En bref : Une sonde qui ne draine plus est une urgence de soins ; une rétention peut cacher une compression médullaire ou se présenter comme un delirium. Première action : bladder scan (ou vérifier/irriguer la sonde) et drainer complètement, sans clamper.
Au téléphone
- Dernière miction, volume au bladder scan, douleur sus-pubienne, agitation ou delirium nouveau.
- Sonde en place : depuis quand, coudure, sac au-dessus de la vessie, caillots, hématurie ?
- SV, fièvre, frissons.
- Médicaments : anticholinergiques, opioïdes, décongestionnants ; constipation.
- Dorsalgie, faiblesse des jambes, anesthésie en selle, incontinence fécale ?
- Chirurgie récente de la prostate ou de l’urètre, sang au méat ? Niveau de soins.
- Ordres immédiats :
- Pas de sonde : bladder scan après tentative mictionnelle ; > 300 mL : sonde urétrale 16 Fr, lidocaïne gel 2 % intra-urétral (homme ≈ 10–20 mL, femme 5–10 mL ; max 4 doses/24 h) laissé agir quelques minutes, sonde coudée si HBP ou échec ; ne pas multiplier les essais (urologie après échec de la sonde coudée) ; ne pas clamper, noter le volume.
- Sonde en place : vérifier coudure et position du sac, puis irriguer-aspirer au NS (seringue de 50–60 mL, répéter) ad retour clair ; sinon changer la sonde.
- Fuite autour de la sonde : éliminer d’abord une obstruction ; garder le plus petit calibre efficace.
- Pas de sondage si sang au méat ou chirurgie urétro-prostatique récente : attendre l’avis.
Au chevet — 5 premières minutes
- Globe palpable, douleur, état de conscience.
- Examen neurologique des membres inférieurs, sensibilité périnéale, tonus anal ; toucher rectal (prostate, fécalome).
- Fièvre, instabilité, douleur au flanc : IU associée à la sonde.
- Volume drainé.
- Sonde nouvellement posée sans retour, douleur au gonflement : ballonnet probablement dans l’urètre → dégonfler, repositionner (gonfler seulement après un retour d’urine) ; sinon changer.
- Spasmes vésicaux (douleur sus-pubienne, fuites autour de la sonde) : mirabégron ou antimuscarinique (prudence chez la personne âgée : delirium).
Causes à ne pas manquer
| Cause | Indices | Test rapide |
|---|---|---|
| Queue de cheval / compression médullaire | Dorsalgie, déficit, anesthésie en selle, cancer | Examen neuro, IRM urgente |
| Caillots (hématurie) | Sonde bloquée, urine rouge | Irrigation |
| Médicaments | Anticholinergiques, opioïdes | Revue de la FADM |
| Fécalome | Constipation, âgé | Toucher rectal |
| HBP | Homme âgé, jet faible | Toucher rectal |
| IU associée à la sonde | Fièvre, frissons, delirium | Hémocultures, culture après changement |
Examens
- Créatinine, électrolytes.
- Analyse et culture d’urine à la pose d’une sonde pour rétention.
- Sonde en place depuis quelques jours : la bactériurie est attendue ; culture seulement si symptômes, sur sonde neuve si la sonde est en place depuis > 2 semaines (IDSA) ; pas de culture d’une bactériurie asymptomatique.
- Hémocultures si fièvre ; échographie rénale si créatinine ↑.
Premières ordonnances
- Tamsulosine 0,4 mg PO die (ou alfuzosine 10 mg die) dès la pose.
- Cesser anticholinergiques et opioïdes si possible ; traiter la constipation (PEG 3350 17 g PO die).
- Caillots : sonde 3 voies 20–24 Fr (irrigation, voir fiche).
- Diurèse post-obstructive (≥ 200 mL/h × 2 h ou > 3 L/24 h) : diurèse au moins q2h ; le patient apte boit selon sa soif ; sinon soluté IV pour remplacer au plus 75 % de la diurèse ; Na, K, Mg et créatinine q12h.
- IU sur sonde : antibiothérapie selon la fiche.
Aviser le médecin traitant ou consulter (soins intensifs, spécialiste de garde) si :
- Signes neurologiques : IRM en urgence, patron.
- Échec de la sonde droite puis de la sonde coudée, trauma urétral ou sang au méat, sténose connue, chirurgie prostatique ou urétrale récente, prothèse pénienne ou sphincter artificiel : urologie.
- Faux trajet suspecté : urologie sans délai.
- Hématurie persistante ou caillots récidivants.
- Fièvre avec instabilité (sepsis urinaire).
Fiches liées
- Rétention urinaire aiguë — causes, sondage, essai sans sonde.
- Sonde urinaire — sonde bloquée, IUAS, antibiotiques.
- Urgences oncologiques — compression médullaire.
- Hyperplasie bénigne de la prostate — traitement de fond.
- Delirium — le globe comme cause d’agitation.
Références
- Rétention urinaire aiguë – installation d’une sonde, protocole médical national (INESSS, 2021)
- Management of acute urinary retention in men (NHS Cornwall, consulté en 2026)
- 2025 IDSA guideline – complicated UTI, résumé (emDocs, 2025)
- Intravesical gentamicin: worldwide study into dosing, administration and protocolisation (ICS, 2021)
- Spinal metastases and metastatic spinal cord compression — NG234 recommendations (NICE, 2023)
- Tumour lysis syndrome : prevention and treatment (NHS Scotland Right Decisions, Acute Oncology Guidelines)
- Mise à jour 2018 des lignes directrices de l’AUC sur les SBAU et l’HBP (résumé, Medical Dialogues, 2018)
- Canadian guidance : benign prostatic hyperplasia (résumé de la ligne directrice de l’AUC)
- Monographie de produit – Xylocaine Jelly 2 % (lidocaïne), Aspen Pharmacare Canada / Santé Canada, 2020
- Serlin DC, Heidelbaugh JJ, Stoffel JT. Urinary Retention in Adults: Evaluation and Initial Management (Am Fam Physician, 2018)
- Postobstructive Diuresis (StatPearls)
- British Association of Urological Surgeons. Bladder washout and irrigation (ressource aux résidents).
- Hooton TM et coll. Diagnosis, prevention, and treatment of catheter-associated urinary tract infection in adults (IDSA, Clin Infect Dis 2010)
- Prevention Strategies – Indwelling Urinary Catheters : recommandations CDC/HICPAC 2009 et IDSA 2009 (UroToday, consulté en 2026)
- Références complètes : voir les fiches liées ci-dessus.