OAP.
  • Traiter la cause : diurétique (Insuffisance cardiaque), bronchodilatateurs (Asthme et bronchospasme, MPOC), anticoagulation (Anticoagulation), drain, antibiotiques (Antibiothérapie – guides locaux).
  • Palliatif : morphine 2,5–5 mg PO q4 h (ou 1–2,5 mg SC, soit la moitié de la dose PO) chez le naïf ; 2,5 mg si fragile.

📞 Appeler ou orienter si

  • Pneumologie adulte : Dyspnée de repos ou rapidement progressive
  • Soins intensifs : Signes de gravité persistants malgré le traitement ; besoin de ventilation
  • Soins palliatifs : Dyspnée réfractaire malgré des opioïdes titrés

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

  • O2 : SpO2 92–96 % (ne pas dépasser 96 %) ; 88–92 % si risque d’hypercapnie.
  • VNI : EAMPOC avec acidose hypercapnique (pH < 7,35, PaCO2 > 45) ; CPAP ou BiPAP pour l’OAP.
  • Traiter la cause : diurétique (Insuffisance cardiaque), bronchodilatateurs (Asthme et bronchospasme, MPOC), anticoagulation (Anticoagulation), drain, antibiotiques (Antibiothérapie – guides locaux).
  • Palliatif : morphine 2,5–5 mg PO q4 h chez le naïf ; 2,5 mg si fragile.

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : Signes de gravité respiratoire ; dyspnée au repos rapidement progressive ; embolie pulmonaire soupçonnée ; cause aiguë grave soupçonnée

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

📨 Référer : CRDS Consulter en pneumologie si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

Évaluation

  • Signes de gravité : SpO2 < 90 %, FR > 30, tirage, respiration paradoxale, incapacité à parler, cyanose, altération de l’état de conscience, stridor, hypotension, silence auscultatoire.
  • Anamnèse : mode d’apparition (brutal → EP, pneumothorax, corps étranger, OAP flash) ; douleur thoracique ; orthopnée, DPN, œdème ; toux, fièvre, expectorations ; hémoptysie ; tabagisme et expositions ; facteurs de risque de TEV ; médicaments (BB, AINS, amiodarone, méthotrexate) ; anxiété, palpitations.
  • Examen : signes vitaux, TVJ, crépitants, sibilances, matité (épanchement), tympanisme (pneumothorax), souffles, œdème, hippocratisme, pâleur.
Examen Ce qu’il cherche
ECG Ischémie, arythmie (FA), signes d’EP, microvoltage (tamponnade)
Radiographie pulmonaire Pneumonie, OAP, épanchement, pneumothorax, masse, hyperinflation
Gaz (veineux ou artériels), lactate Hypercapnie, acidose métabolique (compensation respiratoire), intoxication aux salicylates
FSC, ions, créatinine, glucose Anémie, insuffisance rénale, acidocétose
Troponine SCA, myocardite, souffrance VD
BNP / NT-proBNP Insuffisance cardiaque
D-dimères (si probabilité faible ou intermédiaire) Exclure une EP
POCUS Lignes B, épanchement, pneumothorax, fonction VG et VD, tamponnade

Peptides natriurétiques (Société canadienne de cardiologie)

IC aiguë peu probable IC aiguë probable
BNP < 100 pg/mL > 400 pg/mL
NT-proBNP < 300 pg/mL > 450 (< 50 ans), > 900 (50–75 ans), > 1800 (> 75 ans)
  • Entre les deux seuils : IC possible, envisager d’autres diagnostics.
  • Les peptides augmentent avec l’âge, l’insuffisance rénale, l’anémie, les maladies pulmonaires, le sepsis, les valvulopathies et l’ischémie. Ils sont plus bas dans l’obésité. Le BNP (mais pas le NT-proBNP) augmente sous sacubitril-valsartan (au moins les 8 premiers mois) : utiliser le NT-proBNP.

Suspicion d’embolie pulmonaire

  • Probabilité clinique (Wells ou YEARS). EP peu probable (Wells ≤ 4,5) : règle PERC ; si PERC négatif (0 critère), risque d’EP < 2 %, arrêter l’investigation.
  • EP peu probable et PERC positif : D-dimères ajustés à l’âge (âge × 10 µg/L après 50 ans ; vérifier les unités du laboratoire) ou algorithme YEARS (3 critères : signes de TVP, hémoptysie, EP = diagnostic le plus probable ; EP exclue si D-dimères < 1000 ng/mL sans critère, < 500 ng/mL avec ≥ 1 critère). Un résultat sous le seuil exclut l’EP.
  • EP probable (Wells > 4,5) ou D-dimères au-dessus du seuil : angio-TDM (scintigraphie V/Q si insuffisance rénale, allergie au contraste, patient jeune ou grossesse). Si l’imagerie est retardée de > 4 h et l’EP probable, envisager l’anticoagulation.

Diagnostic différentiel

Aiguë (minutes à heures) Chronique (semaines à mois)
Cardiaque SCA, IC décompensée, arythmie, tamponnade, valvulopathie aiguë IC, valvulopathie, cardiomyopathie, péricardite constrictive
Voies aériennes Obstruction haute (anaphylaxie, corps étranger, angiœdème), asthme, EAMPOC, bronchite Asthme, MPOC, bronchiectasies
Parenchyme Pneumonie, SDRA, hémorragie alvéolaire PID, sarcoïdose, néoplasie
Vasculaire pulmonaire Embolie pulmonaire, vasculite HTP, maladie thromboembolique chronique
Plèvre Pneumothorax (sous tension), épanchement massif Épanchement pleural
Contrôle respiratoire, métabolique Acidose métabolique (ACD, lactate), salicylates, sepsis Anémie, hyperthyroïdie
Neuromusculaire, paroi Guillain-Barré, myasthénie, fractures de côtes SLA, myopathie, obésité, cyphoscoliose, grossesse
Autres Anxiété, attaque de panique (diagnostic d’exclusion) Déconditionnement, RGO, ascite

Prise en charge

  • O2 pour une SpO2 de 92–96 %, sans dépasser 96 % (BMJ 2018) ; 88–92 % si risque d’hypercapnie (MPOC, obésité-hypoventilation, neuromusculaire ; BTS) en attendant les gaz.
  • VNI (BiPAP) : EAMPOC avec acidose hypercapnique (pH < 7,35, PaCO2 > 45) ; CPAP ou BiPAP pour l’OAP cardiogénique ; lunette nasale à haut débit pour l’insuffisance respiratoire hypoxémique.
  • Traiter la cause : diurétique de l’anse et vasodilatateur (OAP), bronchodilatateurs et corticostéroïdes (asthme, MPOC), anticoagulation (EP), drain (pneumothorax), antibiotiques (pneumonie), transfusion (anémie symptomatique).
  • Dyspnée réfractaire en soins palliatifs : opioïdes à faible dose (p. ex. morphine 5 mg PO q4 h chez le naïf, 2,5 mg si âgé ou fragile, avec entredoses de 2,5–5 mg PO q2 h PRN ; par voie SC, la moitié de la dose PO, soit 1–2,5 mg), ventilateur sur le visage, position, anxiolytique en appoint.

⚖️ Divergence entre lignes directrices (site vs Palli-Science 2024) : patient déjà sous opioïde, entredose pour la dyspnée = 10 % de la dose des 24 h vs 1/4 de la dose q4h. On suit 10 %.

  • O2 pour une SpO2 de 92–96 %, sans dépasser 96 % (BMJ 2018) ; 88–92 % si risque d’hypercapnie (MPOC, obésité-hypoventilation, neuromusculaire ; BTS) en attendant les gaz.
  • VNI (BiPAP) : EAMPOC avec acidose hypercapnique (pH < 7,35, PaCO2 > 45) ; CPAP ou BiPAP pour l’OAP cardiogénique ; lunette nasale à haut débit pour l’insuffisance respiratoire hypoxémique.
  • Traiter la cause : diurétique de l’anse et vasodilatateur (OAP), bronchodilatateurs et corticostéroïdes (asthme, MPOC), anticoagulation (EP), drain (pneumothorax), antibiotiques (pneumonie), transfusion (anémie symptomatique).
  • Dyspnée réfractaire en soins palliatifs : opioïdes à faible dose (p. ex. morphine 5 mg PO q4 h chez le naïf, 2,5 mg si âgé ou fragile, avec entredoses de 2,5–5 mg PO q2 h PRN), ventilateur sur le visage, position, anxiolytique en appoint.

⚖️ Divergence entre lignes directrices (site vs Palli-Science 2024) : patient déjà sous opioïde, entredose pour la dyspnée = 10 % de la dose des 24 h vs 1/4 de la dose q4h. On suit 10 %.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceSignes de gravité respiratoire (SpO₂ < 90 %, FR > 30, tirage, incapacité à parler, cyanose, stridor, ↓ conscience, hypotension) — 911
  • UrgenceDyspnée au repos rapidement progressive (< 1 semaine)
  • UrgenceEmbolie pulmonaire soupçonnée (Wells ou YEARS, D-dimères au-dessus du seuil) — angio-TDM
  • UrgenceCause aiguë grave soupçonnée (SCA, IC décompensée, pneumothorax, OAP, anaphylaxie)

Consulter en pneumologie si :

  • UrgentDyspnée de repos ou rapidement progressive (< 1 semaine, cause non identifiée ou non contrôlée) — spécialiste de garde.
  • ÉlectifProfil restrictif avec DLCO basse (pneumopathie interstitielle soupçonnée) — ≤ 3 mois ; joindre le rapport de TDM.
  • ÉlectifDyspnée d’effort inexpliquée (cause cardiaque écartée, pas d’anémie, radiographie normale) — ≤ 12 mois ; justifier dans les renseignements cliniques.

À préparer : ECG, radiographie, gaz, FSC, BNP ou NT-proBNP, échocardiographie, EFR avec DLCO, TDM, tabagisme et expositions, médicaments.

  • ÉlectifMaladie pulmonaire interstitielle soupçonnée (crépitants, restriction, DLCO basse) — priorité D (≤ 3 mois)
  • ÉlectifDyspnée d’effort inexpliquée non cardiaque (sans anémie, RX normale) — priorité E (≤ 12 mois)

Consulter en cardiologie si :

  • Semi-urgentDyspnée d’effort NYHA 3–4 nouvelle ou aggravée — ≤ 10 jours.
  • Semi-urgentDysfonction VG nouvelle (FEVG < 50 %) — ≤ 28 jours.
  • Semi-urgentValvulopathie aortique ou mitrale sévère — ≤ 28 jours.

Consulter aux soins intensifs si :

  • UrgentSignes de gravité persistants malgré le traitement (SpO2 < 90 %, tirage, altération de la conscience, choc) — immédiatement.
  • UrgentBesoin de ventilation (échec ou contre-indication de la VNI) — immédiatement.

Consulter en soins palliatifs si :

  • UrgentDyspnée réfractaire malgré des opioïdes titrés (ajustements dans les dernières 24 h) — même jour ; continuer de titrer en attendant.
  • RapideDyspnée d’effort marquée de novo (NYHA 3–4, ou aggravation récente d’une dyspnée connue) — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideDysfonction VG de novo ou valvulopathie sévère (FEVG < 50 % ; atteinte aortique ou mitrale sévère) — priorité C (≤ 28 j)
  • ÉlectifDyspnée d’effort inexpliquée, BNP élevé — priorité D (≤ 3 mois)

À préparer : ECG, RX pulmonaire, FSC, TSH, créatinine, BNP ou NT-proBNP ; SpO₂ au repos et à l’effort ; spirométrie ou EFR complètes avec DLCO ; échocardiographie si faite ; tabagisme, expositions, médicaments (amiodarone, méthotrexate).

Algorithme

Oui

Non

Brutale

Aiguë, heures à jours

Chronique

Oui

Non

Dyspnée

Signes de gravité ?
SpO2 < 90 %, tirage, stridor,
altération de la conscience, choc

ABC, O2, monitoring, POCUS
Exclure pneumothorax sous tension,
tamponnade, anaphylaxie, obstruction
Soins intensifs au besoin

Apparition

EP : Wells ou YEARS, D-dimères, angio-TDM
Pneumothorax : radiographie, POCUS
Corps étranger, OAP flash

ECG, troponine, radiographie,
gaz, FSC, BNP

SCA, IC décompensée, pneumonie,
EAMPOC, asthme, SDRA,
acidose métabolique

Radiographie, ECG, FSC, TSH,
BNP, spirométrie

BNP élevé ?

Échocardiographie :
IC, valvulopathie, HTP

EFR complètes avec DLCO

Obstructif : asthme, MPOC
Restrictif : PID, paroi, neuromusculaire
DLCO isolée basse : HTP, anémie, PID débutante

Normal : déconditionnement,
obésité, anxiété, test d’effort
cardiopulmonaire

Interprétation des EFR

Profil Résultats Causes
Obstructif VEMS/CVF < LIN Asthme, MPOC, bronchiectasies, bronchiolite
Réversible Après bronchodilatateur : VEMS ou CVF ↑ ≥ 12 % et ≥ 200 mL (ou test à la méthacholine positif) Asthme
Emphysème CPT élevée, DLCO basse MPOC emphysémateuse
Bronchite chronique CPT et DLCO normales Bronchite chronique, bronchiolite, bronchiectasies
Restrictif CPT < LIN, VEMS/CVF normal ou élevé —
Parenchymateux CPT ↓, DLCO ↓ PID
Paroi thoracique CPT et CRF ↓, VR normal, DLCO normale Obésité, cyphoscoliose
Neuromusculaire CPT et CRF ↓, VR ↑, PIM et PEM ↓ SLA, myasthénie, myopathie, paralysie diaphragmatique
Spirométrie normale, DLCO isolée basse — HTP, maladie thromboembolique chronique, anémie, PID ou emphysème débutants

⚖️ Divergence entre lignes directrices (ERS/ATS 2022) : la norme d’interprétation des EFR définit la réponse au bronchodilatateur par une hausse > 10 % de la valeur prédite du VEMS ou de la CVF. Pour diagnostiquer l’asthme chez l’adulte, GINA (2026) maintient le critère VEMS ou CVF ↑ ≥ 12 % et ≥ 200 mL (ou DEP ↑ ≥ 20 %). L’obstruction se définit par un VEMS/CVF < LIN.

⚖️ Divergence entre lignes directrices (ERS/ATS 2022 vs GINA 2026, GOLD et SCT) : la norme d’interprétation des EFR définit la réponse au bronchodilatateur par une hausse > 10 % de la valeur prédite du VEMS ou de la CVF. Pour diagnostiquer l’asthme chez l’adulte, GINA (2026) maintient le critère VEMS ou CVF ↑ ≥ 12 % et ≥ 200 mL (ou DEP ↑ ≥ 20 %). L’obstruction se définit par un VEMS/CVF < LIN (ERS/ATS) ; GOLD et la SCT utilisent un VEMS/CVF post-BD < 0,70 pour la MPOC. On suit GINA pour l’asthme et la SCT pour la MPOC ; vérifier le critère du laboratoire.

📌 Priorité des sources sur ce site : l’INESSS, les guides québécois et les protocoles locaux lorsqu’ils sont disponibles ; sinon, les lignes directrices canadiennes, puis internationales.

Pièges et perles

  • Une acidose métabolique (ACD, sepsis, salicylates, méthanol) se présente souvent comme une « dyspnée » avec des poumons clairs : faire les gaz et calculer le trou anionique.
  • Des poumons clairs avec hypoxémie : penser à l'EP, au shunt, à l’HTP ou à l’atélectasie.
  • La dyspnée « anxieuse » est un diagnostic d’exclusion : SCA, EP et arythmie d’abord.
  • Chez la personne âgée, l’IC et la pneumonie coexistent souvent : BNP, POCUS et réponse au traitement aident à trancher.
  • Dyspnée chronique avec EFR et échographie normales : test d’effort cardiopulmonaire (déconditionnement, limitation cardiaque ou ventilatoire).

Références

🩺 Situations CHSLD qui renvoient ici

🔗 Voir aussi