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Calcium et hypercalcémie

Calcium : hypercalcémie et hypocalcémie

Néphrologie et électrolytesFiche révisée · 16 oct. 2026

Néphrologie et électrolytesNouvelle fiche SRV · oct. 2026Fiche révisée · 23 oct. 2026

Voir aussi : Ostéoporose · Insuffisance rénale chronique · Lithiase urinaire · Électrophorèse des protéines · Magnésium · Thyroïde

💊 Doses / traitement✉️ Signaler une erreur

En bref : On interprète toujours le calcium avec l’albumine : Ca corrigé = Ca total + 0,02 × (40 − albumine en g/L), ou on dose le Ca ionisé en cas de doute. En clinique, l’hypercalcémie légère et stable est surtout une hyperparathyroïdie primaire ; une PTH basse oriente vers un cancer, un myélome, la vitamine D ou une granulomatose. Un Ca corrigé ≥ 3,5 mmol/L, ou ≥ 3,0 mmol/L avec symptômes, insuffisance rénale ou changement à l’ECG, va à l’urgence. L’hypocalcémie vraie est souvent liée à un déficit en vitamine D, à une hypomagnésémie, à l’IRC, à un antirésorptif ou à une chirurgie du cou ; elle va à l’urgence si elle est symptomatique ou < 1,6 mmol/L. En clinique : cesser les médicaments en cause, traiter par voie orale, contrôler les labos et orienter selon la PTH.

En bref : On confirme toujours l’hypercalcémie par le calcium corrigé (ou mieux, le Ca ionisé). La PTH oriente : élevée ou normale-haute = hyperparathyroïdie (90 % des cas ambulatoires) ; basse = néoplasie (cause n° 1 à l’hôpital), vitamine D, granulomatose. Un Ca corrigé > 3,5 mmol/L ou symptomatique est une urgence : NaCl 0,9 %, cesser les médicaments en cause, calcitonine en pont si sévère, puis antirésorptif (zolédronate ou dénosumab). Corticostéroïdes si l’hypercalcémie dépend du calcitriol (lymphome, sarcoïdose, intoxication à la vitamine D).

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Ca corrigé > 3,5 mmol/L, délirium, somnolence, coma.
  • QT court, bradycardie, bloc ; digoxine.
  • IRA, déshydratation, vomissements, pancréatite.
  • Hypercalcémie qui monte vite chez un patient amaigri : néoplasie (PTHrP, myélome).

🚩 Signaux d’alarme

  • Hypercalcémie : Ca corrigé ≥ 3,5 mmol/L, même sans symptômes.
  • Ca corrigé ≥ 3,0 mmol/L avec confusion, somnolence, vomissements, déshydratation, créatinine en hausse, ou cancer connu ou soupçonné, ou hausse rapide.
  • ECG : QT court, bradycardie, bloc de conduction ou arythmie ; patient sous digoxine.
  • Hypocalcémie : symptômes à n’importe quel taux (paresthésies péribuccales ou des doigts, crampes, spasme carpopédal, Trousseau ou Chvostek, laryngospasme, convulsion) ou QT long.
  • Ca corrigé < 1,6 mmol/L, ou < 1,9 mmol/L après une thyroïdectomie ou une parathyroïdectomie récente.
  • Enfant ou adolescent avec calcium anormal : urgence ou pédiatrie, selon les symptômes.

✅ À faire maintenant

  • Ca total + albumine ou Ca ionisé ; créatinine, urée, PO4, Mg, K ; ECG.
  • PTH sur le même prélèvement ; selon le résultat : PTHrP, 25-OH-D, 1,25-OH-D, EPP et chaînes légères libres.
  • Volémie (TA orthostatique, JVP, diurèse) avant de remplir.
  • Revoir la FADM : calcium, vitamine D, thiazide, lithium.
  • Ca > 3,5 mmol/L, atteinte neurologique ou arythmie : aviser le patron.
  • Confirmer : Ca total + albumine (ou Ca ionisé), comparer aux valeurs antérieures (stable depuis des années = hyperparathyroïdie probable).
  • Sur le même prélèvement : PTH, créatinine, PO4, Mg, K ; 25-OH-vitamine D.
  • Si PTH basse ou normale-basse avec hypercalcémie : FSC, électrophorèse et immunofixation des protéines, chaînes légères libres, radiographie pulmonaire ; dépistages du cancer à jour.
  • ECG si Ca corrigé ≥ 2,8 mmol/L, hypocalcémie < 2,0 mmol/L, symptômes ou digoxine.
  • Revoir la liste des médicaments et produits : thiazide, lithium, calcium, vitamine D (dont doses élevées en vente libre), vitamine A, antiacides ; dénosumab, bisphosphonate, IPP, diurétique de l’anse.
  • Volémie (TA couchée-debout, muqueuses) et symptômes : polyurie, soif, constipation, nausées, faiblesse, douleurs osseuses, lithiase.

💊 Premières ordonnances

  • Cesser calcium, vitamine D, thiazide, lithium.
  • NaCl 0,9 % 4–6 L/24 h selon la volémie (prudence en IC, IRC, âgé).
  • Sévère : calcitonine 4 UI/kg SC ou IM q12 h × 48–72 h.
  • Zolédronate 4 mg IV en ≥ 15 min ou dénosumab 120 mg SC (voir Traitement aigu pour la fonction rénale).
  • Calcitriol en cause : prednisone 40–60 mg PO die.

📞 Appeler ou orienter si

  • Endocrinologie : Hypercalcémie > 3,5 mmol/L ; hypocalcémie symptomatique ou < 1,6 mmol/L
  • Oncologie médicale / hémato-oncologie adulte : Hypercalcémie maligne
  • Néphrologie : IRA grave ou IC empêchant l’hydratation
  • Soins intensifs : Atteinte neurologique ou arythmie

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

  • Hypercalcémie : cesser le thiazide (remplacer par un autre antihypertenseur), les suppléments de calcium et de vitamine D, la vitamine A.
  • Lithium : ne pas cesser sans avis du psychiatre traitant ; doser la lithémie.
  • Hydratation orale 2 à 3 L/j si pas d’insuffisance cardiaque ni d’IRC avancée ; éviter l’immobilisation.
  • Hypocalcémie légère (Ca corrigé ≥ 1,9, asymptomatique) : carbonate de calcium 500 mg de Ca élémentaire PO bid à tid avec les repas (1 250 mg de carbonate = 500 mg de Ca élémentaire) ; citrate de calcium si IPP ou achlorhydrie.
  • Vitamine D3 1 000 à 2 000 UI PO die ; si déficit marqué (25-OH-D < 30 nmol/L) : 50 000 UI PO 1 fois par semaine × 8 semaines, puis 1 000 à 2 000 UI die.
  • Hypomagnésémie associée : la corriger d’abord (voir Magnésium) ; cesser l’IPP s’il n’est pas indiqué.
  • Calcitriol, alfacalcidol, cinacalcet : seulement sur avis du spécialiste (hypoparathyroïdie, IRC avancée).

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : Ca corrigé ≥ 3,5 mmol/L ; ca corrigé ≥ 3,0 mmol/L avec symptômes ; changement à l’ECG ; hypocalcémie symptomatique ; hypocalcémie après chirurgie du cou récente

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

📨 Référer : CRDS Consulter en néphrologie si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

Évaluation et interprétation

  • Valeurs usuelles du Ca total : environ 2,15 à 2,55 mmol/L (vérifier les valeurs du laboratoire). Ca ionisé : environ 1,10 à 1,30 mmol/L.
  • Ca corrigé = Ca total + 0,02 × (40 − albumine en g/L). Peu fiable si albumine très basse, IRC avancée, acidose ou myélome : doser le Ca ionisé.
  • Gravité de l’hypercalcémie (Ca corrigé) : < 3,0 légère, souvent asymptomatique ; 3,0 à 3,5 modérée, traitement rapide habituellement indiqué ; > 3,5 grave, risque d’arythmie et de coma.
  • Hypocalcémie : légère si > 1,9 mmol/L et asymptomatique ; grave si < 1,9 mmol/L ou symptomatique. Le seuil des symptômes dépend surtout de la vitesse de la baisse.
  • Une albumine basse explique la plupart des « hypocalcémies » trouvées au labo : recalculer avant d’agir.
  • Faux résultats : garrot prolongé, hémolyse ; paraprotéine (myélome) qui lie le calcium.

🧮 Calculateur

🔗 Ressources et raisonnement

📞 Consulter Consulter en endocrinologie si : · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe

🧭 Raisonnement clinique Hypercalcémie · Hypocalcémie

Calcium corrigé et ionisé

  • Ca corrigé (mmol/L) = Ca total + 0,02 × (40 − albumine en g/L). Utile en ambulatoire, peu fiable chez l’hospitalisé (albumine très basse, IRC, acidose).
  • Ca ionisé (gaz ou tube dédié) : référence en cas de doute, d’hypoalbuminémie marquée ou de myélome (paraprotéine qui lie le calcium : fausse hypercalcémie possible).
  • Gravité (Ca corrigé, Society for Endocrinology) : < 3,0 mmol/L léger, souvent asymptomatique ; 3,0–3,5 modéré, souvent symptomatique, traitement rapide ; > 3,5 sévère, risque d’arythmie et de coma.
  • Symptômes : polyurie, déshydratation, constipation, nausées, faiblesse, délirium ; lithiase, pancréatite.

Causes

Mécanisme Causes Indices
PTH-dépendante (PTH ↑ ou normale-haute) Hyperparathyroïdie primaire ; tertiaire (IRC, greffe) ; lithium ; hypercalcémie hypocalciurique familiale (HHF) Ca légèrement ↑ chronique, PO4 bas ; HHF : calciurie basse, antécédents familiaux
PTHrP (PTH basse) Cancers solides : poumon (épidermoïde), sein, rein, tête et cou Cancer connu ou avancé, Ca qui monte vite
Ostéolyse (PTH basse) Myélome, métastases osseuses Anémie, IRA, douleurs osseuses, trou protéique
Calcitriol (1,25-OH-D ↑) Lymphome, sarcoïdose, tuberculose, autres granulomatoses Adénopathies, atteinte pulmonaire
Vitamine D (25-OH-D ↑) Intoxication par suppléments Doses élevées, produits en vente libre
Médicaments Thiazides, calcium (syndrome lait-alcalins), vitamine A, théophylline Revue de la FADM
Autres Immobilisation, hyperthyroïdie, insuffisance surrénalienne TSH, cortisol
  • Hypercalcémie à PTH élevée ou normale-haute : hyperparathyroïdie primaire (cause n° 1 en ambulatoire) ; lithium ; hyperparathyroïdie tertiaire (IRC, greffe) ; hypercalcémie hypocalciurique familiale (HHF).
  • Hypercalcémie à PTH basse : cancer (PTHrP : poumon épidermoïde, sein, rein, tête et cou ; métastases osseuses) ; myélome ; lymphome, sarcoïdose, tuberculose (calcitriol) ; intoxication à la vitamine D ; syndrome lait-alcalins (calcium + antiacides) ; vitamine A ; immobilisation ; hyperthyroïdie ; insuffisance surrénalienne.
  • Le thiazide élève peu le calcium par lui-même mais démasque souvent une hyperparathyroïdie : redoser Ca et PTH 2 à 3 mois après l’arrêt.
  • Hypocalcémie avec PTH basse : hypoparathyroïdie après chirurgie du cou, hypomagnésémie (sécrétion et action de la PTH diminuées), causes auto-immunes ou génétiques.
  • Hypocalcémie avec PTH élevée : déficit en vitamine D, IRC, malabsorption (maladie cœliaque, chirurgie bariatrique), pancréatite, antirésorptifs (dénosumab surtout si DFGe < 30, zolédronate), métastases ostéoblastiques.

Prise en charge

  • Hypercalcémie légère (Ca corrigé 2,6 à 2,99 mmol/L), asymptomatique : cesser les causes médicamenteuses, hydratation orale, bilan avec PTH ; contrôle en 1 à 2 semaines (ou en 48 à 72 h si 2,8 à 2,99).
  • PTH élevée ou normale-haute : hyperparathyroïdie probable. Compléter : calcium et créatinine urinaires de 24 h (rapport de clairance Ca/Cr < 0,01 : HHF probable), 25-OH-D, DMO (trois sites, avec avant-bras), échographie rénale si lithiase soupçonnée. Corriger un déficit en vitamine D (cible ≥ 50 nmol/L) avec des doses modérées.
  • Critères chirurgicaux de l’hyperparathyroïdie primaire (Ateliers internationaux 2022) : symptômes ; âge < 50 ans ; Ca > 0,25 mmol/L au-dessus de la limite supérieure ; ostéoporose ou fracture vertébrale ; DFGe < 60 ; lithiase ou néphrocalcinose ; hypercalciurie marquée. Les patients sans critère peuvent être suivis.
  • Apport en calcium alimentaire normal (environ 1 000 à 1 200 mg/j selon l’âge) en hyperparathyroïdie : ne pas restreindre.
  • PTH basse : bilan d’une néoplasie ou d’un myélome sans tarder ; si Ca ≥ 3,0 ou en hausse, urgence.
  • Hypocalcémie légère : traiter la cause (vitamine D, Mg, IPP) ; calcium PO au besoin ; avant chaque dose de dénosumab, vérifier Ca, créatinine et 25-OH-D.
  • Hypocalcémie peu symptomatique entre 1,6 et 1,89 mmol/L : discuter le jour même avec l’endocrinologue de garde ; si non joignable ou paresthésies, urgence.

Démarche diagnostique

  • 1. Confirmer : Ca ionisé ou Ca corrigé répété ; comparer aux valeurs antérieures (chronique et stable = hyperparathyroïdie).
  • 2. PTH :
    • Élevée ou normale-haute : hyperparathyroïdie primaire probable ; mesurer calcium urinaire de 24 h et créatinine (rapport de clairance Ca/Cr < 0,01 = HHF probable) ; corriger d’abord un déficit en vitamine D. Penser lithium, thiazide.
    • Basse : PTHrP, EPP, immunofixation et chaînes légères libres (myélome), 25-OH-D, 1,25-OH-D, TSH ; selon le contexte : imagerie (radiographie pulmonaire, TDM), recherche de néoplasie.
  • 3. Retentissement : créatinine, ECG ; DMO si hyperparathyroïdie primaire.

Hypocalcémie (en bref)

  • Confirmer par le Ca ionisé : une albumine basse explique la plupart des « hypocalcémies ».
  • Causes : hypomagnésémie, post-thyroïdectomie ou parathyroïdectomie, déficit en vitamine D, IRC, pancréatite, transfusion massive, lyse tumorale, dénosumab ou zolédronate.
  • Symptomatique ou Ca corrigé < 1,9 mmol/L : gluconate de calcium IV sous ECG, puis perfusion ; corriger le Mg. Doses et surveillance : voir Hypocalcémie (garde) et Réplétion électrolytique.

Traitement aigu

Mesures générales

  • Cesser calcium, vitamine D, thiazide, lithium ; mobiliser.
  • NaCl 0,9 % : 4–6 L/24 h (Society for Endocrinology) ou bolus de 1–2 L puis 200–500 mL/h en visant une diurèse de 100–150 mL/h (Endocrine Society 2023), adaptés à la fonction cardiaque et rénale.
  • Furosémide : seulement en cas de surcharge, après réhydratation ; il n’abaisse pas efficacement le Ca.

Médicaments

Médicament Dose Délai et durée Remarques
Calcitonine (saumon) 4 UI/kg SC ou IM q12 h (jusqu’à 4–8 UI/kg q6–12 h) Effet en 4–6 h ; tachyphylaxie après 48–72 h Pont si Ca > 3,5 mmol/L, en attendant l’antirésorptif
Zolédronate 4 mg IV en ≥ 15 min (dans 100 mL) Nadir en 2–4 j ; retraitement ≥ 7 j si réponse insuffisante Monographie : pas de réduction de dose dans l’hypercalcémie tumorale si IR légère à modérée ; non recommandé si créatinine > 400 µmol/L ou ClCr < 30. Endocrine Society : 3–4 mg en 30–60 min si ClCr < 60. Créatinine avant chaque dose
Pamidronate 30–90 mg IV selon le Ca (≤ 3 : 30 mg ; 3–3,5 : 30–60 mg ; 3,5–4 : 60–90 mg ; > 4 : 90 mg) Max 90 mg par traitement ≤ 22,5 mg/h (90 mg en ≥ 4 h) ; ClCr 30–90 : pas d’ajustement mais ≤ 90 mg/4 h ; ClCr < 30 : seulement si menace vitale. Pas de Lactate Ringer dans la même voie
Dénosumab 120 mg SC, puis J8, J15, puis q4 semaines Effet en 3–10 j Monographie canadienne : hypercalcémie tumorale réfractaire aux bisphosphonates ; Endocrine Society 2023 : suggéré de préférence aux bisphosphonates. Non éliminé par le rein (option en IR), mais hypocalcémie fréquente si ClCr < 30 ou dialyse : Ca à J7–14
Prednisone 40–60 mg PO die (ES : 60 mg/j × 10 j) Effet en 2–5 j Hypercalcémie médiée par le calcitriol (lymphome, sarcoïdose, vitamine D). Alternative : hydrocortisone 200–400 mg IV/j × 3–5 j
Cinacalcet 30 mg PO bid, à titrer — Carcinome parathyroïdien, hyperparathyroïdie non opérable (spécialiste)
  • Hémodialyse (bain pauvre en calcium) : hypercalcémie grave avec insuffisance rénale sévère ou IC qui empêche l’hydratation.
  • Hypocalcémie après antirésorptif : plus fréquente si déficit en vitamine D ou PTH supprimée ; doser la 25-OH-D et corriger Mg et PO4 bas.
  • Soins de confort : discuter des objectifs avant de traiter (pronostic souvent réservé).
  • Version de garde : Hypercalcémie (garde).

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceCa corrigé ≥ 3,5 mmol/L, même sans symptômes (risque d’arythmie et de coma)
  • UrgenceCa corrigé ≥ 3,0 mmol/L avec symptômes (confusion, vomissements, déshydratation), créatinine en hausse, cancer connu ou soupçonné, ou hausse rapide
  • UrgenceChangement à l’ECG (QT court ou long, bradycardie, bloc, arythmie) avec un calcium anormal
  • UrgenceHypocalcémie symptomatique (tétanie, spasme carpopédal, laryngospasme, convulsion) ou Ca corrigé < 1,6 mmol/L — urgence (correction en milieu hospitalier)
  • UrgenceHypocalcémie après chirurgie du cou récente (Ca corrigé < 1,9 mmol/L ou paresthésies)

Consulter en endocrinologie si :

  • UrgentHypercalcémie > 3,5 mmol/L (Ca corrigé) — garde, même jour.
  • UrgentHypocalcémie symptomatique ou < 1,6 mmol/L — garde, même jour.
  • Semi-urgentHypercalcémie de 3,0 à 3,5 mmol/L — pendant le séjour ou ≤ 10 jours.
  • Semi-urgentHypocalcémie de 1,6 à 1,9 mmol/L (peu ou pas symptomatique) — ≤ 10 jours.
  • ÉlectifHypercalcémie < 3,0 mmol/L (hyperparathyroïdie primaire : critères chirurgicaux, puis ORL) — ≤ 3 mois.

À préparer : Ca corrigé ou ionisé (valeurs antérieures), PTH du même prélèvement, PO4, Mg, créatinine, 25-OH-D, calcium urinaire de 24 h, ECG, médicaments (thiazide, lithium, suppléments).

Consulter en oncologie si :

  • UrgentHypercalcémie maligne (Ca corrigé > 3 mmol/L, néoplasie connue ou nouvelle) — garde, même jour.

Consulter en hématologie si :

  • Semi-urgentMyélome soupçonné (protéine monoclonale + hypercalcémie, IRA ou cytopénie) — pendant le séjour ou ≤ 10 jours.

Consulter en néphrologie si :

  • UrgentIRA grave ou IC empêchant l’hydratation (hémodialyse) — garde, même jour.

Consulter aux soins intensifs si :

  • UrgentAtteinte neurologique ou arythmie (Ca > 3,5 mmol/L) — immédiatement.

Ca corrigé 3,0 à 3,49 mmol/L asymptomatique et stable : appeler l’endocrinologue de garde le jour même. PTH basse avec hypercalcémie : investigation rapide d’un cancer ou d’un myélome (hématologie si protéine monoclonale).

  • RapideHypercalcémie de 3,0 à 3,5 mmol/L sans critère d’urgence — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideHypocalcémie de 1,6 à 1,9 mmol/L, peu ou pas symptomatique — priorité B (≤ 10 j), après discussion le jour même
  • ÉlectifHypercalcémie < 3,0 mmol/L (hyperparathyroïdie primaire : critères chirurgicaux, HHF à exclure) — priorité D (≤ 3 mois)
  • ÉlectifHypocalcémie > 1,9 mmol/L persistante malgré la correction de la vitamine D et du magnésium — priorité D (≤ 3 mois)

À préparer : Ca corrigé ou ionisé (valeurs antérieures), PTH du même prélèvement, albumine, créatinine et DFGe, PO4, Mg, 25-OH-D ; calcium et créatinine urinaires de 24 h ; DMO ; ECG ; FSC et électrophorèse des protéines si PTH basse ; médicaments (thiazide, lithium, calcium, vitamine D, dénosumab, IPP) ; antécédents familiaux et chirurgie du cou.

Algorithme

Normal

Élevé

Oui

Non

Élevée ou normale-haute

Ca/Cr < 0,01

Normal ou élevé

Basse

Ca total élevé

Ca ionisé ou Ca corrigé
Ca + 0,02 × (40 − albumine)

Fausse hypercalcémie
(albumine, paraprotéine)

Gravité : > 3,5 mmol/L,
symptômes, ECG, IRA ?

Traitement aigu immédiat
NaCl 0,9 %, calcitonine,
antirésorptif

PTH

Calcium urinaire 24 h
Lithium, thiazide ?

HHF probable

Hyperparathyroïdie primaire
Endocrinologie

PTHrP, EPP + chaînes légères,
25-OH-D, 1,25-OH-D, TSH

PTHrP ↑ : cancer solide
EPP anormale : myélome

1,25-OH-D ↑ : lymphome,
granulomatose
25-OH-D ↑ : intoxication

Tout normal : immobilisation,
médicaments, hyperthyroïdie

Suivi

  • Ca et créatinine q12–24 h en phase aiguë ; bilan liquidien.
  • Néoplasie : traitement de la cause (oncologie) ; dénosumab ou zolédronate selon l’évolution ; examen dentaire (ostéonécrose de la mâchoire).
  • Hyperparathyroïdie primaire : voir Consulter.
  • Au congé : suppléments à éviter, hydratation, pas de thiazide.
  • Hypercalcémie légère après arrêt d’une cause : Ca corrigé, créatinine en 1 à 2 semaines ; PTH redosée 2 à 3 mois après l’arrêt d’un thiazide.
  • Ca 3,0 à 3,49 asymptomatique gardé en externe après discussion : Ca et créatinine en 48 à 72 h, puis chaque semaine jusqu’à la prise en charge spécialisée.
  • Hyperparathyroïdie non opérée : Ca et créatinine chaque année ; DMO aux 1 à 2 ans ; questionner sur les lithiases et les fractures ; réévaluer les critères chirurgicaux.
  • Hypocalcémie traitée par voie orale : Ca corrigé, Mg, créatinine en 1 semaine, puis aux 1 à 3 mois jusqu’à la stabilité ; 25-OH-D après environ 3 mois de supplémentation.
  • Cible de l’hypocalcémie chronique : Ca dans la zone normale-basse, sans symptômes ; éviter l’hypercalciurie (spécialiste si calcitriol).
  • Cesser la vitamine D à forte dose une fois la réserve refaite ; garder l’entretien 1 000 à 2 000 UI/j au besoin.

Pièges et perles

  • Toujours mesurer la PTH : une hyperparathyroïdie primaire peut coexister avec un cancer.
  • PTH « normale » + hypercalcémie = hyperparathyroïdie.
  • Avant la chirurgie, exclure l'HHF (calciurie basse) : la parathyroïdectomie ne la guérit pas.
  • Le thiazide démasque souvent une hyperparathyroïdie : redoser après l’arrêt.
  • Myélome : hypercalcémie + anémie + IRA (voir Électrophorèse des protéines et Urgences oncologiques).
  • Arrêt du dénosumab : hypercalcémie de rebond possible des semaines à des mois plus tard.
  • Toujours doser la PTH avec le calcium : une PTH « normale » avec une hypercalcémie est anormale et oriente vers l’hyperparathyroïdie.
  • Exclure une HHF (calciurie basse, antécédents familiaux) avant d’envoyer en chirurgie : la parathyroïdectomie ne la guérit pas.
  • Hypercalcémie + anémie + insuffisance rénale : myélome jusqu’à preuve du contraire.
  • Hypocalcémie qui ne se corrige pas : penser au magnésium.
  • Arrêt du dénosumab : risque de fractures vertébrales multiples par effet rebond ; ne pas l’arrêter sans plan (voir Ostéoporose).
  • Le dosage de la 25-OH-D n’est pas un dépistage de routine : le réserver aux personnes à risque élevé ou aux anomalies du calcium (INESSS).

Références

🩺 Situations CHSLD qui renvoient ici

🩺 Situations en soins post-aigus qui renvoient ici

🔗 Voir aussi