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Soins post-aigus › Complications : appels fréquents

Anémie postopératoire

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En bref : L’anémie est fréquente après une chirurgie orthopédique, surtout une fracture de hanche. Elle cause fatigue, essoufflement, tachycardie et orthostatisme, et peut limiter les séances. La décision de transfuser repose sur un seuil restrictif et sur les symptômes, pas sur un chiffre isolé. Une hémoglobine qui continue de baisser plusieurs jours après la chirurgie fait chercher un saignement.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Baisse rapide de l’hémoglobine, hypotension, tachycardie : saignement actif.
  • Méléna, hématémèse, rectorragie, surtout sous anticoagulant ou AINS.
  • Hématome qui grossit au site opératoire ou à la cuisse.
  • Douleur thoracique, dyspnée au repos, syncope : ischémie ou anémie mal tolérée.

✅ À faire maintenant

  • Signes vitaux, TA couché-debout, examen de la plaie, du membre opéré et des selles.
  • Comparer avec les hémoglobines du centre hospitalier (tendance plutôt que valeur isolée).
  • Revoir les anticoagulants, antiplaquettaires et AINS.
  • FSC de contrôle selon l’accès ; réserves en fer (ferritine, saturation) si cela changera la conduite.

En soins post-aigus

  • Transfusion : stratégie restrictive. Seuil selon le contexte : 70 g/L chez la plupart des patients stables ; 80 g/L après une chirurgie orthopédique ou en présence d’une maladie coronarienne athérosclérotique stable (MCAS) ou d’une autre maladie cardiovasculaire ; jusqu’à 90 g/L lors d’un syndrome coronarien aigu (STEMI ou NSTEMI, transfert et avis spécialisé), ou si les symptômes sont attribuables à l’anémie (AABB 2023). Un culot à la fois, puis réévaluer.
  • La transfusion n’est pas toujours possible sur l’unité : connaître le protocole de l’établissement.
  • Fer : si carence, fer par la bouche ; une prise un jour sur deux est souvent mieux tolérée. Le fer intraveineux se discute si la carence est importante ou le fer oral mal toléré.
  • Chercher aussi une carence en B12 ou en folates, une insuffisance rénale ou une inflammation.
  • Prévenir la constipation si fer oral et opioïde sont associés.

Effet sur la réadaptation

  • Physiothérapie : surveiller la FC, la SpO₂ et les symptômes pendant l’effort ; fractionner les séances et prévoir des pauses.
  • Ne pas suspendre la réadaptation pour une anémie stable et bien tolérée.
  • Soins infirmiers : TA couché-debout et prévention des chutes, surtout le matin.
  • Nutrition : apports en protéines, en fer et en énergie ; supplément si les apports sont faibles.
  • Une transfusion bien indiquée peut améliorer rapidement la tolérance à l’effort : discuter avec l’équipe si l’anémie bloque les progrès.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Transfert si saignement actif, instabilité hémodynamique, ou transfusion nécessaire et non offerte sur place, selon le niveau de soins.
  • Avis au chirurgien si hématome du site opératoire.
  • Avis en gastroentérologie ou investigation après le séjour si une perte digestive est soupçonnée.

Préparer le congé

  • Indiquer la dernière hémoglobine, le traitement en cours (fer) et la date du contrôle.
  • Anémie inexpliquée : préciser au médecin traitant l’investigation à compléter.

Pièges et perles

  • L’hémodilution des solutés et la saignée des prélèvements font aussi baisser l’hémoglobine.
  • Transfuser « pour la réadaptation » sans symptômes ni seuil atteint n’a pas démontré de bénéfice.
  • Après une fracture de hanche, un hématome de cuisse peut cacher une perte importante.

Références

  • Carson JL, et al. Red blood cell transfusion: 2023 AABB international guidelines. JAMA 2023;330(19):1892-902.
  • Carson JL, et al. Liberal or restrictive transfusion in high-risk patients after hip surgery (FOCUS). N Engl J Med 2011;365(26):2453-62.
  • Stoffel NU, et al. Iron absorption from oral iron supplements given on consecutive versus alternate days. Lancet Haematol 2017;4(11):e524-33.

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