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Soins post-aigus › Congé et transition

Retour à domicile impossible

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En bref : Quand l’équipe juge que le retour à domicile n’est plus sécuritaire, trois situations sont possibles. Le patient accepte une autre orientation ; le patient apte refuse et veut rentrer malgré le risque ; ou le patient est inapte et son représentant décide. Le patient apte a le droit de prendre un risque : on l’informe, on réduit le risque et on documente. Pendant l’attente d’une place, le patient devient souvent en niveau de soins alternatif (NSA) : la réadaptation de maintien doit continuer.

🩺 Au chevet

🚩 Signaux d’alarme

  • Décision prise sans avoir traité une cause réversible (délirium, dépression, douleur, médicaments).
  • Patient qui ne comprend pas pourquoi on lui déconseille de rentrer.
  • Danger grave et immédiat à la maison (incapacité de se lever seul, d’appeler à l’aide, errance, feu).
  • Déconditionnement pendant l’attente : perte de marche, chutes, plaies.

✅ À faire maintenant

  • Revoir avec l’équipe les faits : ce que le patient peut et ne peut pas faire, et l’aide disponible.
  • Évaluer l’aptitude du patient pour cette décision (voir Aptitude et régime de protection au congé).
  • Rencontre avec le patient et ses proches (voir Rencontre de famille sur le pronostic fonctionnel).
  • Explorer toutes les options : plus de services, RPA, RI, hébergement temporaire, essai à domicile encadré.

En soins post-aigus

SituationConduite
Patient apte qui accepteOrientation par le mécanisme d’accès à l’hébergement ; maintien des capacités pendant l’attente.
Patient apte qui refuseRespecter. Informer des risques précis, proposer tout ce qui les réduit (SAD, système d’appel, visites, aménagement), documenter la discussion. Prévoir un suivi rapproché.
Patient inapteLe représentant consent à l’orientation selon les volontés connues et l’intérêt du patient. Si le patient s’y oppose de façon catégorique, discuter d’une autorisation du tribunal avec le contentieux de l’établissement (art. 16 C.c.Q.).
  • Le patient qui a reçu son congé et attend une place ne peut pas simplement être « mis dehors » (art. 17 LGSSSS : l’état du patient doit permettre le retour, ou une autre place doit être assurée) : les règles d’attente, de transfert et de contribution financière relèvent du mécanisme d’accès et de la direction de l’établissement. Laisser le travail social les expliquer.

Effet sur la réadaptation

  • L’objectif devient le maintien : marche quotidienne, transferts, activités de la vie quotidienne, même en NSA.
  • Physiothérapie et ergothérapie : programme simple, réalisé aussi par les préposés et les proches.
  • Ergothérapie : dans un essai de retour à domicile, préciser les conditions minimales de sécurité.
  • Loisirs et stimulation : prévenir le délirium, l’apathie et la dépression liés à un long séjour.

Retour au centre hospitalier ou consultation

  • Gériatrie ou psychogériatrie si le diagnostic qui justifie l’hébergement est incertain.
  • Éthique clinique si l’équipe et le patient ou la famille ne s’entendent pas.
  • Transfert au CH seulement pour un problème médical aigu, selon le niveau de soins.

Préparer le congé

  • Retour à domicile « contre avis » d’un patient apte : ordonnances, services du SAD, rendez-vous de suivi et plan d’urgence comme pour tout congé. On ne retire pas les services parce que le patient refuse la recommandation.
  • Vers un milieu d’hébergement : résumé médical, médicaments réconciliés, niveau de soins (AH-744), approches qui fonctionnent.
  • Prévenir le médecin de famille du plan et des risques discutés.

Patient et famille

  • La famille ne peut pas imposer l’hébergement à un patient apte.
  • Reconnaître le deuil du domicile et de l’autonomie ; la colère est fréquente.
  • Soupçon que la pression vienne d’un intérêt financier : voir Maltraitance ou négligence soupçonnée au retour à domicile.

Pièges et perles

  • « Retour impossible » veut souvent dire « impossible avec les services actuels » : chercher d’abord ce qui manque.
  • Un refus jugé déraisonnable n’est pas une preuve d’inaptitude.
  • Un long séjour en attente déconditionne : réévaluer la destination si le patient se détériore ou s’améliore.
  • Bien documenter protège le patient et l’équipe : faits, risques expliqués, options offertes, décision.

Références

  • Code civil du Québec, art. 11 à 16 (consentement aux soins, autorisation du tribunal).
  • MSSS. Cadre de référence et normes relatives à l’hébergement dans les établissements de soins de longue durée, document d’introduction (2018).
  • MSSS. Orientations en soutien à domicile : actualisation de la politique « Chez soi : le premier choix » (2023).
  • Curateur public du Québec. Règles de consentement aux soins pour une personne majeure (fiche, sept. 2023).

Pour aller plus loin