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CHSLD et soins palliatifs › Garde : appels aigus

Hématurie, épistaxis

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En bref : Hématurie et épistaxis sont des appels fréquents en CHSLD, souvent chez un résident sous anticoagulant ou antiplaquettaire. La plupart se règlent sur place par des mesures locales. On vérifie d’abord la stabilité hémodynamique, puis l’INR ou l’anticoagulant en cours. Une hématurie macroscopique avec caillots peut bloquer la vessie ou la sonde : c’est l’urgence la plus fréquente.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Hypotension, tachycardie, pâleur, saignement qui ne s’arrête pas malgré une compression bien faite.
  • Épistaxis qui coule dans la gorge (saignement postérieur), vomissements de sang, risque d’aspiration.
  • Rétention urinaire sur caillots : globe douloureux, sonde qui ne draine plus, agitation.
  • INR très élevé sous warfarine ; saignement sous AOD sans cause locale.

✅ À faire maintenant

  • Signes vitaux ; estimer la quantité de sang perdue et la durée.
  • Épistaxis : résident assis, penché vers l’avant ; compression ferme et continue de la partie molle du nez pendant au moins 5 minutes (plus longtemps sous anticoagulant), sans relâcher pour vérifier.
  • Hématurie : vérifier le drainage (échographie vésicale ou palpation du globe) ; sonde bloquée : irriguer ou la changer selon le protocole de l’établissement.
  • Revoir anticoagulant, antiplaquettaire, AINS ; INR si warfarine ; FSC et créatinine selon le niveau de soins.

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BTransfert si instabilité, épistaxis non contrôlée par compression et mesures locales, rétention sur caillots qu’on ne peut lever sur place, saignement majeur sous anticoagulant.
CMesures locales sur place ; pause de l’anticoagulant au besoin. Transférer si le saignement ou l’inconfort ne peuvent être contrôlés sur place.
DConfort : compression, drainage vésical pour soulager, compresses ou draps foncés, anxiolyse. Pas de bilan.

Sur place

Épistaxis

  • Après la compression : vasoconstricteur topique selon la disponibilité locale ; inspecter la cloison antérieure.
  • Méchage par une personne formée seulement ; chez le résident anticoagulé, un méchage résorbable est préférable.
  • Sans saignement menaçant, commencer par les mesures locales avant d’arrêter ou de renverser l’anticoagulant.
  • Prévention : humidifier la muqueuse (gel salin ou lubrifiant), surveiller l’air sec et les lunettes nasales d’oxygène.

Hématurie

  • Hydratation ; sonde à demeure : vérifier la position, irriguer selon le protocole de l’établissement.
  • Chercher la cause : traumatisme de sonde, infection (critères de Loeb), calcul, cancer de la vessie ou du rein, anticoagulation excessive.
  • L’anticoagulant n’explique pas à lui seul une hématurie : l’investigation (imagerie, cystoscopie) reste indiquée si elle correspond aux objectifs de soins.

Famille et suivi

  • Expliquer au représentant le plan et la décision sur l’anticoagulant (pause, reprise, date).
  • Discuter de l’investigation d’une hématurie selon le pronostic et les souhaits du résident.
  • FSC de contrôle si saignement important, selon le niveau de soins.

Pièges et perles

  • Une urine rouge n’est pas toujours du sang : betterave, rifampicine, myoglobine. Confirmer à l’analyse.
  • Une compression sur la racine osseuse du nez est inefficace : comprimer les ailes du nez.
  • Une agitation chez un résident sondé avec hématurie : penser d’abord à la sonde bloquée.
  • Chaque épisode est l’occasion de revoir l’indication de l’anticoagulant et des antiplaquettaires associés.

Références

  • Tunkel DE, et al. Clinical practice guideline: Nosebleed (epistaxis). Otolaryngol Head Neck Surg 2020;162(1 Suppl):S1-S38.
  • Barocas DA, et al. Microhematuria: AUA/SUFU guideline. J Urol 2020;204(4):778-86.
  • Loeb M, et al. Minimum criteria for the initiation of antibiotics in residents of long-term-care facilities. Infect Control Hosp Epidemiol 2001;22(2):120-4.

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