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CHSLD et soins palliatifs › Soins palliatifs et fin de vie

Dyspnée, râles, délirium terminal

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En bref : Ce sont les trois appels les plus fréquents à l’approche de la mort. La dyspnée se soulage d’abord par un opioïde et des mesures simples. Les râles dérangent surtout les proches : on positionne, on explique, et l’anticholinergique est d’efficacité limitée. Le délirium terminal agité se traite par un neuroleptique, puis une sédation si les symptômes deviennent réfractaires.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Panique avec détresse respiratoire majeure ou hémorragie massive : voir « Protocole de détresse respiratoire ».
  • Agitation : chercher globe vésical, fécalome, douleur, toxicité opioïde, sevrage (nicotine, alcool, benzodiazépine).
  • Dyspnée aiguë chez un résident qui n’est pas mourant : cause traitable selon le niveau de soins (pneumonie, IC, aspiration, EP).

✅ À faire maintenant

  • Confirmer que le résident est en fin de vie et le niveau de soins (AH-744).
  • Prescrire par voie SC, au besoin : opioïde (dyspnée, douleur), anticholinergique (râles), neuroleptique (délirium), benzodiazépine (anxiété, sédation). Doses : voir la fiche Soins de confort et fin de vie.
  • Retirer ce qui aggrave : soluté ou hypodermoclyse (râles, œdème), médicaments anticholinergiques non nécessaires (délirium).

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BTraiter la cause de la dyspnée ou du délirium ; transfert si nécessaire. Les mesures de confort s’ajoutent.
CTraiter sur place une cause simple (antibiotique, diurétique, désimpaction, drainage vésical) en même temps que le confort.
DConfort seulement, avec les médicaments ci-dessous ajustés rapidement.

Prise en charge

Dyspnée

  • Opioïde : traitement de choix ; petite dose chez le naïf, ou augmenter la dose habituelle.
  • Position assise, ventilateur dirigé vers le visage, pièce fraîche, présence rassurante.
  • Oxygène seulement si hypoxémie avec dyspnée et s’il soulage ; pas pour corriger une saturation chez un résident confortable.
  • Benzodiazépine si l’anxiété domine, en appoint de l’opioïde.

Râles terminaux

  • Position latérale, tête légèrement surélevée ; cesser l’hydratation artificielle.
  • Pas d’aspiration profonde : inconfortable et peu efficace ; aspiration buccale douce seulement.
  • Anticholinergique SC (scopolamine ou glycopyrrolate) : tôt, avant que les sécrétions s’accumulent ; l’effet est inconstant. La scopolamine traverse la barrière hémato-encéphalique et peut aggraver le délirium.

Délirium terminal

  • Corriger ce qui est simple : globe, fécalome, douleur, médicament.
  • Neuroleptique : halopéridol ou méthotriméprazine SC (plus sédative) ; éviter l’halopéridol en Parkinson et démence à corps de Lewy.
  • Agitation réfractaire malgré ces mesures : discuter d’une sédation palliative (voir « Sédation palliative continue »).

Famille

  • Les râles sont le bruit de l’air sur des sécrétions que le résident ne sent plus ; ils ne sont pas un signe d’étouffement.
  • Le délirium terminal peut faire penser que la personne souffre : expliquer qu’on traite l’agitation.
  • Encourager la présence, la parole et le toucher : l’ouïe semble persister.

Pièges et perles

  • La saturation n’est pas un symptôme : traiter la sensation de dyspnée.
  • Une benzodiazépine seule chez un délirium agité peut l’aggraver (sauf en sédation ou en sevrage).
  • Le protocole de détresse n’est pas un traitement de la dyspnée ni des râles.

Références

  • NICE NG31. Care of dying adults in the last days of life (2015).
  • Hui D, et al. Management of dyspnea in advanced cancer: ASCO guideline. J Clin Oncol 2021;39(12):1389-411.
  • Bush SH, et al. Delirium in adult cancer patients: ESMO Clinical Practice Guidelines. Ann Oncol 2018;29(Suppl 4):iv143-65.
  • Pallium Canada. Pallium Palliative Pocketbook, 3e éd. (2026).

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