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Première ligne › Gynécologie et santé sexuelle

Dysménorrhée et douleur pelvienne

Gynécologie et santé sexuelleFiche révisée · 23 oct. 2026

💊 Doses / traitement✉️ Signaler une erreur

En bref : Devant une douleur pelvienne aiguë, on commence toujours par un test de grossesse, puis on recherche une urgence (GEU, torsion, AIP/abcès tubo-ovarien, appendicite). La dysménorrhée primaire se traite par un AINS commencé dès le début des règles (3 cycles avant de conclure à un échec), avec ou sans contraceptif hormonal. Une dysménorrhée secondaire (début tardif, dyspareunie, dyschézie, ménorragie) fait penser à l'endométriose ou à l'adénomyose.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Douleur pelvienne avec β-hCG positive sans grossesse intra-utérine connue, saignement ou douleur à l’épaule (grossesse ectopique) : urgence.
  • Instabilité hémodynamique, défense ou signes de péritonite : 911.
  • Douleur brutale avec nausées et masse annexielle (torsion, même si Doppler normal) : urgence (gynécologie de garde).
  • Fièvre, sensibilité annexielle ou à la mobilisation du col avec atteinte de l’état général ou masse (abcès tubo-ovarien) : urgence.
  • Douleur migrant en fosse iliaque droite avec anorexie (appendicite) : urgence.
  • Masse annexielle complexe ou chez la femme ménopausée : consultation rapide en gynéco-oncologie.

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : Instabilité hémodynamique ou péritonite ; β-hCG positive sans grossesse intra-utérine connue ; torsion annexielle soupçonnée ; infection pelvienne grave ou abcès tubo-ovarien ; appendicite aiguë soupçonnée

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

📨 Référer : CRDS Consulter en gynécologie si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

Douleur pelvienne aiguë

β-hCG positive

β-hCG négative

Oui

Non

Douleur pelvienne aiguë

β-hCG, signes vitaux,
examen abdominal et pelvien

Écho endovaginale :
exclure une GEU
(voir Complications de la grossesse)

Instable, défense
ou péritonite ?

Réanimation
Gynécologie ou chirurgie STAT

Écho pelvienne avec Doppler
FSC, analyse d’urine,
TAAN chlamydia-gonorrhée

Masse annexielle + douleur brutale
→ torsion : gynécologie urgente

Fièvre, sensibilité annexielle
ou à la mobilisation du col
→ AIP ou abcès tubo-ovarien

Kyste hémorragique ou rompu,
endométriome, léiomyome

Cause non gynécologique :
appendicite, colique néphrétique,
diverticulite, IU

Diagnostic Indices
Grossesse ectopique β-hCG positive, aucune GIU à l’écho, saignement, douleur à l’épaule
Torsion annexielle Douleur brutale, nausées, masse ou kyste > 5 cm. Un Doppler normal n’exclut pas la torsion
AIP Sensibilité à la mobilisation du col, annexielle ou utérine ; leucorrhée ; fièvre
Kyste rompu ou hémorragique Douleur brutale, souvent en milieu de cycle ou après un rapport ; liquide libre
Appendicite Douleur périombilicale qui migre en FID, anorexie

Dysménorrhée : primaire ou secondaire

Primaire Secondaire
Début 6 mois à 2 ans après la ménarche Souvent dans la vingtaine ou plus tard, s’aggrave avec l’âge
Douleur Crampes qui commencent quelques heures avant les règles et durent 48–72 h ; nausées, céphalée, selles molles Douleur qui précède les règles, se prolonge, ou douleur pelvienne chronique
Signes associés Examen normal Dyspareunie, saignements anormaux, infertilité, nodularité des utérosacrés, utérus fixe ou augmenté
Investigation Aucune si le tableau est typique Écho pelvienne (endovaginale), dépistage des ITSS, cytologie à jour

Triades à retenir

Traitement de la dysménorrhée primaire

Option Posologie ou détail
Naproxène sodique 550 mg PO puis 275 mg q6–8 h (max 1 375 mg/j), dès le début des règles ou des symptômes, pendant 2–3 jours
Ibuprofène 400 mg PO q4–6 h (max 1 200 mg/j sans ordonnance, 2 400 mg/j sur ordonnance)
Acide méfénamique 500 mg puis 250 mg q6 h
Contraception hormonale COC (y compris en continu), SIU-LNG 52 mg, progestatif seul : 1re ligne si contraception désirée ou si les AINS échouent
Non pharmacologique Chaleur locale, activité physique, TENS

Endométriose (prise en charge de 1re ligne)

⚠️ Recommandation actuelle (SOGC No. 449, 2024) : la SOGC insiste sur un diagnostic clinique et échographique précoce pour réduire un délai diagnostique souvent de plusieurs années, plutôt que d’attendre une confirmation chirurgicale. L’échographie endovaginale de base cherche un endométriome ; l’échographie avancée est préférée à l’IRM pour l’endométriose profonde. Une imagerie normale n’exclut pas l’endométriose ; pas de TDM ni de biomarqueur pour le diagnostic.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceInstabilité hémodynamique ou péritonite — 911
  • Urgenceβ-hCG positive sans grossesse intra-utérine connue (saignement, douleur à l’épaule ; ectopique)
  • UrgenceTorsion annexielle soupçonnée (douleur brutale, nausées, masse ; même si Doppler normal) — gynécologie de garde
  • UrgenceInfection pelvienne grave ou abcès tubo-ovarien (fièvre, atteinte de l’état général, masse)
  • UrgenceAppendicite aiguë soupçonnée (migration en FID, anorexie) — chirurgie

Consulter en gynécologie si :

  • RapideMasse annexielle avec ascite ou carcinomatose — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideMasse annexielle complexe (post-ménopause, ou persistante > 3 cm avant ; CA-125) — priorité C (≤ 28 j)
  • ÉlectifMasse annexielle simple (post-ménopause, ou persistante > 3 cm avant) — priorité D (≤ 3 mois)
  • ÉlectifEndométriose soupçonnée ou douleur pelvienne chronique (> 6 mois, échec de 1re ligne, endométriome, atteinte digestive ou urinaire, infertilité) — priorité E (≤ 12 mois)

Consulter en urologie si :

  • ÉlectifDouleur pelvienne chronique d’allure vésicale (cystalgie) — priorité E (≤ 12 mois)

À préparer : β-hCG ; écho pelvienne endovaginale ; dépistage des ITSS, cytologie à jour ; CA-125 si masse suspecte ; traitements essayés (AINS sur 3 cycles, contraceptif hormonal, progestatif) et réponse.

Pièges et perles

💡 Les AINS sont plus efficaces s’ils sont commencés avant que la douleur s’installe.

Voir aussi

Références

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