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FSC et hémogramme : anomalies de la formule sanguine

Hématologie, oncologie et anticoagulationFiche révisée · 18 oct. 2026

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En bref : Devant une anomalie de la FSC, on se demande : excès ou déficit ? une seule lignée ou plusieurs ? transitoire ou persistante ? On compare aux FSC antérieures et on regarde le frottis. Une anomalie isolée et transitoire avec une cause évidente est en général réactionnelle et bénigne. Une anomalie persistante, sans cause, touchant plusieurs lignées ou avec des cellules anormales au frottis suggère une cause primaire (médullaire) et justifie une consultation en hématologie. Certains seuils imposent une évaluation le jour même.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Neutrophiles < 0,5 × 10⁹/L avec T ≥ 38,3 °C (ou ≥ 38,0 °C 1 h) : neutropénie fébrile, antibiotiques IV dans l’heure.
  • Neutrophiles < 0,5 × 10⁹/L avec T ≥ 38,3 °C (ou ≥ 38,0 °C 1 h) : neutropénie fébrile → urgence immédiate (antibiotiques IV dans l’heure).
  • Plaquettes < 20 × 10⁹/L, ou < 50 avec saignement ; Hb < 70 g/L sans saignement.
  • Frottis : blastes, érythroblastes, leucoérythroblastose, schistocytes (MAT : PTT, SHU, CIVD, HELLP).
  • Hémolyse, forte monocytose, hyperleucocytose > 100 × 10⁹/L (leucostase), pancytopénie inexpliquée.
  • Héparine : chute des plaquettes > 50 % entre J5 et J10 (TIH).

✅ À faire maintenant

  • Comparer aux FSC antérieures ; frottis.
  • Une lignée ou plusieurs ? Transitoire ou persistante ? Cause évidente ?
  • Anémie : VGM, réticulocytes, ferritine et saturation ; si hémolyse : LDH, haptoglobine, bilirubine, Coombs.
  • Thrombopénie : exclure les amas (tube citraté) ; LDH, haptoglobine, créatinine, RIN, TCA, fibrinogène ; score 4T, PLASMIC.
  • Revoir les médicaments (clozapine, antithyroïdiens, héparine).

💊 Premières ordonnances

  • TIH probable (4T intermédiaire ou élevé) : arrêter toute héparine, anticoagulant non héparinique : stable et ClCr ≥ 30, fondaparinux 5 / 7,5 / 10 mg SC die (< 50 / 50–100 / > 100 kg) ou rivaroxaban 15 mg PO bid ; instable, saignement ou IR, argatroban 2 mcg/kg/min IV sans bolus (0,5 si insuffisance hépatique) (TIH).
  • PTI (plaquettes < 20–30 ou saignement) : prednisone 1 mg/kg PO die (≤ 6 sem au total) ou dexaméthasone 40 mg PO die × 4 j ; IgIV 1 g/kg/j IV × 2 j si saignement.
  • PTT : plasmaphérèse ; éviter les plaquettes sauf saignement grave.
  • Neutropénie médicamenteuse : cesser, déclarer.

📞 Appeler ou orienter si

  • Hématologie et néoplasie hématologique : Microangiopathie thrombotique soupçonnée ; blastes au frottis ou leucostase ; fièvre avec neutropénie significative ; plaquettes < 20 × 10⁹/L ou saignement ; anémie sévère ou hémolytique

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

  • TIH probable (4T intermédiaire ou élevé) : arrêter toute héparine, anticoagulant non héparinique : stable et ClCr ≥ 30, fondaparinux 5 / 7,5 / 10 mg SC die (< 50 / 50–100 / > 100 kg) ou rivaroxaban 15 mg PO bid ; instable, saignement ou IR : urgence (argatroban IV) (TIH).
  • PTI (plaquettes < 20–30 ou saignement) : prednisone 1 mg/kg PO die (≤ 6 sem au total) ou dexaméthasone 40 mg PO die × 4 j ; saignement : urgence (IgIV).
  • PTT : plasmaphérèse ; éviter les plaquettes sauf saignement grave.
  • Neutropénie médicamenteuse : cesser, déclarer.

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : Neutropénie fébrile ; anémie sévère ou hémolytique ; thrombopénie sévère (plaquettes < 20 × 10⁹/L) ou avec saignement ; schistocytes avec thrombopénie (microangiopathie thrombotique soupçonnée)
  • Hématologie : Blastes, leucoérythroblastose ou leucostase

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📨 Référer : CRDS Consulter en hématologie si : · CRDS Consulter en oncologie si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

📞 Consulter CRDS — Hématologie et néoplasie hématologique · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe

Drapeaux rouges : hématologie rapide ou urgence

  • Plaquettes < 20 × 10⁹/L, ou < 50 avec saignement.
  • Hb < 70 g/L sans saignement (s’il y a saignement : gastroentérologie ou urgence).
  • Neutrophiles < 0,5 × 10⁹/L avec T ≥ 38,3 °C, ou ≥ 38,0 °C soutenue 1 h : neutropénie fébrile → urgence immédiate (antibiotiques IV dans l’heure).
  • Au frottis : blastes, érythroblastes, leucoérythroblastose, schistocytes en nombre significatif.
  • Anémie hémolytique (réticulocytes ↑, LDH ↑, haptoglobine ↓), forte monocytose, hyperleucocytose > 100 × 10⁹/L (leucostase).
  • Pancytopénie inexpliquée.

🔗 Ressources et raisonnement

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Drapeaux rouges : joindre l’hématologue de garde

Voir les signaux d’alarme d’Au chevet et la section Consulter.

Anémie

Classification

VGM Réticulocytes bas (production) Pistes
Microcytaire (< 80 fL) Carence en fer, inflammation, thalassémie, sidéroblastique Ferritine, saturation de la transferrine ; électrophorèse de l’Hb si la ferritine est normale
Normocytaire Inflammation, IRC, endocrinopathie, envahissement médullaire, mixte Créatinine, TSH, CRP, frottis
Macrocytaire (> 100 fL) B12, folates, alcool, hépatopathie, hypothyroïdie, médicaments (MTX, hydroxyurée), myélodysplasie B12, folates, bilan hépatique, TSH, frottis
Réticulocytes élevés Hémolyse ou saignement aigu LDH, haptoglobine, bilirubine, Coombs direct, frottis (schistocytes, sphérocytes)

Carence en fer ou anémie inflammatoire

Examen Carence en fer Anémie inflammatoire
Ferritine ≤ 30 µg/L (jusqu’à ≤ 50 avec symptômes ou facteurs de risque) Normale ou ↑ (> 100)
Saturation de la transferrine < 20 % < 20 %
Capacité de fixation (CTFF) ↑ Normale ou ↓
VGM < 70–75 fL évocateur Normal ou légèrement ↓
  • Le fer sérique seul n’est pas utile.
  • Inflammation (CRP élevée, IRC, IC, cancer) : on retient une carence si la ferritine < 100 µg/L ou la saturation < 20 %.
  • Chez l’adulte avec une carence en fer sans cause évidente (homme, femme ménopausée) : investigation digestive (gastroscopie, colonoscopie, sérologie cœliaque).

⚠️ Recommandation actuelle (ASH, 2026) : le seuil de ferritine pour la carence en fer passe à ≤ 30 µg/L chez l’adulte, au lieu de ≤ 15. Il monte à ≤ 50 en présence de symptômes, de saignements utérins abondants, avant une chirurgie ou un projet de grossesse. En contexte inflammatoire : ferritine < 100 ou saturation < 20 % (un seul critère suffit).

Quand référer en hématologie pour une anémie

  • Anémie significative ou symptomatique inexpliquée : penser à la myélodysplasie chez la personne âgée macrocytaire.
  • Anémie microcytaire avec ferritine normale : hémoglobinopathie ?
  • Anémie régénérative ou hémolytique.
  • Anémie non isolée : bi- ou pancytopénie.
  • La demande précise : FSC, type d’anémie, évolution dans le temps, symptômes.

Leucocytes

Excès

Lignée Réactionnel Primaire
Neutrophiles Infection bactérienne, inflammation sévère, nécrose tissulaire, cancer, stress, corticostéroïdes, tabac, splénectomie Syndrome myéloprolifératif (LMC) : déviation gauche avec myélocytes, basophilie, splénomégalie
Lymphocytes Infections virales (EBV, CMV), coqueluche, stress aigu Syndrome lymphoprolifératif (LLC, lymphome)
Monocytes Infection chronique (TB, endocardite), inflammation, récupération médullaire LMMC (monocytes > 1 × 10⁹/L persistants)
Éosinophiles Médicaments (DRESS), parasites (strongyloïde), atopie, insuffisance surrénalienne, vasculite (EGPA) Néoplasies myéloïdes ou lymphoïdes
  • Lymphocytose : quand référer ?
    • Lymphocytes > 5 × 10⁹/L persistants, ou lymphocytose associée à une autre anomalie de la FSC ou à des adénopathies ou une splénomégalie.
    • Demander la cytométrie en flux (immunophénotypage) du sang périphérique.
    • LLC : le diagnostic repose sur ≥ 5 × 10⁹/L lymphocytes B clonaux. On la traite seulement si elle est active : symptômes B, adénopathies ou organomégalie symptomatiques, anémie ou thrombopénie. Le suivi se fait selon l’âge et les comorbidités. Les autres syndromes lymphoprolifératifs se réfèrent d’emblée.
  • Lymphocytose : quand référer ?
    • Lymphocytes > 5 × 10⁹/L persistants, ou lymphocytose associée à une autre anomalie de la FSC ou à des adénopathies ou une splénomégalie.
    • Demander la cytométrie en flux (immunophénotypage) du sang périphérique.
    • LLC (critères iwCLL 2018) : ≥ 5 × 10⁹/L lymphocytes B clonaux dans le sang, confirmés par cytométrie en flux. On traite seulement une maladie active : symptômes B, adénopathies ou splénomégalie massives, progressives ou symptomatiques, anémie ou thrombopénie progressives (insuffisance médullaire), lymphocytose qui double en moins de 6 mois. Sinon : surveillance. Les autres syndromes lymphoprolifératifs se réfèrent d’emblée.

Neutropénie

Mécanisme Causes
Défaut de production Chimiothérapie, radiothérapie, myélodysplasie, leucémie à grands lymphocytes granuleux (LGL), envahissement médullaire
Défaut de maturation Carence en B12 ou folates (touche souvent plusieurs lignées)
Survie raccourcie (souvent isolée) Auto-immune (lupus, PR, Felty), médicaments (sulfamidés, clozapine, antithyroïdiens, quinine, β-lactamines), infections virales ou sepsis
Autres Hypersplénisme, neutropénie ethnique bénigne (Duffy-null)
  • Neutrophiles < 1,0 : on révise les médicaments et on demande un frottis. < 0,5 avec fièvre : urgence.
  • Neutropénie ethnique bénigne : neutrophiles environ 1,0–1,5, stable, asymptomatique, personne d’ascendance africaine ou moyen-orientale. On évite de l’investiguer à répétition.

Plaquettes

Thrombopénie

Oui

Non

Plaquettes < 150 x 10⁹/L

Amas au frottis ?
Recompter sur tube citraté

Pseudothrombopénie
(EDTA) : aucun traitement

Frottis, LDH, haptoglobine,
bilirubine, créatinine, RIN, TCA, fibrinogène

Schistocytes + LDH ↑
+ haptoglobine ↓

MAT : PTT, SHU, CIVD,
HELLP, HTA maligne
→ URGENCE hématologie

Frottis normal,
thrombopénie isolée

Médicaments : héparine (score 4T),
antibiotiques, anticonvulsivants,
AINS, quinine

Infection : VIH, VHC, H. pylori,
sepsis ; cirrhose et
hypersplénisme ; alcool

PTI : diagnostic d’exclusion

Autres lignées atteintes
ou cellules anormales

Cause centrale : B12,
myélodysplasie, leucémie
→ hématologie

Algorithme résumé dans nos mots, d’après les lignes directrices de l’ASH sur le PTI (2019) et la TIH (2018).

  • Toujours chercher une cause médicamenteuse. À l’hôpital : thrombopénie induite par l’héparine (TIH) si les plaquettes chutent de > 50 % entre le jour 5 et le jour 10 de l’héparine. Calculer le score 4T ; si l’évaluation est intermédiaire ou élevée, arrêter toute héparine et passer à un anticoagulant non héparinique.
  • PTT : suspicion devant une thrombopénie + schistocytes, avec ou sans atteinte neurologique ou rénale. Calculer le score PLASMIC. Urgence : plasmaphérèse. Éviter de transfuser des plaquettes sauf saignement grave.
  • Centrale ou périphérique : un VPM élevé suggère une cause périphérique (destruction), mais ce n’est pas un bon test.
  • PTI : traiter si les plaquettes sont < 20–30 ou s’il y a saignement. Prednisone 1 mg/kg ou dexaméthasone 40 mg × 4 j ; ajouter des IgIV si saignement ou urgence.

Thrombocytose

Plaquettes Conduite
< 1 000 × 10⁹/L Contrôler. Chercher une cause secondaire : bilan martial (carence en fer), CRP (inflammation, infection), cancer, splénectomie, post-partum, post-hémorragie. Hématologie si elle persiste sans cause
> 1 000 × 10⁹/L Hématologie (risque hémorragique par Willebrand acquis, et thrombotique)
< 1 000 × 10⁹/L Répéter la FSC. La plupart des thrombocytoses sont réactionnelles : carence en fer, inflammation ou infection (CRP), cancer, asplénie, saignement ou chirurgie récents. Si elle persiste sans cause : hématologie selon les seuils CRDS (450–699 : priorité E ; 700–999 : priorité C)
> 1 000 × 10⁹/L Hématologie (CRDS priorité B) : risque de thrombose et de saignement (maladie de von Willebrand acquise possible)

Syndromes myéloprolifératifs (SMP)

SMP Marqueur Risque principal Traitement
LMC BCR-ABL + Transformation leucémique (100 % sans traitement) Inhibiteur de tyrosine kinase (imatinib, etc.)
Polyglobulie de Vaquez JAK2 + (environ 95 %) Thrombose Saignées (Ht < 45 %), AAS, hydroxyurée selon le risque
Thrombocytémie essentielle JAK2 (environ 50 %), CALR, MPL Thrombose, saignement AAS ; hydroxyurée si > 60 ans ou ATCD de thrombose
Myélofibrose JAK2 (environ 50 %), CALR, MPL Cytopénies, splénomégalie, transformation Selon le risque (inhibiteur de JAK, greffe)
LMC BCR-ABL + Évolution vers une phase accélérée ou blastique sans traitement Inhibiteur de tyrosine kinase (imatinib, etc.)
Polyglobulie de Vaquez JAK2 (> 95 %) Thrombose Saignées pour un Ht < 45 %, AAS à faible dose ; cytoréduction (hydroxyurée) si risque élevé (> 60 ans ou ATCD de thrombose)
Thrombocytémie essentielle JAK2 (50–60 %), CALR (20–25 %), MPL (3–5 %) Thrombose, saignement AAS à faible dose selon le risque ; cytoréduction (hydroxyurée) si risque élevé (> 60 ans ou ATCD de thrombose)
Myélofibrose JAK2 (50–60 %), CALR (25–30 %), MPL (5–10 %) Cytopénies, splénomégalie symptomatique, transformation leucémique Selon le score de risque : inhibiteur de JAK si splénomégalie ou symptômes ; greffe chez certains patients à risque élevé
  • Polyglobulie : Hb > 165 g/L (homme) ou > 160 g/L (femme). On cherche d’abord une cause secondaire : tabac, apnée du sommeil, MPOC, testostérone, inhibiteurs SGLT2, tumeur rénale. On demande JAK2 et EPO.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceNeutropénie fébrile (neutrophiles < 1,0 × 10⁹/L et T ≥ 38,3 °C, ou ≥ 38,0 °C soutenue 1 h) — antibiotiques IV dans l’heure
  • UrgenceAnémie sévère (Hb < 70 g/L ; avec saignement : gastro-entérologie)
  • UrgenceThrombopénie sévère ou avec saignement (plaquettes < 20 × 10⁹/L, ou < 50 avec saignement)
  • UrgenceSchistocytes avec thrombopénie (MAT : PTT, SHU, CIVD, HELLP) — hématologie d’urgence

Consulter en hématologie si :

Toujours joindre les FSC antérieures et le frottis à la demande.

  • UrgentMicroangiopathie thrombotique soupçonnée (schistocytes, LDH ↑, haptoglobine ↓ : PTT, SHU, CIVD) — garde, immédiatement.
  • UrgentBlastes au frottis ou leucostase (leucémie aiguë soupçonnée, leucoérythroblastose, leucocytes > 100 × 10⁹/L) — garde, même jour.
  • UrgentFièvre avec neutropénie significative (neutropénie fébrile : neutrophiles < 1,0 × 10⁹/L et T ≥ 38,3 °C) — garde ; antibiotiques IV dans l’heure sans attendre.
  • UrgentPlaquettes < 20 × 10⁹/L ou saignement (ou < 50 avec saignement) — garde, même jour.
  • UrgentAnémie sévère ou hémolytique (Hb < 70 g/L sans saignement ; si saignement digestif : gastro-entérologue de garde) — garde, même jour.
  • Semi-urgentBi- ou pancytopénie inexpliquée (neutrophiles < 1, plaquettes < 75 et/ou Hb < 85) — pendant le séjour ou ≤ 10 jours.
  • Semi-urgentLeucocytose avec myélémie (leucocytes > 20 × 10⁹/L, myélocytes, basophilie : LMC ?) — ≤ 10 jours.
  • Semi-urgentThrombocytose ≥ 1 000 × 10⁹/L — ≤ 10 jours ; 700 à 999 × 10⁹/L sans cause secondaire : ≤ 28 jours.
  • Semi-urgentLymphocytose avec cytopénie ou > 100 × 10⁹/L — ≤ 10 jours ; isolée 30 à 100 : ≤ 28 jours ; isolée 5 à 30 persistante : ≤ 3 mois.
  • Semi-urgentPolyglobulie sans cause secondaire (Ht > 0,65 ou Hb > 200 g/L) — ≤ 28 jours ; Ht > 0,10 au-dessus de la normale : ≤ 12 mois.
  • ÉlectifCytopénie isolée légère persistante inexpliquée (Hb 85 à 100 g/L, neutrophiles 0,5 à 1, plaquettes 50 à 74 × 10⁹/L) — ≤ 3 mois.

À préparer : FSC antérieures, frottis, réticulocytes, bilan martial, B12, folates, créatinine, TSH, LDH, haptoglobine, médicaments en cours, adénopathies ou splénomégalie.

Anémie ou thrombopénie isolée persistante : priorité selon l’Hb ou les plaquettes (voir fiches Anémie et Thrombocytopénie).

  • UrgenceBlastes, leucoérythroblastose ou leucostase (GB > 100 × 10⁹/L) — hématologue de garde
  • RapidePancytopénie ou bicytopénie (neutrophiles < 1 × 10⁹/L et plaquettes < 75 × 10⁹/L et/ou Hb < 85 g/L) — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideNeutropénie < 0,5 × 10⁹/L sans fièvre (0,5–1,0 : priorité D) — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideGB > 20 × 10⁹/L avec myélémie — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideLymphocytose avec cytopénie ou > 100 × 10⁹/L (isolée 30–100 : priorité C ; 5–30 persistante : priorité D) — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideThrombocytose ≥ 1 000 × 10⁹/L (700–999 : priorité C ; 450–699 persistante sans cause : priorité E) — priorité B (≤ 10 j)
  • RapidePolyglobulie marquée (Ht > 0,65 ou Hb > 200 g/L, contrôlée ; moins marquée sans cause : priorité E) — priorité C (≤ 28 j)

Consulter en gastro-entérologie si :

  • ÉlectifCarence en fer inexpliquée (homme, femme ménopausée : investigation digestive) — consultation externe en gastro-entérologie.
  • ÉlectifCarence en fer inexpliquée (homme, femme ménopausée ; gastroscopie, coloscopie) — demande de coloscopie (AH-702) ou accueil clinique

À préparer : FSC antérieures et frottis ; FSC de contrôle (1–4 sem selon la sévérité) ; ferritine, saturation, B12, folates, CRP ; LDH, haptoglobine, bilirubine si hémolyse ; cytométrie en flux si lymphocytose ; médicaments (clozapine, antithyroïdiens, héparine) ; adénopathies, splénomégalie, symptômes B.

Approche générale

Question Oriente vers une cause réactionnelle (bénigne) Oriente vers une cause primaire (maligne)
Durée Transitoire Persistante
Lignées Une seule Plusieurs (bi- ou pancytopénie)
Cause Évidente (infection, inflammation, médicament) Aucune
Frottis Normal ou réactionnel Blastes, cellules immatures, érythroblastes, dysplasie
Conduite Traiter la cause, contrôler la FSC Frottis, consultation en hématologie

💡 toujours regarder les FSC antérieures. On élimine les causes réversibles, puis on contrôle. Une anomalie qui persiste sans cause n’est pas réactionnelle.

Suivi et congé

  • Contrôler la FSC en 1 à 4 semaines selon la sévérité. Joindre les FSC antérieures et le frottis à la demande de consultation.
  • Avant le congé, il faut prévoir un plan pour une cytopénie inexpliquée : consultation datée, seuils pour revenir (fièvre si neutropénie, saignement si thrombopénie).
  • Neutropénie médicamenteuse (clozapine, méthimazole) : cesser le médicament, déclarer, et ne pas le réintroduire sans avis spécialisé.

Pièges et perles

  • Une déviation gauche avec myélocytes et basophilie n’est pas une simple infection : penser à la LMC.
  • Les corticostéroïdes font monter les neutrophiles de 4 à 5 × 10⁹/L en 24–48 h et baisser les lymphocytes et les éosinophiles.
  • Une carence en B12 peut causer une pancytopénie avec LDH très élevée qui imite une hémolyse ou une MAT (pseudo-MAT).
  • Une éosinophilie chez un patient né en zone tropicale qui doit recevoir des corticostéroïdes : penser au strongyloïde (sérologie ou ivermectine empirique).

Références

🩺 Situations en soins post-aigus qui renvoient ici

🔗 Voir aussi