En bref : On croit la personne, on assure sa sĂ©curitĂ© et on obtient son consentement Ă chaque Ă©tape. Dans les jours qui suivent, elle est dirigĂ©e vers le centre dĂ©signĂ© de la rĂ©gion (trousse mĂ©dicolĂ©gale si lâagression date de 5 jours ou moins, sinon trousse mĂ©dicosociale). Porter plainte nâest pas obligatoire pour recevoir des soins. On pense Ă la PPE VIH (72 h), Ă lâhĂ©patite B, aux ITSS, Ă la contraception dâurgence et au soutien psychologique. Chez un mineur, signalement Ă la DPJ.
đ©ș Au chevet
đ© Signaux dâalarme
- Blessures, saignement, douleur importante : urgence.
- Altération de la conscience ou soupçon de soumission chimique (GHB, alcool, sédatifs).
- Idées suicidaires, détresse aiguë, dissociation.
- Danger persistant : agresseur dans lâentourage, violence conjugale ; victime mineure.
â Ă faire maintenant
- Lieu calme, entrevue sans jugement, questions ouvertes ; noter les paroles de la personne entre guillemets.
- Expliquer les options et obtenir le consentement pour chaque examen et chaque prĂ©lĂšvement ; elle peut refuser ou arrĂȘter Ă tout moment.
- Si lâagression date de 5 jours ou moins : orienter sans dĂ©lai vers le centre dĂ©signĂ© (trousse mĂ©dicolĂ©gale) ; idĂ©alement ne pas se laver ni changer de vĂȘtements, sans retarder les soins pour autant.
- Ăvaluer le besoin de prophylaxies et de contraception dâurgence le jour mĂȘme.
đ Appeler ou orienter si
- Envoyer Ă lâurgence : Agression datant de 5 jours ou moins ; exposition Ă risque de VIH depuis moins de 72 h ; blessures, saignement ou douleur importante ; soumission chimique soupçonnĂ©e ou conscience altĂ©rĂ©e ; idĂ©es suicidaires, dĂ©tresse aiguĂ« ou dissociation ; danger immĂ©diat pour la personne
DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter âș
đš RĂ©fĂ©rer : CRDS Consulter en gynĂ©cologie si : (prioritĂ©s A Ă E) · đ© Alertes cliniques : urgence
Trousses et délais (Québec)
- Trousse mĂ©dicolĂ©gale : agression de 5 jours ou moins, traces de lâagresseur possibles, personne qui porte plainte ou pourrait le faire plus tard (les prĂ©lĂšvements sont conservĂ©s). Une rĂ©vision provinciale prĂ©voit dâallonger certains dĂ©lais (vaginal 7 jours, cutanĂ© et anal 3 jours).
- Trousse mĂ©dicosociale : plus de 5 jours, pas de prĂ©lĂšvement utile, ou pas de plainte envisagĂ©e ; elle encadre lâĂ©valuation, les soins et le suivi.
- Soumission chimique possible : conserver urine et sang pour analyse toxicologique selon le protocole du centre.
Prophylaxies et contraception
- VIH : PPE à débuter dans les 72 h quand le risque le justifie (agresseur VIH+ ou de groupe à prévalence élevée, pénétration, lésions, plusieurs agresseurs) ; trousse de départ et suivi rapide en infectiologie (voir VIH).
- HĂ©patite B : vaccin (et immunoglobulines si non vaccinĂ© et risque Ă©levĂ©), idĂ©alement dans les 72 h et jusquâĂ 14 jours.
- ITSS : dĂ©pistage et traitement empirique de la chlamydia et de la gonorrhĂ©e selon le guide de lâINESSS (voir ITSS) ; vaccin VPH Ă mettre Ă jour.
- Contraception dâurgence : lĂ©vonorgestrel jusquâĂ 72 h, ulipristal jusquâĂ 120 h, ou DIU au cuivre jusquâĂ 7 jours ; test de grossesse au besoin (voir Contraception).
Consulter
Envoyer Ă lâurgence si :
Victime mineure : signalement à la DPJ au moindre soupçon (obligatoire, y compris de 14 à 17 ans).
- UrgenceAgression datant de 5 jours ou moins (trousse mĂ©dicolĂ©gale) â centre dĂ©signĂ© de la rĂ©gion, sans dĂ©lai
- UrgenceExposition Ă risque de VIH depuis moins de 72 h (PPE, vaccin VHB, contraception dâurgence) â centre dĂ©signĂ©
- UrgenceBlessures, saignement ou douleur importante
- UrgenceSoumission chimique soupçonnée ou conscience altérée (prélÚvements toxicologiques selon le protocole)
- UrgenceIdées suicidaires, détresse aiguë ou dissociation
- UrgenceDanger immĂ©diat pour la personne (agresseur dans lâentourage, violence conjugale) â 911
Consulter en infectiologie si :
- RapidePPE VIH dĂ©butĂ©e (trousse de dĂ©part remise) â suivi rapide en infectiologie
- RapideVIH nouvellement diagnostiquĂ© au suivi â prioritĂ© B (†10 j)
- RapideSyphilis positive au suivi â prioritĂ© B (†10 j)
- RapideHĂ©patite B ou C positive au suivi â prioritĂ© C (†28 j)
Ă prĂ©parer : date et heure de lâagression, type dâexposition ; trousse faite ou non ; prophylaxies et contraception dâurgence donnĂ©es ; rĂ©sultats des ITSS et sĂ©rologies (2 sem., 6 sem., 3 mois) ; signalement DPJ si mineur ; ressources remises (ligne-ressource, CAVAC, CALACS).
Suivi
- ContrÎle des ITSS vers 2 semaines ; sérologies (VIH, syphilis, hépatites B et C) à 6 semaines et à 3 mois.
- Revoir lâhumeur, le sommeil et les symptĂŽmes de stress post-traumatique ; offrir un suivi psychologique.
- Ressources : Ligne-ressource provinciale pour les victimes de violence sexuelle 1-888-933-9007 (24/7) ; CAVAC (aide aux victimes dâactes criminels) ; CALACS (centres dâaide et de lutte contre les agressions Ă caractĂšre sexuel) ; IVAC pour lâindemnisation.
- Documenter de façon factuelle (récit, blessures, examens faits, refus) sans conclure sur le plan juridique.
PiĂšges et perles
- La personne nâa pas Ă porter plainte ni Ă dĂ©cider tout de suite : la trousse mĂ©dicolĂ©gale prĂ©serve cette option.
- Chez un adolescent de 14 à 17 ans, le signalement à la DPJ reste obligatoire en cas de soupçon ; expliquer la démarche.
- Penser Ă lâagression sexuelle derriĂšre une demande de contraception dâurgence, un dĂ©pistage dâITSS ou des symptĂŽmes non expliquĂ©s.
Références
- MSSS. Guide dâintervention mĂ©dicosociale pour rĂ©pondre aux besoins des victimes dâagression sexuelle (2010) et trousses mĂ©dicolĂ©gale et mĂ©dicosociale.
- CISSS du Bas-Saint-Laurent. Prise en charge dâun usager victime dâagression sexuelle (12 ans et plus), protocole DSP-GU-30053, dĂ©cembre 2025.
- CollĂšge des mĂ©decins de famille du Canada. Les objectifs dâĂ©valuation pour la certification en mĂ©decine de famille, 2e Ă©d., 2020 : sujet prioritaire « Viol/agression sexuelle ».
- MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spĂ©cialisĂ©e (CRDS) â Microbiologie-infectiologie.