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Bronchite aiguë

InfectiologieFiche révisée · 23 oct. 2026

💊 Doses / traitement✉️ Signaler une erreur

En bref : La bronchite aiguë est virale dans environ 90 % des cas. La toux peut durer jusqu’à 6 semaines sans justifier d’antibiotique. Le travail clinique consiste surtout à éliminer une pneumonie, une exacerbation de MPOC ou d’asthme, une insuffisance cardiaque et une coqueluche. Le traitement est symptomatique, avec des consignes claires sur la durée attendue de la toux.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Indices de pneumonie : FC > 100, FR > 24, T° > 38 °C, crépitants focaux, matité
  • Personne âgée : confusion, chute ou déclin fonctionnel
  • Dyspnée, douleur thoracique, hémoptysie
  • Toux en quintes, vomissements post-tussifs : coqueluche
  • MPOC connue : c’est une EAMPOC, pas une bronchite

✅ À faire maintenant

  • Signes vitaux (FR, SpO2, T°) et auscultation
  • RX pulmonaire seulement si un critère de pneumonie (seuil bas en CHSLD)
  • Tests influenza/COVID selon le contexte ; TAAN nasopharyngé si coqueluche suspectée
  • Coqueluche : déclarer à la santé publique (MADO)

💊 Premières ordonnances

  • Aucun antibiotique en bronchite aiguë simple
  • Acétaminophène 650–1000 mg PO q6h (max 4 g/j) ou AINS (ibuprofène 400 mg PO q6–8 h, max 1200 mg/j), miel, hydratation ; salbutamol 100 µg 1–2 inh. q4–6 h PRN (max 8 inh./24 h) seulement si sibilances
  • Coqueluche : azithromycine 500 mg PO jour 1, puis 250 mg die jours 2–5
  • Influenza à risque élevé ou hospitalisé : oseltamivir 75 mg PO bid × 5 j (ajuster au rein)

📞 Appeler ou orienter si

  • Pneumologie adulte : Hémoptysie abondante ou répétée ; pneumonie avec critères de gravité ; dyspnée de repos ou rapidement progressive

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

📝 Gabarits d’ordonnance (2 · à adapter au patient)

Cochez les lignes voulues, remplissez l’en-tête, puis Copier (texte pour le DMÉ) ou Imprimer. Doses reprises de la fiche ; gabarit à valider avant usage.

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🌿 Non pharmacoConseils : bronchite aiguë (sans antibiotique)
💊 PharmacoAntibiotique si indiqué (INESSS), ou sibilances

📄 À remettre au patient ou aux parents

Tous les dépliants à imprimer ›

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : Pneumonie avec signes de sévérité ; dyspnée au repos rapidement progressive ; hémoptysie importante ou répétée ; MPOC aggravée avec somnolence ou désaturation

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

📨 Référer : CRDS Consulter en infectiologie si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

📘 Protocoles INESSS — Bronchite aiguë

Antibiotiques : INESSS, puis guide local

Ordre de priorité : INESSS d’abord ; guide d’antibiothérapie de l’HCLM (2023) si l’INESSS ne couvre pas la situation ou pour les options complémentaires. Ajuster selon la fonction rénale, les allergies, la grossesse et les cultures.

SituationGermes à couvrirINESSS (1er choix et alternatives)Guide HCLM (si différent ou complémentaire)Durée
Bronchite aiguë simpleVirus respiratoires (influenza, VRS, rhinovirus, SARS-CoV-2) dans la grande majorité ; aucun germe bactérien à couvrirAucun antibiotique ; traitement symptomatique——
Comorbidités majeures, toux > 3 sem ou âge ≥ 75 ans (après avoir écarté une pneumonie)M. pneumoniae, C. pneumoniae, B. pertussisAntibiotique à considérer : macrolide, clarithromycine privilégiée (clarithromycine 500 mg PO bid ; alternatives : azithromycine, doxycycline 100 mg PO bid)—Clarithromycine 5 j ; azithromycine 5 j ; doxycycline 7 j
Coqueluche suspectée (quintes, toux > 3 sem, vomissements, exposition, vaccination incomplète)Bordetella pertussisMacrolide : azithromycine 500 mg PO J1 puis 250 mg die J2–J5, ou clarithromycine 500 mg PO bid × 7 j. Maladie à déclaration obligatoire—Azithromycine 5 j ; clarithromycine 7 j
Patient MPOC : EAMPOC (pas une bronchite aiguë ; voir la fiche MPOC)H. influenzae, M. catarrhalis, S. pneumoniae ; Pseudomonas si risque élevéRisque faible : amoxicilline 1000 mg PO tid, azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg J2–J5, clarithromycine 500 mg PO bid, doxycycline 100 mg PO bid ou TMP-SMX DS 1 co PO bid ; alt. céfuroxime ou cefprozil 500 mg PO bid. Risque élevé : amoxicilline-clavulanate 875/125 mg PO bid ; Pseudomonas soupçonné : lévofloxacine 750 mg PO dieEAMPOC simple : cefprozil 500 mg PO bid, doxycycline 100 mg PO bid ou azithromycine 500 mg die × 3 j (éviter une classe déjà utilisée) ; complexe : amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid ; échec ou allergie : moxifloxacine 400 mg die ou lévofloxacine 750 mg die5 j
  • Des expectorations colorées ne signent pas une infection bactérienne ; la décision repose sur les signes vitaux et l’examen (écarter une pneumonie).
  • Macrolides : allongement du QT ; clarithromycine + warfarine : suivre l’INR. Ajuster la clarithromycine si ClCr < 30.
  • Urgence : signes de pneumonie grave (SpO₂ < 90 %, confusion, hypotension), dyspnée au repos rapidement progressive, hémoptysie importante.

Définitions et causes

  • Inflammation aiguë des bronches. Elle se manifeste par une toux avec ou sans expectorations, chez un patient sans MPOC ni fibrose kystique.
  • Elle survient souvent après une infection des voies respiratoires supérieures. La fièvre est rare ou brève.
  • Agents : virus respiratoires (influenza, VRS, rhinovirus, SARS-CoV-2, etc.). Plus rarement : Mycoplasma, Chlamydia pneumoniae, Bordetella pertussis.
  • Des expectorations colorées (purulentes) ne signent pas une infection bactérienne.

Évaluation

  • Anamnèse : durée de la toux, fièvre, dyspnée, douleur thoracique, quintes ou chant du coq, vomissements après la toux, contacts, statut vaccinal (coqueluche, influenza, COVID), tabagisme, comorbidités.
  • Examen : signes vitaux (FR, SpO2, T°), auscultation. Elle est habituellement normale ; des ronchi ou des sibilances sont possibles.
  • RX pulmonaire non systématique. On la demande si un critère suggère une pneumonie.
Indice de pneumonie (faire RX) Seuil
Fréquence cardiaque > 100/min
Fréquence respiratoire > 24/min
Température > 38 °C
Examen pulmonaire Crépitants focaux, matité, égophonie
Personne âgée Confusion, chute ou détérioration fonctionnelle sans autre cause
  • Les tests viraux (influenza, COVID) se font selon le contexte : hospitalisation, CHSLD, éclosion, ou s’ils changent la conduite (antiviral).

Diagnostic différentiel

Diagnostic Indices
Pneumonie Signes vitaux anormaux, signes focaux, RX
Exacerbation de MPOC MPOC connue ou tabagisme important, ↑ dyspnée et expectorations
Asthme ou bronchospasme Sibilances récidivantes, toux nocturne, atopie
Insuffisance cardiaque Orthopnée, œdème, crépitants bibasilaires
Coqueluche Quintes, toux > 2–3 sem, vomissements post-tussifs, exposition, vaccination incomplète
Toux post-infectieuse, RGO, écoulement postérieur, IECA Toux qui persiste après 3 à 8 semaines

Prise en charge

Antibiotiques

  • Aucun antibiotique chez la personne en santé, même si la toux se prolonge (INESSS ; guide local d’antibiothérapie 2023). Ils raccourcissent la toux d’environ une demi-journée et causent des effets indésirables.
  • L’INESSS suggère de considérer un antibiotique dans quelques situations : comorbidités majeures (p. ex. IC, IRC, immunosuppression), toux > 3 semaines ou âge ≥ 75 ans (la fièvre oriente plutôt vers un autre diagnostic). On privilégie alors un macrolide : clarithromycine 500 mg PO bid × 5 j (ou azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg die J2–J5 ; doxycycline 100 mg PO bid × 7 j). On réévalue d’abord la possibilité d’une pneumonie.
  • Coqueluche suspectée :
    • Prélever un TAAN nasopharyngé.
    • Traiter par azithromycine 500 mg PO jour 1, puis 250 mg PO die jours 2 à 5, ou clarithromycine 500 mg PO bid × 7 j.
    • Germes à couvrir : Bordetella pertussis.
    • Le traitement réduit la contagiosité, surtout s’il est donné tôt (< 3 sem).
    • Maladie à déclaration obligatoire. Prophylaxie des contacts à risque selon la santé publique.
  • Influenza chez un patient hospitalisé ou à risque élevé : oseltamivir 75 mg PO bid × 5 j, à ajuster à la fonction rénale. Il est indiqué même après 48 h si le patient est hospitalisé.

⚠️ Une bronchite chez un patient MPOC n’est pas une bronchite aiguë simple : c’est une EAMPOC (critères d’Anthonisen). Le guide local d’antibiothérapie (2023) recommande alors, par exemple, cefprozil 500 mg PO bid, doxycycline 100 mg PO bid ou azithromycine 500 mg PO die × 3 j ; alternative amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid ; durée 5 j (voir la fiche MPOC). Germes à couvrir : H. influenzae, S. pneumoniae, M. catarrhalis, entérobactéries.

  • Aucun antibiotique chez la personne en santé, même si la toux se prolonge (INESSS ; guide local d’antibiothérapie 2023). Ils raccourcissent la toux d’environ une demi-journée et causent des effets indésirables.
  • L’INESSS suggère de considérer un antibiotique dans quelques situations : comorbidités majeures (p. ex. IC, IRC, immunosuppression), toux > 3 semaines ou âge ≥ 75 ans (la fièvre oriente plutôt vers un autre diagnostic ; résumé du GUO de l’INESSS). On privilégie alors un macrolide : clarithromycine 500 mg PO bid × 5 j (ou azithromycine 500 mg J1 puis 250 mg die J2–J5 ; doxycycline 100 mg PO bid × 7 j). On réévalue d’abord la possibilité d’une pneumonie.
  • Coqueluche suspectée :
    • Prélever un TAAN nasopharyngé.
    • Traiter par azithromycine 500 mg PO jour 1, puis 250 mg PO die jours 2 à 5, ou clarithromycine 500 mg PO bid × 7 j.
    • Germes à couvrir : Bordetella pertussis.
    • Le traitement réduit la contagiosité, surtout s’il est donné tôt (< 3 sem).
    • Maladie à déclaration obligatoire. Prophylaxie des contacts à risque selon la santé publique.
  • Influenza chez un patient hospitalisé ou à risque élevé : oseltamivir 75 mg PO bid × 5 j, à ajuster à la fonction rénale. Il est indiqué même après 48 h si le patient est hospitalisé.

⚠️ Une bronchite chez un patient MPOC n’est pas une bronchite aiguë simple : c’est une EAMPOC (critères d’Anthonisen). L’INESSS recommande alors, si le risque est faible, amoxicilline 1000 mg PO tid, doxycycline 100 mg PO bid, azithromycine, clarithromycine 500 mg PO bid ou TMP-SMX DS PO bid × 5 j, et amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid si le risque est élevé ; le guide local d’antibiothérapie (2023) propose, par exemple, cefprozil 500 mg PO bid, doxycycline 100 mg PO bid ou azithromycine 500 mg PO die × 3 j ; alternative amoxicilline-clavulanate 875 mg PO bid ; durée 5 j (voir la fiche MPOC). Germes à couvrir : H. influenzae, S. pneumoniae, M. catarrhalis, entérobactéries.

Traitement symptomatique

  • Acétaminophène ou AINS au besoin, hydratation, miel (adulte), cesser le tabac.
  • Dextrométhorphane : effet modeste.
  • Opioïde antitussif (codéine) seulement si la toux est sévère et nuit au sommeil. Prescrire pour une courte durée et l’éviter chez la personne âgée fragile.
  • Bronchodilatateur (salbutamol) seulement en présence de sibilances.
  • Pas d’expectorant, de mucolytique ni de corticostéroïde (inhalé ou oral), sauf en cas d’asthme sous-jacent.

🩺 En pratique : ordonnances à remettre (Choisir avec soin) — La bronchite aiguë est virale dans la très grande majorité des cas : ordonnance pour infection virale ; la prescription différée reste exceptionnelle.

  • Ordonnance pour infection virale (adultes) : on coche le diagnostic probable (rhume, bronchite aiguë, pharyngite virale, sinusite aiguë, autre) et on explique pourquoi l’antibiotique n’aide pas ; la toux d’un rhume ou d’une bronchite peut durer 3 à 4 semaines ; repos, liquides, lavage des mains, rester à la maison ; acétaminophène, ibuprofène ou naproxène ; pastilles pour la gorge et la toux ; salin nasal (décongestionnant nasal de courte durée au besoin) ; revenir si aucune amélioration après le nombre de jours inscrit, si les symptômes s’aggravent ou si la fièvre (> 38 °C) persiste.
  • Prescription différée d’antibiotique : l’antibiotique est prescrit, mais le patient ne le fait remplir que s’il ne va pas mieux après le nombre de jours inscrit ; en attendant : repos, liquides, pastilles ou gargarismes d’eau salée, salin nasal, acétaminophène ou ibuprofène ; s’il guérit, il jette l’ordonnance ; s’il s’aggrave, il reconsulte.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgencePneumonie avec signes de sévérité (SpO₂ < 90 %, confusion, hypotension)
  • UrgenceDyspnée au repos rapidement progressive (< 1 semaine)
  • UrgenceHémoptysie importante ou répétée (≥ 100 mL, ou 20 mL à quelques reprises dans la journée)
  • UrgenceMPOC aggravée avec somnolence ou désaturation (SpO₂ < 90 % : EAMPOC grave, pas une bronchite)

Consulter en pneumologie si :

Bronchite aiguë simple : aucune consultation ; revoir le patient si fièvre > 3 jours, dyspnée, hémoptysie ou toux > 3 semaines.

  • UrgentHémoptysie abondante ou répétée (≥ 100 mL, ou ≈ 20 mL plusieurs fois dans la journée) — garde, même jour.
  • UrgentPneumonie avec critères de gravité (SpO₂ < 90 %, confusion, hypotension) — garde, même jour.
  • UrgentDyspnée de repos ou rapidement progressive — garde, même jour.
  • Semi-urgentHémoptysie qui persiste — ≤ 10 jours.
  • ÉlectifToux > 6 semaines ou > 3 épisodes par an (toux > 8 sem avec RX normale : après le bilan de toux chronique) — ≤ 12 mois.
  • ÉlectifAsthme soupçonné (sibilances récidivantes, toux nocturne) — ≤ 12 mois.

À préparer : durée et évolution de la toux, nombre d’épisodes par an, RX pulmonaire, spirométrie si faite, SpO₂, tabagisme, médicaments (IECA).

  • RapideHémoptysie persistante ou récidivante — priorité B (≤ 10 j)
  • ÉlectifToux chronique avec RX normale (> 8 semaines, après le bilan de toux chronique) — priorité E (≤ 12 mois)
  • ÉlectifAsthme ou MPOC soupçonné (sibilances récidivantes, tabagisme) — priorité E (≤ 12 mois)
  • ÉlectifBronchites à répétition (> 3 épisodes par an ; bronchiectasies symptomatiques : priorité D) — consultation externe en pneumologie

À préparer : durée et évolution de la toux, nombre d’épisodes par an ; RX pulmonaire, spirométrie si faite ; tabagisme, IECA, RGO ; traitements essayés. Coqueluche : MADO, aviser la santé publique.

Suivi et congé

  • Expliquer que la toux dure en moyenne 2 à 3 semaines, parfois jusqu’à 6.
  • Consulter de nouveau si :
    • fièvre > 3 jours ou réapparition de la fièvre ;
    • dyspnée, douleur thoracique, hémoptysie ;
    • aggravation, ou toux > 3 semaines.
  • Toux > 8 semaines : bilan de toux chronique (RX, spirométrie ; voir la fiche « Toux subaiguë et chronique »).
  • Orientation en spécialité (toux > 6 semaines, > 3 épisodes par an, autre cause suspectée) : voir Consulter.

Pièges et perles

💡 Les mots « bronchite » et « expectorations vertes » ne sont pas des indications d’antibiotique. La décision repose sur les signes vitaux et l’examen pulmonaire, qui servent à éliminer une pneumonie.

  • Chez la personne âgée en CHSLD, une « bronchite » peut cacher une pneumonie d’aspiration ou une IC. Il faut un seuil bas pour faire une RX.
  • Penser à la coqueluche chez l’adulte qui a une toux en quintes prolongée, surtout s’il est en contact avec des nourrissons.
  • Une toux persistante sous IECA est un effet de classe. Remplacer par un ARA.

Références

🩺 Situations CHSLD qui renvoient ici

🔗 Voir aussi