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CHSLD et soins palliatifs › Soins palliatifs et fin de vie

Soins après le décès et rituels culturels

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En bref : Les heures qui suivent le décès comptent beaucoup pour les proches. Le rôle du médecin : constater le décès, décider s’il faut aviser le coroner, remplir le bulletin de décès et s’assurer que les souhaits culturels, religieux et personnels du résident sont respectés. Ces souhaits se demandent avant le décès et s’inscrivent au dossier. Le constat et le coroner sont traités dans « Constat de décès et avis au coroner ».

🩺 Au chevet

🚩 Avant de toucher au corps

  • Cas de coroner possible (chute, étouffement, incident, cause inconnue) : ne pas retirer sonde, cathéter ni dispositif avant ses directives.
  • Aide médicale à mourir : suivre les règles propres à l’AMM (voir « Aide médicale à mourir »).
  • Don de tissus possible : suivre la procédure de l’établissement (réfrigération rapide du corps).

✅ À faire maintenant

  • Constater le décès et noter l’heure ; aviser les proches selon leurs souhaits (de nuit ou au matin).
  • Relire au dossier les souhaits sur les rites, la présence d’un guide spirituel et les soins du corps.
  • Laisser aux proches le temps d’être avec le défunt avant le transfert à la morgue ou au salon funéraire, selon la politique de l’établissement.
  • Remplir le bulletin de décès (SIED, anciennement formulaire SP-3) dans les 3 jours (voir « Bulletin de décès »).

Selon le niveau de soins

NiveauConduite
A – BDécès souvent inattendu ou après une RCR : penser au coroner ; ne pas retirer le matériel tant que la décision n’est pas prise.
CDécès souvent prévisible : constat, soins du corps selon les souhaits, avis au coroner seulement si un critère est présent.
DDécès attendu : soins du corps et rituels planifiés à l’avance avec la famille ; le constat peut être fait par l’infirmière.

Soins du corps et rituels

  • Demander, ne pas présumer : une même religion ou origine recouvre des pratiques très variées. Demander au représentant ce qui est important : toilette par la famille ou par une personne du même sexe, prières, objets religieux, orientation du corps, délai avant l’inhumation.
  • Toilette : certaines familles souhaitent la faire elles-mêmes ; le permettre si c’est sécuritaire (précautions additionnelles s’il y a lieu).
  • Délai : certaines traditions (musulmane, juive, entre autres) souhaitent une inhumation rapide ; faire le bulletin de décès sans retard et prévenir l’équipe de jour.
  • Autopsie : parfois contraire aux croyances. Hors des cas où le coroner l’ordonne, elle demande le consentement des proches. Le dire clairement à la famille.
  • Premières Nations et Inuit : respecter les pratiques traditionnelles (cérémonie, purification, présence de la communauté), comme le prévoit la loi sur la sécurisation culturelle de 2024 ; s’appuyer sur l’agent de liaison autochtone si l’établissement en a un.
  • Chambre : lieu calme, objets personnels ; une chambre partagée exige d’aviser et de soutenir le voisin de chambre.

Don de tissus, famille et suivi

  • Don de tissus : la référence à Héma-Québec se fait selon la procédure de l’établissement, le plus tôt possible après le décès. Héma-Québec juge de l’admissibilité et vérifie les registres de consentement ; ses critères d’exclusion (notamment l’âge avancé et plusieurs maladies neurologiques dégénératives, dont la démence) excluent la plupart des résidents. Éviter d’en parler à la famille avant sa réponse.
  • Remettre aux proches l’information sur les démarches funéraires selon la procédure de l’établissement.
  • Offrir du soutien de deuil et repérer les proches à risque de deuil compliqué (voir la fiche Deuil).
  • Penser à l’équipe et aux autres résidents : annonce du décès, moment de recueillement selon les habitudes du milieu.

Pièges et perles

  • Les souhaits sur les rites sont rarement demandés à l’admission : les noter lors de la discussion du niveau de soins.
  • Un bulletin de décès en retard peut retarder des funérailles prévues rapidement.
  • Retirer le matériel dans un cas de coroner peut nuire à l’enquête.
  • Les gestes simples (fermer les yeux, mettre le dentier, lit propre) comptent pour les proches.

Références

  • Héma-Québec. Procédure pour recommander un donneur de tissus humains (centre hospitalier), consultée en 2026.
  • Loi instaurant l’approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux, L.Q. 2024, c. 42.
  • Loi sur les coroners, RLRQ c. C-68.01.
  • NICE NG31. Care of dying adults in the last days of life (2015).

Pour aller plus loin