En bref : Au Canada, on suit les lignes directrices de la SCC 2021 : on ne vise plus des « cibles », on utilise des seuils d’intensification. En prévention secondaire, on prescrit une statine de haute intensité et on ajoute de l’ézétimibe, puis un anti-PCSK9, si le C-LDL reste ≥ 1,8 mmol/L (ou non-HDL ≥ 2,4, ou apoB ≥ 0,7). Les conditions avec indication de statine (LDL ≥ 5, diabète, IRC, AAA) se traitent sans calculer le risque. Pour tous les autres, on calcule le score de Framingham. On dose la Lp(a) une fois dans la vie.
🩺 Au chevet
🚩 Signaux d’alarme
- C-LDL ≥ 5,0 mmol/L : suspicion d’hypercholestérolémie familiale.
- TG > 10 mmol/L : risque de pancréatite.
- Symptômes musculaires avec CK > 10 × N : rhabdomyolyse ; ALT > 3 × N persistante.
- Interactions : gemfibrozil + statine contre-indiqué ; simvastatine max 20 mg avec amlodipine ; CYP3A4 (clarithromycine, azolés).
✅ À faire maintenant
- Bilan lipidique non à jeun, glycémie ou HbA1c, DFGe ; RAC si diabète, HTA ou DFGe < 60 ; Lp(a) une fois.
- Exclure les causes secondaires (TSH, syndrome néphrotique, cholestase, alcool, médicaments).
- Condition avec indication de statine (athérosclérose, AAA, diabète, IRC, LDL ≥ 5) ? Sinon, score de Framingham.
- ALT au départ ; CK au départ si risque de myopathie.
💊 Premières ordonnances
- SCA, AVC ischémique ou ICT : statine de haute intensité avant le congé (p. ex. atorvastatine 80 mg PO die), peu importe le LDL.
- Haute intensité : atorvastatine 40–80 mg PO die ou rosuvastatine 20–40 mg PO die (DFGe < 30 : rosuvastatine 5 mg, max 10 mg).
- Prévention secondaire avec LDL ≥ 1,8 sous statine : ézétimibe 10 mg PO die, puis anti-PCSK9 (évolocumab 140 mg SC q2 sem ou alirocumab 75–150 mg SC q2 sem).
- Ne pas cesser une statine à l’admission sans raison.
📞 Appeler ou orienter si
- Pharmacie (pharmacien clinicien d’étage) : Interaction significative avec une statine
Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›
📝 Gabarits d’ordonnance (1 · à adapter au patient)
Cochez les lignes voulues, remplissez l’en-tête, puis Copier (texte pour le DMÉ) ou Imprimer. Doses reprises de la fiche ; gabarit à valider avant usage.
🔒 Les informations inscrites restent sur votre appareil : rien n’est enregistré ni envoyé.
📄 À remettre au patient ou aux parents
- Deprescribing statins (en anglais) (deprescribing.org, PDF)
Tous les dépliants à imprimer ›
📞 Appeler ou orienter si
- Envoyer à l’urgence : Rhabdomyolyse soupçonnée sous statine ; pancréatite soupçonnée avec TG très élevés
Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›
📨 Référer : CRDS Consulter en cardiologie si : · CRDS Consulter en chirurgie vasculaire si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence
🔗 Ressources et raisonnement
📘 Protocoles INESSS — Ajustement des hypolipémiants
Qui dépister
- Hommes et femmes ≥ 40 ans (ou ménopausées). Plus tôt chez les personnes d’origine sud-asiatique ou autochtone.
- À tout âge si : athérosclérose clinique, AAA, diabète, HTA, tabagisme, stigmates (arc cornéen avant 45 ans, xanthélasma, xanthome), histoire familiale de MCV précoce ou de dyslipidémie, IRC, obésité (IMC ≥ 30), maladie inflammatoire (PR, lupus, psoriasis, MII), VIH, dysfonction érectile, MPOC, complications hypertensives de la grossesse.
- Bilan : bilan lipidique standard (CT, LDL, HDL, TG, non-HDL calculé), glycémie ou HbA1c, DFGe ; RAC urinaire si diabète, HTA ou DFGe < 60. Lp(a) une fois. ApoB facultative (utile si TG > 1,5 mmol/L).
- Le jeûne n’est pas nécessaire. Le non-HDL et l’apoB varient peu après un repas.
- Exclure les causes secondaires : hypothyroïdie, syndrome néphrotique, cholestase, alcool, médicaments (corticos, antipsychotiques, rétinoïdes, antirétroviraux).
- Répéter tous les 5 ans si le risque est < 5 %, tous les ans s’il est ≥ 5 %.
Conditions avec indication de statine (pas besoin de calculer le risque)
| Condition | Critères |
|---|---|
| Athérosclérose clinique | IM, SCA, angine, coronaropathie documentée, AVC/ICT, sténose carotidienne, MVAS (claudication ou IPS < 0,9) |
| Anévrisme de l’aorte abdominale | Aorte > 3,0 cm ou chirurgie antérieure d’AAA |
| Diabète | ≥ 40 ans ; ou ≥ 30 ans avec diabète depuis ≥ 15 ans (type 1) ; ou complications microvasculaires |
| IRC (sans dialyse) | ≥ 50 ans avec DFGe < 60 ou RAC > 3 mg/mmol depuis > 3 mois |
| C-LDL ≥ 5,0 mmol/L | Ou hypercholestérolémie familiale documentée (causes secondaires exclues) |
Prévention primaire selon le score de Framingham (SCC 2021)
| Risque Framingham (10 ans) | Débuter une statine si | Seuil pour intensifier |
|---|---|---|
| Faible (< 10 %) | C-LDL ≥ 5,0 ou apoB ≥ 1,45 ou non-HDL ≥ 5,8 | Baisse de LDL < 50 % ou LDL ≥ 2,5 |
| Intermédiaire (10–19 %) | C-LDL ≥ 3,5 ou apoB ≥ 1,05 ou non-HDL ≥ 4,2 ; ou hommes ≥ 50 et femmes ≥ 60 ans avec 1 facteur de risque | LDL ≥ 2,0 ou apoB ≥ 0,8 ou non-HDL ≥ 2,6 |
| Élevé (≥ 20 %) | Tous | LDL ≥ 2,0 ou apoB ≥ 0,8 ou non-HDL ≥ 2,6 |
| Prévention secondaire | Tous | LDL ≥ 1,8 ou apoB ≥ 0,7 ou non-HDL ≥ 2,4 |
- Modificateurs de risque qui font pencher vers la statine en risque intermédiaire : Lp(a) ≥ 50 mg/dL (≥ 100 nmol/L), score calcique coronarien > 0, histoire familiale de MCV précoce, hs-CRP ≥ 2, HTA, intolérance au glucose, tabac, obésité abdominale.
- Un score calcique = 0 chez une personne à risque intermédiaire permet de différer la statine (sauf fumeur, diabète, histoire familiale forte).
- Pour la discussion : un fumeur de 53 ans à 20 % sur 10 ans descend à environ 11 % s’il cesse de fumer ; une statine de haute intensité réduit le risque relatif d’environ 35 %.
⚠️ Recommandation actuelle (SCC, 2021) : les anciennes cibles de 2012–2016 (« LDL < 2,0 ou baisse > 50 % ») sont remplacées par des seuils d’intensification. L’ajout est désormais recommandé en prévention secondaire dès LDL ≥ 1,8 sous statine maximale tolérée. Le seuil du non-HDL en prévention primaire passe de 4,3 à 4,2 mmol/L, et celui de l’apoB de 1,2 à 1,05 g/L. L'IRC et la Lp(a) ont été ajoutées.
⚠️ Recommandation actuelle (INESSS, 2025) : en prévention primaire, l’INESSS ne vise pas de cible LDL systématique et ne juge pas obligatoire le bilan lipidique de suivi. En prévention secondaire (athérosclérose, AAA > 3 cm) : statine de haute intensité, visée LDL d’environ 1,8 ou baisse > 50 %.
💡 Les ACC/AHA ont publié un nouveau guide en 2026 (calculateur PREVENT, retour de cibles de LDL et de non-HDL, Lp(a) une fois). Au Québec, la référence reste la SCC 2021 et l’INESSS.
- Modificateurs de risque qui font pencher vers la statine en risque intermédiaire : Lp(a) ≥ 50 mg/dL (≥ 100 nmol/L), score calcique coronarien > 0, histoire familiale de MCV précoce, hs-CRP ≥ 2, HTA, intolérance au glucose, tabac, obésité abdominale.
- Un score calcique = 0 chez une personne à risque intermédiaire permet de différer la statine (sauf fumeur, diabète, histoire familiale forte).
- Pour la discussion : un fumeur de 53 ans à 20 % sur 10 ans descend à environ 11 % s’il cesse de fumer ; une statine de haute intensité réduit le risque relatif d’environ 35 %. Chaque baisse de 1 mmol/L du C-LDL réduit d’environ 22 % les événements vasculaires majeurs (méta-analyse CTT, 2010).
⚠️ Recommandation actuelle (SCC, 2021) : les anciennes cibles de 2012–2016 (« LDL < 2,0 ou baisse > 50 % ») sont remplacées par des seuils d’intensification. L’ajout est désormais recommandé en prévention secondaire dès LDL ≥ 1,8 sous statine maximale tolérée. Le seuil du non-HDL en prévention primaire passe de 4,3 à 4,2 mmol/L, et celui de l’apoB de 1,2 à 1,05 g/L. L'IRC et la Lp(a) ont été ajoutées.
⚠️ Recommandation actuelle (INESSS, 2025) : en prévention primaire, l’INESSS ne vise pas de cible LDL systématique et ne juge pas obligatoire le bilan lipidique de suivi. En prévention secondaire (athérosclérose, AAA > 3 cm) : statine de haute intensité, visée LDL d’environ 1,8 ou baisse > 50 %.
💡 Les ACC/AHA ont publié un nouveau guide en 2026 (calculateur PREVENT, retour de cibles de LDL et de non-HDL, Lp(a) une fois). Au Québec, la référence reste la SCC 2021 et l’INESSS.
Algorithme
Statines : intensité et choix
| Intensité (baisse de LDL) | Molécules et doses |
|---|---|
| Élevée (≥ 50 %) | Atorvastatine 40–80 mg ; rosuvastatine 20–40 mg |
| Modérée (30–49 %) | Atorvastatine 10–20 mg ; rosuvastatine 5–10 mg ; simvastatine 20–40 mg ; pravastatine 40–80 mg |
| Faible (< 30 %) | Pravastatine 10–20 mg ; fluvastatine 20–40 mg ; simvastatine 10 mg |
| Molécule | Particularités |
|---|---|
| Rosuvastatine | La plus puissante, peu d’interactions (pas de CYP3A4). DFGe < 30 : débuter 5 mg, max 10 mg. Origine asiatique : débuter 5 mg |
| Atorvastatine | Pas d’ajustement rénal (choix en IRC avancée). CYP3A4 : attention clarithromycine, azolés, inhibiteurs de protéase, diltiazem |
| Simvastatine | CYP3A4 ; max 20 mg avec amlodipine ; 80 mg déconseillé (myopathie) ; contre-indiquée avec clarithromycine |
| Pravastatine | Hydrophile, peu d’interactions ; peu puissante. Utile en polypharmacie ou greffe |
💡 L’INESSS recommande de débuter directement à l’intensité visée : les faibles doses sont peu efficaces. Chez les > 75 ans non fragiles en prévention primaire, une intensité faible à modérée suffit.
Autres hypolipémiants
| Agent | Dose | Indication / remarques |
|---|---|---|
| Ézétimibe | 10 mg PO die | 1er ajout ; baisse de LDL d’environ 20–25 % ; bien toléré |
| Évolocumab | 140 mg SC q2 sem ou 420 mg SC q mois | Après ézétimibe en prévention secondaire ou en HF ; baisse d’environ 60 %. Couverture RAMQ en médicament d’exception |
| Alirocumab | 75–150 mg SC q2 sem (ou 300 mg q4 sem) | Idem |
| Inclisiran | 284 mg SC à 0, 3 mois, puis q6 mois | ARNsi anti-PCSK9 ; administré en clinique |
| Inclisiran | 284 mg SC à 0, 3 mois, puis q6 mois | ARNsi anti-PCSK9 ; injection par un professionnel (pharmacie ou clinique désignée, pas en SRV) |
| Acide bempédoïque | 180 mg PO die (± ézétimibe) | Option en intolérance aux statines (essai CLEAR Outcomes) ; ↑ acide urique, goutte. Selon disponibilité |
| Icosapent éthyle | 2 g PO bid | Athérosclérose ou diabète avec facteur de risque, TG 1,5–5,6 mmol/L sous statine (essai REDUCE-IT). Risque de FA |
| Fénofibrate | 48–200 mg PO die selon formulation | TG > 10 mmol/L (prévention de la pancréatite) ; pas de bénéfice CV prouvé en ajout à une statine. Ajuster au rein |
| Séquestrants des acides biliaires | Cholestyramine, colestipol | Alternatives ; constipation, ↑ TG ; espacer les autres médicaments |
| Niacine | — | Abandonnée : pas de bénéfice, effets indésirables |
- Gemfibrozil + statine : contre-indiqué (rhabdomyolyse). Si un fibrate est nécessaire, choisir le fénofibrate.
Suivi
- Bilan lipidique 4 à 12 semaines après le début ou un changement, en prévention secondaire. Ensuite, une fois par an.
- ALT au départ et à 6–8 semaines (INESSS) ; ensuite seulement si symptômes. CK au départ si risque de myopathie, ensuite seulement si symptômes musculaires.
- Seuils où le protocole de l’INESSS renvoie au médecin : LDL ≥ 5 (suspicion d’HF), CK > 10 × N, ALT > 3 × N persistante, TG > 4,5 mmol/L. Consultations spécialisées : voir Consulter.
- 📄 Pour le patient : Déprescription des statines (deprescribing.org, PDF, en anglais)
Symptômes musculaires
- Les vrais effets musculaires sont rares (essais à l’aveugle : la plupart des symptômes surviennent aussi sous placebo).
- Myalgies sans élévation de CK importante : arrêter 2 à 4 semaines. Si les symptômes disparaissent, réintroduire à demi-dose, essayer une autre statine (rosuvastatine, pravastatine) ou une dose intermittente (rosuvastatine 5–10 mg 2–3 ×/sem).
- CK > 10 × N avec symptômes : arrêter, hydrater, vérifier la fonction rénale (rhabdomyolyse).
- Facteurs de risque : âge avancé, hypothyroïdie, IRC, interactions (CYP3A4), consommation d’alcool, faible poids.
📋 Gabarits de suivi (DMÉ)
Ne pas répéter un examen fait dans le délai recommandé : vérifier d’abord le DSQ. Labos de moins de 3 mois acceptés ; ECG et analyse d’urine de moins de 12 mois. La délégation à l’infirmière se fait selon les ordonnances collectives de votre établissement.
🔒 Les informations inscrites restent sur votre appareil : rien n’est enregistré ni envoyé.
🧪 Bilan avant le traitementDyslipidémie
CK : pas de routine, seulement si symptômes musculaires
🔁 SuiviDyslipidémie
Ensuite : bilan lipidique au besoin ou si changement significatif
ALT si symptômes hépatiques · CK si symptômes musculaires
TG non à jeun > 4,5 mmol/L → utiliser non-HDL ou apo B, ou refaire à jeun (sans alcool depuis 48 h)
Cibles (INESSS 2025) :
- Prévention primaire : LDL < 2,0 ou baisse > 50 % (non-HDL < 2,6 / apo B < 0,8)
- Statine indiquée (MCAS, diabète avec critères, IRC) : LDL < 1,8 ou baisse > 50 % (non-HDL < 2,4 / apo B < 0,7)
- LDL ≥ 5,0 : baisse > 50 %
🌿 Non pharmacoDyslipidémie
Prévention primaire : on peut essayer les habitudes de vie seules pendant ≥ 3 mois
Sources : INESSS, protocole médical national 628005 (ajustement des hypolipémiants, mai 2025) ; OC-00099 (2024).
En contexte hospitalier
- SCA, AVC ischémique ou ICT athérothrombotique : débuter une statine de haute intensité avant le congé, peu importe le LDL (p. ex. atorvastatine 80 mg). Doser le bilan lipidique pendant l’hospitalisation sert de valeur de base.
- Un SCA récent abaisse temporairement le LDL : la valeur dosée dans les 24 à 48 h est valable, mais après plusieurs jours elle peut être faussement basse.
- Ne pas arrêter une statine à l’admission sans raison (rhabdomyolyse, hépatite active, interaction majeure) : son retrait après un SCA augmente les événements.
- Fin de vie ou CHSLD avec espérance de vie limitée : la déprescription de la statine en prévention primaire est raisonnable.
- TG > 10 mmol/L : risque de pancréatite ; viser une baisse rapide (diète, insuline si diabète décompensé, fénofibrate).
Consulter
Envoyer à l’urgence si :
- UrgenceRhabdomyolyse soupçonnée sous statine (symptômes musculaires, CK > 10 × N, urines foncées, créatinine ↑) — cesser la statine ; hydratation
- UrgencePancréatite soupçonnée avec TG très élevés (douleur épigastrique, TG > 10 mmol/L)
Consulter en endocrinologie si :
Clinique des lipides (endocrinologie ou médecine interne selon le milieu) ; causes secondaires exclues au préalable.
- ÉlectifSuspicion d’hypercholestérolémie familiale (C-LDL ≥ 5,0 mmol/L) — consultation externe en endocrinologie.
- ÉlectifTG > 4,5 mmol/L persistants malgré la correction des causes secondaires — consultation externe en endocrinologie.
À préparer : bilans lipidiques successifs (avec et sans traitement), Lp(a), TSH, HbA1c, DFGe, bilan hépatique, statines essayées (doses, effets indésirables, CK), histoire familiale de MCV précoce.
Consulter le pharmacien si :
- Semi-urgentInteraction significative avec une statine (CYP3A4 : clarithromycine, azolés, inhibiteurs de protéase ; gemfibrozil) — pendant le séjour.
Consulter en kinésiologie si :
- ÉlectifDyslipidémie avec sédentarité — programme d’activité physique au congé.
Ou clinique de lipides ou médecine interne selon le milieu.
- ÉlectifHypercholestérolémie familiale soupçonnée (C-LDL ≥ 5,0 mmol/L, causes secondaires exclues) — consultation externe en endocrinologie
- ÉlectifTG > 4,5 mmol/L persistants (> 10 : risque de pancréatite) — consultation externe en endocrinologie
- ÉlectifALT > 3 × N persistante ou CK > 10 × N (sous statine, sans rhabdomyolyse) — consultation externe en endocrinologie
À préparer : bilans lipidiques (non-HDL, apoB ; à jeun si TG élevés), Lp(a) ; TSH, ALT, CK, créatinine (DFGe), HbA1c, RAC ; score de Framingham ; statines et ézétimibe essayés (molécule, dose, durée, effets) ; antécédents familiaux, xanthomes, arc cornéen.
Pièges et perles
- Le non-HDL (CT − HDL) et l'apoB sont plus fiables que le LDL calculé quand les TG sont > 1,5 mmol/L ou que le LDL est très bas.
- Une hypothyroïdie non traitée élève le LDL et augmente le risque de myopathie : doser la TSH avant de conclure à une intolérance.
- Grossesse : cesser les statines. Chez les femmes en âge de procréer, privilégier une statine hydrophile (rosuvastatine, pravastatine) et la contraception.
Prévention clinique (CMQ et MSSS, 2025)
📋 Fiche de prévention clinique (CMQ et MSSS, adultes, février 2025)
- Prévention primaire : adultes de 40 à 75 ans sans condition clinique particulière, ou de 18 à 39 ans avec au moins un facteur de risque cardiovasculaire, sans statine et qui veulent connaître leur risque.
- Bilan lipidique non à jeun (si TG > 4,5 mmol/L, refaire à jeun 12 h) ; risque estimé avec l’outil d’aide à la décision de l’INESSS.
- Si une intervention est indiquée : habitudes de vie d’abord ; si le risque demeure > 10 % après un délai convenu, discuter d’une statine d’intensité faible ou moyenne.
Résumé dans nos mots. Source : Fiche de prévention clinique — Adultes, Collège des médecins du Québec et MSSS, 2025.
Références
- Statin deprescribing algorithm (deprescribing.org, en anglais)
- Fiche de prévention clinique — Adultes (Collège des médecins du Québec et MSSS, mise à jour février 2025 ; s’appuie sur le Guide des bonnes pratiques en prévention clinique du directeur national de santé publique)
- 2021 Canadian Cardiovascular Society Guidelines for the Management of Dyslipidemia (SCC, 2021)
- Update in Prevention : 2021 CCS Dyslipidemia Guidelines (ACC, 2021)
- Protocole médical national : ajustement des hypolipémiants (INESSS, 2025)
- 2026 Guideline on the Management of Dyslipidemia (AHA/ACC, 2026)
- MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spécialisée (CRDS) — Médecine interne.
- Algorithme de déprescription des statines (anglais). deprescribing.org (Réseau canadien pour la déprescription), 2025.
- Pearson GJ et coll. 2021 Canadian Cardiovascular Society Guidelines for the Management of Dyslipidemia for the Prevention of Cardiovascular Disease in Adults. Can J Cardiol, 2021 (tableaux résumés dans nos mots).
- Cholesterol Treatment Trialists' (CTT) Collaboration. Efficacy and safety of more intensive lowering of LDL cholesterol. Lancet, 2010.
- Tableau des statines (LearnTheHeart).
- MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spécialisée (CRDS) — Médecine interne.
- Algorithme de déprescription des statines (anglais). deprescribing.org (Réseau canadien pour la déprescription), 2025.
- Ordonnance collective régionale OC-00099 : bilans sanguins et examens pour le suivi des maladies chroniques (2024). https://extranet.santemonteregie.qc.ca/app/uploads/2024/10/oc-00099-5506005-bilans-sanguins-et-examens-pour-suivi-maladies-chroniques.pdf