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Patient agressif ou violent, patient difficile

PsychiatrieNouvelle fiche SRV · oct. 2026Fiche révisée · 23 oct. 2026

Voir aussi : Agitation aiguë · Troubles de la personnalité · Urgence psychiatrique

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En bref : Devant un patient agressif, la sĂ©curitĂ© (la sienne, celle de l’équipe et des autres patients) passe avant tout. On cherche une cause mĂ©dicale (hypoglycĂ©mie, intoxication, sevrage, dĂ©lirium, psychose), on utilise la dĂ©sescalade verbale et on demande de l’aide tĂŽt (911 au besoin). Avec un patient « difficile » sans violence, on reconnaĂźt ses propres rĂ©actions, on cherche le besoin derriĂšre le comportement et on pose un cadre clair sans abandonner le patient.

đŸ©ș Au chevet

đŸš© Signaux d’alarme

  • Arme, menace prĂ©cise, violence en cours : quitter la piĂšce et appeler le 911.
  • Signes prĂ©curseurs : voix qui monte, poings serrĂ©s, va-et-vient, regard fixe, insultes, menaces.
  • Confusion, intoxication, sevrage, psychose, hypoglycĂ©mie, hypoxie, traumatisme crĂąnien.

✅ À faire maintenant

  • Ne pas rester seul ; porte accessible pour soi ; distance d’au moins deux bras ; position de cĂŽtĂ©, mains visibles ; retirer les objets dangereux.
  • Parler calmement, peu, lentement ; nommer l’émotion (« je vois que vous ĂȘtes en colĂšre »), Ă©couter, offrir des choix simples, poser des limites claires.
  • GlycĂ©mie capillaire et signes vitaux dĂšs que possible.
  • Si la tension monte malgrĂ© tout : mettre fin Ă  l’entrevue et alerter l’équipe.

📞 Appeler ou orienter si

  • Envoyer Ă  l’urgence : Arme, menace prĂ©cise ou violence en cours ; danger pour soi ou autrui liĂ© Ă  l’état mental ; cause mĂ©dicale probable de l’agitation ; agitation sĂ©vĂšre ou dĂ©sorganisation marquĂ©e

DĂ©lais, autres situations et quoi prĂ©parer : section Consulter â€ș

📹 RĂ©fĂ©rer : CRDS Consulter en psychiatrie si : (prioritĂ©s A Ă  E) · đŸš© Alertes cliniques : urgence

Désescalade verbale

  • Une seule personne parle ; se prĂ©senter, appeler le patient par son nom.
  • ReconnaĂźtre la frustration (attente, douleur, refus de prescription) sans se justifier longuement.
  • Offrir ce qu’on peut offrir (eau, endroit calme, dĂ©lai) et dire clairement ce qui n’est pas acceptable.
  • Éviter de toucher, de bloquer la sortie, de hausser le ton ou de faire des promesses intenables.
  • Agitation sĂ©vĂšre dans un milieu Ă©quipĂ© : mĂ©dicament par la bouche d’abord (voir Agitation aiguĂ«) ; au SRV, transfert.

AprĂšs un incident

  • DĂ©clarer l’évĂ©nement selon la procĂ©dure de la clinique ; retour Ă  chaud avec l’équipe.
  • Documenter les faits (paroles, gestes, mesures prises) de façon objective.
  • Mise en garde : on peut lever le secret professionnel pour prĂ©venir un acte de violence, dont un suicide, si un risque sĂ©rieux de mort ou de blessures graves menace une personne ou un groupe identifiable et que la menace inspire un sentiment d’urgence (Code des professions, art. 60.4). Communiquer seulement l’information nĂ©cessaire, aux personnes exposĂ©es ou Ă  celles qui peuvent leur porter secours, et noter au dossier ce qui a Ă©tĂ© communiquĂ© (Code de dĂ©ontologie, art. 21) ; au besoin, appeler l’ACPM.
  • On peut mettre fin Ă  un suivi pour un motif juste et raisonnable (violence, menaces ; Code de dĂ©ontologie, art. 19), sans abandonner le patient : assurer les soins urgents et la transition vers un autre mĂ©decin.

Patient difficile (sans violence)

  • ReconnaĂźtre ses propres Ă©motions (irritation, impuissance) : elles renseignent sur la relation, mais ne doivent pas guider la dĂ©cision.
  • Chercher ce qui est derriĂšre : peur, douleur, perte de contrĂŽle, trouble de la personnalitĂ©, trouble d’usage, dĂ©ficit cognitif, barriĂšre de langue.
  • Établir un cadre : durĂ©e et ordre du jour de la visite, un seul prescripteur, ententes Ă©crites (opioĂŻdes, benzodiazĂ©pines), rendez-vous rĂ©guliers plutĂŽt qu’à la demande.
  • Rester cohĂ©rent et prĂ©visible au sein de l’équipe ; discuter des cas lourds avec des collĂšgues.
  • Voir Troubles de la personnalitĂ©.

Consulter

Envoyer à l’urgence si :

  • UrgenceArme, menace prĂ©cise ou violence en cours — quitter la piĂšce, 911
  • UrgenceDanger pour soi ou autrui liĂ© Ă  l’état mental — 911 et loi P-38 (garde prĂ©ventive)
  • UrgenceCause mĂ©dicale probable de l’agitation (dĂ©lirium, intoxication, sevrage, hypoglycĂ©mie, hypoxie, TCC) — transfert
  • UrgenceAgitation sĂ©vĂšre ou dĂ©sorganisation marquĂ©e (au SRV) — transfert

Consulter en psychiatrie si :

Patient difficile sans danger : cadre clair, un seul prescripteur, ententes écrites ; travailleur social ou psychologie au besoin.

  • RapideTrouble grave instable, risque de dĂ©gradation (dĂ©sorganisation lĂ©gĂšre, menaces rĂ©currentes) — prioritĂ© B (≀ 10 j)
  • ÉlectifTrouble de personnalitĂ© rĂ©fractaire Ă  l’approche de 1re ligne (dĂ©tresse significative, fonctionnement stable) — prioritĂ© D (≀ 3 mois)
  • ÉlectifToxicomanie avec trouble psychiatrique (condition chronique Ă  optimiser) — prioritĂ© E (≀ 12 mois)

À prĂ©parer : description objective des comportements (paroles, gestes, contexte) ; glycĂ©mie et signes vitaux ; consommation ; antĂ©cĂ©dents psychiatriques et de violence ; mĂ©dicaments ; mesures et ententes dĂ©jĂ  tentĂ©es.

PiĂšges et perles

  • Toujours Ă©liminer une cause organique (hypoglycĂ©mie, dĂ©lirium, sevrage) avant d’attribuer l’agressivitĂ© au caractĂšre.
  • La violence au cabinet est sous-dĂ©clarĂ©e ; un plan de sĂ©curitĂ© de la clinique (bouton d’alerte, code, amĂ©nagement) protĂšge tout le monde.

Outils publics de l’Estrie

Documents publics de SantĂ© QuĂ©bec – Estrie-CHUS, utilisĂ©s Ă  la place de documents internes. Voir aussi Accueil clinique : ordonnances collectives publiques.

📄 Outil public de l’Estrie — CREF-ZZ-001 : Cadre de rĂ©fĂ©rence : application des mesures de contrĂŽle (contention, isolement, substances chimiques) (2019)

  • Art. 118.1 de la LSSSS : seulement pour empĂȘcher une lĂ©sion Ă  soi ou Ă  autrui, risque imminent, en dernier recours, mesure la moins contraignante, durĂ©e minimale.
  • Contexte planifiĂ© : consentement de la personne ou de son reprĂ©sentant, plan d’intervention ; urgence imprĂ©visible : sans consentement (C.c.Q., art. 13), aviser rapidement le reprĂ©sentant et analyser l’évĂ©nement.
  • Le mĂ©decin prescrit les substances chimiques, réévalue souvent et cesse la mesure dĂšs qu’elle n’est plus nĂ©cessaire.

RĂ©sumĂ© dans nos mots. Source : SantĂ© QuĂ©bec – Estrie-CHUS, CREF-ZZ-001. Document public utilisĂ© Ă  la place d’un document interne ; les corridors, formulaires et dĂ©lais sont ceux de l’Estrie : utiliser ceux de son milieu.

Références

  • CREF-ZZ-001 — Cadre de rĂ©fĂ©rence : application des mesures de contrĂŽle (contention, isolement, substances chimiques) (SantĂ© QuĂ©bec – Estrie-CHUS, 2019 ; document public)
  • Richmond JS et coll. Verbal de-escalation of the agitated patient: consensus statement of the American Association for Emergency Psychiatry Project BETA De-escalation Workgroup. West J Emerg Med. 2012;13(1):17-25.
  • Code de dĂ©ontologie des mĂ©decins (QuĂ©bec), RLRQ c. M-9, r. 17, art. 19 Ă  21 et 35 (fin de suivi, secret professionnel) ; Code des professions, RLRQ c. C-26, art. 60.4.
  • CollĂšge des mĂ©decins de famille du Canada. Les objectifs d’évaluation pour la certification en mĂ©decine de famille, 2e Ă©d., 2020 : sujets prioritaires « Violence/patient agressif » et « Patient difficile ».
  • MSSS. Grilles provinciales de priorisation des demandes de consultation spĂ©cialisĂ©e (CRDS) — Psychiatrie.