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Convulsions et état de mal épileptique

NeurologieFiche révisée · 21 oct. 2026

💊 Doses / traitement✉️ Signaler une erreur

En bref : Une crise tonico-clonique qui dure ≥ 5 min, ou deux crises sans retour à l’état de base, est un état de mal épileptique (EME) : on traite sans attendre. On donne d’abord une benzodiazépine à pleine dose (lorazépam 0,1 mg/kg IV ou midazolam 10 mg IM). Si la crise persiste, on charge un 2e agent (lévétiracétam, fosphénytoïne/phénytoïne ou valproate, d’efficacité équivalente). Si elle persiste encore, on intube et on perfuse midazolam ou propofol. En parallèle, on cherche une cause réversible : glucose, Na, Ca, Mg, toxique, sevrage, infection du SNC, éclampsie.

En bref : Une crise tonico-clonique qui dure ≥ 5 min, ou deux crises sans retour à l’état de base, est un état de mal épileptique (EME) : 911 sans attendre. En clinique : position latérale, O₂ si disponible, glycémie capillaire et, si disponible, midazolam intranasal ou buccal en attendant l’ambulance. Par les paramédics / à l’urgence : benzodiazépine à pleine dose, puis 2e agent (lévétiracétam, fosphénytoïne/phénytoïne ou valproate), puis intubation si la crise persiste. On cherche une cause réversible : glucose, Na, Ca, Mg, toxique, sevrage, infection du SNC, éclampsie.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Crise ≥ 5 min ou crises répétées sans récupération = EME
  • Pas de retour à l’éveil en 15–20 min : EME non convulsif jusqu’à preuve du contraire
  • Fièvre, méningisme, déficit focal, trauma, anticoagulation, éclampsie (≤ 6 sem post-partum)

✅ À faire maintenant

  • ABC, position latérale, O₂, monitorage, 2 voies IV
  • Glycémie capillaire immédiate
  • FSC, électrolytes, Ca, Mg, PO₄, urée, créat, CK, gaz, lactate, niveaux d’antiépileptiques, toxicologie, éthanol, β-hCG, ECG
  • TDM cérébrale selon le contexte ; EEG urgent si l’éveil ne revient pas
  • 911 ; ABC, position latérale, rien dans la bouche, O₂ si disponible ; noter l’heure de début et la durée.
  • Glycémie capillaire si disponible, en attendant l’ambulance.
  • Fièvre, céphalée, raideur de nuque, purpura ou altération persistante de l’état de conscience : penser méningite ou encéphalite (transfert immédiat).
  • À transmettre à l’urgence : heure de début et durée des crises, description (focale, généralisée), retour ou non à l’état de base, glycémie capillaire, benzodiazépine donnée (dose, heure), antiépileptiques habituels et observance, alcool ou drogues, traumatisme, grossesse ou post-partum (éclampsie), fièvre, antécédents.

💊 Premières ordonnances

  • Lorazépam 0,1 mg/kg IV (max 4 mg/dose) à 2 mg/min, répéter 1 fois après 5 min
  • Sans IV : midazolam 10 mg IM si > 40 kg (5 mg si 13–40 kg)
  • 2e agent : lévétiracétam 60 mg/kg IV (max 4 500 mg) en 10–15 min OU fosphénytoïne 20 mg EP/kg IV (max 1 500 mg EP) à ≤ 150 mg EP/min sous monitorage OU valproate 40 mg/kg IV (max 3 000 mg) en 10 min
  • Glycémie basse : thiamine 100 mg IV puis D50 % 50 mL IV
  • Fièvre : antibiotiques à dose méningée (ceftriaxone 2 g IV q12h + vancomycine selon le nomogramme, + ampicilline 2 g IV q4h si > 50 ans ou immunosupprimé ; voir Méningite suspectée) + acyclovir 10 mg/kg IV q8h sans attendre TDM ni PL
  • Pas de phénytoïne si crise toxique ou sevrage d’alcool

📞 Appeler ou orienter si

  • Neurologie : État de mal ou crises répétées ; pas de retour à l’éveil en 15–20 min
  • Soins intensifs : État de mal épileptique ; état de mal réfractaire
  • Gynécologie : Convulsion en grossesse ou ≤ 6 sem. post-partum
  • Centre antipoison du Québec : Crise d’origine toxique

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

  • Midazolam intranasal 0,2 mg/kg (max 10 mg) ou buccal, si disponible en clinique, en attendant l’ambulance
  • Benzodiazépine IV ou IM, puis 2e agent : par les paramédics / à l’urgence
  • Glycémie capillaire basse : aviser les paramédics (thiamine puis dextrose IV) ; rien par la bouche
  • Fièvre ou infection du SNC suspectée : transfert immédiat par ambulance (antibiotiques à dose méningée + acyclovir IV sans attendre TDM ni PL ; voir Méningite suspectée)
  • Pas de phénytoïne si crise toxique ou sevrage d’alcool

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : Crise ≥ 5 min ou crises répétées ; pas de retour à l’éveil en 15–20 min ; première crise non provoquée ; crise avec fièvre, méningisme ou immunosuppression ; crise avec trauma, anticoagulant ou déficit focal ; éclampsie soupçonnée ; épileptique connu : crise inhabituelle

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📌 Fiche d’origine hospitalière, gardée pour le sujet prioritaire du CMFC « Convulsions ». Au sans rendez-vous : reconnaître, amorcer le traitement et diriger ; les sections propres à l’hôpital ont été retirées.

📨 Référer : CRDS Consulter en neurologie si : · CRDS Consulter en neurochirurgie si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

📞 Consulter CRDS — Neurologie · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe

🔗 Ressources et raisonnement

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Définitions et classification

  • EME convulsif : crise ≥ 5 min (t1 de l’ILAE) ou crises répétées sans récupération. Les lésions neuronales deviennent probables après 30 min (t2).
  • EME réfractaire : persiste malgré une benzodiazépine et un 2e agent. Super-réfractaire : persiste ≥ 24 h malgré l’anesthésie.
  • EME non convulsif : altération persistante de l’éveil après la fin des mouvements. Il faut l’évoquer si le patient ne récupère pas dans les 15 à 20 min ; le diagnostic se fait à l’EEG.
  • Crises provoquées (fièvre, cause métabolique, trauma, toxique) ou non provoquées. Crises focales, avec ou sans altération de la conscience, pouvant devenir bilatérales. Crises généralisées : tonico-cloniques, absences, myocloniques, atoniques.
  • Phases d’une crise tonico-clonique : tonique (10–20 s), clonique (30–90 s), puis postcritique (minutes à heures : confusion, céphalée, myalgies, somnolence).

Causes de crises provoquées

Catégorie Causes
Métaboliques Hypoglycémie, hypo- ou hypernatrémie, hypocalcémie, hypomagnésémie, hyperglycémie non cétosique, urémie, hyperthyroïdie, syndrome de déséquilibre de dialyse, porphyrie
Toxiques Sevrage d’alcool ou de benzodiazépines ; cocaïne, amphétamines, ISRS/bupropion, tramadol, ATC, isoniazide (INH), théophylline, lidocaïne
Structurales AVC, hémorragie, tumeur, trauma crânien, infection du SNC (méningite, encéphalite HSV, abcès)
Autres Éclampsie (jusqu’à 6 semaines post-partum), PRES, HTA maligne, sepsis, hypoxie

Crise ou autre événement paroxystique ?

Élément Crise épileptique Syncope Crise non épileptique psychogène
Position et début N’importe laquelle ; début brusque Debout ; prodrome (étourdissement, chaleur, sudation) Souvent devant témoin
Teint Normal ou cyanosé Pâleur, diaphorèse Normal
Durée < 2–5 min < 1 min Souvent prolongée (> 5 min), fluctuante
Mouvements Tonico-cloniques synchrones Quelques myoclonies brèves Asynchrones, yeux fermés, mouvements du bassin
Morsure de langue Latérale, fréquente Rare Rare (pointe)
Phase postcritique Confusion prolongée Récupération rapide Variable

💡 Une syncope maintenue en position debout peut « convulser » (syncope convulsive). Quand il n’y a aucun prodrome, il faut chercher une cause cardiaque : ECG (QT long, Brugada, BAV, pré-excitation) et télémétrie.

Élément Crise épileptique Syncope Crise non épileptique psychogène
Contexte et début Toute position ; parfois déjà-vu ou jamais-vu avant l’épisode Station debout prolongée, douleur ou geste médical ; prodrome (sueurs, chaleur, pâleur) ; épisodes évités en se couchant Épisodes de nature changeante ; souvent plusieurs symptômes physiques inexpliqués
Mouvements Secousses prolongées des membres, tête tournée d’un côté, posture inhabituelle Quelques secousses brèves possibles : elles ne prouvent pas une épilepsie Épisodes inhabituellement prolongés
Morsure de langue Évocatrice — —
Après l’épisode Confusion ; aucun souvenir du comportement décrit par les témoins Récupération rapide Référer en neurologie si soupçonnée

Résumé dans nos mots, d’après NICE CG109 (perte de conscience transitoire, 2010, mis à jour 2023) et ESC 2018 (syncope).

💡 Une syncope maintenue en position debout peut « convulser » (syncope convulsive). Quand il n’y a aucun prodrome, il faut chercher une cause cardiaque : ECG (QT long, Brugada, BAV, pré-excitation) ; urgence (monitorage) si arythmie suspectée.

Évaluation initiale (pendant le traitement)

  • ABC : position latérale, O₂, aspiration, saturométrie, monitorage cardiaque, 2 voies IV.
  • Glycémie capillaire immédiate. Si elle est basse : thiamine 100 mg IV puis D50 % 50 mL IV chez l’adulte.
  • Bilan : FSC, électrolytes, Ca, Mg, PO₄, glucose, urée, créatinine, bilan hépatique, CK, gaz, lactate, niveaux d’antiépileptiques, dépistage toxicologique, éthanol, β-hCG.
  • ECG. TDM cérébrale si c’est une première crise, s’il y a un déficit focal, un trauma, une anticoagulation, une céphalée intense, une immunosuppression ou si le patient ne récupère pas.
  • Fièvre ou méningisme : hémocultures, puis antibiotiques et acyclovir sans attendre la TDM ni la PL.
  • EEG urgent si l’éveil ne revient pas dans les 15–20 min (EME non convulsif) ou en cas de curarisation.

Évaluation en clinique (en attendant l’ambulance)

  • ABC : 911, position latérale, rien dans la bouche, O₂ et aspiration si disponibles, saturométrie ; protéger la tête.
  • Glycémie capillaire si disponible. Si elle est basse : aviser les paramédics (thiamine puis dextrose IV) ; rien par la bouche si l’état de conscience est altéré.
  • Signes vitaux, température, recherche d’un traumatisme (tête, langue), d’un purpura, d’une raideur de nuque, d’un déficit focal ; grossesse ou post-partum ≤ 6 semaines (éclampsie : TA).
  • Questionner les témoins : heure de début, durée, description, retour à l’état de base, antiépileptiques et observance, alcool, drogues, médicaments abaissant le seuil (bupropion, tramadol).
  • Le bilan sanguin, l’ECG, la TDM cérébrale et l’EEG se font à l'urgence ; transmettre ces informations à l’équipe.
  • Fièvre ou méningisme : transfert immédiat (antibiotiques et acyclovir à l’urgence sans attendre la TDM ni la PL).
  • Pas de retour à l’éveil dans les 15–20 min : penser à un EME non convulsif (EEG urgent à l’urgence).

Doses (adulte)

1re ligne : benzodiazépines

Molécule Dose Remarques
Lorazépam IV 0,1 mg/kg (max 4 mg/dose) à 2 mg/min ; répéter 1 fois après 5 min 1er choix si accès IV
Midazolam IM 10 mg si > 40 kg (5 mg si 13–40 kg), dose unique 1er choix sans voie IV (essai RAMPART)
Midazolam IN ou buccal 0,2 mg/kg IN (max 10 mg, 5 mg par narine) Préhospitalier, CHSLD, domicile
Diazépam IV 0,15–0,2 mg/kg (max 10 mg/dose) à 5 mg/min Redistribution rapide : effet bref

⚠️ On sous-dose souvent les benzodiazépines : une petite dose de 1 à 2 mg de lorazépam est inefficace. Arrêter la crise cause moins de dépression respiratoire que de la laisser se prolonger. On donne au maximum 2 doses, puis on passe au 2e agent.

2e ligne : à débuter dès la 2e dose de benzodiazépine

Molécule Dose de charge Précautions
Lévétiracétam 60 mg/kg IV (max 4 500 mg) en 10–15 min Peu d’interactions, sûr. Ajuster l’entretien à la fonction rénale (500–1 500 mg BID)
Fosphénytoïne 20 mg EP/kg (max 1 500 mg EP) à ≤ 150 mg EP/min Monitorage cardiaque : hypotension, bradycardie, BAV
Phénytoïne 20 mg/kg IV dans du NaCl 0,9 % à ≤ 50 mg/min (25 mg/min chez la personne âgée) ; + 5–10 mg/kg si la crise persiste Monitorage cardiaque. Extravasation (syndrome du gant pourpre). Niveau visé 40–80 µmol/L (corriger selon l’albumine)
Valproate IV 40 mg/kg (max 3 000 mg) en 10 min Éviter en grossesse, hépatopathie, maladie mitochondriale, thrombopénie. Disponibilité variable au Canada
Phénobarbital 15–20 mg/kg IV à 50–100 mg/min Dépression respiratoire et hypotension. Souvent nécessite l’intubation
Lacosamide 200–400 mg IV en 15 min Option si les autres sont contre-indiqués. Allonge le PR : éviter en cas de BAV

⚠️ Recommandation actuelle (ESETT, NEJM 2019 ; AES 2016) : lévétiracétam, fosphénytoïne et valproate sont d’efficacité équivalente : environ 45–50 % d’arrêt de la crise, sans différence de sécurité. On choisit selon le profil du patient et la disponibilité. Le lévétiracétam est souvent privilégié pour sa simplicité.

⚠️ La phénytoïne est inefficace, voire nuisible, dans les crises toxiques (cocaïne, anesthésiques locaux, théophylline, ATC) et dans les crises de sevrage d’alcool. Dans ces cas, on donne des benzodiazépines, puis du phénobarbital ou du propofol.

EME réfractaire (soins intensifs, EEG continu)

Molécule Bolus Perfusion
Midazolam 0,2 mg/kg (répéter au besoin) 0,05–2 mg/kg/h
Propofol 1–2 mg/kg 20–200 µg/kg/min ; éviter > 80 µg/kg/min (environ 5 mg/kg/h) plus de 48 h (syndrome de perfusion du propofol)
Kétamine 1–2 mg/kg 1–5 mg/kg/h ; bonne synergie avec le propofol, soutient la TA
Pentobarbital 5–15 mg/kg 0,5–5 mg/kg/h ; hypotension, coma prolongé
  • Une fois les crises contrôlées : maintenir 24–48 h, puis sevrer graduellement sous EEG. Garder un antiépileptique d’entretien à dose thérapeutique.
  • Prévoir une norépinéphrine contre l’hypotension due au propofol ou au midazolam.
Molécule Dose Remarques
Midazolam intranasal (ou buccal) 0,2 mg/kg IN (max 10 mg, 5 mg par narine) Si disponible en clinique, en attendant l’ambulance (911) ; aussi en préhospitalier, CHSLD, domicile
Diazépam IR 0,5 mg/kg (max 20 mg) Surtout en pédiatrie
Lorazépam IV, midazolam IM, diazépam IV Par les paramédics / à l’urgence Ne pas retarder le transfert

⚠️ On sous-dose souvent les benzodiazépines : une petite dose de 1 à 2 mg de lorazépam est inefficace. Arrêter la crise cause moins de dépression respiratoire que de la laisser se prolonger. Au maximum 2 doses, puis 2e agent.

2e ligne et EME réfractaire : à l’urgence (résumé)

  • Transfert par ambulance dès que la crise dure ≥ 5 min.
  • 2e agent IV dès la 2e dose de benzodiazépine : lévétiracétam, fosphénytoïne ou valproate, d’efficacité équivalente (ESETT, NEJM 2019) ; la fosphénytoïne exige un monitorage cardiaque.
  • ⚠️ Phénytoïne inefficace, voire nuisible, dans les crises toxiques (cocaïne, anesthésiques locaux, théophylline, ATC) et de sevrage d’alcool : benzodiazépines, puis phénobarbital ou propofol.
  • EME réfractaire : intubation, soins intensifs, perfusion (midazolam, propofol, kétamine, pentobarbital) sous EEG continu ; un antiépileptique d’entretien est poursuivi ensuite.

Situations particulières

Situation Traitement spécifique
Hypoglycémie D50 % 50 mL IV (thiamine avant chez l’alcoolique ou le dénutri)
Hyponatrémie symptomatique NaCl 3 % 100–150 mL IV en 10–20 min, répétable (voir la fiche Hyponatrémie)
Hypocalcémie Gluconate de calcium 1–2 g IV en 10 min
Hypomagnésémie MgSO₄ 2 g IV
Éclampsie MgSO₄ 4–6 g IV en 15–20 min, puis 1–2 g/h ; obstétrique
Hypoglycémie Glycémie capillaire ; urgence (thiamine puis dextrose IV chez l’alcoolique ou le dénutri)
Hyponatrémie symptomatique Urgence (NaCl 3 % IV) ; voir la fiche Hyponatrémie
Hypocalcémie Urgence (calcium IV)
Hypomagnésémie Urgence (magnésium IV)
Éclampsie 911 ; MgSO₄ IV par les paramédics / à l’urgence ; obstétrique
Isoniazide Pyridoxine : 1 g par g d’INH ingéré (5 g empirique)
Sevrage d’alcool Benzodiazépines (voir la fiche Sevrage) ; pas de phénytoïne
Méningite ou encéphalite Antibiotiques méningés + acyclovir 10 mg/kg IV q8h sans délai
Méningite ou encéphalite Transfert immédiat (antibiotiques méningés + acyclovir IV sans délai)

Première crise non provoquée

  • Bilan minimal : glucose, électrolytes, Ca, Mg, PO₄, FSC, toxiques, β-hCG, ECG, imagerie (TDM à l’urgence, IRM en différé) et EEG (rendement maximal dans les 24–48 h).
  • Une PL seulement s’il y a fièvre, méningisme, immunosuppression ou céphalée inexpliquée.
  • Risque de récidive : environ 21 à 45 % en 2 ans, surtout les 2 premières années. Il est plus élevé si l’EEG est épileptiforme, s’il y a une lésion à l’imagerie, une atteinte neurologique antérieure ou une crise nocturne.
  • Traitement immédiat : il réduit d’environ 35 % le risque de récidive à 2 ans, sans changer le pronostic à long terme. La décision se partage avec le patient et la neurologie.
  • Épilepsie : on la diagnostique après 2 crises non provoquées à plus de 24 h d’intervalle, ou après 1 crise avec un risque de récidive ≥ 60 % (EEG ou IRM anormaux).

Traitement d’entretien : choisir la molécule (avec la neurologie)

  • Crises focales : lamotrigine ou lévétiracétam en 1re intention ; si échec ou intolérance, l’autre. Ensuite carbamazépine, oxcarbazépine ou zonisamide ; lacosamide plus tard (NICE NG217).
  • Crises tonico-cloniques généralisées : choix entre lamotrigine, lévétiracétam et valproate, essayés l’un après l’autre (NICE NG217).
  • Valproate : à réserver chez la personne pouvant devenir enceinte, après échec des autres options, avec discussion des risques pour l’enfant à naître et contraception efficace (NICE NG217 ; mise en garde de Santé Canada dans la monographie). Hépatotoxicité et thrombopénie : éviter en hépatopathie.
  • Ensuite, on ajuste au profil du patient à l’aide de la monographie :
    • Inducteurs enzymatiques (carbamazépine, phénytoïne, phénobarbital) : ils réduisent l’efficacité des contraceptifs hormonaux, des anticoagulants oraux, des antirejets et de nombreux autres médicaments. L’oxcarbazépine et le topiramate à dose élevée réduisent aussi l’effet des contraceptifs hormonaux. On les évite en polypharmacie.
    • Hyponatrémie : carbamazépine et oxcarbazépine, surtout chez l’aîné et sous diurétique.
    • Allongement du PR : lacosamide (ECG de base ; prudence si BAV ou trouble de conduction).
    • Fonction rénale : ajuster lévétiracétam, gabapentine, prégabaline, lacosamide.
    • Humeur : lévétiracétam (irritabilité, dépression, rarement psychose) ; prudence si antécédent psychiatrique.
    • Poids : prise de poids sous valproate ; perte de poids sous topiramate.
  • La lamotrigine se titre lentement (risque d’éruption grave), surtout si elle est associée au valproate : peu utile pour une protection rapide à l’hôpital, où le lévétiracétam est souvent plus pratique.
  • Patient vu en SRV après une 1re crise, même revenu à l’état de base : urgence le jour même pour le bilan (glucose, électrolytes, Ca, Mg, FSC, toxiques, β-hCG, ECG) et la TDM, sauf si cette évaluation a déjà été faite.
  • Ensuite : EEG (rendement maximal dans les 24–48 h), IRM en différé et référence en neurologie (clinique de première crise), si ce n’est pas déjà demandé.
  • Fièvre, méningisme, immunosuppression ou céphalée inexpliquée : urgence immédiate (PL à envisager).
  • Risque de récidive : environ 21 à 45 % en 2 ans, surtout les 2 premières années. Il est plus élevé si l’EEG est épileptiforme, s’il y a une lésion à l’imagerie, une atteinte neurologique antérieure ou une crise nocturne.
  • Traitement immédiat : il réduit d’environ 35 % le risque de récidive à 2 ans, sans changer le pronostic à long terme. La décision se partage avec le patient et la neurologie.
  • Épilepsie : on la diagnostique après 2 crises non provoquées à plus de 24 h d’intervalle, ou après 1 crise avec un risque de récidive ≥ 60 % (EEG ou IRM anormaux).

Choix de l’antiépileptique selon le patient

Situation Bons choix À éviter ou prudence
Crises focales (dont la personne âgée) Lamotrigine ou lévétiracétam en 1re intention (NICE) Inducteurs enzymatiques (carbamazépine, phénytoïne) : interactions ; carbamazépine, oxcarbazépine : hyponatrémie
Crises tonico-cloniques généralisées Lamotrigine, lévétiracétam ou valproate, essayés l’un après l’autre (NICE) Valproate : voir personne pouvant devenir enceinte
Contraception hormonale combinée Non inducteurs : lévétiracétam, gabapentine, lacosamide (valproate : voir la ligne suivante) Inducteurs (carbamazépine, oxcarbazépine, phénytoïne, phénobarbital, primidone, topiramate) : contraceptif moins efficace ; lamotrigine : taux abaissé par les œstrogènes (US MEC 2024)
Personne pouvant devenir enceinte, désir de grossesse Lamotrigine, lévétiracétam Valproate : seulement si les autres options ont échoué, avec programme de prévention de la grossesse ; topiramate : à éviter (NICE)
Hépatopathie Lévétiracétam, gabapentine (élimination rénale) Valproate (hépatotoxicité)
Insuffisance rénale Ajuster lévétiracétam, gabapentine, lacosamide —
Greffe (antirejet) Lévétiracétam (peu d’interactions) Inducteurs enzymatiques (baisse des antirejets)
BAV ou trouble de conduction — Lacosamide (allonge le PR)
Poids Topiramate (perte de poids possible) Valproate, gabapentine, prégabaline (prise de poids)
Psychose ou dépression — Lévétiracétam (irritabilité, humeur dépressive)
Diurétiques — Oxcarbazépine, carbamazépine (hyponatrémie)

Résumé dans nos mots, d’après NICE NG217 (2022), US MEC 2024 (CDC) et les monographies de produit (Santé Canada). Décision à prendre avec la neurologie.

Conduite automobile (Québec)

Situation Permis classe 5 (et 6, 8) Permis classes 1 à 4
Crise toxique ou alcoolique 6 mois 12 mois
Crise unique non provoquée, bilan normal 3 mois 12 mois
Épilepsie diagnostiquée 6 mois sans crise 5 ans sans crise
  • Délais du Règlement relatif à la santé des conducteurs (RLRQ, c. C-24.2, r. 40.1) ; les normes pancanadiennes de référence sont celles du CCMTA. La SAAQ fixe les conditions et peut exiger un rapport médical ; d’autres situations y sont prévues (crises seulement au sommeil, crises focales sans altération de la conscience, arrêt de la médication).
  • Il faut aviser le patient de ne pas conduire et le documenter au dossier. Le médecin peut déclarer à la SAAQ sans enfreindre le secret professionnel (Code de la sécurité routière, art. 603).

Convulsion fébrile (enfant de 6 mois à 5–6 ans)

  • Simple (70–80 %) : généralisée, < 15 min, unique en 24 h, enfant neurologiquement normal. On cherche le foyer de la fièvre seulement. On rassure : pas de séquelle, récidive environ 30 %, risque d’épilepsie d’environ 2 %. Les antipyrétiques ne préviennent pas la récidive (CHU Sainte-Justine 2012).
  • Complexe : focale, > 15 min ou récidive en 24 h. Elle demande un bilan plus large (EEG, imagerie selon le cas).
  • PL si signes méningés. On l’envisage entre 6 et 12 mois si la vaccination est incomplète ou inconnue, ou si l’enfant reçoit déjà un antibiotique (CHU Sainte-Justine 2012).

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceCrise ≥ 5 min ou crises répétées (sans retour à l’état de base : EME) — 911, midazolam IN si disponible
  • UrgencePas de retour à l’éveil en 15–20 min (EME non convulsif) — 911, EEG urgent
  • UrgencePremière crise non provoquée (même revenu à l’état de base, si bilan et TDM non faits) — le jour même
  • UrgenceCrise avec fièvre, méningisme ou immunosuppression (enfant compris) — 911, antibiotiques et acyclovir sans attendre
  • UrgenceCrise avec trauma, anticoagulant ou déficit focal — 911
  • UrgenceÉclampsie soupçonnée (grossesse ou ≤ 6 sem post-partum) — 911, obstétrique
  • UrgenceÉpileptique connu : crise inhabituelle (différente, prolongée ou répétée)

Consulter en neurologie si :

  • UrgentÉtat de mal ou crises répétées — neurologue de garde, immédiatement.
  • UrgentPas de retour à l’éveil en 15–20 min (EME non convulsif : EEG urgent) — neurologue de garde.
  • Semi-urgentPremière crise non provoquée (TDM et EEG souhaitables, IRM) — ≤ 10 jours.
  • Semi-urgentÉpilepsie connue mal contrôlée — ≤ 28 jours.

À préparer : description par un témoin, durée, phase postcritique, glycémie, électrolytes, Ca, Mg, niveaux d’antiépileptiques, TDM, ECG, médicaments qui abaissent le seuil, conduite automobile interdite et documentée.

Consulter aux soins intensifs si :

  • UrgentÉtat de mal épileptique (crise ≥ 5 min ou crises répétées sans récupération) — consultation STAT aux soins intensifs, dès la 1re dose de benzodiazépine. Voir la fiche « État de mal épileptique ».
  • UrgentÉtat de mal réfractaire (benzodiazépine + 2e agent inefficaces : intubation, perfusion, EEG continu) — immédiatement.

Consulter en gynécologie si :

  • UrgentConvulsion en grossesse ou ≤ 6 sem. post-partum (éclampsie : MgSO₄) — obstétrique de garde, immédiatement.

Consulter le Centre antipoison du Québec si :

  • UrgentCrise d’origine toxique (isoniazide, ATC, bupropion, cocaïne, théophylline) — immédiatement.

Aviser de ne pas conduire et le documenter (SAAQ).

  • RapidePremière crise, bilan d’urgence normal (clinique de première crise ; EEG et IRM demandés) — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideÉpilepsie connue mal contrôlée (observance et niveaux vérifiés) — priorité C (≤ 28 j)
  • ÉlectifPerte de conscience non cardiovasculaire (ECG et bilan cardiaque négatifs) — priorité D (≤ 3 mois)
  • ÉlectifÉpilepsie stable, réévaluation du traitement (désir de grossesse, interactions) — priorité E (≤ 12 mois)

À préparer : récit d’un témoin (vidéo si possible), heure, durée, retour à l’état de base ; bilan de l’urgence (glucose, électrolytes, Ca, Mg, FSC, toxiques, β-hCG, ECG) et TDM ; EEG, IRM ; antiépileptiques, observance, niveaux sériques ; déclencheurs (alcool, privation de sommeil, bupropion, tramadol).

Algorithme de l’état de mal convulsif (adulte)

Oui

Non

Oui

Non

Non

Oui : EME réfractaire

Crise ≥ 5 min ou crises répétées
ABC, O₂, monitorage, 2 voies IV
Glycémie : thiamine 100 mg IV + D50 % si basse

Accès IV ?

Lorazépam 0,1 mg/kg IV
max 4 mg/dose, 2 mg/min
(ou diazépam 0,15-0,2 mg/kg, max 10 mg)

Midazolam 10 mg IM si > 40 kg
(5 mg si 13-40 kg) ou 0,2 mg/kg IN

Crise persiste
après 5 min ?

2e dose de benzodiazépine
+ préparer le 2e agent

Chercher la cause
2e agent si pas de cause
réversible ou risque de récidive

2e agent (10 min) :
lévétiracétam 60 mg/kg max 4,5 g
OU fosphénytoïne 20 mg EP/kg max 1,5 g
OU valproate 40 mg/kg max 3 g

Crise persiste
10-20 min ?

Surveillance de l’éveil
EEG si pas de retour
à l’état de base en 15-20 min

Intubation, soins intensifs
Midazolam ou propofol en perfusion
EEG continu

Persistance : kétamine,
pentobarbital, autre 2e agent

Oui

Non

Oui

Non

Non

Oui : EME réfractaire

Crise ≥ 5 min ou crises répétées
911, ABC, position latérale, O₂ si disponible
Glycémie capillaire

En attendant l’ambulance

Midazolam 0,2 mg/kg IN
(max 10 mg) ou buccal
si disponible en clinique

Paramédics / urgence :
benzodiazépine IV ou IM,
puis 2e agent IV

Crise persiste
après 5 min ?

2e dose de benzodiazépine
+ préparer le 2e agent

Chercher la cause
2e agent si pas de cause
réversible ou risque de récidive

2e agent (10 min) :
lévétiracétam 60 mg/kg max 4,5 g
OU fosphénytoïne 20 mg EP/kg max 1,5 g
OU valproate 40 mg/kg max 3 g

Crise persiste
10-20 min ?

Surveillance de l’éveil
EEG si pas de retour
à l’état de base en 15-20 min

Intubation, soins intensifs
Midazolam ou propofol en perfusion
EEG continu

Persistance : kétamine,
pentobarbital, autre 2e agent

Suivi et congé

  • Congé possible après une première crise si le patient est revenu à l’état de base, que l’examen neurologique est normal, la TDM normale et la cause traitée. Prévoir un EEG, une IRM et un suivi en neurologie (voir Consulter).
  • Patient épileptique connu : vérifier l'observance et les niveaux ; chercher un déclencheur (privation de sommeil, alcool, infection, interaction médicamenteuse).
  • Enseignement :
    • Conduite, baignade et travail en hauteur.
    • Conduite à tenir par l’entourage : position latérale, ne rien mettre dans la bouche, 911 si la crise dure > 5 min.
    • Prescrire du midazolam intranasal ou buccal de secours si les crises se prolongent.

Suivi

  • Après l’évaluation à l’urgence d’une 1re crise (TDM et bilan normaux, retour à l’état de base) : s’assurer que l'EEG, l'IRM et la référence en neurologie (clinique de première crise) sont demandés ; aviser de ne pas conduire.
  • Patient épileptique connu, crise habituelle, revenu à l’état de base, sans trauma ni fièvre : peut être pris en charge en SRV. Vérifier l'observance et les niveaux sériques ; chercher un déclencheur (privation de sommeil, alcool, infection, interaction médicamenteuse) ; aviser son neurologue. Crise différente, prolongée ou répétée : urgence.
  • Enseignement :
    • Conduite, baignade et travail en hauteur.
    • Conduite à tenir par l’entourage : position latérale, ne rien mettre dans la bouche, 911 si la crise dure > 5 min.
    • Prescrire du midazolam intranasal ou buccal de secours si les crises se prolongent.

Pièges et perles

  • Un patient qui ne se réveille pas fait un EME non convulsif jusqu’à preuve du contraire : il faut un EEG.
  • Paralysie de Todd : un déficit focal postcritique doit régresser en 24–48 h. Sinon, chercher un AVC ou une lésion.
  • Une CK élevée, une acidose lactique transitoire et une prolactine élevée (dans les 20 min) appuient une crise tonico-clonique ; elles ne l’excluent pas si elles sont normales.
  • Le lévétiracétam peut causer irritabilité et dépression ; la phénytoïne a une cinétique non linéaire (petite hausse de dose, grande hausse de niveau).
  • En pédiatrie (TREKK, CHU Sainte-Justine) : 911 ; midazolam IN 0,2 mg/kg (max 10 mg) si disponible en clinique. Les autres traitements (lorazépam IV, midazolam IM, phénobarbital, préféré avant 6 mois) se donnent par les paramédics / à l’urgence.

Voir aussi

Références

🩺 Situations CHSLD qui renvoient ici

🔗 Voir aussi