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Dysfonctions sexuelles et dyspareunie

Gynécologie et santé sexuelleNouvelle fiche SRV · oct. 2026Fiche révisée · 23 oct. 2026

Voir aussi : Dysfonction érectile (homme) · Ménopause et hormonothérapie · Santé sexuelle, soins trans et LGBTQ+ · Leucorrhées et infections vaginales · Dysménorrhée et douleur pelvienne · Dépression · Agression sexuelle · ITSS

💊 Doses / traitement✉ Signaler une erreur

En bref : Les difficultĂ©s sexuelles sont frĂ©quentes ; on parle de trouble quand elles persistent et causent de la dĂ©tresse. Chez la femme : troubles du dĂ©sir et de l’excitation, de l’orgasme, et douleur gĂ©nito-pelvienne (dyspareunie, vaginisme). Les causes sont presque toujours mixtes : biologiques (mĂ©nopause, mĂ©dicaments comme les ISRS, maladies chroniques), psychologiques, relationnelles et culturelles. Il faut poser la question, examiner (la dyspareunie exige un examen gynĂ©cologique doux), traiter les causes rĂ©versibles (syndrome gĂ©nito-urinaire de la mĂ©nopause, vaginite, ISRS) et orienter en sexologie ou en physiothĂ©rapie pĂ©rinĂ©ale.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Dyspareunie nouvelle avec saignement post-coĂŻtal, lĂ©sion vulvaire ou vaginale, masse : cancer Ă  exclure.
  • Douleur pelvienne aiguĂ« avec fiĂšvre ou pertes purulentes (infection pelvienne).
  • AntĂ©cĂ©dent ou rĂ©vĂ©lation d’agression sexuelle, violence conjugale ou contrainte.
  • Baisse du dĂ©sir avec dĂ©pression, idĂ©es suicidaires ou dĂ©tresse importante.

✅ À faire maintenant

  • Demander ouvertement : « Avez-vous des prĂ©occupations sur votre vie sexuelle ? » ; prĂ©ciser le type (dĂ©sir, excitation, orgasme, douleur), dĂ©but, situationnel ou gĂ©nĂ©ralisĂ©, dĂ©tresse, partenaire.
  • Revoir les mĂ©dicaments : ISRS et IRSN, antipsychotiques, contraceptifs hormonaux, antiandrogĂšnes, inhibiteurs de l’aromatase, opioĂŻdes, bĂȘtabloquants ; alcool et drogues.
  • Dyspareunie : localiser (entrĂ©e ou profonde), examen vulvaire et au spĂ©culum fin, test au coton-tige du vestibule ; prĂ©lĂšvements (vaginite, ITSS).
  • MĂ©nopause, post-partum, allaitement : chercher le syndrome gĂ©nito-urinaire et le traiter.
  • DĂ©pister dĂ©pression, anxiĂ©tĂ©, violence ; approche PLISSIT.
📝 Gabarits d’ordonnance (1 · Ă  adapter au patient)

Cochez les lignes voulues, remplissez l’en-tĂȘte, puis Copier (texte pour le DMÉ) ou Imprimer. Doses reprises de la fiche ; gabarit Ă  valider avant usage.

🔒 Les informations inscrites restent sur votre appareil : rien n’est enregistrĂ© ni envoyĂ©.

đŸ€ OrientationRecommandation de soins

Diagnostic : Dysfonction sexuelle ou dyspareunie (préciser)

Objectif : Diminuer la douleur et la détresse, améliorer la sexualité

FrĂ©quence suggĂ©rĂ©e : Selon le plan du thĂ©rapeute ; réévaluation mĂ©dicale Ă  8–12 semaines.

Précautions : Causes réversibles traitées (syndrome génito-urinaire, vaginite, médicaments).

PsychothĂ©rapie : guichet d’accĂšs en santĂ© mentale de l’établissement (PQPTM) ou privĂ©. PhysiothĂ©rapie et autres services : non couverts par la RAMQ en clinique privĂ©e (assurance privĂ©e, CNESST ou SAAQ selon le cas).

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer Ă  l’urgence : Infection pelvienne aiguĂ« soupçonnĂ©e ; agression sexuelle datant de 5 jours ou moins ; idĂ©es suicidaires ou dĂ©tresse aiguĂ«

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

📹 RĂ©fĂ©rer : CRDS Consulter en gynĂ©cologie si : (prioritĂ©s A Ă  E) · đŸš© Alertes cliniques : urgence

Classification et causes

TroubleCaractéristiquesCauses à chercher
DĂ©sir et excitation (intĂ©rĂȘt sexuel)Peu ou pas d’intĂ©rĂȘt, de pensĂ©es ou d’initiative ; peu d’excitation ou de lubrificationISRS, dĂ©pression, fatigue, conflit conjugal, douleur, mĂ©nopause chirurgicale, contraception hormonale, hyperprolactinĂ©mie, hypothyroĂŻdie
OrgasmeOrgasme retardé, rare ou absent malgré une stimulation adéquateISRS-IRSN (fréquent), manque de connaissances ou de stimulation, anxiété, neuropathie (diabÚte, SEP)
Douleur génito-pelvienneDyspareunie superficielle ou profonde ; vaginisme (peur, contraction involontaire, évitement)Syndrome génito-urinaire, vestibulodynie, vaginite, lichen scléreux, cicatrice obstétricale, endométriose, peur aprÚs une douleur ou un trauma

💡 Chez la femme, le dĂ©sir est souvent rĂ©actif (il suit l’excitation) plutĂŽt que spontanĂ© : ce n’est pas un trouble. Les dosages hormonaux ne sont pas corrĂ©lĂ©s Ă  la dysfonction : ne pas doser la testostĂ©rone pour poser le diagnostic.

Approche en premiĂšre ligne (PLISSIT)

  • Permission : ouvrir la discussion, normaliser ; poser la question Ă  l’examen pĂ©riodique, Ă  la mĂ©nopause, en post-partum, sous antidĂ©presseur et dans les maladies chroniques.
  • LI (information limitĂ©e) : anatomie, rĂ©ponse sexuelle, effets de l’ñge, des mĂ©dicaments et de la fatigue ; lubrifiants ; temps et stimulation suffisants.
  • SS (suggestions spĂ©cifiques) : traiter le syndrome gĂ©nito-urinaire, ajuster les mĂ©dicaments, exercices de focalisation sensorielle, dilatateurs, positions moins douloureuses.
  • IT (thĂ©rapie intensive) : sexologie, thĂ©rapie de couple, psychothĂ©rapie (TCC, pleine conscience), physiothĂ©rapie pĂ©rinĂ©ale.
  • Questionnaires utiles : FSFI (fonction) et FSDS-R (dĂ©tresse).
  • Inclure le ou la partenaire au besoin ; vĂ©rifier la dysfonction Ă©rectile ou l’éjaculation prĂ©coce chez un partenaire masculin (voir Dysfonction Ă©rectile).

Dyspareunie et vaginisme

  • Superficielle (Ă  l’entrĂ©e) : syndrome gĂ©nito-urinaire, vaginite (candidose, vaginose), dermatoses (lichen sclĂ©reux, lichen plan), vestibulodynie provoquĂ©e (douleur au toucher du vestibule, test au coton-tige positif, examen sinon normal), cicatrice d’épisiotomie, allaitement.
  • Profonde : endomĂ©triose, infection pelvienne, masse annexielle, adhĂ©rences, cĂŽlon irritable, cystite interstitielle.
  • Vaginisme : peur anticipĂ©e, contraction involontaire des muscles du plancher pelvien, Ă©vitement ; examen gynĂ©cologique trĂšs progressif ou diffĂ©rĂ©, avec le contrĂŽle de la patiente.
  • Vestibulodynie et vaginisme : physiothĂ©rapie pĂ©rinĂ©ale (1re ligne), sexologie ou TCC, lubrifiant, lidocaĂŻne 5 % onguent au vestibule avant les relations ; douleur neuropathique : amitriptyline Ă  faible dose ou gabapentinoĂŻde (voir Douleur chronique et neuropathique) ; avis en gynĂ©cologie si rĂ©fractaire.
  • Lichen sclĂ©reux soupçonnĂ© (blanchiment, fissures, perte d’architecture) : traiter ou orienter (biopsie au besoin) ; voir Dermatologie.

Traitement : premiĂšres ordonnances

  • Syndrome gĂ©nito-urinaire de la mĂ©nopause : hydratant vaginal 2 Ă  3 fois/sem et lubrifiant pendant les relations ; ƓstrogĂšne vaginal Ă  faible dose, p. ex. comprimĂ© vaginal d’estradiol 10 ”g die × 2 semaines puis 2 fois/sem, crĂšme d’ƓstrogĂšnes conjuguĂ©s ou anneau d’estradiol (q3 mois) ; absorption minime, pas de progestatif. Cancer du sein : hydratants d’abord, discuter avec l’oncologie (voir MĂ©nopause).
  • Autres options vaginales du SGM : prastĂ©rone (DHEA) intravaginale ; sur avis.
  • Dysfonction liĂ©e aux ISRS : attendre quelques semaines (amĂ©lioration possible), rĂ©duire la dose si la dĂ©pression est stable, changer pour un antidĂ©presseur moins en cause (bupropion, mirtazapine), ou ajouter bupropion (p. ex. 150 mg PO die le matin, puis 150 mg PO bid si tolĂ©rĂ© ; Ă©viter si Ă©pilepsie ou trouble alimentaire). Ne pas cesser l’ISRS brusquement.
  • DĂ©sir et excitation : TCC, thĂ©rapie sexuelle ou de couple et approches de pleine conscience en premier ; traiter fatigue, dĂ©pression, douleur, conflit.
  • Femme postmĂ©nopausĂ©e avec trouble du dĂ©sir persistant malgrĂ© ces mesures : testostĂ©rone transdermique hors indication, Ă  court terme (environ 6 mois), avec surveillance des signes d’androgĂ©nisation ; le timbre fĂ©minin Ă©tudiĂ© n’est plus commercialisĂ© : sur avis (gynĂ©cologie ou clinique de mĂ©nopause). La flibansĂ©rine a un bĂ©nĂ©fice modeste et un coĂ»t Ă©levĂ©.
  • Contraception hormonale soupçonnĂ©e : essai d’une autre mĂ©thode (stĂ©rilet au cuivre ou hormonal) sur 3 mois.

Quand orienter

  • Sexologie ou psychothĂ©rapie : trouble du dĂ©sir, de l’excitation ou de l’orgasme sans cause mĂ©dicale corrigible, vaginisme, difficultĂ©s de couple, antĂ©cĂ©dent de trauma sexuel.
  • PhysiothĂ©rapie pĂ©rinĂ©ale : vestibulodynie, vaginisme, dyspareunie post-partum, hypertonie du plancher pelvien.
  • GynĂ©cologie : lĂ©sion vulvaire suspecte (prioritĂ© C), dyspareunie ou vaginisme rĂ©fractaire, vulvovaginites rĂ©cidivantes rĂ©fractaires, douleur pelvienne chronique ou endomĂ©triose, mĂ©nopause complexe (prioritĂ© E).
  • Personnes trans et non binaires (hormonothĂ©rapie, chirurgie d’affirmation) : voir SantĂ© sexuelle, soins trans et LGBTQ+.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceInfection pelvienne aiguĂ« soupçonnĂ©e (douleur pelvienne, fiĂšvre, pertes purulentes ; abcĂšs possible)
  • UrgenceAgression sexuelle datant de 5 jours ou moins (rĂ©vĂ©lĂ©e en consultation) — centre dĂ©signĂ©
  • UrgenceIdĂ©es suicidaires ou dĂ©tresse aiguĂ«

Consulter en gynécologie si :

Physiothérapie périnéale (vestibulodynie, vaginisme, hypertonie du plancher pelvien) et sexologie ou psychothérapie (désir, excitation, orgasme, vaginisme) : en 1re intention, en parallÚle.

  • RapideLĂ©sion vulvaire ou vaginale suspecte (saignement post-coĂŻtal, masse, ulcĂšre, lichen Ă  biopsier) — prioritĂ© C (≀ 28 j)
  • ÉlectifDyspareunie ou vaginisme persistant (malgrĂ© traitement du SGM, physiothĂ©rapie et sexologie) — prioritĂ© E (≀ 12 mois)
  • ÉlectifVulvovaginites rĂ©cidivantes et rĂ©fractaires — prioritĂ© E (≀ 12 mois)
  • ÉlectifDyspareunie profonde, endomĂ©triose soupçonnĂ©e (douleur pelvienne chronique > 6 mois) — prioritĂ© E (≀ 12 mois)
  • ÉlectifMĂ©nopause complexe (SGM rĂ©fractaire, cancer du sein, trouble du dĂ©sir Ă  traiter par testostĂ©rone) — prioritĂ© E (≀ 12 mois)

À prĂ©parer : type de dysfonction, durĂ©e, dĂ©tresse ; mĂ©dicaments en cause (ISRS, contraception, inhibiteurs de l’aromatase) et changements essayĂ©s ; examen vulvaire et test au coton-tige ; prĂ©lĂšvements vaginaux et ITSS ; traitements essayĂ©s (hydratant, ƓstrogĂšne vaginal, lidocaĂŻne, physiothĂ©rapie, sexologie) ; Ă©chographie pelvienne si douleur profonde.

PiĂšges et perles

  • Ne pas attendre que la patiente en parle : la plupart souhaitent que le mĂ©decin pose la question.
  • Dyspareunie : toujours examiner (vulve, vestibule, vagin, examen bimanuel doux) ; ne pas conclure Ă  une cause psychologique sans examen.
  • SĂ©cheresse vaginale chez une femme qui allaite ou sous inhibiteur de l’aromatase : mĂȘme mĂ©canisme hypoestrogĂ©nique que la mĂ©nopause.
  • La baisse du dĂ©sir sous ISRS est souvent attribuĂ©e Ă  la dĂ©pression : demander avant et pendant le traitement.
  • Douleur sexuelle avec antĂ©cĂ©dent de violence : approche tenant compte des traumatismes, examen sous contrĂŽle de la patiente, rythme lent.

Références

  • Dalrymple SN, Hoeg L, Thacker H. Female Sexual Dysfunction: Common Questions and Answers. Am Fam Physician. 2025;111(5):433-442. aafp.org
  • Faubion SS, Rullo JE. Sexual Dysfunction in Women: A Practical Approach. Am Fam Physician. 2015;92(4):281-8. aafp.org
  • SOGC. Guideline No. 422d: Menopause and Sexuality. J Obstet Gynaecol Can. 2021. sogc.org
  • Haefner HK, et al. The vulvodynia guideline (ASCCP). J Low Genit Tract Dis. 2005;9(1):40-51. rĂ©sumĂ©
  • MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spĂ©cialisĂ©e (CRDS) — GynĂ©cologie (dyspareunie ou vaginisme, prioritĂ© E ; lĂ©sion vulvaire ou vaginale suspecte, prioritĂ© C).