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Patient en fin de vie : détresse, constat de décès

Appel de gardeFiche révisée · 21 oct. 2026

En bref : Le danger est une détresse subite non soulagée (dyspnée, douleur, hémorragie massive) faute d’ordonnances anticipées. Première action : confirmer le niveau de soins D, puis lancer le protocole de détresse SC (benzodiazépine, opioïde, anticholinergique).

Au téléphone

  • Niveau de soins documenté ? Sinon, ne pas présumer : clarifier avec le patient, le mandataire ou les proches.
  • Symptôme : subit avec panique (détresse respiratoire majeure, douleur intolérable, hémorragie massive) ou aggravation graduelle ?
  • Patient conscient ? (le protocole de détresse est contre-indiqué chez l’inconscient).
  • Opioïde régulier et entredoses des dernières 24 h ; protocole de détresse déjà prescrit et donné ?
  • Ordres immédiats : si détresse subite et protocole prescrit, l’administrer maintenant (midazolam 5 mg, 2,5 mg si âgé, cachectique ou naïf aux BZD + morphine 1–1,5 × la dose SC q4h, min 5 mg + scopolamine 0,4 mg SC ; répéter une fois après 20 min, puis rappeler) ; serviettes foncées si hémorragie ; cesser SV de routine, bilans et glycémies.
  • Convulsion en cours > 5 min : benzodiazépine SC/IV maintenant (lorazépam 2 mg SC/IV ou midazolam 5 mg SC), décubitus latéral ; venir voir.
  • Saignement : massif = protocole de détresse ; léger à modéré = compression, serviettes foncées, anxiolytique au besoin.
  • Agitation terminale sévère : la traiter comme une urgence (voir aussi rétention et fécalome).
  • Appel pour un décès : venir faire le constat ; demander si la famille est présente.

Au chevet — 5 premières minutes

  • Confort d’abord : respiration (RDOS), râles, faciès, agitation.
  • Agitation terminale : chercher globe vésical, fécalome, douleur, sevrage (nicotine, alcool), effet anticholinergique.
  • Myoclonies ou hyperalgésie : neurotoxicité des opioïdes.
  • Site SC fonctionnel ; défibrillateur implantable à désactiver.
  • Constat de décès : absence de réponse, de pouls central, de bruits cardiaques et de respiration ; pupilles. Noter l’heure du constat.

Causes à ne pas manquer

Cause Indices Test rapide
Globe vésical, fécalome Agitation nouvelle Échographie vésicale, toucher rectal
Douleur sous-traitée > 3 entredoses/24 h, PAINAD élevé Revue des doses
Neurotoxicité des opioïdes Myoclonies, délirium, IR Revue des doses, rotation
Hémorragie massive, asphyxie Tumeur tête et cou, hémoptysie Clinique
Râles (surtout pénibles pour la famille) Respiration bruyante, inconscient Clinique ; visage détendu = confort
Convulsions Tumeur ou métastases cérébrales, perte récente de la voie PO (antiépileptique, dexaméthasone) Clinique
Compression médullaire Dorsalgie nouvelle, faiblesse des jambes, rétention Examen neurologique ciblé

Examens

  • En général aucun au niveau D ; un bilan seulement s’il change la conduite et respecte les objectifs.

Premières ordonnances

  • Protocole de détresse (INESSS ; ordre : BZD, opioïde, anticholinergique) : midazolam 5 mg (2,5 mg si âgé, cachectique ou naïf ; 10 mg si > 70 kg ou BZD régulière) + morphine 1–1,5 × la dose SC q4h (min 5 mg ; hydromorphone min 1 mg) + scopolamine 0,4 mg SC, au thorax antérieur ; mélange stable 15 min seulement ; répéter une fois après 20 min, puis aviser ; échec : méthotriméprazine 25 mg SC (Soins de confort).

⚖️ Divergence entre lignes directrices (INESSS 2020 vs Palli-Science 2024) : le mini-guide répète q20 min jusqu’à sédation avec un opioïde à 10 % de la dose des 24 h. On suit l’INESSS.

  • Douleur ou dyspnée, naïf : morphine 2,5–5 mg SC q4h ou hydromorphone 0,5–1 mg SC q4h ; entredose 10 % de la dose des 24 h SC q30 min PRN ; > 3 entredoses/24 h : augmenter le régulier.
  • Râles : glycopyrrolate 0,2–0,4 mg SC q4h PRN (conscient) ; scopolamine 0,4 mg SC q4h PRN (inconscient).
  • Anxiété : lorazépam 0,5–1 mg SL/SC q4h PRN. Délirium : halopéridol 0,5–1 mg SC q1h PRN ou méthotriméprazine 6,25–12,5 mg SC q4h PRN.
  • Convulsions : benzodiazépine répétable (lorazépam 2 mg SC/IV ou midazolam 5 mg SC) ; si persistance, phénobarbital 100 mg SC/IV ; puis traitement d’entretien à discuter avec les proches (Soins de confort). Halopéridol et méthotriméprazine abaissent le seuil convulsif (Scottish Palliative Care Guidelines).
  • Saignement léger à modéré : acide tranexamique 500 mg PO TID, jusqu’à 1 g QID, si pas de thrombose active (Soins palliatifs – généralités).
  • Compression médullaire soupçonnée avec signes neurologiques : dexaméthasone 16 mg dès que possible, IRM en moins de 24 h si compatible avec les objectifs (NICE NG234), appel en radio-oncologie de garde (Urgences oncologiques).
  • Après un protocole de détresse : réévaluer (INESSS), ajuster le régulier, informer la famille ; si la détresse risque de revenir, discuter la sédation palliative continue.
  • Prescrire d’avance tous les PRN pour la nuit.
  • Après le décès : constat et note au dossier, bulletin de décès et avis au coroner selon la procédure de l’établissement ; aide médicale à mourir : cause = maladie sous-jacente (AMM).

Aviser le médecin traitant ou consulter (soins intensifs, spécialiste de garde) si :

  • Niveau de soins non documenté ou conflit avec la famille : patron.
  • Symptôme réfractaire malgré le protocole : équipe de soins palliatifs, sédation palliative continue (protocole INESSS, consentement, déclaration au CMDP) (Sédation palliative).
  • Convulsions non contrôlées malgré benzodiazépine et 2e agent : patron, équipe de soins palliatifs.
  • Compression médullaire soupçonnée : radio-oncologue de garde (IRM < 24 h, NICE NG234).
  • Décès inattendu, violent ou de cause obscure : patron et coroner selon la procédure locale.

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Références