Dr .omni

Soins hospitaliers › Néphrologie et électrolytesPremière ligne › Néphrologie et électrolytesCHSLD et soins palliatifs › Néphrologie et électrolytes

Analyse d’urine, hématurie et protéinurie

Néphrologie et électrolytesFiche révisée · 21 oct. 2026

✉️ Signaler une erreur

En bref : Une bandelette positive pour le sang se confirme au microscope (≥ 3 GR/champ). On sépare ensuite l’hématurie glomérulaire (protéinurie, cylindres érythrocytaires, GR dysmorphiques, baisse du DFGe : néphrologie) de l’hématurie urologique (cystoscopie et imagerie selon le risque de cancer). La protéinurie se quantifie par RAC ou RPC sur miction, se classe selon KDIGO et se traite surtout par blocage du SRAA et iSGLT2.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Hématurie + protéinurie + créatinine qui monte en jours : GN rapidement progressive (urgence ; chercher une hémorragie alvéolaire).
  • Hématurie macroscopique : risque de cancer 10–20 %.
  • Bandelette + sang mais 0 GR : myoglobinurie (rhabdomyolyse) ou hémolyse.
  • Protéinurie néphrotique (> 3–3,5 g/j) : thrombose, infection.
  • Hématurie sous anticoagulant : n’est pas « expliquée » par l’anticoagulant.

✅ À faire maintenant

  • Microscopie (≥ 3 GR/champ), sédiment (cylindres érythrocytaires, GR dysmorphiques).
  • Créatinine/DFGe, RAC ou RPC sur miction, PA ; CK si 0 GR.
  • Exclure cause transitoire (règles, effort, sexe, IVU) ; répéter 6 semaines après traitement d’une IVU.
  • Signes glomérulaires : C3-C4, ANA, ANCA, anti-MBG, VHB, VHC, VIH, EPP-EPU.
  • Stratifier le risque urothélial : cystoscopie + écho (intermédiaire) ou uro-TDM (élevé).
  • À l’hôpital (sonde, infection) : refaire l’AU à distance.

💊 Premières ordonnances

  • Albuminurie (RAC ≥ 3) : IECA ou ARA titré à la dose maximale tolérée (p. ex. ramipril 2,5 mg PO die, ↑ par paliers ≥ 2 sem jusqu’à 10 mg die ; ClCr < 40 : 1,25 mg die, max 5 mg) ; créatinine et K en 1–2 semaines (hausse ≤ 30 % acceptée).
  • iSGLT2 si DFGe ≥ 20 selon l’indication : empagliflozine 10 mg PO die ou dapagliflozine 10 mg PO die (DFGe ≥ 25) ; voir Prise en charge.

📞 Appeler ou orienter si

  • Néphrologie : GN rapidement progressive soupçonnée
  • Urologie : Hématurie macroscopique active, non infectieuse
  • Radiologie interventionnelle : Hématurie macroscopique massive non contrôlée

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer à l’urgence : GN rapidement progressive soupçonnée ; hématurie macroscopique active, non infectieuse

Délais, autres situations et quoi préparer : section Consulter ›

📨 Référer : CRDS Consulter en néphrologie si : (priorités A à E) · 🚩 Alertes cliniques : urgence

🔗 Ressources et raisonnement

📞 Consulter CRDS — Urologie · CRDS — Néphrologie · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe

🔗 Ressources et raisonnement

📞 Consulter Consulter en urologie si : · Consulter en néphrologie si : · Urgente : consultation intrahospitalière · semi-urgente : intrahospitalière ou externe · élective : en externe

Analyse d’urine : lecture rapide

Prélèvement

  • Mi-jet chez l’homme comme chez la femme ; le nettoyage préalable est souvent conseillé, mais son bénéfice n’est pas démontré (Simerville, AFP 2005).
  • Analyser dans les 2 heures ou réfrigérer : au-delà, les résultats deviennent peu fiables (bactéries qui prolifèrent, éléments qui se dégradent).

Bandelette : ce qui la trompe

Lire chaque plage avec le contexte ; les interférences les plus utiles (Simerville, AFP 2005) : - Densité élevée (urine concentrée) : faux négatifs pour les leucocytes, les nitrites, le glucose et le sang ; l’urine diluée, elle, sous-estime les protéines. - Vitamine C : faux négatifs pour le sang, le glucose, les nitrites et les leucocytes. - Phénazopyridine : colore l’urine en orange et donne de faux positifs (protéines, nitrites, bilirubine, urobilinogène). - Contamination du prélèvement : leucocytes et nitrites faussement positifs ; le sang menstruel rend la plage « sang » positive. - Leucocytes faussement négatifs : glycosurie, cétonurie, protéinurie, certains antibiotiques (céphalexine, nitrofurantoïne, tétracycline, gentamicine). - Nitrites négatifs malgré une infection : germe sans nitrate réductase (entérocoque, S. saprophyticus), urine restée peu de temps dans la vessie, pH acide. - Protéines : la plage réagit surtout à l'albumine ; elle ne voit pas les chaînes légères (myélome). Faux positifs en urine alcaline ou concentrée. - Sang : la plage détecte l'hémoglobine, donc aussi l’hémoglobine libre (hémolyse) et la myoglobine (rhabdomyolyse) ; faux négatifs avec le captopril ou un pH < 5,1. - Glucose : apparaît quand la glycémie dépasse le seuil rénal (≈ 10 mmol/L), sous iSGLT2 (effet attendu) ou en tubulopathie (Fanconi). - Cétones : jeûne, ACD, alcool, diète cétogène ; faux positifs avec le mesna et la lévodopa. - Bilirubine / urobilinogène : bilirubine en cholestase ; urobilinogène ↑ en hémolyse ou en atteinte hépatocellulaire ; faux négatif de la bilirubine sous chlorpromazine.

💡 Perle clinique : sang positif à la bandelette, 0 GR au microscope → chercher une hémoglobinurie (hémolyse) ou une myoglobinurie (CK). À l’inverse, une urine rouge avec bandelette négative est une pseudohématurie : betteraves, mûres, rifampicine, porphyrie.

Couleur et odeur

  • Rouge à brun : sang, hémoglobine ou myoglobine (bandelette positive) ; aliments (betteraves, mûres, rhubarbe) ou rifampicine (bandelette négative). Une hématurie brune, sans caillots, oriente vers le glomérule.
  • Orange : urine très concentrée, pigments biliaires, phénazopyridine, phénothiazines.
  • Bleu ou vert : bleu de méthylène, amitriptyline, triamtérène, cimétidine ou prométhazine IV ; rarement une infection à Pseudomonas.
  • Brun foncé à noir : pigments biliaires, mélanine, méthémoglobine ; lévodopa, méthyldopa, métronidazole, nitrofurantoïne, séné.
  • Trouble : pyurie, phosphates, lipides ou chylurie.
  • L’odeur aide rarement. Trois exceptions : fruitée (cétose), fécale (fistule entérovésicale), ammoniacale (stase prolongée, germe uréasique).

Sédiment : cylindres et cristaux

Cylindre Signification
Hyalins Non spécifique : urine concentrée, effort, fièvre, diurétique
Érythrocytaires Glomérulonéphrite (pathognomonique), vasculite
Leucocytaires Pyélonéphrite, néphrite interstitielle
Granuleux « boueux brun » Nécrose tubulaire aiguë
Cireux Insuffisance rénale chronique avancée
Graisseux (corps ovales) Syndrome néphrotique
  • Cristaux : oxalate de calcium (environ 70 % des calculs ; aussi intoxication à l’éthylène glycol), acide urique (urine acide, lyse tumorale), struvite (germes uréasiques : Proteus, Klebsiella), cystine (cystinurie, toujours pathologique).
Cylindre Signification
Hyalins Non spécifiques, possibles chez le sujet sain (urine concentrée, effort) ; aussi pyélonéphrite, MRC
Érythrocytaires Glomérulonéphrite (dont vasculite)
Leucocytaires Inflammation rénale : pyélonéphrite, néphrite interstitielle, GN
Épithéliaux (cellules tubulaires) et granuleux Nécrose tubulaire aiguë, néphrite interstitielle, maladie rénale
Cireux, larges Maladie rénale avancée ou terminale
Graisseux (corps ovales) Syndrome néphrotique
  • Cristaux : à interpréter selon le contexte, car on peut en voir chez le sujet sain. Oxalate de calcium (aussi dans l’intoxication à l’éthylène glycol) ; acide urique (urine acide, lyse tumorale) ; phosphate ammoniaco-magnésien ou struvite (urine alcaline, germes uréasiques comme Proteus) ; cystine (diagnostique d’une cystinurie).

Résumé dans nos mots, d’après : Simerville JA et al., Am Fam Physician, 2005.

Hématurie

Définitions

  • Microhématurie : ≥ 3 GR/champ à fort grossissement au microscope. Une bandelette positive seule ne suffit pas.
  • Une hématurie peut être passagère (règles, effort intense ou rapport sexuel récents, infection urinaire, infection virale, instrumentation). On refait alors l’analyse une fois la cause disparue ; après une infection urinaire, attendre 6 semaines après le traitement (CUA 2009).
  • Hématurie macroscopique : évaluation urologique complète d’emblée (créatinine, uro-TDM, cystoscopie), car le risque de cancer est d’environ 10–20 %.

Glomérulaire ou urologique ?

La question décide de l’orientation : néphrologie si glomérulaire, bilan urologique sinon (AUA/SUFU 2020 ; KDIGO 2024). - Pour le glomérule : cylindres érythrocytaires (quasi diagnostiques), GR dysmorphiques (acanthocytes), protéinurie associée (RPC > 30 mg/mmol), DFGe en baisse, HTA ou œdème récents. Une hématurie qui suit une IVRS en 1–3 jours évoque une néphropathie à IgA ; en 2–3 semaines, une GN post-streptococcique. - Pour les voies urinaires : GR de forme normale, caillots, urine rouge vif, douleur au flanc, symptômes mictionnels, âge et tabagisme.

Causes fréquentes

< 40 ans ≥ 40 ans
Lithiase, infection, néphropathie à IgA, membranes basales minces, Alport, traumatisme, polykystose Lithiase, cancer (vessie, rein, prostate, uretère), HBP, infection, néphropathie à IgA
  • Autres : anticoagulation excessive (cherche quand même une lésion sous-jacente), drépanocytose, nécrose papillaire (AINS, diabète), cyclophosphamide, radiothérapie, schistosomiase et tuberculose (patients migrants ou voyageurs).

Risque de cancer urothélial

Les trois éléments qui pèsent le plus dans la stratification AUA/SUFU sont l'âge, le sexe masculin et le tabagisme (paquets-années) ; s’y ajoutent le nombre de GR/champ et les antécédents d’hématurie macroscopique (tableau plus bas). Autres facteurs qui font monter le risque (AUA/SUFU 2020, résumé AFP 2021) : - expositions professionnelles (amines aromatiques et benzène : teinture, caoutchouc, cuir, peinture, imprimerie) ; - chimiothérapie par cyclophosphamide, radiothérapie pelvienne ; - corps étranger chronique (sonde à demeure), symptômes irritatifs sans infection ; - antécédent familial de cancer ou syndrome héréditaire de cancer (p. ex. Lynch).

À chercher au questionnaire et à l’examen

  • Questionnaire : cause passagère récente (voir plus haut), anticoagulant, chimiothérapie, IVRS, symptômes généraux ; séjour en zone d’endémie (schistosomiase, tuberculose).
  • Examen : PA et œdème ; purpura ou éruption, arthrite (vasculite) ; surdité (Alport) ; masse ou sensibilité lombaire ; prostate chez l’homme, examen pelvien chez la femme.

Algorithme

Non

Oui

Oui

Résolue

Persistante

Non

Oui

Non

Faible

Intermédiaire

Élevé ou macroscopique

Bandelette + pour le sang

Microscopie :
≥ 3 GR/champ ?

Hémoglobine ou myoglobine ?
CK, bilan d’hémolyse

Cause bénigne ou infection ?
menstruations, effort, sexe, IVU

Traiter puis répéter l’AU
6 semaines plus tard

Fin de l’évaluation

Créatinine, RPC ou RAC,
sédiment, PA

Signes glomérulaires ?
cylindres GR, GR dysmorphiques,
protéinurie, ↓ DFGe, HTA

Bilan néphro :
C3-C4, ANA, ANCA, anti-MBG,
VHB, VHC, VIH, EPP-EPU
→ Néphrologie

Stratifier le risque
de cancer urothélial

Répéter l’AU en < 6 mois
ou cystoscopie + écho
(décision partagée)

Cystoscopie +
échographie rénale

Cystoscopie +
uro-TDM

Stratification du risque (AUA/SUFU)

Risque Critères (tous requis pour « faible ») Évaluation
Faible Femme < 50 ans ou homme < 40 ans ; < 10 paquets-années ; 3–10 GR/champ ; aucun autre facteur de risque Répéter l’AU dans 6 mois ou cystoscopie + écho
Intermédiaire Femme 50–59 ans ou homme 40–59 ans ; 10–30 paquets-années ; 11–25 GR/champ ; ou faible risque avec microhématurie récidivante Cystoscopie + échographie rénale
Élevé ≥ 60 ans ; > 30 paquets-années ; > 25 GR/champ ; antécédent d’hématurie macroscopique Cystoscopie + uro-TDM (uro-IRM ou pyélographie rétrograde si contre-indication)

⚠️ Recommandation actuelle (AUA/SUFU, 2020, révisée 2025) : la cytologie urinaire n’est plus recommandée d’emblée pour la microhématurie (le guide CUA de 2009 et les notes d’origine la proposaient pour tous). On la réserve aux symptômes irritatifs ou aux facteurs de risque de carcinome in situ. L'échographie remplace l’uro-TDM chez les patients à risque faible ou intermédiaire, ce qui épargne radiation et contraste.

Imagerie du haut appareil

Examen Forces Limites
Uro-TDM Référence : lithiase, masses rénales, tumeurs urothéliales Contraste (DFGe), irradiation, coût
Échographie Sans radiation ni contraste ; kystes, hydronéphrose, masses > 3 cm Peu sensible pour masses < 3 cm et uretères
Uro-IRM Si contraste iodé contre-indiqué Accès, gadolinium si DFGe < 30

Orientation

  • Néphrologie ou urologie : voir Consulter.

Suivi après une évaluation négative

  • Risque faible ou intermédiaire avec hématurie persistante : décision partagée ; répéter l’AU annuellement pendant quelques années.
  • Réévaluer complètement si hématurie macroscopique, cytologie anormale ou symptômes irritatifs sans infection.
  • Orienter en néphrologie si apparaissent HTA, protéinurie ou signes glomérulaires.
  • Arrêt du suivi après 2 AU annuelles négatives consécutives (AUA) ; on peut envisager une réévaluation 3–5 ans plus tard si facteurs de risque.

Protéinurie

Mesure et équivalences

Catégorie KDIGO RAC (mg/mmol) RPC (mg/mmol) Albumine 24 h Protéines 24 h Bandelette
A1 normale ou légère < 3 < 15 < 30 mg < 150 mg Négative ou traces
A2 modérée 3–30 15–50 30–300 mg 150–500 mg Traces à 1+
A3 sévère > 30 > 50 > 300 mg > 500 mg ≥ 1+
Néphrotique > 220 > 300 > 2,2 g > 3–3,5 g 3+
  • Repère : RPC (mg/mmol) × 10 ≈ protéinurie en mg/24 h (RPC 100 ≈ 1 g/j).
  • Diabète Canada considère un RAC ≥ 2,0 mg/mmol comme anormal. Il faut 2 RAC anormaux sur 3 en 3 mois pour confirmer.
  • Le RAC est plus sensible pour l’albuminurie glomérulaire précoce (diabète, HTA). Le RPC détecte aussi les protéines tubulaires. Ni l’un ni l’autre ne détecte les chaînes légères : demander une EPU et des chaînes légères libres sériques si myélome suspecté.

Classification et causes

Type Mécanisme Exemples
Transitoire ou fonctionnelle Hémodynamique Fièvre, effort, IC décompensée, convulsion, diabète déséquilibré
Orthostatique Posturale, bénigne Jeune < 30 ans ; 1re miction du matin normale
Glomérulaire (albumine) Barrière glomérulaire Diabète, néphroangiosclérose, IgA, membraneuse, lésions minimes, HSF, amyloïdose, lupus, prééclampsie
Tubulaire (< 2 g/j) Réabsorption ↓ Néphrite interstitielle, Fanconi, métaux lourds
Débordement Surproduction Myélome (chaînes légères), rhabdomyolyse

Classification d’après Carroll MF et Temte JL, Am Fam Physician, 2000 ; catégories d’albuminurie selon KDIGO 2024.

Évaluation

  • Répéter pour exclure une cause transitoire. Tester une 1re miction du matin chez le jeune (orthostatique).
  • Bilan : créatinine et DFGe, AU avec sédiment, glycémie et HbA1c, PA, lipides.
  • Protéinurie + hématurie ou protéinurie néphrotique : C3-C4, ANA, ANCA, anti-MBG, anti-PLA2R (membraneuse), VHB, VHC, VIH, EPP, EPU et chaînes légères libres, échographie rénale. Biopsie rénale probable.
  • Syndrome néphrotique : protéinurie > 3,5 g/j, albumine basse, œdème, dyslipidémie. Risque de thrombose (veine rénale) et d’infection.

Prise en charge (maladie rénale chronique avec albuminurie)

  • IECA ou ARA titré à la dose maximale tolérée si RAC ≥ 3 mg/mmol (surtout diabète ou HTA). Accepter une hausse de créatinine ≤ 30 % ; contrôle créatinine et K en 1–2 semaines.
  • iSGLT2 si DFGe ≥ 20 (dapagliflozine : DFGe ≥ 25) : diabète de type 2, ou MRC avec RAC ≥ 20 mg/mmol, ou insuffisance cardiaque.
  • Finérénone si diabète de type 2 avec RAC ≥ 3 mg/mmol malgré IECA/ARA et K normal.
  • Cible de PA < 120 systolique si tolérée (KDIGO), statine selon l’âge et le risque, arrêt du tabac, éviter les AINS.

⚠️ Recommandation actuelle (KDIGO, 2024) : l’iSGLT2 fait désormais partie du traitement de base de la MRC avec albuminurie, au même titre que l’IECA/ARA. L’orientation repose sur une KFRE à 5 ans ≥ 3–5 % ; la note d’origine retenait ≥ 5 %.

Orientation en néphrologie (protéinurie)

  • Voir Consulter (seuils et délais) ; KFRE : kidneyfailurerisk.com.

Médicaments à suspendre en cas de déshydratation ou d’infection (« jours de maladie »)

  • SADMANS : Sulfonylurées, IECA, Diurétiques, Metformine, ARA, AINS, iSGLT2 (SGLT2). Reprendre 24–48 h après le retour de l’alimentation normale.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceGN rapidement progressive soupçonnée (hématurie + protéinurie + créatinine qui monte en jours, hémoptysie) — néphrologue de garde ; ANCA et anti-MBG le jour même
  • UrgenceHématurie macroscopique active (caillots, rétention, douleur non soulagée, instabilité)

Consulter en néphrologie si :

Hématurie glomérulaire isolée (sans protéinurie, HTA ni insuffisance rénale) : suivi en 1re ligne (PA, créatinine et RAC aux 6–12 mois).

  • UrgentGN rapidement progressive soupçonnée (hématurie + protéinurie + créatinine en hausse, p. ex. > 100 % ; hémoptysie : hémorragie alvéolaire) — garde, même jour ; ANCA et anti-MBG le jour même.
  • Semi-urgentSyndrome néphrotique (protéinurie > 3 g/24 h, hypoalbuminémie, anasarque) — pendant le séjour ou ≤ 10 jours.
  • Semi-urgentProtéinurie > 3 g/24 h sans anasarque (RPC > 300 ou RAC > 180 mg/mmol) — ≤ 28 jours.
  • ÉlectifProtéinurie modérée de 1 à 3 g/24 h (RPC 100–300 ou RAC 60–180 mg/mmol) — ≤ 3 mois.
  • ÉlectifProtéinurie < 1 g/24 h (RAC ≥ 30 ou RPC ≥ 50 mg/mmol, protéinurie inexpliquée, ou KFRE à 5 ans ≥ 3–5 %) — ≤ 12 mois.
  • ÉlectifDFGe < 30 persistant (IRC stable ; DFGe < 15 : ≤ 10 jours) — ≤ 3 mois.
  • ÉlectifHTA résistante (≥ 3 antihypertenseurs dont un diurétique) — ≤ 3 mois.
  • ÉlectifHyperkaliémie ou créatinine > 30 % sous IECA/ARA — consultation externe en néphrologie.
  • ÉlectifHématurie isolée après bilan urologique négatif, ou polykystose — ≤ 12 mois.

À préparer : 2 dosages de créatinine, RPC ou RAC sur miction, AU avec sédiment (cylindres, GR dysmorphiques), PA ; si glomérulaire : C3-C4, ANA, ANCA, anti-MBG, VHB, VHC, VIH, EPP-EPU.

Seuils d’orientation : RAC ≥ 30 ou RPC ≥ 50 mg/mmol, hématurie glomérulaire avec protéinurie, KFRE à 5 ans ≥ 3–5 % ; la gravité de la protéinurie suit le tableau du formulaire CRDS.

  • RapideSyndrome néphrotique (> 3 g/24 h, hypoalbuminémie, œdème) — priorité B (≤ 10 j)
  • RapideProtéinurie grave — priorité C (≤ 28 j)
  • ÉlectifProtéinurie modérée persistante — priorité D (≤ 3 mois)
  • ÉlectifHématurie glomérulaire avec HTA ou DFGe abaissé (cylindres érythrocytaires, GR dysmorphiques) — consultation externe en néphrologie
  • ÉlectifDFGe < 30 ou K/créatinine ↑ > 30 % sous IECA/ARA — consultation externe en néphrologie
  • ÉlectifHématurie isolée après bilan urologique négatif — priorité E (≤ 12 mois)

Consulter en urologie si :

  • UrgentHématurie macroscopique active, non infectieuse — garde, même jour.
  • Semi-urgentHématurie macroscopique intermittente (culture négative) — ≤ 28 jours ; uro-TDM et cystoscopie.
  • ÉlectifMicrohématurie non glomérulaire (≥ 40 ans, facteurs de risque ou anomalie à l’imagerie) — ≤ 3 mois.

Consulter en radiologie interventionnelle si :

  • UrgentHématurie macroscopique massive non contrôlée (tumeur vésicale ou rénale, fistule artérioveineuse ; malgré l’irrigation vésicale) — radiologiste de garde, même jour ; embolisation, en accord avec l’urologie.
  • RapideHématurie macroscopique intermittente (culture négative) — priorité C (≤ 28 j)
  • RapideMasse vésicale ou rénale à l’imagerie (masse solide, kyste complexe) — priorité C (≤ 28 j)
  • ÉlectifMicrohématurie non glomérulaire (≥ 40 ans ou facteurs de risque urothélial) — priorité D (≤ 3 mois)

À préparer : AU avec microscopie et sédiment (≥ 2, hors cause transitoire), culture ; créatinine/DFGe, RAC ou RPC, PA ; si signes glomérulaires : C3-C4, ANA, ANCA, anti-MBG, VHB, VHC, VIH, EPP-EPU ; tabac (paquets-années), expositions, anticoagulant ; imagerie faite.

Pièges et perles

  • Une hématurie sous anticoagulant n’est pas « expliquée » par l’anticoagulant : on fait la même évaluation.
  • En hospitalisation (sonde, infection, effort), l’AU est souvent faussée : refaire l’analyse à distance, en externe.
  • Protéinurie massive sans albumine au RAC : penser au myélome (chaînes légères).
  • GN rapidement progressive (hématurie + protéinurie + créatinine qui monte en jours) : urgence néphrologique ; ANCA et anti-MBG le jour même ; chercher une hémorragie alvéolaire.
  • Leucocyturie stérile : antibiotique récent, tuberculose, néphrite interstitielle, lithiase, Chlamydia.

Outils publics de l’Estrie

Documents publics de Santé Québec – Estrie-CHUS, utilisés à la place de documents internes. Voir aussi Accueil clinique : ordonnances collectives publiques.

📄 Outil public de l’Estrie — HY-OC-AM-010 : Accueil clinique : hématurie macroscopique asymptomatique (2022)

  • Exclusions : caillots, rétention, douleur non soulagée, instabilité (urgence).
  • Analyse et culture d’urine, créatinine, urée, électrolytes, FSC, coagulation (± β-hCG) ; uro-TDM 3 phases (échographie si grossesse) dans les 3 semaines ; cytologie urinaire ×3 une fois l’hématurie résolue.
  • Urologie avec cystoscopie dans le mois ; culture positive : traitement par le référent puis contrôle.

Résumé dans nos mots. Source : Santé Québec – Estrie-CHUS, HY-OC-AM-010. Document public utilisé à la place d’un document interne ; les corridors, formulaires et délais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Références

🩺 Situations CHSLD qui renvoient ici

🔗 Voir aussi